Christopher Nolan, l’architecte sous deux angles

Christopher Nolan

 Si je devais citer un réalisateur qui ne m’a jamais déçu à ce jour, je citerai sans aucun doute ,Christopher Nolan. J’ai découvert son travail à travers son premier film hollywoodien « Memento ». Ce film m’a complètement absorbé et conquis, grâce notamment à une mise en scène et à un montage audacieux et abyssal. L’écriture n’est pas en reste, le réalisateur travaille main dans la main avec son frère Jonathan sur tous les scénarios. A eux deux, ils conçoivent de véritables labyrinthes où la psychologie des personnages est mise à rude épreuve. Les frères Nolan osent transposer des sujets complexes à l’échelle de blockbusters où l’imagination et la concentration du spectateur ont leurs places.

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La découverte « Nolan » :

Ce n’est qu’en 2006, lors d’une de mes expéditions dans un magasin d’occasions, que je découvre (un peu par hasard) le cinéma made in Nolan. Je tombe sur le dvd « Memento » à 1 euro, le speech est alléchant et Guy Pearce en tête d’affiche. Pour tout dire, je ne m’attendais pas à un grand film, mais plus à un thriller divertissant sans prétention. Bien évidemment, une fois le film terminé, j’étais scotché à mon siège. Christopher Nolan et son frère montrent de l’audace et de l’intelligence sous toutes les coutures. Un thriller d’une qualité rare qui s’installe au même rang que « Fight Club » ou encore « Usual Suspect ». Je me dis à ce moment là, que David Fincher a un concurrent à prendre au sérieux. « Memento » n’est que le second long métrage du cinéaste et pourtant on y voit déjà beaucoup de maturité dans le fond comme dans la forme. On y ressent la cohérence et la cohésion de travail entre les deux frères Nolan. Une profondeur psychologique parfaitement traitée accordée à un schéma narratif qui sort de l’ordinaire.

« Memento » est aujourd’hui devenu un film culte, certains le considèrent même comme le meilleur du réalisateur. Et je ne comprends toujours pas qu’on puisse en faire un remake

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Deuxième film, la confirmation ?

Après la séance « Memento », je décide de m’intéresser d’un peu plus près au réalisateur, je me renseigne sur sa filmographie et son parcours. Le succès de son premier film américain lui a ouvert quelques portes, les grands studios hollywoodiens s’arrachent le jeune prodige. Et c’est finalement la Warner Bros qui va lui mettre le grappin dessus et lui proposer de mettre en scène le remake d’Insomnia du Norvégien Erik Skjoldbjærg sorti en 1997.

Pour ce film, Christopher Nolan dirige deux de mes acteurs préférés, Al Pacino et Robin Williams. Hilary Swank est également de la partie. Sur le papier, tout ça est très intéressant et je me procure donc, en quelques jours, le film en dvd. Je m’attends à quelque chose d’assez original, notamment de la part du duo Pacino/Williams et sombre. A noter, que côté scénario, Jonathan Nolan est absent.

Dés le premier quart d’heure, on est séduit par le cadre (Alaska) et la photographie signée Wally Pfister. Christopher Nolan joue sur les opposés, il confronte la lumière naturelle à la mélancolie et la noirceur des personnages. Mais la confrontation principale reste celle entre Al Pacino et Robin Williams, qui est à la fois glaçante et ambiguë. Le réalisateur adapte sa mise en scène au script, on a quelques similitudes avec « Memento » mais le rythme est très différent. Certains diront que ce film est le plus personnel de Nolan, d’autres pensent que ce n’est qu’une simple commande. Pour ma part, je dirais que c’est un peu des deux. Christopher Nolan met en avant la psychologie profonde des personnages, la relation entre Al Pacino et Robin Williams est aussi fascinante que troublante. Un jeu du chat et de la souris haletant du début à la fin, il y a un petit côté « Heat », mais ici, le méchant est plus vicieux, plus machiavélique. De ce côté là, on reconnaît la patte Nolan. Mais là où on peut se rendre compte qu’Insomnia est un film de commande, c’est dans l’écriture : des péripéties au dénouement final. Le film propose peu de rebondissements, et ceci montre que les frères Nolan n’étaient pas à l’écriture. L’aspect labyrinthe, propre aux films « nolanniens » est bel et bien là, mais il n’y a pas assez d’obstacles. Ce n’est pas un reproche, c’est juste un constat pour expliquer la nuance entre ce film et les autres de la part du réalisateur.

Insomnia m’a montré une autre facette du cinéaste, techniquement parlant. Les acteurs sont fantastiques, mention spéciale à Robin Williams, qui aurait mérité une nomination aux Oscars pour sa performance. Un polar/thriller de qualité dans un cadre polaire abyssal. Christopher Nolan confirme son talent et s’installe progressivement dans le paysage hollywoodien.

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Christopher Nolan s’attaque à Batman, il n’a pas le droit à l’erreur :

J’ai mis un peu de temps à me pencher sur Batman Begins, j’avais peur d’être déçu. Pourtant, Christopher Nolan aux commandes, ça ne pouvait que me rassurer, mais j’étais septique. La Warner et Joel Schumacher m’avaient tellement déçu avec « Batman Forever » et « Batman & Robin », un véritable gâchis ! Tim Burton m’a ébloui étant gamin avec ses deux adaptations, imaginez ma déception, quand j’ai vu les suites.

La bande annonce de Batman Begins n’était pas très attirante, mais il fallait tout de même voir le film pour voir si Christopher Nolan allait relever le défi ou non. Durant la première demi-heure, rien d’exceptionnel. On a le schéma de base classique mais une fois que Bruce Wayne s’exile, le film prend une direction intéressante. Le côté relationnel et psychologique des personnages prend de l’épaisseur, tout comme l’histoire. Christian Bale campe avec conviction ce « nouveau » Batman et Liam Neeson incarne comme il faut le maître Ra’s Al Gul. Un face maître/élève qui fonctionne bien mais qui sonne toutefois le « déjà vu ».

D’un point de vue « divertissement », le réalisateur assure réellement comme un chef en livrant de magnifiques scènes d’action. Il a de gros moyens en sa possession et il en fait bon usage. Cependant, malgré cette belle réalisation, l’histoire est un peu trop classique. Quelques soupçons d’originalité se dégagent, mais ce n’est pas assez poussé, cela reste trop discret. Batman Begins reste tout de même un bon divertissement qui gomme les mauvais souvenirs laissés par la Warner auparavant. Nolan relève globalement le défi, et ouvre une nouvelle ère au chevalier noir de Gotham.

