Après séance : L’Affaire SK1

affaire SK1 afficheL’Affaire SK1 est un film français réalisé par Frédéric Tellier, qui réalise ici son tout premier long métrage et y relate l’enquête de l’affaire Guy George qui avait secouée l’hexagone dans les années 90.

Frédéric qui ?

Frédéric Tellier a été le conseiller technique et directeur artistique du film 36, quai des Orfèvres d’Olivier Marchal. Il a aussi participé à la réalisations de quelques épisodes de la série Un Flic ainsi que Les Hommes de l’ombre.

Genèse et développement du film :

Frédéric Tellier s’est intéressé à Guy Georges après le viol d’une de ses amies. Il est vite obsédé par cette histoire et après une rencontre avec le producteur Julien Madon, il décide de réaliser L’Affaire SK1. Avant d’écrire un script, Frédéric Tellier fait de nombreuses recherches (témoignages, procès-verbaux) pendant environ 6 ans. L’écriture du scénario lui prend ensuite 3 années supplémentaires. Il se place alors du point de vue du policier et de l’avocat. Frédéric Tellier est ensuite aidé par David Oelhoffen et de la journaliste Patricia Tourancheau, qui avaient suivi de près l’affaire et écrit Guy George. La traque, livre qui « a servi de bible pour le scénario ». Le policier et Frédérique Pons, l’avocate de Guy Georges, donneront ensuite leurs avis sur l’histoire.

Le titre, SK1, est le nom de code donné par les enquêteurs à la première empreinte génétique d’un Serial Killer en France.

Raphaël Personnaz a été pressenti pour le rôle principal dès l’écriture du script. Pour Guy Georges, Frédéric Tellier souhaitait un acteur pas ou peu connu, pour ne pas « pervertir » le rôle et a donc choisi Adama Niane qui joue ici son premier rôle au cinéma.

Critique et analyse :

Au début du film on s’aperçoit vite du procédé du metteur en scène, ça démarre en 2001 où l’on voit Guy George en cours d’assises donc déjà il n’y a pas de mystère sur le visage du meurtrier…Ensuite on repart en arrière au tout début de l’enquête avec l’inspecteur Magne (Raphaël Personnaz) en 1991, à partir de là je suis septique sur l’efficacité du procédé de retour en arrière et sur le fait qu’on ait déjà vu le visage de l’assassin. Le réalisateur déploie au fur et à mesure tout son excellent travail de documentation de façon limpide et crue parfois (les scènes de meurtres), il jongle toujours entre les deux périodes qui sont l’enquête et le procès et finalement la crainte que j’avais au départ s’estompe. Pour illustrer les 10 ans qui s’écoulent durant le film, Frédéric Tellier a voulu faire évoluer l’image : « Je voulais aussi du grain à l’image pour le début de l’histoire, comme avec les pellicules des années 90, et au fur et à mesure que progresse le film, et que le temps avance, le grain s’estompe puisque la HD a petit à petit remplacé la pellicule ». Malgré qu’on est vu le visage du tueur au début, on prend place dans l’enquête car on se demande de plus en plus comment ils ont fait pour l’arrêter et je pense que c’est un tour de force de la part du réalisateur, d’ailleurs il n’hésite pas à nous montrer la galère, les erreurs, l’obsession des enquêteurs et aussi la complexité de l’enquête ce qui nous plonge dans un sacré puzzle.

Parlons un peu du casting, tout d’abord Raphaël Personnaz qui commence à monter en flèche et sa prestation et ce rôle dans ce film le confirme. Il interprète de façon efficace le jeune enquêteur obsédé par cette enquête morbide qui lui bouffe peu à peu la cervelle. Ensuite on a Adama Niane qui m’a tout simplement bluffé sous les traits de Guy George, il décoche une sacrée performance et cela montre que Frédéric Tellier avait parfaitement vu juste en le choisissant. Nathalie Baye se retrouve pour la seconde fois sous la direction du réalisateur après la série Les Hommes de l’ombre, elle interprète ici de façon convaincante l’un des avocats du meurtrier. On a aussi Olivier Gourmet et Michel Vuillermoz qui sont de la partie.

Au final on comprend l’importance que le metteur en scène ait voulu commencer ce film par la cours d’assises de 2001 avec Guy George insérant ensuite ses différentes étapes jusqu’aux aveux, parmi le déroulement de l’enquête elle-même, permet d’avoir ainsi le fil conducteur du film, le puzzle se reconstitue sur un rythme haletant. Je souligne aussi la bonne photographie sur Paris, il y avait vraiment de très belles images. Pour un premier long métrage, Frédéric Tellier réussit un très bon polar sur une histoire qui fait encore aujourd’hui froid dans le dos.

gourmet l'affaire sk1

 

 

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