Rampart (2012)

rampartRampart est un drame policier américain écrit et réalisé par Oren Moverman.

Ce dernier réalise ici son second long métrage pour le cinéma. Auparavant, il a écrit pour le film « Love & Merci » et « I’m not There ». Il a réalisé son premier film en 2009 et il s’intitule « The Messenger » avec Woody Harrelson et Ben Foster.

Inspiré du vécu d’Ellroy :

Le scénario de Rampart est signé de la main d’un maître du polar américain, James Ellroy, auteur de nombreux romans noirs à succès. Ce n’est pas la première fois que l’écrivain se prête à cet exercice, puisqu’il a déjà rédigé les intrigues de Dark Blue en 2003 et Au bout de la nuit en 2008.

James Ellroy a insufflé beaucoup de son propre vécu lors de l’écriture du scénario de Rampart. Il raconte : « J’ai souhaité intégrer une partie de mon vécu dans cette histoire qui est, entre toutes, celle d’une expiation dont le prix est terriblement élevé ». L’écrivain a toutefois tenu à rappeler que les événements autour de la police de Los Angeles ne servaient que de contexte à l’histoire d’un homme au bord du gouffre : « Le scandale en lui-même mériterait un film à lui seul, un vrai documentaire. (…) Nous préférions voir cette affaire comme un témoin du fait que les temps changent : exactement comme dans un western, quand la loi arrive en ville, les choses se mettent à changer. C’est une époque de transition. »

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Quand j’ai vu un tel casting réuni dans un polar signé James Ellroy, je me suis dit que ça a le mérite d’être regardé. Woody Harrelson est acteur qui est revenu en force à cette époque et le voir camper le rôle principal d’un flic qui franchit les limites avec des méthodes expéditives, je me dis que c’est un rôle où il peut exceller.

De quoi ça parle ?

L’officier de police Dave Brown est connu depuis toujours pour ses méthodes expéditives et sa tendance à franchir toutes les lignes. Lorsque la vidéo d’une raclée qu’il administre à un suspect se retrouve sur toutes les chaînes de télé, tout le monde se décide à lui faire payer l’addition. Face au scandale qui pourrait mettre en lumière les pratiques douteuses de la police, ce spécialiste des excès en tous genres fera un magnifique exemple…

Coincé entre sa hiérarchie, ses ex-femmes, ses filles et ses peurs qu’il cache comme il peut, Brown va être écrasé, broyé, poussé à bout pour n’être plus que lui-même, loin de son arrogance et de ses méthodes de cow-boy. Cela suffira-t-il à le racheter ?

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Les premières minutes ?

On assiste à un choc de générations et de mentalités avec l’agent Dave Brown (Harrelson) d’un côté et une nouvelle recrue. Woody Harrelson en impose déjà en ce premier quart d’heure, son personnage est taillé pour lui, ça se sent.   On respire ce qu’était les rues de L.A. à l’époque, la tension qui y règne entre les différents gangs… La mise en scène de Moverman se veut immersive avec sa caméra à l’épaule et ça marche mais parfois c’est un peu brouillon et j’espère que ça sera plus net par la suite.

Le casting ?

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, Woody Harrelson est très bon dans la peau de l’agent Dave Brown. Les fans de « True Detective » retrouveront des semblants de Marty dans sa prestation. Il porte le film à lui tout seul, peut être un peu trop parfois mais ça n’enlève en rien le fait qu’il est très convaincant.

A ses côtés, il y a du beau monde mais le film se centre principalement sur Dave Brown. Robin Wright est superbe et les scènes entre elle et Harrelson sont intenses et fusionnelles sur pas mal de points.

Ned Beatty tient bien son personnage mais on aurait aimé toute fois en savoir un peu plus sur lui et ses combines.

Ben Foster est intéressant mais pas assez en vue et pourtant il s’est donné pour ce rôle. Il a passé des nuits entières à vivre auprès des clochards de L.A. pour mieux se fondre dans son personnage.

Sigourney Weaver et Steve Buscemi sont bons mais on ne les voit pas plus que ça à l’écran.

Et au final ça donne quoi ?

Oren Moverman traite bien son sujet dans l’ensemble et nous montre qu’il est un très bon directeur d’acteurs mais par contre sa mise en scène est beaucoup trop brouillonne. La caméra à l’épaule est justifiée à certains moments mais sur d’autres pas du tout. Il tire trop sur cette technique et ça casse à un moment. Il y a des plans et des angles intéressants mais on retient principalement le fait que c’est filmé un peu à l’arrache.

Morverman fait une bonne adaptation du roman d’Ellroy, on est proche d’un nouveau « Bad Lieutenant ». Il y a un petit manque d’originalité et de rebondissements. Les personnages sont bien conçus mais pas assez approfondis comme celui de Ben Foster ou Ned Beatty. On aurait aimé en savoir un peu plus sur l’envers du décor, aller au delà des apparences et approfondir le propos sur les magouilles policières et politiques qui entourent le personnage principal. La fin aurait mérité un meilleur traitement également.

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En résumé, Rampart est un bon polar porté par l’excellent Woody Harrelson. Oren Moverman touche un sujet intéressant mais pas assez approfondi et sa mise en scène n’est pas toujours très inspirée.

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