Après Séance : The Hateful Eight

the-hateful-eight-l-affiche-comic-conThe Hateful Eight (Les Huit Salopards) est un film américain réalisé par Quentin Tarantino.

Le film a obtenu trois nominations aux Oscars (meilleur musique, meilleure actrice dans un second rôle et meilleure photographie). Ennio Morricone a été récompensé par le Golden Globe de la meilleure musique.

Un projet chamboulé dés le départ :

En novembre 2013, Quentin Tarantino annonce que son prochain film sera un western. Quatre mois plus tard, le scénario est terminé dont le titre est The Hateful Eight. Le tournage est annoncé pour l’été 2014 mais le scénario fuite sur internet, le réalisateur décide ne plus réaliser son film. Il préfère retranscrire son son script sous forme de roman. Les fans du cinéaste sont alors déçus.

Durant le printemps 2014, Quentoch fait une lecture publique du scénario à l’Ace Hotel de Los Angeles, avec les acteurs qui étaient pressentis pour jouer dans le film, soit Zoë Bell, Bruce Dern, Walton Goggins, Samuel L. Jackson, Michael Madsen, Denis Ménochet, James Parks, James Remar, Tim Roth, Kurt Russell et Amber Tamblyn. Il révèle à cette occasion que ce n’est qu’une première version du scénario et qu’il en a écrit deux autres avec des fins différentes car, à la réflexion, il prévoit finalement de tourner le film. Une nouvelle qui réconforte les Tarantinophiles.

La pré-production se passe bien dans l’ensemble même si le réalisateur doit essuyer quelques déclinements de la part de certains acteurs qui étaient initialement prévus dans le projet.

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Un tournage à l’ancienne :

Quentin Tarantino a privilégié pour ce film un format de pellicule de 70mm, le réalisateur avait a cœur de mettre en avant cette particularité. Il tenait à montrer l’importance de ce format et aussi qu’il ne faut pas le perdre. Comme Christopher Nolan et d’autres cinéastes, Tarantino a toujours défendu la pellicule malgré que le prix soit plus cher que le numérique. Les objectifs anamorphoseurs sont également particuliers (format 2,76:1) et cela rappelle les classiques comme « Ben-Hur » ou encore « La Conquête de l’Ouest ». Un nouvel hommage au cinéma dans lequel a grandi le cinéaste et c’est sa manière de le défendre aujourd’hui face aux procédés numériques.

Samuel L. Jackson a raconté lui même que le tournage a été une belle et grande expérience enrichissante :

« On est tous angoissé à l’idée de voir ce film parce que chaque jour de travail était incroyable. C’était difficile, mais d’une façon très intéressante. On était dans la neige au début, et puis on s’est retrouvé dans cette pièce. Quentin a tourné sur un plateau réfrigéré, et il faisait moins un tous les jours là-dedans (…) On pouvait voir notre respiration dans l’air, mais ce qu’on faisait était exceptionnel (…) Et peut-être que la fumée sortait de nos culs, mais j’espère que le résultat sera aussi cool que ce qu’on a vécu pendant qu’on tournait »

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Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Je ne rate plus un Tarantino au cinéma depuis « Inglorious Basterds » et contrairement à pas mal de cinéphiles, je trouve que le réalisateur se bonifie avec le temps. Je n’ai en revanche pas d’attente particulière pour The Hateful Eight, on retrouve un casting exceptionnel made in Tarantino et il est intéressant de voir le cinéaste exploré une nouvelle fois le western à sa façon. Que la séance commence !!

De quoi ça parle ?

Quelques années après la Guerre de Sécession, le chasseur de primes John Ruth, dit Le Bourreau, fait route vers Red Rock, où il conduit sa prisonnière Daisy Domergue se faire pendre. Sur leur route, ils rencontrent le Major Marquis Warren, un ancien soldat lui aussi devenu chasseur de primes, et Chris Mannix, le nouveau shérif de Red Rock. Surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans une auberge au milieu des montagnes, où ils sont accueillis par quatre personnages énigmatiques : le confédéré, le mexicain, le cowboy et le court-sur-pattes. Alors que la tempête s’abat au-dessus du massif, l’auberge va abriter une série de tromperies et de trahisons. L’un de ces huit salopards n’est pas celui qu’il prétend être…

Les premières minutes ?