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batman et le cinéma, la résurrection  :

Une année s’écoule entre ma séance dvd « Batman Begins » et ma séance cinéma « Batman The Dark Knight« . Août 2008, débarque en salles le second volet des aventures de Batman version Nolan. La bande annonce montre du spectacle mais aussi un ennemi imprévisible de taille, en la personne du Joker. On s’attend alors à un film plus sombre, plus psychologique et bien sur plus surprenant.

Ce deuxième volet démarre sur les chapeaux de roue, on a tout simplement l’une des meilleures ouvertures de films de ces dernières années. Une belle entrée en matière qui laisse présager du grand spectacle. On remarque que la musique tient une place plus importante, on sent que Hans Zimmer s’est retroussé les manches.

 L’écriture est d’un niveau supérieur comparé au premier volet, Jonathan Nolan est dans la place et ça se voit. Les personnages ont une structure plus épurée, plus psychologique et c’est ce qui manquait un peu dans « Batman Begins ». Le relationnel, les conflits et les actes, tout est réglé comme du papier à musique. L’histoire est également beaucoup plus attrayante, on est moins dans le classique. Christopher et Jonathan ont osé prendre de la liberté sur le personnage et l’univers de Batman tout en respectant le comics de Frank Miller. Les fans attendaient ça, j’attendais ça !Je voulais être surpris, être scotché, comme se fût le cas lorsque j’ai vu « Memento ». Ce sentiment, je le ressentais au fil de minutes qui s’écoulaient, je fus émerveillé par tant de spectacle et de maîtrise . La mise en scène est époustouflante ! Christopher Nolan jongle avec brio entre les séquences d’actions, de duels, de tensions et d’intimité.

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Pour ce deuxième opus, Christopher Nolan s’entoure d’une distribution exceptionnelle. On retrouve bien évidemment Christian Bale dans la peau de Bruce Wayne/Batman. L’acteur se montre plus à l’aise dans ce double personnage. La performance la plus mémorable est bien sur, celle du regretté Heath Ledger sous les traits du Joker. L’acteur australien a su s’imprégner parfaitement du personnage, qui a été brillamment conçu. Un réel tour de force de sa part. Pour rappel, beaucoup de fans et de cinéphiles voyaient mal Heath Ledger relevé un tel défi et pourtant il a réussi. J’ajoute aussi que Aaron Eckhart est excellent en Harvey Dent/Double-Face, la scène où il menace Gordon et sa famille est surpuissante. Gary Oldman, Michael Caine et Morgan Freeman remplissent comme il faut le job. Chaque personnage tient un rôle important, si l’on en retire un, la mécanique ne fonctionne pas.

Un petit mot sur la musique de Hans Zimmer, elle est tout simplement fabuleuse et épique. Cela faisait un petit moment que le compositeur nous avait pondu un tel bijou auditif. L’alliance Zimmer/Nolan fonctionne et c’est peut être le début de quelque chose de grand, comme Williams/Spielberg auparavant.

Pour conclure, je suis sorti de la salle scotché (et encore aujourd’hui à chaque vision du film) par autant de qualités sonores, visuelles et scénaristiques. Christopher Nolan et son équipe livrent, à mon sens, le meilleur film sur le chevalier noir. Et à ce moment là je me dis, que si il y a une suite, ça va être dur d’atteindre la barre fixée par ce « Batman The Dark Knight« .

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Quand un film signé Nolan, devient un événement :

Vous avez du remarquer que je n’ai pas encore abordé « Le Prestige », mais ne vous inquiétez pas, je vais y venir d’ici quelques paragraphes.

Le cinéaste est attendu au tournant après son chef d’oeuvre The Dark Knight.  En 2009, Christopher Nolan et la Warner dévoilent la bande annonce de « Inception« . J’ai dû la voir une bonne vingtaine de fois, j’ai eu le pressentiment que le réalisateur allait nous offrir un très grand film. La cerise sur le gâteau était que mon acteur favori fait parti de l’aventure. Leonardo DiCaprio chez Christopher Nolan, je ne pouvais pas louper ça !

Le jour de sa sortie en salles, je me suis rendu à la première séance. J’étais très confiant envers ce film, un sentiment que j’éprouve rarement. Mais il y a tellement de bons ingrédients qu’il paraît improbable que Nolan ne se loupe .

La séance commence, Nolan établit d’entrée son labyrinthe, avec son ouverture mystérieuse et la scène dans le subconscient du japonais Saito. Le ton du film est donné, on va avoir du grand spectacle accordé à une histoire originale, mais encore faut-il tenir la distance jusqu’à la dernière scène.

Au bout d’environ une heure de film, je commence à observer quelques personnes quittant la salle. Pour ma part, je suis complètement plongé dans le film. Même encore aujourd’hui, j’ai la même exaltation devant ce film.

Une fois, le film terminé, le sentiment qui me vient est de le revoir tout de suite. Peu de films me font cet effet là. J’attendais beaucoup de ce film et j’ai eu ce que je voulais (et plus encore). Ce jour là, je me dis que Christopher Nolan a réalisé son plus grand film. Il y a clairement une évolution dans la technique de réalisation et de l’écriture, bien sur les moyens financiers sont plus conséquents que pour « Memento » et « Insomnia ». Cela permet aux frères Nolan d’aller au bout de leur vision et de procurer un grand plaisir aux spectateurs.

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La mise en scène et l’écriture du film sont étincelants. Christopher Nolan a la même audace que pour « The Dark Knight », il hisse un sujet et des personnages complexes dans un blockbuster. Cela faisait un petit moment, qu’on ne voyait plus ça. La force du film est la maturité du script, les frères Nolan ont commencé à l’écrire en 2000, soit dix avant de le réaliser. Il y a beaucoup d’ambitions et de culots chez Nolan et j’aime ça !

Le cinéaste déploie encore fois une mise en scène fantastique, on a des scènes et des plans vraiment magnifiques, comme à Paris, Monbasa ou encore au Canada. Christopher Nolan joue et s’approprie les villes pour intensifier un peu plus l’aspect labyrinthe. C’est un véritable voyage, à travers le monde, le temps, et l’esprit. L’action est également omniprésente et palpitante. Techniquement, le réalisateur jongle avec le numérique et les techniques plus authentiques, le mélange fonctionne parfaitement. On en prend plein les yeux et les oreilles !

