Le Ruffian (1983)

le ruffian affiche venturaLe Ruffian est un film franco-canadien de José Giovanni. Il s’agit de l’un des derniers films où apparait Lino Ventura.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Sur le papier, il y a du beau monde avec aux commandes le réalisateur de « Deux Hommes dans la ville » qui dirige un casting prestigieux avec Lino Ventura, Bernard Giraudeau et Claudia Cardinale. Le film se passe au Canada, ce qui n’est pas sans rappeler l’excellent « Les Grandes Gueules » de Robert Enrico. La cerise sur le gâteau, Monsieur Ennio Morricone à la musique. Voila qui donne envie et qui devrait nous offrir un beau moment d’aventure et de cinéma.

De quoi ça parle ?

Chercheurs d’or au Canada, Aldo et ses compagnons essuient une attaque de bandits le jour de la paie. Seuls, Aldo et deux indiens en sortent vivants et décident de profiter de l’or en retournant à la civilisation. Chemin faisant, Aldo fausse compagnie aux indiens et part en canoé sur une rivière. Son embarcation prise dans les rapides s’écrase au pied d’une cascade avec le chargement d’or, mais Aldo en réchappe in extremis… Il rejoint à Montréal son meilleur ami, Gérard, paraplégique depuis un accident dont Aldo est responsable alors qu’ils étaient tous deux pilotes automobile. Il retrouve également la « Baronne », une ancienne maîtresse qui dirige un bar, et son fidèle employé, le vieux John. Ils décident de monter une expédition pour récupérer l’or…

Les premières minutes ?

José Giovanni démarre son film sur un bon rythme avec des paysages magnifiques accordés avec la musique de Morricone. On a un premier quart d’heure qui a un petit côté western qui ne déplait pas. Cela nous promet du bon cinéma à l’ancienne…

Le casting ?

En tête d’affiche, on a donc Monsieur Lino Ventura, qui impose toute sa classe et son charisme dans ce film. L’acteur livre une prestation convaincante mais je trouve que son personnage aurait mérité un peu plus de profondeur par rapport à l’âge de l’acteur.

A ses côtés, Bernard Giraudeau qui interprète un ancien pilote de course devenu infirme. Il forme plutôt un bon duo avec Ventura mais encore une fois, la bonne volonté des acteurs est entachée par la faiblesse du script.

Claudia Cardinale campe de belle manière « La Baronne » mais ce personnage très même trop secondaire. C’est dommage !

En gros, José Giovanni tient d’excellents acteurs mais la faiblesse de son scénario vient grisonné l’envie et la bonne volonté de son casting.

LE-RUFFIAN

Et au final ça donne quoi ?

Quand le film se termine, on se dit qu’il y avait vraiment matière pour nous offrir un magnifique film d’aventure. José Giovanni tourne dans un cadre magnifique et il nous offre de très beaux plans mais bien sur cela ne suffit pas. Le premier quart d’heure inspire à quelque chose d’autre, de l’aventure avec un grand A. On s’attend à du cinéma comme Verneuil ou Enrico nous ont offert.

La mise en scène est inégale, le rythme est de départ est très bon mais ensuite il baisse encore et encore… Et pour moi, c’est principalement à cause des maladresses au niveau de l’écriture. La base de l’histoire est bonne mais le développement à partir du moment où le personnage de Aldo (Lino Ventura) débarque à Montréal pour monter son équipe est trop simpliste. José  Giovanni nous embarque dans des péripéties un peu trop fleur bleue et pas assez attrayantes. En revanche, j’ai apprécié les quelques flashbacks où l’on voit Aldo et Gérard (B.Giraudeau). Le réalisateur aurait du centrer son film sur un espèce de western moderne tout en servant de l’environnement qu’il avait à porter de main comme l’avait fait Enrico, dans un autre registre, avec « Les Grandes Gueules » ou même Ted Kotcheff pour « Rambo ».

Le scénario reste trop mesuré, il n’y pas vraiment de rebondissements alors qu’on attend que ça et puis il y a quelques incohérences aussi. José Giovanni a voulu bien appuyer sur l’amitié qu’il y a entre Aldo et Gérard mais il en a oublié certaines choses tout en tombant dans certaines facilités. Il aurait intéressant de créer un réel suspens autour d’une traque sur Aldo avec notamment les indiens tout en se servant du magnifique cadre canadien.

La musique d’Ennio Morricone est sublime et en adéquation avec les beaux plans des rocheuses, de la cascade et de la forêt. D’ailleurs sa musique aussi inspire à un western. On entend quelques notes d’harmonica qui nous rappelle un certain « Il était une fois dans l’Ouest ».

LE-RUFFIAN

En résumé, Le Ruffian est un film qui commence bien mais qui s’enlise au fur et à mesure dans l’insuffisance scénaristique . On s’attend à de l’aventure mais au final on se demande vraiment ce que voulait faire le réalisateur avec ce film.

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. pacaliton dit :

    La critique est aisée mais l’art est difficile comme on dit, moi je l’ai pris au premier degrés, ce fameux premier degrés pour lequel les réalisateurs font des films, on ne demande pas à réfléchir , mais à se divertir, et c’est exactement ce que fait ce film, il vous fait voyager, vous fait découvrir deux copains, et le but est atteint , à la fin on regrette que cela soit déjà fini…

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