Le Nom la Rose, le thriller gothique par excellence

Le Nom de la Rose afficheLe Nom de la Rose est un thriller franco-italo-ouest-allemand réalisé par Jean-Jacques Annaud, sorti en 1986.

Un best-seller incontournable :

En 1980, le roman « Le Nom de la Rose » de Umberto Eco est publié en Italie et deux ans plus tard en France (le temps de la traduction…). Le journal Le Monde a classé cette œuvre littéraire dans les 100 livres les plus représentatifs du XXe siècle.

Jean-Jacques Annaud sous le charme :

Le réalisateur français a lu le roman à sa sortie et il a été immédiatement séduit et fasciné par la plume et l’histoire de Umberto Eco. Jean-Jacques Annaud trouve dans ce livre tout ce qu’il le passionne, le grec, la religion, le fonctionnement d’un monastère, l’intrigue policière…Le cinéaste veut a tout prix en faire un film mais le soucis c’est que les droits appartiennent à la Rai (chaine de télévision italienne). Jean-Jacques Annaud va donc rencontrer le directeur et va obtenir les droits pour une adaptation au cinéma. Jamais il n’a été aussi convaincu, il doit à tout prix réaliser ce film.

Umberto Eco est très curieux de voir de ce que ça va donner au cinéma et il a une grande confiance envers le réalisateur français.

L’adaptation prend peu à peu forme :

Jean-Jacques Annaud sollicite ensuite le producteur allemand Bernd Eichinger, qui finance ce coûteux projet. Plusieurs scénaristes planchent sur un laborieux travail de transposition (le premier étant le scénariste attitré de Jean-Jacques Annaud : Alain Godard). Les scénaristes gomment quelques éléments du livre pour permettre à l’écran d’avoir plus de cohérence, de mystère et de fluidité. Il y a également quelques clins d’oeil à Umberto Eco comme lorsque Guillaume de Baskerville dans la bibliothèque s’extasie sur un ouvrage d’« Umberto de Bologne », ville où Umberto Eco est professeur.

Le chef opérateur italien Tonino Delli Colli (qui avait travaillé avec Pier Paolo Pasolini) signe les lumières, et le décorateur italien Dante Ferretti reconstruit l’abbaye austère dans les Abruzzes, non loin de Rome.

Sean Connery a bataillé sec : 

Il faut savoir que pour ce film, Jean-Jacques Annaud ne voulait aucun acteur de renom mais Sean Connery, lui même, voulait être engagé pour interpréter le rôle du Frère Guillaume. Après de longues discutions entre le réalisateur et l’acteur, ce dernier est engagé.

Dés la première rencontre, Jean-Jacques Annaud a avoué avoir été bluffé et convaincu par la prestation de l’acteur écossais. Le sonorité de sa voix et la façon dont il a interpréter le dialogue ont tout simplement mystifié le cinéaste.

Robert De Niro était également partant pour interprété le rôle mais lui et le réalisateur n’était pas en accord sur quelques scènes.

Un tournage entre l’Allemagne et l’Italie :

Les intérieurs ont été tournés au Kloster Eberbach, ancien monastère cistercien en Allemagne, près d’Eltville. Le décor extérieur de l’abbaye a été créé de toutes pièces; ce site n’existe donc pas. Il est toutefois nettement inspiré du château italien du XIIIe siècle Castel del Monte (commune d’Andria, à 70 km à l’ouest de Bari, dans les Pouilles) qui est l’œuvre de Frédéric II du Saint-Empire.

Jean-Jacques Annaud veut coller au maximum au roman, au niveau de l’atmosphère qu’il dégage et d’apporter ainsi de l’authenticité.

Jean-Jacques Annaud Le Nom de la Rose

Pourquoi faut-il voir ce film ?

Ce film est clairement un incontournable du cinéma, à l’époque peu de réalisateurs osaient se frotter à ce genre d’adaptation car cela demandait énormément de travail technique pour le réalisateur et toute son équipe. Jean-Jacques Annaud a le mérite d’avoir osé et réussi ce défi titanesque, imposer un tel cinéma lors de la période testostérone d’Hollywood, il fallait le faire. Ce film marque le retour de Sean Connery au cinéma après 3 ans d’absence et d’ailleurs son physique a changé. Il faut savoir aussi que c’est dans ce film que Christian Slater fait ses premiers pas entant qu’acteur et il n’avait que 15 ans.

Un thriller gothique et médiéval, orchestré par un réalisateur français, qui dirige un très grand acteur en la personne de Sean Connery. Je peux vous dire que ça mérite d’être vu et revu.

Je peux vous dire que la première que j’ai vu ce film, je n’était pas tellement emballé par le sujet mais une fois que le film a démarré, j’ai été littéralement absorbé par l’histoire, l’ambiance visuelle/auditive et également par la composition de Sean Connery.