La transition est toute trouvée pour vous parler maintenant de la musique du film. Hans Zimmer est une nouvelle fois à la baguette et livre une bande originale en accord parfait avec le propos et les images. Le compositeur semble être très inspiré par le travail du réalisateur, puisqu’il y livre ses meilleures œuvres.

Parlons un peu du casting, Christopher Nolan s’est entouré de l’une des meilleures distributions de sa carrière. On a une génération d’acteurs et d’actrices en vogues et de plus très talentueux. Leonardo DiCaprio, Marion Cotillard, Jospeh Gordon-Levitt, Tom Hardy, Ellen Page ou encore Cillian Murphy, ils accomplissent tous efficacement leur mission. Michael Caine est encore fois sous la houlette du réalisateur, pour un rôle sur mesure. J’étais très content de voir Tom Berenger faire parti de l’aventure, c’est un très grand acteur qui aurait mérité une très grande carrière.

Pour conclure, Inception est pour moi, une véritable pépite de la science-fiction contemporaine. C’est le film qui m’a rendu accro au cinéma que propose le réalisateur. J’aime sa façon de manipuler le spectateur, il nous propose du grand et beau cinéma. Je hisse donc Inception au rang de chef d’oeuvre !

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La magie et le cinéma ne font qu’un :

Un soir de février 2011, j’arrive à m’approprier un film que je voulais voir depuis un petit moment, « Le Prestige« . Il est assez tard (23h00) mais jamais pour un film de Christopher Nolan.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, j’ai été captivé du début à la fin. On tient là, le film identitaire du réalisateur, celui qui caractérise le plus son cinéma, comme le dit si bien Cutter (Michael Caine) dans le film : « Chaque tour de magie comporte trois parties, ou actes. Le premier s’appelle la promesse : le magicien vous présente quelque chose d’ordinaire. Le deuxième acte s’appelle le tour : le magicien utilise cette chose ordinaire pour lui faire accomplir quelque chose d’extraordinaire. Mais vous ne pouvez vous résoudre à applaudir, parce que faire disparaître quelque chose est insuffisant, encore vous faut-il le faire revenir. Alors vous cherchez le secret mais vous ne le trouvez pas parce que, bien entendu, vous ne regardez pas attentivement. Vous n’avez pas vraiment envie de savoir… Vous avez envie d’être dupé. »

On reconnait dés le départ que c’est du Nolan à travers le montage de Lee Smith et la structure narrative. On retrouve aussi des caractéristiques propres au réalisateur dans l’écriture, personnages complexes ayant une obsession et un seul et unique but à atteindre . Le duel Borden/Angier est très intéressant dans sa conception, une amitié qui se transforme en rivalité, puis en un véritable combat. Un échiquier parfaitement élaboré où l’on pense tout comprendre, où l’on fonctionne comme Angier. Christopher Nolan arrive de manière simple et efficace à nous nous confondre avec le personnage. Il nous manipule encore une fois, on le sait, et c’est génial.

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La mise en scène est une fois de plus en accord avec le propos. Techniquement, rien de révolutionnaire mais justement c’est pour ça que ça fonctionne. On est jamais dans la surenchère d’effets ou autres, Nolan reste dans la sobriété et la justesse, afin de mieux servir son scénario.

Au niveau du casting, on a du beau monde avec tout d’abord Christian Bale et Hugh Jackman. Une dualité qui marche à merveille. Scarlett Johansson, Michael Caine et Rebecca Hall font le job comme il faut. L’autre duo intriguant de ce film est celui formé par Andy Serkis et David Bowie, à la fois original, convaincant et logique.

En résumé, Le Prestige est un grand film qui nous montre l’essence même du cinéma que nous propose le réalisateur. Un jeu d’échec sur fond de labyrinthe.

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L’ultime chapitre d’une grande trilogie ?

Christopher Nolan nous a sublimé avec « The Dark Knight » et il avait à cœur de réitérer la chose avec ce troisième et dernier volet de sa saga. Malheureusement, ses plans vont être chamboulés par la disparition tragique de Heath Ledger. Le réalisateur et son frère avaient déjà planché sur le scénario de ce qui sera Batman The Dark Knight Rises pendant et à la fin du tournage du deuxième film. C’est donc un peu dans la précipitation qu’un nouveau scénario va voir le jour et ça se ressent un petit peu à l’écran.

Bien sur, j’ai vu ce film pour la première fois en salle et j’en suis ressorti globalement conquis. Mais il est vrai que ce troisième opus est légèrement en dessous par rapport au volet précédent. On a tout de même une bonne histoire, un bon face à face et du spectacle.

La mise en scène de Nolan est toujours aussi bonne, le côté théâtrale ressort un peu plus dans ce dernier Batman. On a des scènes grandioses comme le retour de Batman à Gotham, les affrontements entre Bane et Batman ou encore la scène du stade.

Du point de vue de l’écriture, la maturité n’est pas là. Les personnages de Batman et de Bane sont très bons mais Catwoman et Talia sont moins approfondis. Lucius Fox et Alfred sont également recalés en fond de paysage alors qu’auparavant ils tenaient un peu plus important dans la vie de Bruce et de Batman. Peut être est ce le choix aussi de Nolan, il confronte le chevalier noir à s’en sortir tout seul comme le montre bien la scène de la prison. Quelques failles aussi au niveau de la cohérence de certaines choses comme l’absence de Batman et Bruce Wayne en même temps, et aucune personne ne le souligne. L’histoire de la bombe est un peu trop classique, je m’attendais à plus d’originalité que ça. Par contre, je reconnais que la dernière partie du film est très bien ficelée.

Batman

Les nouveaux acteurs et actrices ont plutôt bien fait leur job, Tom Hardy incarne parfaitement l’impitoyable Bane et Anne Hathaway est une Catwoman charmante. J’aurais aimé voir un peu plus de choses de la part de Joseph Gordon-Levitt (on en a jamais assez) au vu de sa véritable identité. Marion Cotillard a déjà été lourdement critiquée pour sa dernière scène mais globalement elle campe de façon convaincante miss Miranda/Talia. L’apparition fantomatique de Liam Neeson est quelque chose que j’ai apprécié, c’est bien amené et on ne tombe dans l’inutile.

Côté musique, Hans Zimmer reste sur la même dynamique que pour « The Dark Knight », le côté épique ressort beaucoup plus qu’auparavant. Encore une bonne bande son, qui confirme la bonne entente entre le réalisateur et le compositeur.

