Requiem for a dream, un électrochoc intemporel

requiem for a dream

Requiem for a dream est le deuxième long métrage de Darren Aronofsky. Juste après le succès de son film π (Pi), Darren Aronofsky veut enchainer avec un projet qui lui tient à cœur, celui d’adapter un livre qui l’a marqué au fer rouge : Retour à Brooklyn d’Hubert Selby, à qui, il demandera de participer à l’écriture du scénario. Le sujet de la drogue est de plus en plus utilisé au cours des années 90 et 2000 à travers des films comme Trainspoting, Blow, Basketball Daries ou encore Las Vegas Parano.

Les racines du film :

En 1964, Hubert Selby a 36 ans et publie son premier roman « Last exit to Brooklyn« . Ce dernier va connaître un succès mondial. Il y montre l’ambiance de Brooklyn à l’époque à travers la violence, le sexe et la drogue…

Ce premier succès dépasse un peu l’écrivain qui commence à se droguer à l’héroïne et va y devenir très vite accro, il sera même incarcéré en prison. A la fin des années 60, Selby sort et jure de ne plus retoucher à la drogue et tiendra sa promesse jusqu’à sa mort en 2004.

En 1978, il publie un nouveau livre intitulé « Return to Brooklyn » (Requiem for a dream) où il se base particulièrement sur son passé de drogué. Il va rencontrer une nouvelle fois le succès.

Un casting improbable :

On retrouve ici des acteurs tous différents des uns des autres, aux carrières opposées. Tout d’abord Ellen Burstyn qui est une actrice de grande renommée avec des films comme L’exorciste, Alice n’est plus ici ou encore La dernière séance. C’est beau de voir une femme de 67 ans se lancer un nouveau défi et d’interpréter un rôle aussi puissant et choquant, d’ailleurs elle obtiendra une nomination à l’Oscar de la Meilleur Actrice.

Ensuite on a Jared Leto, qui campe le rôle principal du film, c’est son premier grand rôle au cinéma. Auparavant il obtient des seconds rôles dans La Ligne rouge et American Psycho. Après Requiem for a dream, sa carrière va décoller et on le retrouvera sous la houlette de grand réalisateur comme Oliver Stone, David Fincher ou encore Andrew Niccol.

La sublime Jennifer Connelly est aussi de la partie tout comme Marlon Wayans, qui ici change de registre puisqu’on le connait principalement à travers des comédies comme Scary Movie ou Spoof Movie.

Requiem for a dream casting

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

Une claque ! Voila ce que provoque ce film à chaque fois que je le regarde. Darren Aronofsky frappe fort et ses acteurs aussi. Si vous ne l’avez pas encore vu, FONCEZ !!!

De quoi ça parle ?

Harry Goldfarb est un junkie. Il passe ses journées en compagnie de sa petite amie Marion et son copain Tyrone. Ensemble, ils s’inventent un paradis artificiel. En quête d’une vie meilleure, le trio est entraîné dans une spirale infernale qui les enfonce toujours un peu plus dans l’angoisse et le désespoir.

La mère d’Harry, Sara, souffre d’une autre forme d’addiction, la télévision. Juive, fantasque et veuve depuis des années, elle vit seule à Coney Island et nourrit dans le secret l’espoir de participer un jour à son émission préférée. Afin de satisfaire aux canons esthétiques de la télévision, elle s’astreint à un régime draconien. Un jour, elle le sait, elle passera de l’autre côté de l’écran.

Les premières minutes ?

Le réalisateur utilise la technique du split-screen (écran divisé) de façon efficace, ce qui appuie le contraste entre Sara Goldfarb (Ellen Burstyn) et son fils (Jared Leto). Ensuite le titre du film de la façon à nous décrasser les oreilles et aussi pour nous prévenir du choc qu’on va se prendre en pleine face. La musique de Clint Mansell débarque avec le générique et c’est l’effet abyssal commence déjà à nous embarquer.

Aronofsky nous dresse les portraits de quatre personnages aux parcours parallèles et aux destins croisés qui vont tous être dévastés, victime de la dépendance aux stupéfiants. Les quatre protagonistes ont aussi des rêves et c’est la base de tout, Sara Goldfarb rêve de participer à au jeu télévisé, son fils veut fonder une famille avec sa copine Marianne, qui elle veut ouvrir un commerce. Cette quête du rêve va les mener peu à peu vers des abysses noirs et cela va briser leurs destins en mille morceaux. Après le premier quart d’heure on s’aperçoit que la musique et les images fusionnent parfaitement, le personnage de Sara, interprété de façon incroyable par Ellen Burstyn, nous déstabilise. Le cinéaste américain nous colle au plus près de ses personnages, chaque geste, regard ou attitude, tout est millimétré pour qu’on vive de façon intégrante la vie des personnages ce qui les rend très vite attachants.

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Une emprise totale sur le spectateur : 

Au fil des minutes, l’incroyable virtuosité de la mise en scène nous en met plein la vue, que ce soit dans le rythme, les plans…On est entrain d’assister à une véritable leçon de cinéma. Sa manière de découper certains moments comme la prise de shoot par exemple, donne du rythme et en même temps montre les gestes répétés des protagonistes ce qui accentuent leurs dépendances. L’obscurité gagne les personnages surtout celui de Sara, car elle est toute seule contrairement aux autres qui se croisent régulièrement. Par moment on pourrait croire que leurs rêves va se réaliser, progressivement on voit que ça prend forme, mais voilà la dépendance est toujours là. On l’oublie même parfois tellement ça devient mécanique, mais le réalisateur nous remet dans la réalité de façon brutale.

