Blue Velvet, une perle de velours noir

Blue Velvet afficheBlue Velvet est un film américain réalisé par David Lynch, sorti en 1986. C’est le quatrième long métrage réalisé par le maître du puzzle cinématographique et il est même considéré comme l’un des meilleurs films à énigmes du 7ème Art.

Un scénario qui avait du mal à prendre preneur :

Après l’échec commercial et la mauvaise réception par la critique de Dune (1984), David Lynch a souhaité développer un film plus « personnel », plus proche du style surréaliste de ses débuts (Eraserhead, 1977). Le scénario de Blue Velvet est passé entre de nombreuses mains d’Hollywood entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, beaucoup de producteurs le refusant pour son caractère violent et fortement sexuel. Le Studio indépendant De Laurentiis Entertainment Group, propriété à l’époque du producteur Dino De Laurentiis, accepta de financer et de produire le film.

Un film en partie autobiographique ?

Lynch considère Blue Velvet comme son film le plus personnel.

« Kyle s’habille comme moi. Mon père était chercheur scientifique et travaillait au département de l’Agriculture à Washington. On passait notre temps dans les bois. J’en avais marre de la forêt à l’époque où je suis parti, mais quand même, les bûcherons et leurs bûches, toutes ces choses, c’est pour moi une image de l’Amérique autant que les clôtures de jardins avec leurs roses. Cette image est gravée en moi et me rend heureux. »

L’histoire du film provient de trois idées cristallisées dans l’esprit du réalisateur depuis 1973. D’après une interview de Lynch au Cineaste en 1987, la première idée se résume à « un sentiment » et à un titre, Blue Velvet. La seconde idée était l’image d’une oreille humaine coupée et située dans un champ. Lynch a expliqué dans une interview : « Je ne sais pas pourquoi c’était une oreille. Ce devait être un orifice du corps humain, un trou dans quelque chose… L’oreille est accrochée à la tête et débouche directement sur l’esprit, donc ça m’a semblé parfait. » La troisième et dernière idée était l’interprétation de la chanson Blue Velvet par Bobby Vinton : « La tonalité est venue avec cette chanson : une ambiance, un temps, et les choses qui appartiennent à ce temps. »

David Lynch et Richard Roth ont envoyé le scénario à Warner Bros., qui se sont dits intéressés par le projet. Lynch a passé deux ans à écrire deux brouillons qui, selon lui, n’étaient pas très bons. Leur problème était qu’« ils comportaient tout ce qu’il y a de désagréable dans le film mais rien d’autre. Il manquait trop de choses. »

Quelques difficultés à composer le casting ?

Le rôle de Frank Booth avait initialement été proposé à Robert Loggia, puis à Willem Dafoe et Richard Bright, qui l’ont tous trois refusé en raison du caractère vulgaire et trop intense du personnage. Dennis Hopper, quant à lui, a accepté le rôle avec enthousiasme : « Je dois jouer Frank ! Je suis Frank ! ». Hopper a confirmé ceci dans le documentaire « making-of » de Blue Velvet intitulé Les mystères de l’amour, produit en 2002.

Pour le rôle de Dorothy Vallens, Lynch avait tout d’abord pensé à Hanna Schygulla, qui refusa le rôle, puis à Helen Mirren. Il a finalement rencontré Isabella Rossellini dans un restaurant new-yorkais, et l’actrice a accepté.

Le cinéaste avait une seule idée en tête pour le personnage de Jeffrey Beaumont : Val Kilmer. Mais l’acteur a refusé le rôle, prétextant que le scénario n’était que « pornographie ». Kilmer a affirmé plus tard qu’il aurait accepté la version finale du film, qui lui plaisait beaucoup. Chris Isaak, dont Lynch a utilisé deux chansons de l’album Silvertone pour son film, a également été approché et a également refusé. Finalement, la proposition a été faite à Kyle MacLachlan, qui a accepté immédiatement.

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Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

J’ai vu ce film pour la première fois, il y a quelques années et je dois avouer que je n’avais pas tout saisie…Aujourd’hui je le revois une nouvelle fois pour vous et pour vous transmettre l’envie de se plonger dans ce labyrinthe sombre, sensuel et mystérieux.

De quoi ça parle ?

Dans la belle petite ville américaine de Lumberton, en Caroline du Nord, M. Beaumont est victime d’une crise cardiaque en arrosant son gazon. Son fils Jeffrey, rentrant chez lui après une visite à son père malade, découvre une oreille humaine dans un champ. Cette oreille, en décomposition, est couverte d’insectes. Jeffrey amène immédiatement sa trouvaille à l’inspecteur Williams et fait ainsi la connaissance de sa fille, la jolie Sandy.

Poussé par la curiosité et un certain goût pour le mystère, Jeffrey va mener l’enquête avec elle pour découvrir à qui appartient cette oreille et ce que cache cette histoire macabre, derrière la façade apparemment innocente de Lumberton.

Cette investigation va le plonger dans un milieu étrange et sordide où évoluent, entre autres, Dorothy Vallens, une chanteuse de cabaret psychologiquement fragile, et Frank Booth, un dangereux psychopathe pervers.


Les premières minutes ?

C’est là qu’on voit que le style de Lynch est unique, la musique, l’intro générique, une oreille trouvée dans un champ…On a tout de suite un mystère épais sur la situation mais aussi sur les personnages et j’adore ça. Même si j’ai déjà vu ce film quatre fois, j’éprouve toujours le même plaisir de le redécouvrir. Les pièces du puzzle se pose tout doucement, à nous de réussir à tout remettre comme il faut…

Le casting ?
Kyle MacLachlan retrouve une nouvelle fois D.Lynch après avoir travaillé ensemble sur Dune. L’acteur est très bien dirigé, le personnage qu’il incarne lui va très bien. Je pense que c’est à travers ce film que le cinéaste a trouvé en lui quelque chose qui correspond à son univers et il deviendra par la suite son acteur fétiche.
Dennis Hopper incarne un dérangé du bocal de façon terrifiante, une performance comme celle ci marque à jamais le spectateur. Isabella Rossellini apporte sa sublime et mystérieuse présence, elle tient ici certainement le plus grand rôle de sa carrière. Laura Dern est âgée ici de 19 ans et démontre déjà qu’elle a le potentiel pour être une grande actrice.

Et au final ça donne quoi ?
Du grand Art ! David Lynch nous embarque dans un puzzle cinématographique incroyable et maîtrisé de bout en bout. La mise en scène est captivante voir même abyssale et ce dés les premières images du film. Les plans sont millimétrés et particulièrement dans l’appartement de Dorothy où le cinéaste alterne différentes prises de vue. Ma scène préférée est celle « Chez Ben », du pur Lynch ! Les couleurs et les décors épousent merveilleusement (comme la mise en scène d’ailleurs) le récit. La bande originale est excellente avec du Chris Issak, Roy Robinson ou encore Bobby Vinton dont le Blue Velvet résonne encore dans ma tête. Cette œuvre me démontre une nouvelle fois à quel point je suis fasciné par le cinéma de David Lynch qui ne ressemble a aucun autre.

10801796_491422390998383_7716558886509333526_nEn résumé, Blue Velvet est une pépite noire, un chef d’oeuvre ! David Lynch confirme qu’il est l’un des plus grands cinéastes vivants. Dennis Hopper offre la prestation la plus marquante et la plus angoissante de sa carrière.

 

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