Batman The Dark Knight Rises est un dernier chapitre avec de belles qualités mais aussi des défauts. La barre fixé par Nolan avec « The Dark Knight » était peut être trop haute, mais il ne faut pas oublier de prendre en compte toutes les circonstances pour la conception de ce film.  Ce qui est sur, c’est que Christopher Nolan a réussi une très bonne trilogie, qui a marqué le cinéma et l’histoire du chevalier noir.

Interstellar

Nolan nous emmène tout près des étoiles :

Voila certainement l’un des films que j’ai le plus attendu au cinéma de ma vie. Le teaser était tellement mystérieux et envoutant, que ce soit par la narration de Matthew McConaughey, les images d’archives et la musique de Hans Zimmer. En l’espace d’une minute et trente secondes, le charme opère et il est plus intense que pour « Inception ». Je décide alors de ne pas lire le speech, ni de voir d’autres bandes annonces, je veux une surprise totale. Clairement, je m’attends à quelque chose d’exceptionnelle, une véritable expérience. Aujourd’hui, peu de réalisateurs en sont capables mais Nolan,lui, peut m’offrir un tel moment.

Nous étions au total six personnes dans la salle, un mardi après midi et à la fin de la séance, nous n’étions plus que deux. A ce jour, c’est le plus grand film qui m’ait été donné de voir dans une salle de cinéma. J’ai complètement été absorbé et touché par cette histoire. Le personnage de Cooper m’a réellement investi, j’ai éprouvé beaucoup d’émotions tout le long du film. Christopher Nolan touche à un sujet complexe et le hisse avec maestria à l’écran.

La mise en scène est à la fois classique et fantastique. Visuellement, c’est très bien travaillé voir même époustouflant par moments. On note bien évidemment les influences (2001 l’Odyssée, La Planète des Singes, Solaris…), mais c’est quand même un pur concentré nolannien. Il y a du spectaculaire, beaucoup d’émotion, et de l’audace. Les décors et les accessoires sont parfaits dans la conception, comme dans l’utilisation. Le montage de Lee Smith est en adéquation parfaite avec la vision du réalisateur (comme toujours). Comme pour « Inception », Nolan utilise des procédés à la fois anciens et nouveaux. Cette fois ci, le côté numérique est moins apparent  l’aspect matériel ressort beaucoup plus et c’est un vrai plaisir pour les yeux, on ressent l’authenticité à l’ancienne.

L’histoire et les enjeux sont plutôt bien articulés dans l’ensemble, rien ne dénote. On a des personnages attachants avec un relationnel cohérent jusqu’au bout. Il y a aussi un côté froid et mélancolique qui se dégage du scénario et on le ressent clairement à l’écran. L’imagination de Nolan se marie parfaitement avec les théories physiques sur l’espace et les trous noirs. Un travail minutieux du fond à la forme qui m’a éblouie. Si je devais chipoter, ça serait sur sur la relation entre Amelia Brand (A. Hathaway) et son père (M.Caine), qui est à mon sens trop légère.

Interstellar

Le casting fonctionne très bien, Matthew McConaughey confirme une fois de plus son talent dans un rôle vraiment taillé pour lui. La jeune Mackenzie Foy livre une belle et touchante performance, la relation entre elle et McConaughey est très convaincante et bouleversante. Anne Hathaway est assez à l’aise dans son personnage, ce qui est loin d’être facile. Michael Caine et John Lithgow ont tous les deux, des rôles sur mesure. Matt Damon surprend par sa présence et son rôle, il fait le job, mais peut être aurait-il mieux fallu miser sur un acteur moins connu pour le personnage du Dr Mann.

La musique de Hans Zimmer est MAGNIFIQUE ! Elle intensifie encore plus le côté glacial et infini de l’espace. Les collaborations avec Christopher Nolan deviennent de plus en plus incroyables, vivement la prochaine !

Pour conclure, Interstellar est un pur chef d’oeuvre ! Visuellement et émotionnellement, j’ai été émerveillé de la première à la dernière minute. Je ne comprend toujours pas que le cinéaste ne soit pas présent aux Oscars dans des nominations tels que le meilleur film, meilleur scénario ou encore meilleur réalisateur. Il y viendra certainement un jour, mais bon il n’a pas besoin de ça pour que l’on reconnaisse l’énorme talent qu’il a.

Following

Mieux vaut tard que jamais :

The Following est le tout premier long métrage réalisé par Christopher Nolan et il est le dernier que j’ai découvert. Le cinéaste n’avait que 6 000 $ pour réaliser ce long métrage. La qualité principale de ce film est sans aucun doute, l’écriture. On comprend encore mieux l’identité cinématographiquement parlant de Nolan. On retrouve des personnages opposés, la structure scénaristique type chez le réalisateur et une histoire originale.

La mise en scène est classique mais efficace. On est au plus près des personnages, notamment celui de Bill, à qui on est  très vite référé. Nolan nous confond toujours avec un protagoniste, on le suit pas à pas et c’est à chaque fois pour mieux nous surprendre. Je conseille à tous les curieux et fans de Christopher Nolan, de voir ce film. Il regorge de choses très intéressantes tout comme « Le Prestige » pour mieux comprendre l’axe scénaristique que prend Nolan dans ses films.

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En conclusion, Christopher Nolan est un réalisateur bourré de talent, d’idées et d’audace. Il aime jouer avec le spectateur, le surprendre, l’émouvoir et c’est qu’on attend de la part d’un cinéaste. Son travail sur le temps et la manipulation psychologique sont toujours les points d’orgues de ses films. C’est un réalisateur qui divise le public et la critique, mais pour moi, il reste l’un des meilleurs réalisateurs de ces quinze dernières années.

Mon Top 3 « spécial Christopher Nolan » :

  1. Interstellar
  2. Batman The Dark Knight
  3. Inception

Je vous laisse maintenant en compagnie de Max (chroniqueur cinéma sur ArdennesTV), qui va vous donner son avis sur Christopher Nolan et ses œuvres. C’est l’occasion de vous proposer deux visions du cinéma made in Nolan à travers deux cinéphiles passionnés, mais à la sensibilité différente.


