Un Français (2014)

Un Français afficheUn Français est un film français réalisé par Diastème. C’est le second long métrage de la part de ce réalisateur. Le film est produit notamment par Philippe Lioret, réalisateur entre autres de Je vais bien, ne t’en fais pas et Welcome. A la tête de la société de production Fin Août Productions qui a également co-produit le long métrage, « Un Français » est le premier film produit par le cinéaste qu’il ne réalise pas lui-même.

Diastème, c’est qui ?

Son véritable nom est Patrick Asté et il est auteur-compositeur-interprète, musicien, écrivain, dramaturge, scénariste, metteur en scène et réalisateur français. Ce qui fait une sacrée carte de visite. Son parcours est assez atypique et impressionnant. Il se destinait à une carrière musicale avant de se retrouver à l’âge de vingt ans journaliste. Il écrit pendant quelques années dans la presse (7 à Paris, L’Autre Journal, 20 ans, Première), avant de se tourner vers la littérature, le cinéma, et le théâtre.

L’élément déclencheur : 

A l’origine, le film devait s’appeler Colère puisque Un Français était le titre choisi pour être celui d’un livre que le réalisateur était en train d’écrire sur un sujet semblable à celui du film. Mais l’actualité a rattrapé Diastème : « Et le jour de la mort de Clément Méric, à la télévision, j’ai revu dans les camps de ses agresseurs des visages que j’avais croisés dans mon enfance ou mon adolescence. Me rendre compte que ces gens avaient mon âge, que leur haine était la même que quand ils avaient 18 ans, cela m’a bouleversé. Rien n’avait bougé. J’ai trouvé cela troublant et romanesque. J’ai pensé que s’il y avait un seul sujet à traiter aujourd’hui, ce serait celui-ci : un personnage que l’on suit sur trente ans et qui, lui, se débarrasse de la haine et de la violence au fond de lui. C’était un sujet de film. En deux jours, j’avais écrit vingt pages… »

Un projet très personnel :

Les mouvements d’extrême-droite et l’histoire des skinheads, Diastème connaît. Cela fait écho à sa jeunesse, à une époque où il a assisté à des évènements similaires que ceux relatés dans son film. Il raconte : « Je me suis moi-même fait courser par des types d’extrême droite. A l’époque, je participais à Touche pas à mon pote, même si je n’ai jamais milité. Plus tard, quand je suis devenu journaliste, l’un des premiers papiers que j’ai faits pour 7 à Paris portait sur les mouvements jeunesse des partis politiques : je suis allé rendre visite au FN dès 1990… Je me suis toujours intéressé à la politique, mais avec du recul, un drôle de mélange d’ironie et de colère. C’est donc un film profondément personnel. »

diasteme

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Ce film a fait pas mal de bruit à sa sortie à cause du sujet qui y est traité. Je trouve ça audacieux et risqué de faire un film comme celui ci aujourd’hui. J’apprécie la prise de risques chez un réalisateur et en particulier dans le cinéma hexagonal. Je ne connais pas précisément ce réalisateur, ni les acteurs du film et c’est donc l’occasion de les découvrir.

De quoi ça parle ?

Avec ses copains, Braguette, Grand-Guy, Marvin, Marco cogne les Arabes, les Juifs et les Noirs et colle les affiches de l’extrême droite. Jusqu’au moment où il sent que, malgré lui, toute cette haine l’abandonne. Mais comment se débarrasser de la violence, de la colère, de la bêtise qu’on a en soi ? C’est le parcours d’un salaud qui va tenter de devenir quelqu’un de bien.

Les premières minutes ?

On rentre dans le vif du sujet sans concession, le réalisateur n’hésite à choquer et à mettre aussi mal à l’aise le spectateur. Un premier quart d’heure percutant et réaliste. Les acteurs sont convaincants, la mise en scène est immersive et cela me rappelle un peu « La Haine » de Matthieu Kassovitz.

Le casting ?

Alors tout d’abord je tiens à tirer mon chapeau à tous les acteurs pour avoir eu le courage et l’envie de participer à un film de ce genre. Il faut savoir que l’acteur principal, Alban Lenoir et le réalisateur, ont reçus plusieurs menaces de la part d’extrémistes. J’ai apprécié la prestation de la part de cet acteur que je connaissais pas, Alban Lenoir fait corps avec son personnage, il est juste du début à la fin. A ses côtés, Samuel Jouy est lui aussi très bon, surtout dans la seconde partie du film.

Côté féminin, j’ai trouvé que les actrices étaient convaincantes, Jeanne Rosa avait déjà travailler avec Diastème sur son premier long métrage. Lucie Debay m’a fait penser un peu à Mélanie Laurent, sa prestation et son charme attirent l’œil.

Et au final ça donne quoi ?

J’ai découvert un réalisateur très prometteur tout comme les acteurs qu’il dirige. Diastème frappe fort en nous offrant un film courageux et réussi. Sa mise en scène est au plus proche des protagonistes, il y a des scènes très fortes et convaincantes. Le réalisateur est méticuleux et on ressent sa volonté à coller à la réalité. Il montre avec efficacité, à quel point la haine et la bêtise deviennent de plus en plus ridicule mais aussi très dangereuse. Un petit mot sur le montage qui peut paraitre un peu brut pour certains mais pour moi, c’est passé tranquille et ça évite les longueurs inutiles. En revanche, j’ai un petit reproche sur la dernière scène du film où l’on sent Diastème moins inspiré et j’ai trouvé ça vraiment dommage. Le scénario ne tombe pas dans le ridicule, c’est audacieux et plutôt bien écrit. Il y a quelques traits forcés par moment mais ça passe quand même. L’évolution des différents protagonistes et très intéressante, personne n’est mis de côté et je trouve que c’est l’un des points forts du film. Je souligne également le travail au niveau de la coiffure et du maquillage pour montrer l’avancé des personnages à travers le temps, c’est très bien accompli.

Bravo Diastème et toute son équipe pour ce film, qui a subit un bashing à sa sortie et je trouve ça vraiment dommage. C’est rare de voir en France, une œuvre d’une telle audace sur un sujet aussi peu transposé au cinéma et surtout dans notre pays. Je conseille vraiment ce film, ne soyez pas frileux.

Un Francais

En résumé, Un Français est un film réalisé avec force et bravoure où la violence, la haine et les destins brisés font clairement réfléchir et soulèvent pas mal de tabous. Un mix entre La Haine et American History X.

 

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Smadj dit :

    J’ai bien apprécié aussi ce film pour toutes les raisons que tu décris. Les acteurs sont excellents et jouent tres bien. Merci d’en avoir parlé 🙂

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