Heat, un face à face de légende pour le plus grand des polars du cinéma américain

Heat poster

Heat est un film américain réalisé par Michael Mann, sorti le 15 décembre 1995 au cinéma. Il s’agit du remake de « L.A. Takedown », un téléfilm de Michael Mann datant de 1989.

Inspiré de faits réels ? 

Hey oui ! Le film s’inspire en partie d’une affaire criminelle s’étant déroulée à Chicago au début des années 1960. Le personnage de Vincent Hanna est en partie inspiré de l’inspecteur Chuck Adamson qui a pourchassé et fini par tuer le véritable Neil McCauley en 1963. Le personnage de Nate interprété par Jon Voight est quant à lui inspiré d’Edward Bunker, un ancien truand de Los Angeles reconverti en romancier spécialisé dans le polar.

Michael Mann prend son temps et tire les leçons du passé :

Il faut savoir qu’à la base le téléfilm « L.A. Takedown » était un pilote pour une série mais la chaîne à l’époque n’avait pas voulu acheter ce pilote et l’a donc diffusé sous l’aspect de téléfilm à la fin des années 80. Après cet échec, Michael Mann est dégouté car il était vraiment très attaché par cette histoire et veut en faire un film mais il décide se laisser un peu de temps pour peaufiner le scénario. Et c’est en 1994, que le réalisateur décide de lancer le remake pour cette fois ci, le cinéma. Un défi de taille pour Mann mais ce dernier va tout faire pour le relever.

Un casting prestigieux et sur mesure :

Michael Mann sait que pour son histoire, il va lui falloir de très grands acteurs et notamment pour les deux rôles principaux. Il veut offrir au public, une des plus grandes confrontations d’acteurs au cinéma et il pense en particulier à deux monstres sacrés du cinéma américain. Le réalisateur va donc réussir a engager Al Pacino et Robert De Niro. Les deux acteurs ont toujours été comparé, par leurs carrières, leurs rôles ou encore leurs physiques et Heat va être le premier film où les deux légendes du cinéma des années 70 se retrouvent face à face dans un film. Ils étaient pourtant tous les deux à l’affiche du Parrain 2. Mais De Niro jouant le père, jeune, de Pacino, ils ne se croisaient jamais à l’écran. Mais la production ne le voit pas comme ça et soumet Nick Nolte et Jeff Bridges pour composer ce fameux face à face mais Mann ne démordra pas et arrivera à ses fins, obtenir son face à face de légende.

Michael Mann tient ici l’argument majeur pour la promotion du film et il le sait. En plus de ça, il décide d’engager d’autres grands acteurs pour les seconds rôles. Beaucoup de stars sont sollicités, par exemple Michael Madsen, Jean-Claude Van Damme et Don Johnson ont été approché pour le rôle de Michael Cheritto. C’est au final Tom Sizemore qui obtiendra le rôle. Le rôle de Chris Shiherlis devait initialement être tenu par Keanu Reeves, mais il a finalement été attribué à Val Kilmer quand celui-ci a trouvé des disponibilités durant le tournage de « Batman Forever ». Michael Mann a été impressionné par la performance de Natalie Portman dans « Léon » et il va l’engager pour tenir le rôle de Lauren, la belle fille du lieutenant Vincent Hanna (Al Pacino). Diane Venora et Ashley Judd sont également engagés. Le metteur en scène tient un casting incroyable, il est rare de voir une telle distribution pour ce genre de film et Michael Mann le sait.

Heat Michael Mann

Un tournage millimétré :

Michael Mann tient son casting, c’est du haut niveau et c’est pourquoi, les scènes et sa direction doivent correspondre parfaitement. Il ne faut avoir qu’un simple casting pour réussir un grand film, c’est un tout et Michael Mann l’a appris avec son échec en 1989. Il a la bonne histoire, le casting de dingue et il ne manque plus que mettre tout ça sous pellicule.