 

Christopher Nolan

J’ai découvert Christopher Nolan en 2003 mais sans le savoir. J’avais 11 ans et c’était la première fois que je voyais le film « Insomnia ». Je ne connaissais rien au cinéma, tout au plus quelques acteurs et réalisateurs, mais aucun esprit critique, aucune analyse, aucune possibilité de décryptage de mise en scène. Mais toujours est-il que le film m’avait attiré de par son casting, déjà enfant j’adorais Al Pacino et était admiratif de feu Robin Williams… Aaaah Mme Doubtfire…

Je ne pense pas qu’il soit pertinent de parler d’Insomnia pour le moment.

Dark knight

Commençons plus tôt par LE film que j’ai vu de Christopher Nolan, et cette fois je savais que c’était Christopher Nolan : The Dark Knight.

Oui j’ai vu la trilogie des Batman de Nolan dans le désordre, mais peu importe, je pense que l’expérience en a été que plus belle.

Bande annonce épique, un Joker de folie, Gary Oldman, Christian Bale, Morgan Freeman, Michael Caine… Bref tout était fait pour que j’aille au cinéma voir ce film. J’en suis ressorti en me disant que j’avais peut-être vu un des plus grands films. Il fait d’ailleurs aujourd’hui partie de mon top 10 sans problème.

Je ne sais vraiment pas par où commencer.

Comme il faut un point de départ, je dois dire qu’un des tours de force de Nolan (Scénariste du film avec son frère et David S.Goyer) est d’inclure Batman, un super-héros, dans un monde réaliste. (gimmick de ses écrits, de ses traitements). Pas la peine de s’attarder très longuement sur le comment et le pourquoi. Disons que le Joker est juste un homme maquillé et avec des cicatrices, Batman est un homme avec des accessoires et de l’argent mais un homme tout de même (morsures, bleues, conversations avec Alfred concernant les limites de Batman/Bruce Wayne), que les décisions prises impactent le plus grand nombre et les sujets traités sont également réalistes : La corruption, le terrorisme, les crimes, la politique sécuritaire ou pose des questions comme savoir jusqu’où peut-on aller pour arrêter un homme, un acte terroriste… Il y a de vraies questions dans The Dark Knight, ce n’est pas juste un blockbuster à prendre à la légère en mode « cerveau off ». Et tout ceci permet au long-métrage d’avoir beaucoup plus d’impact et de profondeur. J’aime aussi voir un héros faire face aux conséquences de ses actes. Car c’est aussi un des sujets les plus importants de The Dark Knight. (Les gens qui prennent les armes pour tirer sur les criminels par exemple – Evoqué dans la même conversation avec Alfred sur les limites Batman/Bruce Wayne). Et une des grandes conséquences des actions de Batman/Bruce Wayne est l’arrivée du Joker.

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Je dois faire une petite parenthèse ici pour dire qu’avant ce rôle je ne connaissais pas du tout le regretté Heath Ledger qui livre ici une interprétation magistrale. Il est bluffant je manque clairement de qualificatifs pour exprimer tout ce que je ressens concernant ce rôle.

J’aime énormément ce film en partie grâce au Joker et à son écriture. Nous avons ici un méchant en roue libre, il aime le chaos et le chaos l’aime. Il est également entouré d’un voile opaque de mystères et c’est bienvenue car ici le Joker n’a aucune identité, aucune réelle motivation mis à part celle de montrer que chaque personne possède une part d’ombre. (Double face/Harvey Dent en est l’exemple type du Joker. L’argent, grande motivation des mafieux et symbole d’importance ne fait pas non plus partie de ses motivations, démontré lorsqu’il brûle une montagne de billets [Parallèle intéressant avec Bruce Wayne qui propose un diner pour mettre Harvey Dent à l’abri du besoin]).

Le fait que le Joker n’a pas d’identité, d’origine le rend encore plus terrifiant et ce traitement est d’une grande intelligence surtout lorsqu’on sait que la société a tendance à toujours chercher à tout justifier et que le cinéma, lui aussi, cherche toujours des origines/explications à n’importe quel méchant/taré, a renfort de dialogues, de flash-back etc. Ici le Joker raconte de différentes manières son histoire et celle de ses cicatrices (Le père saoul / La petite amie défigurée à qui il voulait montrer que les cicatrices n’étaient pas un problème…).

Le Joker est l’antithèse de Batman, c’est un combat de valeurs et de philosophie (Ordre & Sécurité VS Anarchie et Chaos) ce qui nous sort également des carcans habituels du genre. Le Joker est la réponse aux combats moraux de Batman.

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Pour terminer rapidement Harvey Dent devient la clef de voute de l’histoire, brassant plusieurs thèmes comme l’image que l’on projette (Chevalier Blanc / Noir de Gotham, respect des procédures, prises de risques etc), et la supériorité du groupe sur l’individualité (Scène de révélation de l’identité de Batman & Les ferrys), ou encore l’équilibre fragile d’une personne soumise à des tragédies personnelles (Pièce qui possède 2 fois la même face / Double face avec la partie de la pièce brûlée / mort de Rachel Dawes).

Ce film est clairement un bijou d’écriture, comme presque tous les films de Nolan en somme, mais celui-ci est une pure réussite. La réalisation est également excellente, les scènes d’actions sont parfaitement lisibles, le rythme est parfait alternant dialogue et actions. Le fait de ne faire appel à des effets-spéciaux numériques que très rarement renforce aussi ce côté réaliste et rend des scènes hyper impressionnantes (Explosion du Gotham General).

Il faut prendre quelques lignes pour parler de la musique d’Hans Zimmer et de James Newton Howard qui est juste épique et sublime et qui colle parfaitement à chaque scène ! (Hans Zimmer à toujours accompagné les projets les plus ambitieux de Nolan et ce, de façon juste et réussie)

En bref, j’adore ce film car ce n’est pas qu’un film de super-héros, c’est un film de choix, de dilemmes, de pensées et enfin d’action. Il reste pour moi la plus grande réussite de Nolan à ce jour.

Arrive ensuite Inception en 2010. Je vais essayer de faire plus court.

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Inception de Christopher Nolan est sortie en 2010 dans un paysage Hollywoodien débordant de suites et de remake en tout genre. Le film se devait d’être grand public tout en étant, comme toujours avec Christopher Nolan, intelligent et recherché. On ne peut qu’accepter avec grand plaisir la démarche de Christopher Nolan qui mêle avec maîtrise et précision blockbuster et film d’auteur.

