Mr. Robot, vous n’avez pas fini de vous poser des questions

Mr Robot afficheMr.Robot est une série télévisée américaine créée par Sam Esmail. Elle compte en tout huit réalisateurs pour les dix épisodes de la première saison. Le créateur de la série réalise lui même deux épisodes.

Inspiration Scorsésienne :

Sam Esmail a déclaré avoir été influencé pour l’écriture par le chef d’oeuvre de Martin Scoresese, « Taxi Driver » : « Ce qui fait la réussite de ce film, c’est que tout tourne autour d’un personnage. Il y a certes une histoire et une intrigue, mais vous êtes véritablement dans sa tête. » D’où le recours à une voix-off. « Ce procédé a mauvaise réputation parce que l’on pense que c’est une solution de facilité. En fait, cela demande surtout que cela soit bien fait. »

Mr Robot destiné au cinéma ?

Au départ, lorsque Sam Esmail imaginait le concept de Mr Robot, il a d’abord pensé à le développer à travers un long métrage : « Et puis, raconte-t-il, quand je suis arrivé à ce qui devrait être à la page 90 du scénario, je me suis aperçu que je n’en étais qu’au premier acte. Je me suis dit ‘Je vais en faire une série’. J’ai alors très vite su ce que serait la première saison. Avant même la production du pilote, je savais comment celle-ci se terminerait. »

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Pourquoi j’ai voulu voir cette série ?

Rien de bien original, les médias et le bouche à oreille ont fait leur effet. Cette série m’intrigue par son sujet et son casting. Content de voir que Christian Slater est de la partie, c’est un acteur que j’affectionne. Maintenant voyons ce que tout ça va donner…

De quoi ça parle ?

Elliot est un jeune programmeur anti-social qui souffre d’un trouble du comportement qui le pousse à croire qu’il ne peut rencontrer des gens qu’en les hackant. Il travaille pour une firme spécialisée dans la cyber-sécurité mais un homme connu sous le nom de Mr Robot l’approche un jour pour faire tomber une compagnie surpuissante qui fait partie de celles qu’il doit justement protéger…

Le premier épisode ?

Voila ce que j’appelle un excellent pilote. Une scène d’ouverture de six minutes qui est très efficace, en moins de deux on est embarqué dans la série. Une accroche qui rentre dans le vif du sujet en nous dévoilant les actions et les attraits du personnage principal.

Rami Malek incarne de façon magnétisante Elliot, un espèce de justicier informatique qui veut faire le bien autour de ceux qu’il affectionne. L’acteur tient vraiment bien son personnage, que ce soit dans la démarche, la gestuelle, le regard et sa façon de parler.

La mise en scène de Niels Arden Oplev (réalisateur de « Millenium ») est immersive et bien orchestrée. Le rythme va crescendo jusqu’à la dernière scène. Il maîtrise parfaitement le genre, il nous l’avait prouvé auparavant et il le prouve encore aujourd’hui. La photographie est également de bonne facture.

En ce qui concerne le scénario, Sam Esmail a composé de façon original et méthodique. Il y a un petit côté « V pour Vendetta » dans cette histoire. Le sujet est pour le moment bien exploité et d’actualité. La fin de ce premier épisode est digne d’une fin de saison, cela place la barre assez haut pour la suite…

Mr. Robot Tyrell Elliot

Mi-saison quel est le niveau ?

Sur chaque épisode, il y a un réalisateur différent aux commandes. Ce procédé est difficile à manœuvré et c’est souvent la cause d’incohérences et d’un rythme irrégulier. Dans cette première partie de saison, on a une véritable continuité artistique. Sam Esmail a su imprégner les différents réalisateurs de son œuvre, lui même nous offre une réalisation inspirée lors du second épisode.

Ce qui est vraiment bien foutu avec cette série technico-thriller c’est qu’on entend un charabia monumental sur l’informatique et la technologie, mais on ne s’y perd jamais. Dans cette mi-saison, les réalisateurs et le créateur montrent une véritable cohésion et cohérence de travail. On n’a jamais l’impression qu’un autre à pris la main, à l’image du premier épisode, ça va crescendo. Les dilemmes se posent, les étaux se resserrent autour des personnages…Tout ça est très bien orchestré à l’écran.

Sam Esmail a composé avec brio cette première partie de saison. L’histoire est passionnante avec un beau lot d’imprévus et c’est exactemment ça, que j’attends de la part d’une série de ce calibre. Ce qui est très fort aussi c’est comme le sujet de la cybercriminalité est exploité. Cela nous fait poser beaucoup de questions sur notre façon de vivre aujourd’hui et notre dépendance à internet. On est même effrayé de voir qu’on est tellement vulnérable et à la portée de n’importe quel hacker.

L’évolution des différentes relations entre les personnages est plutôt bien embarquée et tout reste très cohérent. On se rend compte qu’on a sous-estimé certains protagonistes, de la même manière qu’Eliott le fait. On connaissais déjà l’intimité d’Eliott à travers le pilote. Le troisième épisode nous plonge dans la vie de Tyrell Wellick et on doit dire qu’on imaginait à la base quelqu’un d’étrange et cet épisode confirme que c’est bien plus que cela. L’épisode est très sombre et psychologique, on passe un bon cran au dessus de ce qu’on a pu voir dans les deux épisodes précédents.

La musique de Mac Quayle fait partie intégrante de la série et elle renforce un peu plus l’ambiance mystérieuse et noire qui s’installe au fur et à mesure des épisodes. A noter aussi que l’on peut entendre quelques grands morceaux de musique classique tels que The Flower Duet ou encore la 7éme symphonie de Beethoven.