Le tournage commence fin décembre 1994 et se termine en mai 1995. Michael Mann a tenu à ne pas tourner en studio, pour obtenir un maximum de réalisme et d’authenticité. C’est dans plus de 65 lieux différents de Los Angeles et ses alentours, que le réalisateur a décidé de tourner. Par exemple, la fameuse scène de la confrontation verbale entre Robert De Niro et Al Pacino a été tournée au restaurant Kate Mantilini de Beverly Hills, alors que les scènes finales du film l’ont été à l’hôtel Hilton et sur les pistes de l’aéroport international de Los Angeles.

Mann fait également en sorte pour que qu’Al Pacino et Robert De Niro ne soient pas visibles simultanément à l’écran, même durant la scène de discussion dans le café. Le réalisateur joue avec le spectateur, la scène n’intervient qu’au bout d’une heure trente et ne dure que 6 minutes. Techniquement, Michael Mann a effectué pour cette scène le champ/contrechamp de manière simultanée.

Une autre scène est très importante pour le cinéaste, celle de l’attaque de la banque. C’est la scène qui a demandé le plus de difficultés pour l’équipe entière du film. Michael Mann s’est appuyé sur Andy McNab, qui était un ancien commando. Ce dernier a effectué un sacré nombre de missions à hauts risques et principalement pendant la guerre du Golfe. Il a travaillé main dans la main avec Michael Mann et les acteurs pour cette scène. Un travail de titan, il a fallu dix jours en tout pour tourner cette fameuse attaque.

Robert De niro Heat scene

Pourquoi faut-il voir ce film ?

C’est le genre de film qui marque votre esprit, Michael Mann qui dirige dans le même film Al Pacino, Robert De Niro, Val Kilmer et Jon Voight, c’est unique ! Une confrontation entre deux des plus grands acteurs du 7ème Art, ça ne se boude pas et en plus de ça ils sont dirigé de main de maître par Michael Mann. Je parle pas encore de la mise en scène, mais ça va venir…

De quoi ça parle ?

La bande de Neil McCauley (Robert De Niro) à laquelle est venu se greffer Waingro, une nouvelle recrue, attaque un fourgon blindé pour s’emparer d’une somme importante en obligations. Cependant, ce dernier tue froidement l’un des convoyeurs et Chris Shiherlis (Val Kilmer) se retrouve obligé de « terminer le travail ». Neil tente d’éliminer Waingro, mais celui-ci parvient à s’échapper. Parallèlement, le lieutenant Vincent Hanna (Al Pacino) mène l’enquête…

Les premières minutes ?

Michael Mann nous montre avec efficacité et peu de temps les personnages principaux du film. On voit déjà leurs environnements et quelques traits de caractère. Dés le premier quart d’heure, on assiste à une scène puissante avec l’attaque du fourgon. On  en prend plein les yeux et les oreilles, le réalisateur donne le ton de ce film avec cette scène. La mise en scène est déjà très intéressante, c’est minutieux et immersif pour le spectateur.

Le casting ?

Dés le générique d’intro et qu’on voit les noms se succéder les uns après les autres, on se dit attention ça va envoyer du lourd ! Et c’est le cas, Michael Mann a constitué un casting somptueux et il l’a brillamment dirigé. Robert De Niro et Al Pacino sont tout simplement magistraux ! Deux grands professionnels qui incarnent comme il faut leurs personnages, qui tout oppose. Côté De Niro, c’est l’élégance, la précision tandis qu’Al Pacino c’est le volcan débordant d’énergie. Deux prestations subtiles, classes…Bref du très haut niveau ! Ils dévorent chacun à leur manière la caméra, les rôles sont taillés sur-mesure et c’est magnifique et jouissif.