Ce qui est génial également c’est que ce film c’est du Christopher Nolan de A à Z. Ses fans retrouveront sans problèmes les labyrinthes, la séparation entre la réalité et l’irréel, la succession des flash-back ou encore la folie et le désordre psychologique.

Là où Inception impressionne dans un premier temps c’est par son scénario. Il est assez rare aujourd’hui de voir des films et des scénaristes qui exploitent au maximum leurs concepts pour en tirer toutes les ressources possibles. Dans Inception, Christopher Nolan ne fait pas qu’effleurer son travail sur le rêve, ce qui donne un scénario plein de nouveautés, passionnant, bluffant, bref on rêve avec les personnages. Le scénario est également complexe mais la maîtrise de Christopher Nolan tant dans la réalisation que le scénario fait que le tout est compréhensible par tous. Sa maîtrise est d’ailleurs épatante à plusieurs niveaux. On passe aisément du film d’anticipation, au film de braquage en passant par le film de science-fiction, le film d’action, le film sentimental ou encore le thriller.

La passion, l’amour, la créativité crèvent l’écran. Christopher Nolan montre qu’il a une créativité sans limite. L’intrigue, qui est imprégnée de folie et d’une beauté sans nom, est accompagnée par un casting 5 étoiles, peut-être même le casting de cette année 2010, qui offre tout le long du film plaisir et rêve. Léonardo Dicaprio, Ken Wanatabe, Marion Cotillard, Ellen Page, Tom Hardy, Joseph Gordon-Levitt et Cillian Murphy sont impeccables dans ce thriller haletant et qui, au final, nous raconte une très belle histoire d’amour.

Pour accompagner l’équipe de Cobb et le flot d’émotions la bande originale d’Hans Zimmer est parfaite. Il signe ici une composition de très haut niveau qui prend aux tripes et qui ne nous lâche pas même après plusieurs jours. La musique « Time » raisonne encore en moi rien qu’en écrivant ces quelques lignes…

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Que dire d’autre ? La réalisation de Christopher Nolan est exigeante, maîtrisée et propre. On sent qu’Inception est pour lui un terrain de jeu sans limite, au même titre que les rêves pour ses nombreux personnages.

Les effets-visuels sont époustouflants de réalisme, les mouvements de caméras, les nombreux ralentis sont à couper le souffle.

La mise en scène de Christopher Nolan et ses prises de vues sont des leçons à part entière.

Certaines séquences du film retournent la tête au sens propre comme au figuré (La scène à Paris, Christopher Nolan s’amuse littéralement avec la ville.)

Lorsque j’ai vu le film au cinéma j’en suis ressorti avec une sensation que je connaissais bien mais que peu de films m’avaient procurée à un tel niveau. J’avais ressenti la même chose après avoir vu Matrix des frères Wachowski, Mulholland Drive de David Lynch ou encore Fight Club de David Fincher pour ne citer qu’eux.

J’étais impressionné, exalté par tant de maîtrise, de force et d’éclat.

Je pense qu’Inception est un voyage, une découverte avec derrière sa beauté, sa maîtrise, ses émotions et ses acteurs. Une claque magistrale qui étourdit tout en nous sortant de ce rêve éveillé.

Bien que je ne le préfère pas à The Dark Knight, Inception est pour moi un autre grand film de Nolan, peut-être même juste derrière The Dark Knight et pourtant ce n’était que le deuxième film que je voyais de lui en ayant conscience que c’était des films de Christopher Nolan.

(L-R) Michael Caine, Scarlett Johansson, Hugh Jackman

Face à ces découvertes je me suis naturellement procuré en Blu-Ray Batman Begins de 2005 et Le Prestige de 2006. Deux films que j’ai visionnés le même jour en commençant par le Prestige. (Regarder Batman Begins était une bonne excuse pour lancer The Dark Knight juste après !!)

Avec une partie du casting des Batman (Christian Bale / Micheal Caine), accompagnée de Hugh Jackman et Scarlett Johansson.

Vous ne me croirez pas si je vous le dis tel quel mais le film est encore une fois écrit d’une main de maître par les frères Nolan. (Notons quand même que c’est une adaptation du roman éponyme de Christopher Priest).

Et c’est dans cette écriture (que la réalisation accompagne parfaitement) que réside toute la maestria du film et surtout la classe avec laquelle il est mené.

Il est compliqué de parler du film sans le spoiler, dans un souci d’éthique et par respect pour ceux qui ne l’ont pas vu je vais essayer de continuer sur ma lancée de « non-spoil » des films.

Ce qu’il faut retenir c’est que Nolan entraîne dans un tourbillon permanent le spectateur, accompagné de doute, de surprise et d’incompréhension. Quelle aubaine pour un film qui prend comme environnement la magie…

Les thèmes traités par le film sont une fois de plus très intéressants : La double personnalité, savoir quelles sont limites à ne pas franchir pour être le meilleur, la réussite et les sacrifices qui en résultent. Il y a aussi la notion de demi-vie que vous comprendrez lors du visionnage mais qui lui se raccroche peut-être à la condition d’artiste (Dans le film Hugh Jackman (Angier) et Christian Bale (Borden) sont des magiciens).

prestige-2006-31-g

Bien qu’étant également un hommage aux magiciens devenus réalisateurs (Méliès) ou tout simplement une déclaration d’amour à la magie du cinéma et aux liens qu’entretiennent les deux univers, Le Prestige est décevant à quelques niveaux. Rien à dire sur la réalisation c’est fluide et juste, Nolan nous emmène où il veut.

Contrairement aux compositions d’Hans Zimmer la musique de David Julyan ne m’a pas du tout marqué.

Le gros problème du film réside dans sa construction et ce qu’il tient à délivrer aux spectateurs. Comme je le disais plus haut le film perd le spectateur tout au long de sa construction pour que les twists finaux soient renversants. Mais malheureusement le procédé ne permet pas au métrage de traiter en profondeur ses thèmes et surtout la relation de haine et de conflit qu’entretiennent les deux personnages principaux. Conflits dont ils seront les premières victimes.

Le Prestige m’a un peu moins marqué que les 2 précédents films mais n’en demeure pas moins une œuvre de fiction magique. J’ai passé un bon moment devant Le Prestige mais rien de transcendant. Les Twists scotch et c’est tout. Dommage. Le film, en allant au bout des choses, aurait pu être exceptionnel.

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Bon, nous voilà arrivé à Batman Begins, vu après The Dark Knight. Et je pense sans trop me tromper que c’est l’expérience Nolan la plus décevante pour moi.

