Psychose, la terreur aux deux visages

Psycho poster

Psychose (Psycho) est un thriller horrifique américain en noir et blanc réalisé par Alfred Hitchcock, sorti en 1960. C’est son 47éme long métrage, inspiré par le roman de Robert Bloch Psycho et dont le scénario a été écrit par le jeune scénariste Joseph Stefano.

Les nouvelles sont fraiches :

Au moment de La Mort aux trousses en 1959, Alfred Hitchcock n’avait aucune idée de ce qu’allait être son prochain film. Lors de la post-production, le cinéaste et son assistante sont tombés sur une excellente critique dans le New-York Times sur le livre Psycho de l’Américain Robert Bloch.

Hitchcock demanda alors à la Paramount Pictures un synopsis du livre, mais le studio n’en avait pas rédigé. En partant pour l’Angleterre, il vit à l’aéroport, sur les rayons, le livre Psycho, l’acheta et le lut dans l’avion. Il appela sa secrétaire de Londres pour dire : « Je tiens notre prochain sujet, Psycho« .

L’agent de la  MCA (l’ancêtre d’Universal Pictures), Ned Brown, acheta les droits pour 9 000 dollars. Après quoi, Hitchcock s’est chargé d’acheter le plus d’exemplaires possible du livre afin d’éviter que trop de spectateurs ne connaissent les surprises de l’intrigue.

La maître ne perd pas de temps :

Alfred Hitchcock visualise déjà son film dans sa tête, il veut le réaliser en noir et blanc. La couleur rendrait son film trop sanglant, moins accessible et plus cher. Le réalisateur va donc utiliser l’équipe de sa série tv « Alfred Hitchcock présente » et cela va lui revenir au total à moins d’un million de dollars pour réaliser son film.

Entre le printemps et l’été 1959, Hitchcock commence à se plonger sérieusement dans la conception de sa « petite production ».

Il donne ses notes et les livres au scénariste James Cavanagh, qui avait écrit plusieurs épisodes de la série « Alfred Hitchcock présente ». L’écriture du scénario est terminée en août mais Hitchcock et son assistante trouvent le script trop banal pour une telle histoire et ils demandent donc à un autre scénariste de leurs écrire un scénario digne du roman.

Hitchcock Peggy

Un novice à la plume ?

Sous les conseils avisés de Ned Brown, lui même scénariste, Hitchcock engage un jeune scénariste du nom de Joseph Stefano. Ce dernier n’a seulement écrit que pour deux films à ce moment là de sa carrière et le cinéaste est loin d’être impressionné par son travail. Mais J.Stefano est très motivé et sur de lui pour mener à bien ce projet. Hitchcock est convaincu par l’audace du jeune scénariste, la vision qu’il a du roman est très intéressante et va dans le sens du cinéaste.

Alfred, le boss !

Le maître Hitchcock a eu la mainmise sur tous les aspects du film du début à la fin. Il prend autant de plaisir dans la pré-production que dans la réalisation. Il choisit les costumes, il envoie des photographes prendre des vues de Phoenix, de ses habitants, de ses hôtels, de son commissariat, de son concessionnaire de voitures d’occasion et de la route entre Phoenix et Fairvale. Le cinéaste veut un réalisme capable de capter les spectateurs, il va même jusqu’à demander à ses photographes de prendre des clichés de femmes susceptibles de ressembler au personnage de Marion Crane, afin de photographier leur chambre, leurs vêtements et leurs bagages.

Sur le tournage, Alfred Hitchcock se montre d’une autorité et d’une direction implacable. Il n’a jamais été contesté par ses choix, son allure physique et vestimentaire en imposaient également. Il a tout le long du tournage porté un costume très sombre et le reste de son équipe l’a suivi dans cette voie.

A la fois autoritaire et en retrait, Hitchcock a intrigué certains membres de l’équipe qui travaillaient pour la première fois à ses côtés. Mais son maintien en retrait tenait au fait qu’ayant tout planifié avec tant de précision il ne lui restait plus qu’à regarder le film se faire. L’importance de la pré-production prend tout son sens.

