La Tête haute (2014)

La tête hauteLa Tête haute est un film dramatique français coécrit et réalisé par Emmanuelle Bercot. Ce film est présenté Hors Compétition pour l’ouverture du Festival de Cannes 2015. Emmanuelle Bercot est la deuxième réalisatrice de l’histoire à ouvrir le festival, après Diane Kurys pour Un Homme Amoureux en 1987. C’est également à Cannes que Bercot fut découverte en 1997 avec son court-métrage Les Vacances.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

J’ai tout simplement envie de découvrir le travail d’Emmanuelle Bercot entant que réalisatrice. La bande annonce est efficace et m’a donné envie de découvrir ce film.

De quoi ça parle ?

Le parcours éducatif de Malony, de six à dix-huit ans, qu’une juge des enfants et un éducateur tentent inlassablement de sauver.

Les premières minutes ?

Le film s’ouvre avec une scène forte avec un côté authentique, cela me rappelle un peu le style Maïwen qu’on a pu voir dans « Polisse » par exemple. Sara Forestier et le jeune Rod Paradot en imposent déjà pas mal dans ce premier quart d’heure. On peut dire que démarre sur un ton assez volcanique avec un sujet délicat à traiter et pour le moment c’est bien amené par la réalisatrice.

Le casting ?

Emmanuelle Bercot a choisi un acteur novice pour interpréter le rôle de Malony en la personne de Rod Paradot. Il faut savoir que le jeune homme n’a jamais joué la comédie et se retrouve propulsé au centre d’un long-métrage réunissant des pointures du cinéma français comme la légendaire Catherine Deneuve, Benoît Magimel et Sara Forestier. Ce jeune acteur est clairement la révélation du film, il a su parfaitement se fondre dans son personnage et c’était loin d’être une tache facile. Rod Paradot incarne à merveille le jeune Malony, un personnage complexe et il ne faut pas oublier qu’il tient ici son tout premier rôle au cinéma. La réalisatrice avait vu en lui le personnage de Malony et on peut dire qu’elle ne s’est pas trompé. A travers le regard de ce jeune acteur, je voyais Benoit Magimel, il y a des similitudes entre les deux et la réalisatrice a du les voir également c’est pourquoi la relation entre les deux acteurs est si magnétisante.

Aux côtés de ce jeune espoir du cinéma français, on a la patronne, Catherine Deneuve qui campe un juge de l’enfance de façon humaine et profonde. Son regard et son timbre de voix montre à quel point elle est à l’aise dans ce personnage.

Benoit Magimel est très convaincant dans la peau de l’éducateur spécialisé, il y a une réelle complicité entre lui et Rod Paradot. Ce duo est touchant et on sent les acteurs généreux l’un envers l’autre.

Sara Forestier incarne efficacement une mère pommée et complétement dépassée par sa vie familiale. L’actrice effectue une composition marquante et convaincante.

Un petit mot aussi sur la jeune actrice, Diane Rouxel que j’ai trouvé touchante dans sa prestation. Je pense que c’est une actrice à suivre car à ce jour, elle a déjà une filmographie intéressante et prometteuse.

Et au final ça donne quoi ?

Emmanuelle Bercot nous offre un uppercut dans le cinéma hexagonal. Sa mise en scène est au plus près des protagonistes sans pour autant donner l’impression d’un film-documentaire. Le sujet est très délicat mais la réalisatrice le traite comme il faut, sans en faire trop, sans en faire moins, c’est bien calibré. Au niveau de l’écriture que ce soit sur l »histoire ou les personnages, la plume est de bonne facture. Emmanuelle Bercot et son amie Marcia Romano ont fait un très bon travail et surtout elles vont jusqu’au bout des choses. C’est percutant et bouleversant, une justesse qui s’étale sur tous les plans. Je viens de voir l’un des meilleurs films français de l’année avec une réalisatrice talentueuse qui excelle dans la direction de ses acteurs ainsi que dans l’écriture. On est dans la lignée de « Polisse » et « Mommy » et cela fait plaisir de voir que le cinéma français a encore de beaux jours devant lui que ce soit avec Emmanuelle Bercot mais aussi de jeunes talents comme Rod Paradot et Diane Rouxel.

La tete haute

En résumé, La Tête haute est un film violent, émouvant et âpre. Emmanuelle Bercot croit en son cinéma et ses acteurs et cela se ressent dés les premières minutes. Ça sent bon pour les Césars !

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