Il est difficile de reboot une série de films, sur un super-héros tout en ne tombant pas dans du réchauffé. Mais Batman Begins se devait d’être un bon point de départ pour la trilogie qui se dessinait.

C’est long, lent, peu intéressant, c’est ce que j’en retiens. Le traitement réaliste et bien là (bien que l’île d’Arkham fasse cartoon ou Burtonesque) mais un film d’exposition est compliqué à rendre vraiment passionnant (coucou SW7). Oui, on assiste à la transformation morale et physique de Bruce Wayne en Batman mais le tout est assez ennuyeux et par moment indigeste. Il faut tout de même admettre que le pari est réussi de poser de façon très claire la future psychologie de Bruce Wayne, les règles et les valeurs qu’il défendra durant son combat et les limites morales qu’il s’imposera en tant que Batman.

Quant à elles les scènes d’actions ne sont pas impressionnantes, assez mal rythmées et filmées. Nolan a fait des progrès dans les suites.

Je ne peux pas en dire plus sur ce film, je suis navré mais il ne m’a laissé que très peu de bons souvenirs ou encore de souvenirs marquants. Il reste cependant nécessaire à la construction de la trilogie et à sa bonne compréhension. Il est le manifeste pour comprendre la vision de Nolan sur Batman. Le film s’impose donc comme un incontournable surtout grâce aux suites.

(Je dois dire que j’ai nettement plus apprécié The Dark Knight après le visionnage de Batman Begins, c’était tout bénef pour moi).

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On avance légèrement dans le temps pour se rendre en 2012. Lors de la sortie de The Dark Knight : Rises. La mort d’Heath Ledger chamboulera totalement les plans des frères Nolan pour le dernier volet de Batman. Ne pouvant pas réutiliser le personnage du Joker, ils changeront totalement le script. Le Joker disparait d’ailleurs totalement de la circulation, pas une coupure de journaux, pas une allusion rien du tout. Ce qui est assez frustrant.

Après avoir autant adoré The Dark Knight et ce malgré la déception qu’a représenté pour moi Batman Begins et le changement de direction de l’histoire, j’étais très impatient de voir ce film. Envie renforcée par l’annonce de Tom Hardy pour le rôle Bane. (Je l’avais adoré dans Bronson, Warrior et La Taupe).

The Dark Knight : Rises est plutôt réussi. Les frères Nolan essayent de reprendre les ingrédients de The Dark Knight pour poser de nouveau leurs idées, de traiter un large éventail de sujets tout en restant impressionnant et tout en maltraitant toujours plus Bruce Wayne/Batman.

Dans la plastique c’est magique. La réalisation, la technique, la direction d’acteur… tout est vraiment maîtrisé. Mais à ma grande surprise l’aspect qui est cette fois un peu moins maîtrisé c’est le scénario. La construction labyrinthique, le questionnement de la société, la réaction sociale face à une autorité illusoire et mensongère, tout y est mais ça ne décolle jamais vraiment de ce côté-là. Pire, par moment le traitement des personnages passe pour une maladresse. (La souffrance et l’impuissance de Bruce Wayne passe par moment à la trappe). Le grand méchant du film, Bane a beau être très charismatique, le fait d’abandonner un méchant cérébral pour laisser place à la violence et à la force pure laisse également un goût amer.

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Certaines scènes (Ouverture, affrontement 1 Batman vs Bane, Match de Football Américain) sont exceptionnelles et accompagnées d’une musique oscillant entre puissance et émotions.

Le film est très divertissant mais j’ai l’impression que Nolan a un peu abandonné le côté réfléchi et profond de son The Dark Knight. Il ira jusqu’à épouser une fin sans relief à l’aide d’un ascenseur émotionnel mal venu. Là où il aurait pu frapper un grand coup et définitivement imposer sa trilogie comme un monument de cinéma, une copie presque parfaite et marquer les esprits pendant un très, très long moment, alors qu’aujourd’hui on retient plus aisément The Dark Knight et son Jocker au détriment de l’œuvre d’ensemble.

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Prenons maintenant un trou de ver ou deux, éloignons nous un petit peu de la terre, car après The Dark Knight : Rises, je pense avoir découvert comme beaucoup de monde Interstellar sortie sur nos écrans en 2014.

Je dois dire que j’étais plus qu’impatient de voir ce film. Une fois de plus écrit par les frères Nolan, traitant un sujet qui dépasse de loin le commun des mortels, porté par un casting exceptionnel avec en tête un Matthew McConaughey tout juste oscarisé pour son rôle dans Dallas Buyers Club suivi d’Anne Hathaway, Jessica Chastain, Michael Caine, Casey Affleck et un petit passage de notre Martian préféré, Matt Damon.

Le film était une promesse tant scénaristique qu’artistique. J’ai été assez déçu d’Interstellar. Attention, je ne lui retire pas le fait d’être un grand film, bien réalisé, émotionnellement fort et captivant, qui pousse doucement mais sûrement vers la réflexion. Malgré la déception, j’ai quand même aimé le film, vraiment. Cependant il y’a quelques éléments pour moi qui gâchent le visionnage, qui gâchent l’idée de réussite d’ensemble. Qui empêchent une totale acceptation de ce qui arrive aux protagonistes et des enjeux du film (Enjeux d’ailleurs balayés lors des 5 premières minutes avec les divers témoignages de personnes âgées qui « racontent la terre » avant que cette dernière ne soit sauvée, donc du départ, on nous dit de ne plus s’inquiéter pour la terre, elle sera sauvée, concentrez-vous sur Cooper…). Je tiens à ajouter que les effets-visuels sont grandioses, la musique d’une qualité et force rare. Nolan avait entrepris d’écrire et réaliser un grand film, fait avec les tripes et le cœur, tout en rendant hommage aux plus grands films de science-fiction comme 2001 : l’Odyssée de L’espace. C’est partiellement réussi.

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Interstellar était un projet très ambitieux pour Christopher Nolan. Il n’est pas parfait et dure presque 3h. Je suis sorti de nombreuses fois du film mais force est de constater qu’il est quand même grandiose et que malgré toutes ces petites choses, ces petits éléments scénaristiques bancales (Incohérences et prises de décisions discutables des personnages) le film est un voyage, une expérience à lui seul. Raconter cette histoire sans faute, sans erreur, sans maladresse doit tenir du miracle. Nolan a tout de même réussi à en faire un chef-d’œuvre visuel et de créativité tout en y imposant sa patte (construction labyrinthique, finale grandiose etc…). Interstellar est une grande expérience de cinéma et fait pour moi partie du top 3 des films de Christopher Nolan même si son scénario pêche par moment. Il se rattrape par l’émotion, la grande maîtrise et la vision de Christopher Nolan.

