The Border (1982)

the-borderThe Border (Police Frontière) est un film américain de Tony Richardson.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Jack Nicholson et Harvey Keitel chez le réalisateur de « Tom Jones », ça ne se boude pas ! Le propos du film a l’air très intéressant, cela capte une époque et nous montre que c’est toujours d’actualité.

De quoi ça parle ?

Charlie Smith cède aux caprices de sa femme, Marcy, qui a des goûts de luxe… Or, il n’est que policier et par conséquent, pas très riche ! La dernière lubie de celle-ci est d’acheter une maison à El Paso, près de la frontière mexicaine. Charlie accepte de se faire muter là-bas et il découvre que la police là-bas ferme les yeux sur de nombreux trafics, notamment sur celui de l’immigration.

Les premières minutes ?

Tony Richardson pose un premier d’heure efficace. Sa mise en scène est un petit mix entre Friedkin et Siegel, c’est l’époque qui veut ça aussi. Le générique s’approche lui aussi du style 70’s, cela nous rappelle un peu ce que John Schlesinger avait fait pour « Midnight Cowboy ». Bien sur, on cite quelques noms pour vous donner un petit aperçu et non pas dénaturé le travail de Tony Richardson.

La bande originale se fait déjà remarquée, on a des petits morceaux entrainants comme « Across the Borderline » de Freddy Fender ou encore « Texas Bob » de John Dickinson.

Au niveau de l’histoire, le décor est bien planté. L’immigration clandestine, la misère mexicaine, l’exploitation des immigrés et la police frontalière américaine au milieu de tout ça. On voit deux côtés de la frontière à travers le personnage de Charlie (Jack Nicholson) et ce côté là est très intéressant. La différence de la police à Los Angeles et celle qui est basée à El Paso. Les règles changent !

En gros, on a un démarrage de bonne facture et on espère que le traitement des sujets présentés au départ sera bien amené jusqu’au bout.

Le casting ?

La tête d’affiche de ce film devait être à la base Al Pacino mais ce dernier a refusé car il ne voulait réincarné un flic à l’époque au cinéma. C’est donc Jack Nicholson qui a été engagé par la suite pour le rôle de Charlie, un flic qui voit sa vie changer brusquement du jour en lendemain après avoir passé de l’autre côté de la frontière. L’acteur nous livre une prestation convaincante. On voit déjà qu’à l’époque c’était déjà un très grand acteur, il se fond avec une telle facilité dans les personnages qu’il incarne. Physiquement il en impose aussi avec ses lunettes noires et sa moustache. Toutefois, son personnage aurait mérité une écriture plus en adéquation avec le tempérament de l’acteur. Un peu plus de caractère et de fougue auraient structuré un plus l’acteur dans son rôle.

A ses côtés, on a donc Harvey Keitel qui à l’époque commençait à devenir une valeur sure à Hollywood. Il est difficile de comprendre pourquoi son personnage n’est pas plus en avant que ça. On aurait aimé un duel plus intense avec Jack Nicholson, il y avait largement la place. Malgré cela, l’acteur fait  le job comme il faut. Le  reproche que l’on peut faire au réalisateur, c’est de n’avoir pas saisi l’occasion de nous offrir une confrontation digne de ce nom.

Valérie Perrine joue l’emmerdeuse de service, la femme de Charlie. Il y a du bon et du mauvais dans ce personnage. L’actrice joue plutôt bien mais du point de vue de l’écriture, ça reste assez faible.

Warren Oates campe efficacement le chef de la brigade dans laquelle est muté Charlie. Lui aussi aurait mérité un peu plus d’importance sur le script.

The Border Keitel Nicholson

Et au final ça donne quoi ?

Tony Richardson pose un regard intéressant sur ce qu’était la situation du Mexique au début des 80’s. Il appuie principalement sur les magouilles de l’époque orchestrées par certains flics et patrons américains. Le rythme est assez inégal et cela était largement évitable avec un contexte comme celui là.  La mise en scène reste à peu près sur les mêmes rails que dans le premier quart d’heure. L’environnement est bien exploité dans l’ensemble, il y a quelques plans bien inspiré. On regrette toutefois le manque d’application sur le dernier quart d’heure, au moment où tout déraille et justement la mise en scène aussi. Il y a vraiment de bonnes choses mais les cut sont trop hachés, c’est beaucoup trop expéditif.

Le scénario exploite bien le sujet mais en revanche les personnages sont moyennement structurés, heureusement que les acteurs assurent. Il marrant de comparer cette histoire avec celle de Sicario et de voir l’évolution de la criminalité, de la barbarie…

On sort de ce film en ce disant que c’était pas si mal mais qu’il y avait vraiment matière pour livrer un film choc. Petite déception mais le plaisir de voir Jack Nicholson et Harvey Keitel ensemble est là.

The Border

En résumé, The Border est un film intéressant mais qui souffre d’un manque d’audace et d’inspiration. A voir pour les fans de Nicholson et de Keitel.

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