Après séance : Boyhood

Boyhood

Boyhood est un film américain écrit et réalisé par Richard Linklater (Génération Rebelle, Rock Academy). Il a la particularité d’avoir été filmé par intermittence sur une période de douze ans ; le tournage a débuté au cours de l’été 2002 à Houston (Texas) pour se terminer en octobre 2013, le tout avec les mêmes acteurs. Il raconte l’enfance puis l’adolescence d’un jeune garçon élevé par ses parents divorcés. Rien que ça perso je suis déjà attiré, un tel film mérite le coup d’œil rien que par respect à l’investissement d’une équipe entière qui a été fidèle à ce projet original et ambitieux. Richard Linklater n’a que 54 ans mais a déjà une filmographie impressionnante, variée (20 longs métrages à ce jour), sa technique de mise en scène évolue et je pense qu’il atteint ici un certain sommet.

Il était une fois…boyhood :

Pendant l’été 2002, le réalisateur et scénariste Richard Linklater annonce qu’il débute le tournage d’un film sans titre dans sa ville d’origine, Austin (Texas). Il explique qu’il a longtemps voulu raconter l’histoire d’une relation parent-enfant qui suit l’enfant sur une longue période, de son enfance à son entrée à l’université. Les enfants changent tellement qu’il est impossible de couvrir intégralement cette époque. Linklater engage le jeune acteur Ellar Coltrane, âgé de sept ans en 2002, pour jouer le personnage principal de son film, rôle qu’il continuera à endosser pendant les douze ans du tournage.

La production de Boyhood s’est heurtée à de nombreuses difficultés. Vu l’ampleur du projet, il n’était pas évident de trouver des financements, des producteurs, des acteurs et des techniciens enclins à s’investir sur une aussi longue période. C’est finalement l’IFC Productions qui a accepté d’assurer la production du film, séduite par l’originalité de l’idée.

L’acteur Ethan Hawke a déjà travaillé avec Linklater sur la trilogie Before (Before Sunrise, Before Sunset, Before Midnight), tournée entre 1995 et 2012, sur une période de dix-huit ans, avec neuf ans d’écart entre chaque film. Il explique à propos du film qu’il « a une portée Tolstoï-esque. Je pensais que la série Before était la chose la plus unique à laquelle j’aurais pris part, mais Rick m’a engagé dans quelque chose d’encore plus étrange. Je tourne une scène avec un gamin de sept ans qui demande pourquoi les ratons-laveurs meurent, puis à douze ans, il parle de jeux vidéo, et à dix-sept ans, il me questionne à propos des filles. De la part du même acteur – tout en regardant sa voix et son corps évoluer –, c’est un peu comme une succession de photographies de l’être humain. » Le film s’inspire et de la vie du réalisateur, et de celles des comédiens. En effet, tout comme Mason, les parents de Linklater se sont séparés alors qu’il entrait en cours préparatoire. Le père du cinéaste travaillait à Houston, au Texas, comme le personnage interprété par Ethan Hawke ; et à l’instar d’Olivia, le personnage de Patricia Arquette, sa mère a obtenu son diplôme universitaire, alors qu’il était encore sur les bancs de l’école. On retrouve également de nombreuses similitudes entre le jeune Mason et le réalisateur. Tous deux partagent un goût prononcé pour les arts (Linklater écrivait déjà au lycée, et a même été primé pour son travail) et sont végétariens. Autre petite info, Ethan Hawke était absent des plateaux la première année de tournage, un choix délibéré du réalisateur qui voulait ainsi « accentuer l’idée d’un père qui a disparu de la vie de ses enfants et revient brusquement ». « Quand il les retrouve, il doit briser le mur de timidité et de méfiance qui s’est créé parce qu’il ne partage pas leur quotidien », poursuit-il.

