American History X, une leçon de cinéma et d’humanité

american-history-x-1373525300-54

American History X est le premier film de Tony Kaye et sorti en salles en 1998.

Tony Kaye est tout d’abord comme un réalisateur de clips vidéos et de publicités, il est également documentariste et musicien. Il est adepte des questions morales et sociales de son temps, qu’il aime soulever à travers le cinéma.

Avec un budget de 20 millions de dollars, American History X est sorti aux États-Unis le 30 octobre 1998, distribué par New Line Cinema. Sorti lors de son premier week-end dans dix-sept salles de cinéma, il a rapporté 156 076 $. Il a ensuite été distribué dans 513 salles américaines et a remporté 6 719 864 $ aux États-Unis, et 17 155 263 $ dans le reste du monde, pour un total de 23 875 127 $.

un petit mot sur l’équipe du film :

Il n’y a pas besoin de vous représenter le réalisateur, on va donc passer à David McKenna, qui est le scénariste et l’un des producteurs du film. Il a travaillé notamment sur les scénarios de Blow, S.W.A.T Unité d’élite ou encore dernièrement sur Pablo Escobar. Côté musique, c’est Anne Dudley qui avait travaillé sur The Full Monty et Un homme à part.

Le montage est l’œuvre de Gerald B. Greenberg et Alan Heim. Le premier a travaillé sur de très grands films comme French Connection (il remportera l’Oscar du meilleur montage), Scarface, Les Incorruptibles  mais aussi Apocalypse Now. Le second a une filmographie un peu moins prestigieuse mais riche quand même avec Copycat,ou encore Danny the dog.

American History X a connu de grosses difficultés au montage. Il a été la base de conflits entre le réalisateur Tony Kaye et le directeur du studio New Line, Michael Luca. Les deux hommes ne se sont pas entendus sur la première version du film, qui fût renvoyée au montage pour obtenir une nouvelle version. Tony Kaye n’a pas bénéficié du droit au montage final, c’est Edward Norton qui a été envoyé par les producteurs pour assurer une version plus proche du script initial. Tony Kaye a exprimé par la suite son mécontentement dans la presse, ne trouvant pas le dernier montage de bonne qualité. Il essaya même de faire retirer son nom des crédits disant ouvertement aux journalistes qu’il avait essayé de mettre Alan Smithee, pseudonyme que la Directors Guild of America utilise dans ce genre de cas. Après plusieurs semaines de conflit, un terrain d’entente fut trouvé et le film a été une nouvelle fois remonté.

Un casting prestigieux pour un premier film :

On a donc Edward Norton qui commençait à l’époque enchainer des rôles intéressants. Il est engagé ici pour le rôle de Derek Vinyard pour lequel il a dû prendre 14 kilos de muscles.

A ses côtés, on retrouve un autre Edward, Edward Furlong qui avait incarné brillamment le jeune John Connor dans Terminator 2. Il incarne ici le petit frère de Derek, Daniel. Ethan Suplee est également de la partie, son nom vous dit peut être rien et pourtant vous l’avez déjà vu au moins une fois à travers un film, cet acteur a une filmographie très riche, on a pu l’apercevoir dans Le Plus beau des combats, L’effet papillon, Blow ou encore dernièrement dans Le Loup de Wall Street. Elliot Gould, qu’on a pu voir dans la série Friends ou dans la trilogie Ocean’s, tient ici un rôle secondaire celui de Murray, le compagnon de la mère de famille. Avery Brooks campe quand à lui le professeur d’histoire de Daniel.

936full-american-history-x-screenshot

Pourquoi faut-il voir ce film ?

Il s’agit tout simplement du leçon de vie et de cinéma. A voir et à revoir sans modération.

De quoi ça parle ?

A travers l’histoire d’une famille américaine, ce film tente d’expliquer l’origine du racisme et de l’extrémisme aux États-Unis. Il raconte l’histoire de Derek qui, voulant venger la mort de son père, abattu par un dealer noir, a épousé les thèses racistes d’un groupuscule de militants d’extrême droite et s’est mis au service de son leader, brutal théoricien prônant la suprématie de la race blanche. Ces théories le mèneront à commettre un double meurtre entrainant son jeune frère, Danny, dans la spirale de la haine.

Les premières minutes ?

Les premières notes de musique du générique me font penser à certaines compositions de John Williams ( JFK et Sleepers). On entre ensuite dans le film, où le réalisateur a choisi le format noir et blanc et ce n’est pas par hasard bien sûr.