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Pourquoi faut-il voir ce film ?

C’est tout simplement la base du thriller horrifique. Les codes établis par le cinéaste sont encore aujourd’hui repris à toutes les sauces. Psychose est l’une des plus grandes œuvres du maître Hitchcock, son premier et son unique film d’épouvante. Un must incontestable et intemporel.

De quoi ça parle ?

Marion Crane en a assez de ne pouvoir mener sa vie comme elle l’entend. Son travail ne la passionne plus, son amant ne peut l’épouser car il doit verser une énorme pension alimentaire le laissant sans le sou… Mais un beau jour, son patron lui demande de déposer 40 000 dollars à la banque. La tentation est trop grande, et Marion s’enfuit avec l’argent.
Très vite la panique commence à se faire sentir. Partagée entre l’angoisse de se faire prendre et l’excitation de mener une nouvelle vie, Marion roule vers une destination qu’elle n’atteindra jamais. La pluie est battante, la jeune femme s’arrête près d’un motel, tenu par un sympathique gérant nommé Norman Bates, mais qui doit supporter le caractère possessif de sa mère.
Après un copieux repas avec Norman, Marion prend toutes ses précautions afin de dissimuler l’argent. Pour se délasser de cette journée, elle prend une douche…

L’anecdote bonus : 

A la sortie du film, Alfred Hitchcock exigea que les exploitants de salles interdisent l’accès aux spectateurs arrivés en retard à la projection.

Les premières minutes ?

Cela ne fait aucun doute, on est bien en face d’un film signé Hitchcock. La griffe du cinéaste est présente dés le générique de début signé Saul Bass. La musique de Bernard Hermann fait corps avec les images. On admire dés le premier quart d’heure toute la maitrise et la technique du maître, les plans et le cadrage sont millimétrés. On a tout d’abord un plan large sur la ville de Phoenix pour ensuite se rapprocher d’un immeuble et d’une fenêtre. Une façon subtile de s’immiscer avec curiosité chez quelqu’un et c’est là que tout démarre.

La situation du couple Marion et Sam nous est présenté, on comprend ainsi que le manque d’argent se fait ressentir. Ce qui entraine le vol de l’argent par Marion chez son patron pour enfin vivre aux côtés de l’homme qu’elle aime. Le noir et le blanc se confronte déjà pas mal de fois à travers les vêtements et techniquement y a rien à redire. La scène où Marion s’enfuit au volant de sa voiture et qu’elle croise du regard son patron, cela met déjà la pression sur elle.

La rencontre avec le policier procure un excellent moment de suspens où l’on se pose as mal de questions tout comme Marion. C’est à partir de ce moment là que le film prend réellement son envol et qu’on pénètre un véritable thriller. On se demande bien ou tout ça va nous mener et on peut dire qu’on est loin de l’imaginer, la première fois qu’on voit ce film. Alfred Hitchcock et Joseph Stefano brouillent les pistes avec efficacité, on se pose pleins de questions, on devient même paranoïaque.

Le casting ?

Dans le roman de Robert Bloch, Norman Bates est un homme entre deux âges, obèse et alcoolique. Stefano proposa un Norman plus jeune, svelte et vulnérable. L’acteur Anthony Perkins est engagé pour ce rôle qui va propulser sa carrière mais qui va aussi le cataloguer dans le rôle du méchant, Norman Bates. L’acteur livre une très grande performance, il arrive parfaitement à nous montre la complexité de son personnage. Sa gestuelle, son regard et sa façon de parler, tout y est. Je ne comprend toujours pas pourquoi il n’a pas obtenu au minimum une nomination aux Oscars.

Janet Leigh est très convaincante, elle incarne comme il faut cette femme qui commet l’irréparable pour rejoindre l’amour de sa vie à l’autre bout du pays. On parle souvent de la scène de la douche où elle est grandiose mais il faut souligner aussi qu’elle joue à merveille lors de la filature dont elle fait l’objet par l’agent de police.