Boyhood ethan hawke

Patricia Arquette s’est montré très vite intéressée par le projet et signa juste après Ethan Hawke. Lorelei Linklater, qui joue le rôle de Samantha, n’est autre que la fille du réalisateur. Ce dernier l’avait auparavant dirigée dans Waking life. C’est la petite comédienne qui a exprimé à son père, son envie de participer au film. Il explique : « A l’époque, elle chantait et dansait tout le temps. Elle était extravertie et elle tenait absolument à être Samantha. En plus, pour moi, c’était simple, je l’avais sous la main et connaissais ses disponibilités. »
Il faut aussi savoir que Lorelei a faillit jeté l’éponge au bout des trois premières années de tournage, douze années de tournage, c’est long, et il peut arriver que les acteurs s’épuisent ou se lassent. C’est ce qui est arrivé à la petite Linklater, qui au bout de trois ans, a proposé au réalisateur de ne plus l’inclure dans le film, lui suggérant même de mettre fin aux jours de son personnage. Une direction que son père, le réalisateur, n’a pas souhaité prendre. En fin de compte, l’actrice est revenue sur ses propos, et a retrouvé les plateaux de tournage avec joie.

Sur recommandation du réalisateur, Patricia Arquette, Lorelei Linklater et Ellar Coltrane ont dû passer du temps ensemble, afin de créer une atmosphère familiale. Au programme : soirées pyjama, création de projets artistiques… Une expérience qui leur a permis de tisser des liens.

Patricia Arquette Boyhood

Mes impressions :

J’ai enfin vu Boyhood ! Je tiens à signaler tout d’abord que je n’ai pas pu le voir pour cause de non diffusion dans le cinéma situé près de chez moi et aujourd’hui je peux dire merci au Festival Cinéma Télérama pour m’avoir permis (ainsi qu’à beaucoup d’autres je pense) une séance de rattrapage.

Richard Linklater nous livre ici une expérience unique, un film qui nous raconte le temps qui passe avec la vie qui l’accompagne et plus particulièrement celle de Mason Jr (E.Coltrane). On suit donc ce petit bonhomme dés l’âge de six ans avec sa sœur Samantha (L.Linklater) et leur mère Olivia (P.Arquette). Un récit sur l’enfance qui devient un homme tout simplement. Boyhood ne se limite pas à ça, le réalisateur a fait son film au fil du temps et de l’actualité  des années 2000 comme notamment les attentats du 11 Septembre, l’élection d’Obama, l’évolution de la jeunesse et des nouvelles technologies, la musique et même le cinéma avec des allusions à Harry Potter et Star Wars. Ce film ne retrace pas uniquement une enfance mais la vie, l’amour, l’amitié, les moments difficiles d’un enfant, d’une mère…Mais malgré tout ça, Richard Linklater ne nous fait pas sombrer bien au contraire, c’est les étapes d’une vie et on est plus tiré vers le positif et ce grâce aux différents personnages et leurs évolutions.

Le film capte au mieux possible ce qui peut se passer dans la tête d’un enfant à l’âge ou il commence à s’affirmer en tant qu’individu après des événements décisifs dans la vie d’un jeune comme le divorce, les changements d’écoles, les déménagements, tout ces événements semblent donner un aspect mou au scénario mais ont un véritable sens sur Mason Jr. Le montage final est très bien coordonné, cela n’a pas dû être une tache facile. C’est attachant de voir ce petit garçon devenir un collégien ensuite un lycéen avec le look qui suit aussi, son entourage change aussi physiquement mais aussi mentalement. Le réalisateur alterne aussi les moments intimes et les moments importants d’une vie d’adolescent (premiers amours, premier boulot, premiers diplômes…)  C’est fluide, juste et cohérent, un travail de titan de la part de toute l’équipe du film. Un petit mot sur la bande originale qui est vraiment excellente qui est un élément capital pour situer les années qui s’écoulent, le « Black Album » de Mason Sr. m’a terriblement séduit, je le veux !

boyhood-beatles

En résumé, Boyhood est une grande prouesse artistique, Linklater répond de façon poétique et audacieuse à deux questions « C’est quoi grandir ? C’est quoi la vie ? ». Je vais reprendre la devise de « Kiwi et les films », qui correspond parfaitement, Boyhood ce n’est pas du cinéma qui ressemble à la vie, c’est la vie qui ressemble à du grand cinéma.

 

 

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