Une tension s’installe immédiatement lorsque l’on voit trois hommes armés braquer un pick-up, mais pas n’importe lequel, celui de Derek Vinyard. Ce dernier fait parti du mouvement skinhead néonazi, il a une croix gammée sur le torse. On peut déjà s’apercevoir de l’audace du réalisateur. Edward Norton en impose déjà dans la peau de Derek, en seulement quelques plans et quelques dialogues. La transformation physique de l’acteur est impressionnante.

Derek commet l’irréparable sous les yeux de son frère Daniel (Edward Furlong). Le réalisateur n’hésite à choquer le spectateur dés le début, ce qui donne tout de suite le ton au film. La musique d’Anne Dudley colle comme il faut aux images, qui sont d’une beauté et d’une fureur éclatantes. Le regard que dégage Norton est effroyable de réalisme.

On bascule ensuite à la couleur et on comprend la symbolique du noir et blanc, qui sert tout simplement pour marquer les flashbacks. Daniel veut suivre le chemin de son frère et idolâtre les idées skinhead néonazi. Le jeune homme rend une dissertation sur l’ouvrage « Mein Kampf » où il exprime que le système d’Hitler est un modèle et est convoqué chez son principal incarné par Avery Brooks. Ce dernier reconnait que Daniel est un garçon intelligent mais qu’il entreprend la mauvaise voie. Edward Furlong a un tout autre regard que dans le flash-back, ça saute au yeux. Son attitude, sa gestuelle et sa façon de parler en impose, on retrouve un peu le petit John Connor qu’on peut ressentir au début de Terminator 2. Pourquoi le titre American History X ? La réponse est dans cette scène puisque le principal devient le professeur d’histoire attitré de Daniel qui doit voir une fois par jour pour dialoguer sur un sujet d’actualité et le cour s’intitule American Story X. Le professeur lui impose un sujet à rendre pour demain, son frère. Daniel doit analyser et interpréter tous les évènements qui ont mené son frère en prison, comment ses événements ont façonnés sa vie personnelle et son point de vue sur la société d’aujourd’hui. Un sacré sujet pour une première n’est ce pas ? Si il ne le rend pas, il sera viré du lycée.

large-american-history-x-blu-ray2

Le casting ?

Edward Norton livre une performance magistrale ! Il est possible que ce soit la meilleure de sa carrière et pourtant il en a eu des beaux rôles. Edward Furlong est lui aussi très convaincant et les deux acteurs forment un excellent duo. On y croit à cette fraternité, cette rage, cette haine et cette détresse qui les habitent.

Au niveau des acteurs secondaires, ils remplissent tous leur job. On retient principalement Ethan Suplee, Guy Torry et Stacy Keach.

Norton Furlong

Et au final ça donne quoi ?

American History X est un chef d’oeuvre inoubliable ! Un condensé de haine, de violence, de dialogues d’une force extrême. Certaines scènes sont forcément chocs et marquent les esprits. La mise en scène est d’une efficacité redoutable et percutante.

Il y avait franchement de quoi se casser les dents, car rare sont les films qui abordent le sujet du racisme avec autant de justesse et de réalisme. Tony Kaye maitrise son sujet et ne tombe jamais dans les clichés pompeux. La relation entre Derek et son compagnon de prison est magnifique, cela nous offre l’une des plus belles scènes du film (la prise de conscience de Derek).  Le sujet des gangs américains (blancs ou noirs) est bien représenté, sans aucune lourdeur. Il représente de façon éloquente, le lavage de cerveau que subissent certains jeunes gens facilement influençables et perturbés.

Le réalisateur ne fait aucune concession, il nous expose le racisme le plus virulent et ce n’est malheureusement pas de la science-fiction. Il porte à travers ce film, des messages forts comme la tolérance et la fraternité.

La bande originale est magnifique, en adéquation avec les images et le propos. Anne Dudley livre la plus belle composition de sa carrière.

Ce film mérite clairement d’être vu par tous les lycéens, il s’agit d’une leçon de vie !

936full-american-history-x-screenshot

American History X est chef d’oeuvre intemporel qui marque le spectateur au fer rouge. Le duo Norton/Furlong est excellent. C’est bouleversant, dérangeant et poignant. Une leçon qui fait du bien de réviser de temps en temps, surtout en ces temps troublés.

Jérémy et Marine.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s