Vera Miles campe la sœur de Marion (J.Leigh), elle n’apparaît principalement que lors de la dernière partie du film mais on peut dire qu’elle tient bien son rôle. Elle s’impose au milieu des hommes avec son instinct de persuasion et de déduction.

John Gavin incarne le beau gosse de l’histoire mais se montre très intéressant lui aussi dans la dernière partie. Ses répliques ont une très bonne tonalité, il n’hésite pas à déstabiliser Norman Bates tout comme le détective Milton Arbogast très bien incarné par Martin Balsam.

Alfred Hitchcock dirige de main de maître son casting, principalement Anthony Perkins qui est tout simplement parfait.

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Et au final ça donne quoi ?

Quand on voit pour la première fois ce film et qu’on est gosse, on en sort déboussolé et bluffé. Ensuite quand on atteint l’âge de comprendre toute la subtilité de l’art Hitchcock, on est encore plus époustouflé et je dirais même plus, on s’incline !

Le travail du cinéaste sur ce film est tout simplement titanesque du début à la fin, de la pré-production jusqu’à la sortie en salles. Il nous montre à travers ce film à quel point toutes les étapes pour développer et réaliser un film sont très importantes. Le résultat est sans appel, la mise en scène est exceptionnelle et le choix du noir et blanc est amplement justifié. Techniquement c’est fluide et millimétré. Un tout qui nous offre une sublime photographie , John L. Russell a produit un excellent travail. Dommage que lui et Hitchcock n’ont pas collaboré une nouvelle fois par la suite car on voit au sein de ce film qu’il y a de la cohérence dans le travail et de la compréhension entre le cinéaste et le directeur de photographie.

On a le droit à un suspens des plus haletants, aujourd’hui bien sur on connait pratiquement tous le dénouement final mais lors du premier visionnage, on reste scotché ! Le scénario de Stefano est vraiment bien ficelé et son audace le personnage de Norman Bates est l’un des atouts du films. Il prend à contre-pied et réussi à surprendre son monde et bien sur si on ajoute la maestria d’Hitchcock , ça fait des merveilles.

Visuellement c’est magnétisant, les décors, les accessoires et les costumes y sont pour beaucoup. Rien que la maison Bates et l’hôtel sont magnifiquement angoissants. La pièce situé derrière le comptoir de réception intensifie encore un peu plus la bizarrerie qu’il autour de cet endroit et de son(ses) occupant(s). Les miroirs et la couleur des vêtements ont leurs significations. Le noir et le blanc et les miroirs servent à montrer la dualités qu’il y a en chacun de nous. Il faut souligner également le travail sur les lumières et l’obscurité qui est également très participatif à l’atmosphère du film

La musique de Bernard Herrmann est omniprésente tout le long du film. Des notes de violons stridents soulignent comme il faut le suspens et la peur. Il impossible de séparer les images de la musique, c’est lié de la première à la dernière seconde.

Bien sur, il est difficile de tout dire sur ce film en si peu de mots mais l’essentiel est pratiquement là. Hitchcock réalise l’un de ses plus grands films, l’un des plus grands thrillers horrifiques et psychologiques du 7éme Art. C’est la pièce de base du genre, beaucoup d’autres cinéaste s’en inspireront et s’en inspirent encore. Une œuvre modèle qui nous montre à quel point Alfred Hitchcock était un grand passionné, perfectionniste, un véritable maître en outre un pilier du Cinéma.

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En résumé, Psychose est un chef d’oeuvre qui ouvre la voie sur un cinéma horrifique/psychologique. Alfred Hitchcock au sommet de son art tout comme l’acteur Anthony Perkins.

 

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Laura dit :

    Ah cette critique m’a totalement replongé dans le film !!
    Et Quel film !! Une de mes meilleure experience cinematographique !!
    Le film Hichcock est plutot sympa a regarder sur le realisateur !!! Tu l as vu ?

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    1. Bientôt il fera l’objet d’une critique, la semaine pro certainement =)

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