The French Connection, l’inspiration d’un nouveau souffle dans le cinéma américain

french connection The French Connection est un film policier américain réalisé par William Friedkin, produit par Philip D’Antoni avec la musique de Don Ellis, sorti en 1971.

Déjà c’est quoi la French Connection ?

Beaucoup savent maintenant à quoi correspond la French Connection mais une piqure de rappel ne fait pas mal pour les plus jeunes. Ce terme est une appellation d’ensemble pour désigner la totalité des acteurs qui prirent part à l’exportation d’héroïne aux États-Unis depuis la France. Malgré les idées reçues, il s’agissait non pas d’une seule et même organisation mais d’une multitude de réseaux et d’équipes implantés pour la plupart à Marseille et Paris, ainsi que dans des villes moins en avant comme Bordeaux ou Le Havre. Importée en France depuis l’Orient (Turquie, Indochine, Syrie), la morphine-base était ensuite transformée en héroïne dans des laboratoires installés pour la plupart dans le sud de la France pour finalement prendre la route des États-Unis et du Canada. Les trafiquants français étaient à cette époque les principaux fournisseurs des organisations criminelles américaines et le crime organisé corse jouait un rôle central.

Ce trafic a connu son apogée au cours des 60’s mais cela a entrainé également sa chute.  Le 3 octobre 1960, les agents américains anti-narcotiques saisissent 3,5 millions de dollars US d’héroïne et arrêtent 4 trafiquants parmi lesquels Mauricio Rosal, l’ambassadeur guatémaltèque, en poste en Belgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg qui se révèle être un trafiquant d’héroïne entre Beyrouth et Marseille. Les agents de lutte contre les stupéfiants saisissaient environ 90 kg d’héroïne par an. Mais les différents services évaluaient le trafic de stupéfiants, mise au point par les Corses, à 90 kg par semaine. Rosal, seul, en un an, a passé plus de 200 kg d’héroïne en utilisant son seul statut de diplomate.

French connection saisie

C’est durant les années 70 que le réseau va être totalement démanteler. Le milieu français étant court-circuité, elle fut remplacée en 1974 par la Pizza Connection, la mafia sicilo-américaine ayant réimplanté ses laboratoires en Sicile.

Un film qui se veut authentique et proche de la réalité :

Le scénario s’inspire de faits réels, ceux du trafic de drogue des années 1960 jusqu’au début des années 1970 appelé French Connection. À cette période, 80% de l’héroïne arrivant illégalement sur la côte Est des États-Unis provient du sud de la France. En plus des deux personnages principaux, plusieurs personnages du film s’inspirent de personnages réels. Le personnage d’Alain Charnier est basé sur Jean Jehan qui a été arrêté à Paris pour trafic de stupéfiants, malgré cela il ne sera jamais extradé vers les États-Unis, la France n’extradant pas ses citoyens. Le réalisateur explique le laxisme supposée de la police française par le fait qu’il aurait effectué son service militaire sous les ordres de Charles de Gaulle.

Les personnages du film sont minutieusement inspirés par ceux de la réalité. Sal Boca est inspiré de Pasquale « Patsy » Fuca et de son frère Anthony. Angie Boca est basée sur la femme de Patsy, Barbara, qui a écrit une autobiographie avec l’aide de Robin Moore détaillant sa vie avec Patsy. Les frères Fuca et leur oncle faisaient partie d’une équipe de trafiquant de drogue en lien avec les cinq familles du crime new-yorkaises. Henri Devereaux, qui importe la Lincoln à New York, est inspiré de Jacques Angelvin, acteur puis présentateur de télévision qui fut réellement arrêté en 1962 pour importation illégale de produit stupéfiant. Il a été condamné de 3 à 6 ans de prison dans un pénitencier fédéral. Il effectuera 4 ans de détention avant d’être expulsé vers la France. Par la suite il deviendra agent immobilier.

Difficultés à composer le casting ?

En effet, bien que la distribution se soit révélée être l’une des grandes forces du film, le réalisateur William Friedkin eut des problèmes avec le choix des acteurs dès le départ. Pour le rôle de Popeye Doyle, le réalisateur hésite entre plusieurs acteurs, Paul Newman, Charles Bronson, James Caan et Gene Hackman. Mais le budget du film ne permettait pas d’engager des stars comme Paul Newman ou Charles Bronson. C’est Gene Hackman qui a été engagé au final.