On a donc une première partie de saison passionnante et bien maitrisée. La cohésion et l’intelligence de travail respirent au sein de la série et on espère que ça va être comme ça jusqu’au bout.

Mr Robot

Le casting ?

Cette série révèle clairement de jeunes acteurs qui ont un incroyable potentiel. En tête bien sur l’acteur principal Rami Malek qui dés sa première scène vous agrippe avec son regard et sa façon de parler. Sa performance est très convaincante, il est dans le personnage d’Elliot jusqu’aux orteils. Même dans la narration, l’acteur est étincelant ! J’espère vraiment qu’il obtiendra le golden globe du meilleur acteur dans une série.

A ses côtés, on retrouve un acteur que j’apprécie beaucoup malgré qu’il a connu une carrière en dents de scie. Christian Slater interprète à merveille le personnage mystérieux appelé Mr Robot. Un bon et beau come-back de la part de l’acteur américain.

Autre révélation de la série, l’acteur suédois Martin Wallström qui campe brillamment l’angoissant Tyrell Wellick. Sa première apparition nous fait déjà tilt, tout un mystère obscure accompagne ce protagoniste. Il nous glace le sang au fil des épisodes, il est à la fois l’opposé d’Elliot tout en le complétant. La relation entre les deux personnages est également très intéressante.

L’actrice Portia Doubleday joue le personnage d’Angela, l’amie d’enfance et collègue d’Elliot. Sa prestation est de bonne facture et elle aura certainement un peu plus d’importance dans la seconde saison.

Les seconds rôles sont également très bien interprétés, Gloria Reuben (« Urgences ») est convaincante dans la peau de la psy d’Elliot et Elliot Villar livre une composition inspirée pour incarner Fernando Vera. Les actrices Carly Chaikin (Darlene) et Frankie Shaw sont elles également à l’aise dans leurs personnages.

La chaîne USA Network et Sam Esmail ont constitué le casting avec intelligence et subtilité. Ni un acteur, ni une actrice ne fait un mauvais pas. On voit bien que Sam Esmail a accompagné les acteurs et les réalisateurs pour coller au mieux à son script.

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Et au final ça donne quoi ?

Du lourd ! Du très lourd ! Voila le genre de série qui nous scotche à chaque épisode. Sam Esmail a créé une série qui nous s’essouffle pas, chaque épisode a un intérêt précis et il y a toujours ce petit rebondissement qui fait mouche. La mise en scène est orchestré par différents réalisateurs mais cela ne se voit pas du tout. La cohérence dans le travail a été suivie jusqu’au bout, on voit bien que les réalisateurs et Sam Esmail ont travaillé main dans la main. C’est millimétré, on voit qu’il y a une technique de réalisation qui offre une identité à la série et cela instaure une ambiance unique et séduisante. La narration portée par Rami Malek (Elliot) nous embarque à chaque coup. Sam Esmail dit avoir été inspiré par le film « Taxi Driver » mais ce qui saute le plus aux yeux c’est que dans la réalisation il y a un chassé-croisé entre Kubrick et Fincher. Soulignons une nouvelle fois la qualité de la photographie grâce notamment à Tod Campbell et Alison Ford.

Le scénario est réglé comme du papier à musique, Sam Esmail traite son sujet et ses personnages avec intelligence et subtilité. On est captivé dés le départ par Elliot et son environnement. Cela fait longtemps qu’on avait pas vu un scénario d’un tel calibre et surtout qu’il parle habillement de choses qui nous entoure aujourd’hui comme les réseaux sociaux, les ordinateurs, le sexe, la drogue, le chaos… Un cocktail explosif dont on déguste chaque goutte avec passion. Chaque épisode a son efficacité et son (ou ses) imprévu(s) qui fait qu’on ne lâche rien et qu’on ressent le même stress, la même détresse qu’Elliot. Bizarrement, on entre dans sa peau avec facilité alors que c’est un personnage très complexe tout comme Tyrell dont les caractéristiques sont très différentes.Le mystère autour des protagonistes est également bien posé, on pense tout savoir alors qu’au final on se rend compte que non. Bref, chapeau Sam Esmail pour avoir traité autant de choses avec autant d’ingéniosité et d’originalité.

La bande originale est fantastique, Mac Quayle a composé des morceaux électro qui collent parfaitement aux images et cela intensifie un peu plus l’identité et l’ambiance de la série. Le morceau qui a retenu le plus notre attention est celui de Maxence Cyrin qui reprend magnifiquement le titre « Where is my mind » des Pixies. Un bijou auditif qui nous touche et nous envoute.

Tout l’équipe engagée pour cette série ont fait un travail grandiose. Sam Esmail peut être fier du résultat final pour cette première saison. On attend avec impatience la seconde et elle sera entièrement réalisée par Sam Esmail en personne. Cela nous promet de belles choses à venir… Si vous aimez être surpris, envoûté comme le fait David Fincher avec ses films, cette série est faire pour vous.

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En résumé, Mr Robot est notre coup de cœur « série » de l’année 2015. Une réussite totale sur le fond comme sur la forme. La saison 2 est attendue avec impatience.

 

4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Lakshmiz dit :

    Personnellement, c’est mon coup de cœur de l’année côté série. Un chouette casting, une intrigue ultra-contemporaine et un protagoniste génial. J’ai hâte -et peur en même temps- de voir la suite ! 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. La suite nous promet du lourd ! J’espère en tout cas que Sam Esmail ne tira pas trop sur la corde du succès et qu’il saura s’arrêter au moment où il faut.

      Aimé par 1 personne

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