Les Prédateurs, une relecture stylisée et poétique du mythe vampire

Les prédateurs afficheLes Prédateurs (The Hunger) est un film film britannique réalisé par Tony Scott, sorti en 1983. Il s’agit d’une adaptation du roman éponyme de Whitley Strieber.

Première marche pour Tony Scott :

Les producteurs voulaient à l’origine qu’Alan Parker dirige le film, après le succès de « The Wall ». Mais Parker suggéra d’engager un nouveau venu, issu de la publicité : Tony Scott.

Pourquoi faut-il voir ce film ?

C’est le tout premier long métrage de Tony Scott et il est bien loin de films comme « Top Gun » ou « Man on Fire ». Le trio Deneuve/Bowie/Sarandon, ça ne se trouve pas partout.

Ce film a été mal accueilli à sa sortie par la critique et le public, au fil des années il s’est bâti une réputation de film culte, mélangeant vampirisme, amour saphique, et atmosphère gothique.

De quoi ça parle ?

À New York, la belle et élégante Miriam Blaylock (Catherine Deneuve) mène une vie luxueuse et oisive au côté de son mari John (David Bowie). En réalité elle est âgée de plus de 3 000 ans et vient d’Égypte. Elle doit tous les 7 jours, boire du sang humain pour se préserver des atteintes du temps. Elle utilise, pour ce faire, un petit pendentif en forme de clé d’Ânkh qu’elle porte autour du cou et qui dissimule une lame acérée qui lui permet de trancher la gorge de ses victimes. Elle a offert, il y a trois cents ans, l’immortalité à son mari. Cependant, si elle peut donner l’immortalité à ceux qu’elle a choisis, elle ne peut leur garantir de les aimer toujours, alors que l’amour est l’ultime ingrédient de l’alchimie subtile qui leur assure de ne pas vieillir. En cette fin de XXe siècle, après trois siècles de vie commune et heureuse, John Blaylock commence à ressentir la réalité d’un vieillissement accéléré qui ne s’arrêtera plus, sans pour autant entraîner sa mort. John tente de contacter Sarah Roberts (Susan Sarandon), une docteure spécialiste du vieillissement, pour essayer d’échapper à l’inéluctable. Miriam tombe sous le charme de cette dernière.

Les-Prédateurs11

Les premières minutes :

Le montage et l’ambiance sont assez particuliers, soit on accroche ou pas. On ressent dés le départ le côté pub chez Tony Scott, c’est à la fois troublant et charmant. La musique a déjà une place très importante en ce premier quart d’heure, on entend notamment du Shubert mais aussi un morceau très proche du style de David Bowie.

Le couple Deneuve/Bowie est à la fois beau et hypnotique. Tony Scott livre des images de toute beauté, les couleurs et la lumière sont superbes.

Le casting ?

Tony Scott dirige de main de maitre un casting improbable. On a tout d’abord Catherine Deneuve qui campe une femme vampire au passé mystérieux. Elle est tout simplement magnifique et magnétisante, sa prestation est d’une justesse fascinante.

A ses côtés, David Bowie est tout aussi beau, électrisant et touchant. J’apprécie beaucoup cet artiste et ici il est clairement dans l’un de ses meilleurs rôles au cinéma. Il forme avec Catherine Deneuve un duo très séduisant, toute une époque respire dans ce duo et c’était l’un des objectifs du réalisateur avec ce film.

Susan Sarandon est superbe, l’alchimie entre elle et Catherine Deneuve est différente de celle avec Bowie mais elle est tout aussi charmante. Elle respire l’érotisme et la passion tandis que le couple Bowie/Deneuve est dans le romantisme et l’amour.

Un trio parfait, les trois acteurs se complètent parfaitement. Tony Scott les filme d’une manière très précise, on est charmé du début à la fin.

The Hunger

Et au final ça donne quoi ?

Première réalisation et premier coup de maître ! Tony Scott est pour moi avec ce film au même niveau artistique que son frère, Ridley, à cette époque. Ce dernier venait à l’époque de réaliser « Blade Runner » et ce qui est marrant, c’est de voir des thèmes communs entre les deux films. La vie, le temps, l’amour, la mort et la passion sont les thématiques qu’on retrouve dans « Blade Runner » et « Les Prédateurs ». Bien sur c’est exploité différemment. Pour en finir avec la comparaison entre les deux frères et les deux films, l’un a été un énorme succès à sa sortie tandis que l’autre (en l’occurrence notre film du jour) s’est planté. Malgré cela, les deux films sont aujourd’hui des œuvres cultes.

A l’époque, « Les Prédateurs » avait reçu une véritable gifle de la part de la critique alors que ce film est une œuvre magnifique et sous-estimée. Tony Scott livre une mise en scène à la fois brute et soignée. On a le droit à un découpage des scènes assez ciselé mais en revanche celles ci  sont magnifiques. Rien n’est laissé au hasard, l’éclairage crépusculaire, les ralentis, les contres-jour…Tout est très cohérent et séduisant. On ressent la patte du réalisateur publicitaire qu’était Tony Scott, il s’attarde sur les acteurs, leurs mouvements ainsi que dans l’environnement où ils évoluent. La photographie de Stephen Goldblatt est somptueuse et s’accorde parfaitement avec le travail du réalisateur. Une beauté visuelle maitrisée et captivante de la première à la dernière scène.

Pour l’adaptation du roman, trois scénaristes ont été engagés. L’écriture est centrée principalement sur le comportement des personnages. Il n’y a pas de dialogues et c’est là qu’on voit la prouesse du réalisateur et des scénaristes. L’un a compris les autres et cela se ressent tout au long du film. Le mystère autour des personnages est très attrayant, on aimerait en savoir plus parfois mais c’est tellement bon de faire marcher l’imagination. Un souffle poétique est omniprésent tout au long du cette sublime œuvre cinématographique.

Comme on le ressent dés le premier quart d’heure, la musique a une place très importante du film. L’ouverture de celui ci se rapproche d’un véritable clip vidéo musical avec le morceau « Bela Lugosi’s Dead » du groupe Bauhaus. On plonge avec ce titre dans les 80’s et il y a un petit clin d’oeil à David Bowie aussi. On surf ensuite sur du Schubert ou encore du Bach. Cela intensifie la beauté des images et de l’atmosphère capté par Tony Scott. Une bande originale magnifique et en adéquation les différentes scènes.

Je me permets un petit mot sur les décors et costumes qui sont sublimes et fusionnent avec les acteurs et l’œil de Tony Scott. Je le souligne une nouvelle fois, rien n’est fait par hasard.

Pour finir, Tony Scott nous livre un premier film d’auteur expérimental mais qui est un chef d’oeuvre méconnu et très sous-estimé à l’époque. Une œuvre qui revisite le mythe vampire de façon passionnante et originale. Oubliez le côté « Action Man » du réalisateur, ici avec « Les Prédateurs », il a montré à quel point il pouvait être un grand réalisateur. Je trouve ça dommage qu’il n’est pas continué de percé un peu plus ce genre de cinéma, en même temps, la critique l’avait défoncé d’entrée.

The hunger Deneuve

En résumé, Les Prédateurs est un pur condensé 80’s qui se mêle à la beauté du fantastique vampirique et à la beauté des acteurs. Tony Scott, tout juste sorti de la pub, est au sommet de son art. Un chef d’oeuvre maudit qui mérite un peu plus de reconnaissance aujourd’hui.

 

 

 

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