Tuer n’est pas jouer (1987) / Permis de Tuer (1989)

Tuer n'est pas jouer

Tuer n’est pas jouer (The Living Daylightsen V.O) est un film Britannique de John Glen sorti en 1987. C’est le 15éme opus de la série des films de James Bond produite EON Productions. Timothy Dalton y incarne James Bond pour la première fois.

C’est l’adaptation cinématographique de la nouvelle Bons baisers de Berlin (The Living Daylights) de Ian Fleming, extraite du recueil Meilleurs vœux de la Jamaïque, paru en 1966. Le film ne reprend principalement que le titre original de la nouvelle et la scène post-générique.

The Living Daylights va être le dernier film de James Bond pour près de deux décennies à reprendre un titre original de Ian Fleming.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

The Living Daylights est le 1er James Bond de Dalton, plus fort, plus violent et plus dangereux que Moore nous promettait les affiches et bien c’est réussi. Ce film constitue un changement majeur (et salutaire) pour James Bond. Et Timothy Dalton est un Bond parfait : classe, plus proche des personnages de son époque (la génération sida est passé par là, James Bond devient monogame) et surtout tellement plus proche des écrits de Fleming.

Qu’est ce que ça raconte ?

James Bond est en opération spécial à Gibraltar avec d’autres agents double 0, mais l’exercice tourne mal après le meurtre d’un des agents de sa majesté quasiment sous les yeux de 007. L’assassin trouve la mort en ne laissant qu’un seul indice l’inscription « SmiertSpionom » (Mort aux espions) un ancien programme du KGB pour éliminer les espions de l’Ouest.

James Bond se rend donc à Bratislava pour exfiltrer l’agent double GyorgyKoskov, qui accuse le Général Puskin le nouveau ministre de la défense soviétique d’avoir activé « SmiertSpionom » et de s’en prendre aux gouvernements de l‘Ouest. Mais Koskov ne joue pas franc jeu avec l’Angleterre et est mystérieusement enlevé au milieu d’un des QG extérieur du MI-6. Bond retourne donc à Bratislava pour rencontrer Kara Milovi une violoncelliste très proche de Koskov.

Ensemble ils parcourront Tanger et l’Afghanistan pour démêler ce qui se révèlera être une sombre affaire de trafic d’armes entre Koskov et un revendeur d’arme américain mégalomane : Whitaker.« SmiertSpionom » était un leurre et Puskin un bouc émissaire !

Les premières minutes ?

Les pré-générique des Bond sont toujours des scènes soignées et prenantes. Et bien là on peut dire que John Glen a fait un super boulot. Déjà pour le cadre choisir Gibraltar, c’est inédit et surtout propice à des plans magnifiques du rocher, des singes et pour créer la première scène d’action du film que Dalton a en parti réalisé sans cascadeur.

Une poursuite sur le toit d’un camion menée tambour battant par les plans de camera habilement choisis et surtout par la B.O de John Barry, sa dernière pour la saga, où il prend le risque d’ajouter à ses thèmes symphonique caractéristiques, des notes de synthétiseur. Il disait lui-même « Chaque nouveau Bond doit avoir son propre son. »

Cela donne un James Bond thème survitaminé dès les premières minutes et une sublime entrée en matière pour le petit nouveau ! A l’image du générique, qui dans la même logique, que pour le précédent film avec Duran, fait appel à un groupe très à la mode à l’époque : A-ha.

tuer-n-est-pas-jouer-1987-06-g

Le casting ?

Déjà Timothy Dalton, il est électrisant, carrément convaincant dans le rôle et surtout il fait ses cascades lui-même ! On est loin du Roger Moore vieillissant des précédents films.

Jeroen Krabbé en Koskov est juste parfait (et dire qu’en VF c’est Feodor Atkins la voix officiel de Hugh Laurie). Il constitue l’élément comique du film pour que le tout ne sombre pas dans la noirceur totale. Il joue un personnage cabotineur juste comme il faut.

Et enfin Maryam d’Abo qui n’a pas connu une très grande carrière (comme la plupart des Bond Girl d’ailleurs) mais qui ici joue le rôle de la bonne manière. Avec de la personnalité et sans être effacée comme avait pu l’être les fiancés de Moore.

James Bond Tuer n'est pas jouer

Et au final ça donne quoi ?

Le pari de remplacer Roger Moore après 7 films était risqué et changer la personnalité de Bond était dangereux. Et dangereux justement c’est ce que Dalton est, à chaque plan il inspire une certaine crainte de par sa présence mais il sait également être tendre dans les moments où cela s’impose. Exit le Bond super héros et bonjour le Bond réaliste et humain.

Scénaristiquement, Tuer n’est pas Jouer est le dernier film de la saga (avant Casino Royale) s’inspirant directement d’un livre de Fleming. Dont il ne reprend au final qu’une seule scène : le duel de sniper à Bratislava après le générique. L’histoire est plus directe et reflète l’actualité ce qui pour James Bond est assez rare pour être souligné. Seul regret Whitaker est un méchant assez terne et peu intéressant.

Coté réalisation, John Glen en est à son 4eme Bond d’affilée et change du tout au tout sa mise en scène. Jusqu’à la, cette dernière était certes dynamique mais plus posée. Ici à l’image du nouvel interprète tout s’accélère, les plans se succèdent à un rythme soutenu et on ne voit pas les deux heures passer.

On lit tout de même ici et là que Dalton et en particulier ses Bond sont les pires de la série, ce qui se révèle après visionnage totalement faux, Dalton n’a de tort que de succéder à Moore pour les fans boy hardcore et à l’époque c’est ce qui couta le plus au film et surtout au suivant.