La scène entre Sara et son fils Harry est un moment capital du film, Harry voit bien que sa mère est dépendante mais cette dernière ne veut rien savoir ce qui fait mal à son fils et à nous en même temps car on se rend compte qu’il est trop tard, elle est dans une dépendance avancée peut être même plus que celle d’Harry et de ses amis. A partir de ce moment là, rien ne va plus. On n’a pas encore dépassé l’heure que les rêves commencent à s’écrouler…

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L’obscurité est totale maintenant, le couple Marianne et Harry commencent à se déchirer, le manque devient de plus en plus intense, la rupture n’est pas loin. La musique nous perfore de plus en plus, tout comme les images qui sont de plus en dures et le rythme s’accélère. Le final est d’une puissance phénoménale qui nous marque à jamais. Je ne vais pas tout vous livrer en détails car peut être qu’il y en a parmi vous qui n’ont pas vu ce film.  On ressort de ce film bouleversé, comme rarement on l’est devant un film, une preuve indéniable qu’on est face d’un très grand chef d’oeuvre.

Darren Aronofsky réalise ici son plus grand film et dans le même temps, le meilleur film sur la dépendance aux stupéfiants. Le réalisateur n’a pas peur, il y va à fond dans les scènes où limite on tourne la tête tellement c’est insoutenable. Sa mise en scène est en parfaite cohésion avec le scénario et la musique. Les prestations de Jared Leto et Jennifer Connelly sont excellentes. Ellen Burstyn est mystifiante dans un rôle difficile, mais l’actrice s’en sort à merveille. Marlon Wayans tient le rôle dramatique de sa carrière et certainement sa plus belle performance au cinéma.

Requiem for a dream

En résumé, Requiem for a dream est un chef-d’œuvre d’une noirceur rare, doté d’une mise en scène magistrale, une bande originale déstabilisante et des acteurs au sommet de leur art. Des qualités qui hissent ce long métrage, comme l’un des meilleurs des années 2000.

 

 

 

 

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5 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Niniph dit :

    C’est un film dont je ne comprendrais jamais vraiment le succès , personnellement je trouve le montage saccadé vraiment crade et pas franchement subtile pour exprimer l’état des protagonistes , j’ai jamais supporté les scènes répétitives et accélérés comme celle de la prise de shoot justement ou encore de la mère qui mange son œuf , son pamplemousse ou bois son café. C’est peut être purement objectif mais ayant désormais vu un grand nombre de films traitant de la dépendance je trouve que requiem est celui qui le fait le moins bien. Jared Leto pas convaincu dans le rôle de Harry ( c’était un peu le cas dans tout les autres d’ailleurs , je suis, depuis Dallas Buyers club un peu réconcilier avec lui) , seule la prestation de Ellen Burstyn m’a vraiment marqué. Ensuite je trouve que le plus gros problème et pas des moindres c’est quand même le scénario , une femme se fait tout de même prescrire des emphets par son médecin …… Tout le monde sait que la drogue c’est LE MAL mais à aucun moment du film les personnages ne semblent vouloir en sortir , Harry lui même se rend compte que sa maman est sous médocs et ne fait rien pour l’aider. De plus les personnages ont une vie plutôt tranquille (bien qu’ils n’aient pas l’air riche outre mesure) alors on ne comprend jamais véritablement ce qui les a poussés si loin dans la déchéance. La B.O de Clint Mansell est excellente , y’a pas à dire , mais elle est vraiment trop utilisé dans le film. Finalement on essaie de nous tirer des larmes ou de la compassion (ou un haut de cœur , au choix , selon la sensibilité) avec un scène finale , qui encore une fois , à un rythme hyper rapide et use de scènes « trashs ». Compassion qu’à aucun moment je n’ai ressenti pour l’un ou l’autre personnages , sauf la mère peut être qui elle n’a pas choisi de se droguer. Marianne , Harry et Tyron se sont fichus là dedans d’eux même , ne semble jamais se dire « wah mais les gars regardez l’état dans lequel on se trouve faut peut être faire quelque chose » du coup ça ne permet absolument aucune empathie. Bien sur ce n’est que mon opinion et j’accepte évidemment que beaucoup ne le partage pas.

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    1. Sixt67 dit :

      Tu as raison, je n’ai pas non plus particulièrement aimé ce film sur le monde glauque de la drogue. J’en ai vu d’autres, tout aussi glauque mais plus agréables à l’oeil (artistiquement parlant) et où il y a un peu d’espoir quand même.
      Par contre, dans les années 80, les amphétamines étaient couramment prescrites pour aider les femmes (et les hommes) à maigrir, mais comme c’était camouflé dans des médicaments dits « de régime », ça passait, jusqu’à ce que la communauté médicale se rende compte des dégâts sur l’organisme en plus de la dépendance engendrée et ils ont, alors, été retirés du marché.
      Mais la scène où la douce et jolie Jennifer Connelly (qui est quand même la femme du craquant et talentueux Paul Bettany) est nue devant un parterre d’hommes vicieux m’avait carrément choquée à l’époque (et ce n’est pas parce que c’est choquant que cela en fait un bon film). En bref, un film culte que je n’ai pas aimé, comme bon nombre de films dits « cultes »… Comme on dit : il en faut pour tous les goûts.

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  2. Niniph dit :

    Mince j’ai fais plusieurs fautes. Je voulais dire subtil* « c’est peut être purement subjectif  » « Jared Leto ne m’a pas convaincu » utilisée* « et ne semble jamais ». ‘Fin je pense que c’est compréhensible quand même 🙂

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