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Il est temps de revenir sur Insomnia. Etrangement c’était le premier film que j’ai vu de Nolan mais le dernier que j’ai eu l’occasion de voir en ayant un esprit plus critique. Je l’ai revu en 2015. L’histoire est simple, un policier est envoyé en Alaska pour enquêter sur un meurtre. Ce dernier, lors d’une tentative d’arrestation, abat accidentellement son coéquipier. Le meurtrier assiste à l’accident…

On est face cette fois à un traitement beaucoup plus psychologique des personnages et sur un film d’enquête. C’est une des rares fois où la chronologie ne sera pas altérée dans un film de Nolan. L’affrontement psychologique entre Will Dormer (Al Pacino) et Walter Finch (Robin Williams) est très intéressant. Il est assez malsain et la sensation d’insomnie (présente chez Will Dormer) est bien amenée et montrée à l’écran (manque de repère, flash-back intempestif etc…). L’insomnie fait d’ailleurs part intégrante du combat. (Le film se passe dans un petit village en Alaska, à une période de l’année ou la nuit ne tombe jamais perturbant encore plus le sommeil de Will Dormer et je fais référence à l’appel durant « la nuit » de Walter Finch pour éviter que Will Dormer ne s’endorme).

La psychologie des personnages, leur évolution et l’affrontement de ces derniers est passionnant. Les deux personnages sont totalement opposés, Will perd le contrôle et ce, dû à l’insomnie pendant que Walter lui aime tout contrôler, il ira jusqu’à décider de comment doit avancer l’enquête sur lui. Je ne vais pas tout révéler.

La réalisation de Christopher Nolan est réfléchie et intéressante. L’utilisation de l’environnement est parfaite et montre l’évolution psychologique et physique de Will mais aussi la gêne que représente l’endroit dans lequel il enquête. C’est un second ennemi représenté par la luminosité permanente, l’humidité ou encore le brouillard. (La photographie de Wally Pfister est également de très haute qualité). La musique de David Julyan est cette fois-ci plus marquante et épouse parfaitement les différents moments de tensions du long-métrage.

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Rien à dire sur le casting, ce sont deux immenses acteurs qui se livrent batailles, ils sont comme à leur habitude nettement au niveau et ont même le talent de rendre le tout encore plus consistant et agréable à regarder.

En bref c’est un bon film, avec une atmosphère vraiment particulière et mis à part l’intérêt que porte Nolan à ses personnages c’est un film assez différent dans sa filmographie.

C’était le dernier.

Batman Nolan Joker

Comme vous avez pu le constater en lisant cette petite rétrospective de ma découverte des films de Christopher Nolan je n’ai pas encore vu Following et Memento. Cela ne saurait tarder. Cependant c’est un réalisateur que j’apprécie énormément. Je trouve assez désagréable d’entendre assez souvent (et heureusement que des personnes tentent de le défendre) que Nolan est surcoté, que Nolan ne sait pas mettre en scène et est relégué par nombres de cinéphiles comme étant un vulgaire étron. Mais Nolan à son propre cinéma, un cinéma surtout d’écriture et de réflexion, il emmène avec lui des projets pharamineux, mais des projets qui essayent de faire sens et de la réflexion sur des thèmes précis. J’ai beau être adepte de la mise en scène tape à l’œil, j’hurle aux génies devant Steve McQueen (Hunger, Shame, Twelve Years Slave), Wes Anderson (Moonrise Kingdom, The Grand Budapest Hotel) ou encore Paul Thomas Anderson (Boogie Night, Magnolia, There Will Be Blood), mais je dois reconnaître que sur les 7 films du Britannique que j’ai eu la chance de voir, tous ont de grandes qualités. Même si ces derniers restent pauvres en termes de mise en scène pure.

J’ai maintenant hâte de découvrir Dunkirk, son film de guerre qu’il viendra tourner dans l’hexagone. C’est aujourd’hui un réalisateur important, qui à sa marque, son écriture, ses sujets et thèmes propres.

N’oublions pas que faire de bons films est extrêmement difficile et ce qu’essaye de mettre en place Christopher Nolan à chacun de ses projets l’est encore plus…

Mon top 3 des films de Christopher Nolan :

1 – The Dark Knight

2 – Inception

3 – Interstellar

Peut-être à bientôt lors d’une prochaine lecture ou dans les salles obscures,

Maxime Herbillon.

MH.Medias / Ardennes TV

 

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5 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Maggie dit :

    Je suis d’accord avec ce classement même si j’aurais inversé les deux premiers.
    Interstellar est tellement incroyable. Pour moi, ce film représente l’apogée de l’art de Nolan. Son habilité derrière la caméra m’impressionne tout comme la qualité de ses scénarios, qui ne connaissent jamais de baisse de régime. Il apporte vraiment un nouveau genre au cinéma hollywoodien où de grands et beaux acteurs se mettent à jouer dans des films intelligents.

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  2. David dit :

    Inception est bourré d’incohérences, Interstellar est d’une stupidité (scientifique ou juste logique) confondante même s’il faut reconnaître quelques belles images et une idée intéressante, The Dark Knight est entièrement sauvé par Heath Ledger, reste le prestige très bien réalisé et intéressant pour ses questions métaphysiques, et bien sûr memento, un petit bijou de polar.

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    1. Je ne suis bien sur pas d’accord avec tout ce que tu dis :p

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  3. Ickar dit :

    David, je ne suis pas du tout d’accord avec ce que tu dis non plus. Et ce qui est marrant c’est que tu énonce à la va-vite sans approfondir. Après un article aussi détaillé, tu n’est du coup absolument pas crédible et passe juste pour un mec qui n’aime pas Nolan, mais qui saurait pas dire vraiment pourquoi. =)

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  4. lm_wm dit :

    Les œuvres de Nolan sont difficilement classables. Un classement ne vaut assurément pas mieux qu’un autre tant la filmographie de cet architecte est exceptionnelle.

    Quelque chose me dit que Nolan ne va pas marquer l’histoire avec Dunkirk mais qu’il va l’écrire !

    Aimé par 1 personne

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