James Bond

En résumé, Tuer n’est pas jouer est un James Bond à part dans la saga, plus incisif, plus en phase avec son époque et avec un personnage principal plus humain et réaliste assez proche au final de la performance de Daniel Craig dans le rôle.


 

permis de tuer

Permis de Tuer (Licence to Kill) est un film britannique réalisé par John Glen et sorti en 1989. C’est le 16e opus de la série des films de James Bond produite par EON Productions. Timothy Dalton y incarne James Bond pour la deuxième et dernière fois.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

« Il est sans limite, il est seul et cette fois c’est personnel ». Ça c ‘est de l’accroche, un Bond vengeur et meurtrier sans le MI-6 derrière lui pour le contrôler ? Parfait, surtout que c’est toujours Dalton qui tient le rôle que demander de mieux ?

Qu’est ce que ça raconte ?

James Bond est en permission aux Bahamas pour le mariage de son ami Felix Leiter. Mais en chemin pour la cérémonie les nouveaux employeurs de Félix, la D.E.A, lui signalent que le trafiquant de drogue Sanchez est également aux U.S.A. James assiste en spectateur à son arrestation (oui mon œil, sauter d’un hélico pour attacher un filin à un avion c’est être simple spectateur ?).

Après une impressionnante cascade sur un avion, Sanchez est capturé mais sachant que cette situation ne sera que temporaire, il propose la récompense de 2 millions à celui qui le libera. Une fois libre, Sanchez rend visite aux jeunes mariés assassine la femme de Leiter et capture Felix pour le donner en pâture aux requins.

Bond trouve le corps de la femme et aide son ami mais il est épris de vengeance, abandonne ses obligations, donne sa démission à M, ce dernier lui retire donc son Permis de tuer. Il part à la poursuite de Sanchez à Isthmus City en compagnie de Pam Bouvier une ravissante agent de la C.I.A qui lui prêtera mains forte.

Les premières minutes ?

Largement moins survolté que le pré-générique de The Living Daylights, celui de notre film est loin d’être mauvais pour autant. Glen utilise à la perfection les paysages de Floride (et oui les Bahamas c’est que pour la fiction, la magie du cinéma…) et fait une excellente entrée en matière pour présenter les protagonistes de l’histoire.

Pour la B.O c’est un petit nouveau dans la saga qui s’y colle : Michael Kamen compositeur des Die Hard, d’Highlander, de L’Arme Fatale. Il compose une B.O dans la pure tradition des Bond mais aussi très proche de ses orchestrations habituelles. Son Bond Thème : Licence Revoked est un morceau impressionnant de 9 minutes présent dès les premières scènes du film avec des sonorités jazzy que Kamen a pris soin de rajouter au thème.

Voulant surfer sur la mode des chanteuses afro-américaines, les producteurs demandent à Gladys Knight de composer la chanson titre du film. Licence to Kill resta plusieurs semaines en tête des charts US et aura même plus de succès que le film !

permis_de_tuer

Le casting ?

Timothy Dalton est de retour pour la deuxième fois et cette fois le scénario lui permet enfin d’interpréter sa vision de Bond à fond. Ici il passe de la froideur meurtrière à la tristesse la plus profonde pour au final créer un personnage complètement inattendu et surprenant.

Robert Davi est un méchant jubilatoire il joue l’antithèse total de Bond et est à lui tout seul le génie du mal et le « requin » du film, c’est-à-dire le gros balèze charismatique chargé de filer les raclés à James Bond. Sanchez est un vrai méchant de film d’action des années 80 cruel et fascinant à la fois.

Carey Lowell la principale Bond Girl esquisse ce que deviendront les Bond Girl des années 90, des femmes fortes, qui ne se laisse pas faire et qui prennent la situation en mains.

permis-de-tuer

Et au final ça donne quoi ?

Permis de Tuer est le James Bond le plus détesté de toute la saga, et pour des raisons qui sont ironiquement indépendantes du film en lui-même. Il s’agit du premier film PG-13 de la saga aux Etats-Unis car trop violent, on est loin du divertissement familial des anciens volets.

En plus il est sorti au pire moment, souvenez-vous (enfin ceux qui peuvent) à l’été 89 sortait en même temps : Batman et surtout l’Arme Fatale 2 avant que Indiana Jones 3 viennent finir d’enfoncer le clou. Le film n’avait aucune chance. Et pour finir les soucis judiciaires autour de la licence ont terminés d’enterrer la saga jusqu’en 1995 ce que les grincheux ont immédiatement imputé à Dalton : « il n’y a plus de James Bond car Dalton l’a tué »

C’est bien évidement totalement faux ! Licence to Kill est unique en son genre. La tentative ultime de se rapprocher du Bond originel et de donner une dimension quasi Shakespearienne au personnage. Rongé par ses démons Bond n’est ici plus qu’un être humain impuissant mais tout de même plein de ressources et c’est pour une fois auprès des autres (en la personne de Q et de Pam Bouvier) que Bond trouvera de l’aide plutôt que l’inverse.

Pour son ultime Bond, Glen change encore une fois de style, plus sombre et beaucoup plus posé que dans The Living Daylights, le réalisateur prend le temps pour expliquer les choses et les personnages, les enjeux étant ici plus complexes que d’habitude. La mise en scène se réveille sur les scènes d’action, retrouvant le dynamisme du précèdent film , mention spéciale au final avec les camions citernes qui reste aujourd’hui encore la scène la plus emblématique du film.

Permis de tuer

En résumé, Permis de Tuer est une excellente conclusion à la première ère des James Bond. Mix des classiques de la saga, des pontifes du cinéma des années 80 et amorce du cinéma 90’s. Il reste un grand film qui ne plaira pas à tout le monde y compris aux fans de la série tellement l’exercice était périlleux mais réussi. Et n’oubliez pas : « James Bond will Return ! »

Yann R.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s