Le choix de Fernando Rey pour incarner Alain Charnier, l’antagoniste principal du long-métrage, résulte d’une erreur d’identité : William Friedkin avait demandé à son directeur de casting d’engager un acteur espagnol qu’il avait vu dans Belle de jour, de Luis Buñuel, mais dont il ne connaissait pas le nom : Francisco Rabal. Rey, qui avait tourné à plusieurs reprises sous la direction de Buñuel, fut contacté à la place de Rabal. Après que Rabal fut finalement retrouvé, la production découvrit qu’il ne parlait ni français ni anglais, et Rey fut donc gardé pour le film11. Mais ironie de la situation, lors du montage final, le français de Rey avec son accent espagnol fut considéré comme inadmissible par les producteurs qui décidèrent de doubler tous ses passages en français tout en conservant ses dialogues en anglais.

French Connection tournage

Pourquoi faut-il voir ce film ?

Il y a pas mal de raisons qui font que ce film est un incontournable du 7éme Art. Tout d’abord, William Friedkin obtient la reconnaissance internationale avec ce film. Il obtient de multiples récompenses à travers le monde comme 5 Oscars et 5 BAFTA. Ce polar contient également l’un des plus mythiques courses-poursuites de l’histoire du cinéma. Ce film marque également un tournant dans la carrière de l’acteur Gene Hackman, qui va connaître par la suite un parcours très intéressant et va le propulser au rang des très grands acteurs. Je ne vous en dis pas plus, je vous laisse soit voir le film où soit lire le reste de la critique.

De quoi ça parle ?

Deux flics des stups, Buddy Russo et Jimmy Doyle, dit Popeye, se retrouvent sur la piste d’une grosse livraison d’héroïne en provenance de Marseille. De planques en filatures, d’arrestations en courses-poursuites dans les rues de New York, Popeye et Russo vont tenter démanteler ce que les archives du crime appellent désormais… la French Connection.

Les premières minutes ?

Le réalisateur vient emmener dans le Marseille des 70’s et montre à quel point l’ambiance peut être bien obscure au coin d’une rue.  Ensuite on décolle pour Brooklyn où William Friedkin pose l’ambiance et les personnages tranquillement sans être trop lent, on est envoûté par cette atmosphère et ce que j’aime c’est qu’on est au plus près des personnages. Un démarrage en douceur mais qui a de la classe et de l’authenticité.

Le casting ?

On a donc en tête d’affiche Gene Hackman dans le rôle « Popeye » Doyle qui effectue une performance magistrale. Que ce soit dans l’incarnation de son personnage mais aussi au volant des voitures, l’acteur va jusqu’au bout. Il est complétement habité par son personnage. A ses côtés Roy Scheider (« Les Dents de la mer ») complète comme il faut son partenaire, un duo à la Newman/Reford. Sa prestation est convaincante, son personnage est dévoué à 100% à son métier et sa vie privée et mystérieuse.

Fernando Ray campe brillamment le boss français du trafic de drogue, très classe et sournois. J’aurais tellement aimé voir un de nos grands acteurs français de l’époque être de la partie. Jean Gabin, Yves Montand ou Jean Paul Belmondo par exemple, ça aurait été énorme. Mais bon je ne crache pas non plus sur la distribution qui est tout même très performante. William Friedkin n’est pas qu’un réalisateur de talent mais également un grand directeur d’acteurs.

Et au final donne quoi ?

William Friedkin dépoussière le genre et ouvre une nouvelle ère dans le cinéma hollywoodien. Sa mise en scène est grandiose et spectaculaire. Tout est tourné pour coller au plus près de la réalité, que ce soit dans les scènes de poursuites, filatures et autres…On est dedans, tel un film-documentaire et c’est un très grande prouesse pour l’époque et encore aujourd’hui d’ailleurs. On est bien loin des effets spéciaux, du numérique et ses fonds verts, là on respire la rue, la poudre et les pots d’échappement. La technique du réalisateur révolutionne en quelque sorte le métier, les scènes à l’intérieur du véhicules sont très menées. La lumière naturelle a également son importance car elle intensifie ce côté authentique qui tenait tellement à cœur au réalisateur. L’immersion est totale et va inspirer pas mal de réalisateurs par la suite comme Alain Corneau. Il est clair que William Friedkin est très loin d’avoir volé ses Oscars.

Au niveau du scénario, Ernest Tidyman a fait du bon travail dans l’adaptation par rapport au roman de Robin Moore. Il est dans la lignée de ce que voulait faire le réalisateur avec ce film donc le résultat est de très bonne facture.

La musique de Don Ellis est entrainante et intense dans les moments sous tensions, une bonne bande originale dans l’ensemble.

frech connection scene

En résumé, The French Connection est polar au réalisme renversant, mené de main de maître par William Friedkin. Gene Hackman tient clairement le plus grand rôle de sa carrière. A l’époque c’était révolutionnaire et aujourd’hui c’est tout simplement chef d’oeuvre implacable et intemporel.

 

Publicités

Un commentaire Ajoutez le vôtre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s