Conversation Secrète, une pépite teintée de gris et d’intelligence

conversation secrète

Conversation Secrète est un film américain réalisé par Francis Ford Coppola, sorti en 1974. Ce thriller d’espionnage a reçu la Palme d’or lors du Festival de Cannes 1974.

Coppola prend son temps et attend le bon moment :

En 1966, Francis Ford Coppola, fasciné par les inventions dans le domaine de l’espionnage et en particulier la surveillance dans la foule à l’aide d’un micro longue distance, commence à écrire un scénario sur un homme écoutant les conversations dans le public, en plein San Francisco, jusqu’au moment où il surprend une discussion entre un couple et parlant d’un complot meurtrier. Le réalisateur se base essentiellement sur le film de Michelangelo Antonioni, Blow-Up (sorti la même année), dans lequel un photographe capturait involontairement un meurtre sans s’en apercevoir.

En 1972, le réalisateur connaît le succès avec « Le Parrain » et décide de mettre en chantier Conversation Secrète.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

C’est l’un des seuls films que je n’ai pas vu de la part de Francis Ford Coppola alors qu’il considéré comme l’un des plus grands films américain dans l’histoire du cinéma. Pour être honnête, je n’ai pas lu le synopsis de ce film, je me doutais au vu de l’affiche et du titre qu’on avait affaire à un film d’espionnage. Gene Hackman en tête d’affiche chez Coppola, ça donne envie aussi et le reste du casting aussi.

De quoi ça parle ?

Harry Caul, catholique introverti et secret, est un grand spécialiste de la filature engagé dans une mission pour suivre un couple et enregistrer leurs conversations. Une fois sa mission accomplie, il découvre en écoutant son enregistrement que le couple est en danger de mort. Se souvenant d’une précédente mission au cours de laquelle une famille avait été tuée, il est pris dans un dilemme moral qu’il ne parviendra pas à surmonter.

Les premières minutes ?

Une ouverture sublime qui nous met tout de suite dans le bain. Coppola montre a quel point il porte une grande importance aux premières minutes de ses films, comme on peut le voir dans « Le Parrain » ou « Apocalypse Now ». On sent que le premier quart d’heure est très très important car le cinéaste si attarde avec génie, on observe tel un espion, un évènement anodin mais qui s’avère ne peut l’être du tout. Un démarrage qui nous montre déjà la maîtrise de la mise en scène ajoutez à ça le montage et la musique, tout commence bien pour nous offrir du bon et du grand cinéma.

Le casting ?

Francis Ford Coppola s’entoure, comme à son habitude à l’époque, d’un grand et talentueux casting. On a donc en tête Gene Hackman était dés le départ très emballé par le scénario et le rôle de Harry Caul et cela se ressent dans sa prestation. L’acteur décoche une performance pleine de justesse, il campe avec aisance cet homme mélancolique et mystérieux. Ce qui est intéressant aussi c’est qu’on éprouve pratiquement les mêmes sentiments que son personnage et ça c’est un réel tour de force de la part de Jackman et Coppola.

A ses côtés, on a John Cazale avec qui Francis Ford Coppola avait déjà travaillé sur le premier volet du Parrain et ensuite sur le deuxième. Cazale nous démontre qu’il un très bon acteur, son rôle n’est pas très en vue au premier mais il est important car il permet de montrer le véritable caractère de Harry Caul (Hackman). Harrison Ford interprète de façon convaincante un secrétaire mystérieux et un peu flippant. Robert Duvall est également de la partie.

Et au final ça donne quoi ?

Francis Ford Coppola a laissé la saga du Parrain de côté pour pouvoir enfin réaliser ce projet et je pense qu’il a choisi le moment idéal. Il nous offre un excellent thriller paranoïaque d’une grande profondeur et d’intelligence. La mise en scène est somptueuse du début à la fin, le maître Coppola est une nouvelle fois en état de grâce. Le montage et le mixage ont une grande importance à la réussite et cela se ressent dés les premières minutes. Walter Murch qui était chargé de ses deux étapes a travaillé par la suite plusieurs fois avec Coppola, qui lui donnait carte blanche. Le scénario est un modèle d’écriture que ce soit sur le plan des personnages ou de l’histoire, Coppola a tout peaufiné dans les moindres détails. La preuve aussi sur les décors et les costumes, l’appartement de Harry reflète parfaitement sa personnalité.

La musique de David Shire est somptueuse, on est loin d’un orchestre habituel car le réalisateur voulait une composition avec un seul instrument : le piano. Les notes de cet instrument nous emporte dés le départ, c’est là qu’on voit la maîtrise totale de Coppola.

Ce film fait parti des plus grandes œuvres du cinéaste et la Palme d’Or est amplement mérité. Il récompense le travail d’un grand orfèvre et de son équipe, du très grand cinéma.

Conversation Secrete

En résumé, Conversation Secrète est un chef d’oeuvre à voir et à revoir. La maitrise de Coppola aussi bien à la caméra qu’à l’écriture est stupéfiante. Du très grand cinéma !

 

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