Le film a connu un beau succès notamment en France avec 4 959 436 entrées.

De quoi ça parle ?

En l’an 1327, dans une abbaye bénédictine, des moines disparaissent. Un franciscain, Guillaume de Baskerville aidé du jeune novice Adso von Melk mène l’enquête. C’est l’époque ou l’Eglise, en pleine crise, se voit disputer son pouvoir spirituel et temporel. C’est aussi l’apogée de l’inquisition. Un thriller moyenageux très attendu préparé avec soin pendant trois ans, respectant le mieux possible l’époque et qui a coûté la bagatelle de dix-neuf millions de dollars. C’est également un film de Jean-Jacques Annaud toujours passionnément entraîné par ses sujets.

Les premières minutes ?

Une introduction avec une voix intrigante et en même temps envoûtante, vient nous cueillir pour nous conter une histoire. S’enchaine ensuite les images où l’on voit deux moines à cheval accompagné par une musique en adéquation avec justement la voix qu’on a pu entendre quelques secondes plus tôt.

Les décors et la reconstitution historique sont impressionnants et nous enrôlent au beau milieu de cette époque et ajoutez à ça le mystère autour de la mort d’un moine de l’abbaye, cela donne un premier quart d’heure prenant et passionnant pour la suite.

Le casting ?

Comme je le disais ci dessus, Sean Connery effectue son grand retour au cinéma. A l’époque sa carrière est en dents de scie et il lui a fallu trois années de patience et de réflexion pour revenir en grande forme. Sir Sean Connery est impérial dans la peau du moine franciscain Guillaume de Baskerville. L’acteur effectue ici l’une des plus grandes performances de sa carrière et d’ailleurs il sera récompensé par le BAFTA du meilleur acteur.

A ses côtés, on a donc le tout jeune Christian Slater qui incarne un novice franciscain et compagnon de Frère Guillaume. L’acteur livre une prestation convaincante et le duo qu’il forme avec Sean Connery a quelque chose de très fraternel. L’admiration que porte le novice à son maître est très bien retranscrite, nous même on est dans la même position que le jeune franciscain. Il y a un côté Holmes et Watson dans la relation des deux hommes.

Le reste de la distribution est également performant et très intéressant. Jean-Jacques Annaud a engager des acteurs qui ont de la gueule avec Michael Lonsdale, Ron Perlman ou encore F.Murray Abraham. Les trois acteurs remplissent comme il faut leurs fonctions.

Volker Prechtel et Michael Habeck intensifient, par leurs prestations, le côté mystérieux et médiéval. La sublime Valentina Vargas est la seule présence féminine au sein de ce casting et elle ne passe pas inaperçu.

Sean Connery Annaud

Et au final ça donne quoi ?

Pour moi, Jean-Jacques Annaud réalise ici son plus grand film. Lui et son équipe ont effectué un travail titanesque et magnifique. Le réalisateur français effectue une mise en scène magistrale et spectaculaire. Dés que les deux moines pénètrent dans l’abbaye, on est quasi dans un huis clos. On est au plus près des évènements et des personnages, on respire le même air humide et poisseux du monastère. On sent l’œil passionné de Jean-Jacques Annaud, tout est si millimétré et juste. Le rythme est haletant et le suspens est magnifiquement mené, on est dedans du début à la fin.

Au niveau du scénario, c’est bien adapté et romancé. Jean-Jacques Annaud et ses scénaristes ont modifier quelques éléments par rapport au roman mais ils n’ont très bien fait et c’est justifié au sein du film. Les thèmes sont très bien retranscrits, l’amour, la passion ou encore l’humour au sein de la chrétienté.

Les décors, les costumes et les accessoires ont une énorme importance au sein du film, le travail effectué est tout simplement bluffant et très proche de la réalité d’époque. Tout est si bien reconstitué, par exemple, les manuscrits, les livres, ou encore le fameux escalier « labyrinthe ».

Un petit mot sur la musique du film, qui a été composé par le regretté James Horner. L’œuvre de ce dernier est somptueuse et en adéquation avec les images et l’atmosphère qui règne au sein du long métrage.

On ressent une véritable cohésion et beaucoup de professionnalisme au sein de l’équipe du film, et cela a abouti à des prouesses techniques et visuelles. On en prend plein la vue, on s’imprègne très vite de l’atmosphère, de l’époque, du contexte et c’est grâce à l’alchimie qu’il y a entre les différentes personnes qui ont travaillé sur ce film.

le-nom-de-la-rose-02

En résumé, Le Nom de la Rose est un pur chef d’oeuvre, un policier médiéval savoureux porté par une grande mise en scène et un Sean Connery éblouissant.

 

 

Publicités

Un commentaire Ajoutez le vôtre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s