Aux côtés de ses deux piliers, on a du lourd aussi avec en tête Val Kilmer. Ce dernier est vraiment très bien dirigé et investi dans son rôle. Michael Mann a vraiment réussi son coup car c’est pas facile de faire briller un acteur aux côtés de deux monstres sacrés du cinéma et pour le cinéaste relève le challenge. Jon Voight est grimé et en impose même si on ne le voit que très peu de fois à l’écran, une composition bien calibré. J’ai découvert Tom Sizemore à travers ce film où il est vraiment très intéressant et c’était très prometteur pour la suite de sa carrière. Un petit mot sur sur Kevin Gage qui tient ici l’un de ses meilleurs rôles au cinéma et ce même si il n’est qu’un acteur secondaire. Il incarne un criminel psychopathe nommé Waingro et franchement il est loin de passer inaperçu.

Michael Mann a excellé aussi dans l’écriture des personnages féminins ainsi que dans la direction de ses actrices. Ashley Judd est magnifique et s’accorde parfaitement avec Val Kilmer et c’est le même cas pour Diane Venora avec Al Pacino. Natalie Portman tient seulement le second rôle de sa carrière et démontre déjà un fort potentiel, on sent à quel point ses partenaires ont été à ses côtés. Amy Brenneman (« Casper », « Daylight ») est envoûtante, touchante et ce même si on ne la voit pas énormément dans le film.

Danny Trejo, William Fichtner ou encore Ted Levine sont également de la partie et leurs prestations sont de bonnes factures également.

Voila, on peut dire que Michael Mann a parfaitement géré son casting haut de gamme que ce soit dans l’attribution des rôles, de l’écriture ainsi que dans la direction. Chapeau l’artiste !

Et au final ça donne quoi ?

Michael Mann est clairement au sommet de son art ! Il déploie une telle maîtrise de part et d’autre, c’est vraiment impressionnant. Sa technique de réalisation est exceptionnelle, osée et risquée aussi. Le cinéaste s’accorde le luxe de nous mettre dans une ambiance posé mais qui a tout de même ses moments électrisants.  Il ne laisse rien au hasard, sa mise en scène est exceptionnel que ce soit dans les moments d’actions ou alors quand on est au plus près des protagonistes dans leurs vies privées. C’est innovant de voir autant de choses, la vie intime des personnages mais également la vie professionnelle et de voir les répercutions qui s’entrecroisent entre elles. Les différents plans sont minutieusement justifiés, tout à un sens comme par exemple la fameuse scène dans le café entre Al Pacino et Robert De Niro ou encore la célèbre fusillade en pleine ville. Quand on sort de ce film, on se dit que Michael Mann a réalisé un travail titanesque au niveau de la réalisation mais également au niveau de la plume.

Il a bien fait de prendre son temps et peaufiner son histoire et ses personnages. Le travail final saute aux yeux, c’est étincelant et impeccable. Y a un sens sur tout que ce soit les situations, les relations entre les protagonistes, les caractères ou encore leurs valeurs. Michael Mann nous démontre à quel point il n’est pas qu’un grand réalisateur mais aussi un très bon scénariste, tout colle et se superpose parfaitement.

Bien sur un grand film n’est rien sans une grande bande originale, ici Elliot Goldenthal est le principal compositeur. Il a composé en tout 29 minutes de musique pour le film et cela accentue parfaitement l’ambiance insufflé par les images magnétisantes de Michael Mann. U2 et Moby ont également participé à la bande son et le résultat est à la hauteur. Même si la musique c’est parfait.

Comme vous avez pu le constater le mot « parfait » revient souvent mais ce film mérite ce qualificatif. Michael Mann réalise le meilleur film de sa carrière et en même temps le meilleur polar du 7éme Art. Je suis vraiment subjugué que cette pépite n’a obtenu même pas une seule grande distinction, rien aux Oscars ou autres. Pourtant peu de films ont eu une telle aura, un tel impact, une telle virtuosité et justesse.

Heat-1995-3

En résumé, Heat est un chef d’oeuvre sur tous les plans, un modèle, un pilier du cinéma américain où sont réunis deux mythes capté par l’œil et la plume d’un grand cinéaste.

 

 

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