Quentin Tarantino nous offre en guise d’ouverture des plans magnifiques des plans somptueux du Wyoming, de ses plaines, de ses montagnes et de ses forêts sous la neige. Il y a quelque chose de formidable, on reconnait la patte du cinéaste mais en même temps on ressent clairement que ce film n’est pas comme les autres. Il y a une ambiance assez obscure qui s’installe et aussi glaciale bien évidemment. Bien sur on pense au petit clin d’oeil fait à « The Thing » de Carpenter. On ne s’attend pas à cette atmosphère de la part du réalisateur et ça nous promet de belles choses à venir.

Ensuite le premier chapitre s’ouvre à nous, on y voit du Tarantino en puissance. La rencontre entre John Ruth et le Major Marquis Warren est succulente. On observe une nouvelle fois, la maitrise de Quentoch au niveau de l’écriture et tout ça fond à merveille dans la bouche des acteurs. Le réalisateur prend bien son temps dans ce cadre sublime, ça pose bien les personnages et leurs caractères. On apprend beaucoup de choses mais on a l’impression qu’il y a du double jeu pour certains protagonistes. La parano commence à nous envahir et ce n’est que le début.

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Le casting ?

Une distribution Tarantinienne comme on les aime, le réalisateur a sélectionné avec grand soin ses acteurs (comme d’habitude). Kurt Rusell est très convaincant dans la peau du Bourreau, un personnage clairement taillé pour lui.

Samuel L. Jackson campe à merveille le Major Warren, sa performance sont dans la lignée de celles de « Pulp Fiction » et « Jackie Brown ». Le réalisateur est inspiré par l’acteur et ce dernier est inspiré par le réalisateur. Un travail d’échange qui fonctionne toujours aussi bien. De bons moments de rigolade grâce à cette complicité qui transpire au delà de l’écran.

Jennifer Jason Leigh est sans nul doute la petite surprise de cette distribution. L’actrice livre une composition qui va crescendo, elle nous fait d’abord mais nous fait ensuite un peu flipper. Sa nomination aux Oscars n’est pas volée.

Walton Goggins confirme après « Django Unchained » qu’il convient parfaitement à l’univers du cinéaste. Il tient là, l’un de ses meilleurs rôles de sa carrière.

Demián Bichir, Tim Roth Bruce Dern et Michael Madsen font le job comme il faut.

Et au final ça donne quoi ?

Autant ne pas y aller par quatre chemins, Quentin Tarantino livre une nouvelle pépite et peut être même l’un de ces meilleurs films. Je ne m’attendais pas à être autant captivé par ce cocktail cluedo/western/huis-clos. Le réalisateur ose et mixe à merveille tout ça en y ajoutant des clins d’oeil au cinéma qu’il aime. Carpenter et Peckinpah sont les influences majeures pour le metteur en scène, ça saute aux yeux et c’est tellement bon. Il s’approprie les choses tout en les respectant, c’est génial ! La mise en scène est excellente, il y a encore plus de soin apporté par rapport à « Django Unchained ». Tarantino se montre malin tout comme les salopards qu’il filme, dés qu’on pénètre dans la mercerie de Minnie, le suspens s’installe et l’étau commence tout doucement à se resserrer. Techniquement, on retrouve des procédés à l’ancienne mais aussi ceux qui font la marque du réalisateur. Le montage est également un facteur très important dans ce film et c’est là aussi parfaitement maitrisé.

L’écriture est le facteur principal de cette belle réussite. L’histoire est assez basique au départ mais on sait qu’avec Tarantino, on n’est pas au bout de nos surprises. Les dialogues sont tout simplement grandioses. L’humour est bien dosé et cela nous donne à l’écran de très grands moments. Comme il a été cité ci-dessus, ça fond dans la bouche des acteurs. Le suspens est un point d’orgue et il est très bien mené. Le mystère autour de tous ses personnages nous fait en place toutes sortes de théories et la paranoïa nous gagne. Bref, c’est du pur concentré made in Tarantino et on adore ça.

Yohei Taneda retrouve Tarantino pour la troisième fois, après avoir bosser ensemble sur les deux « Kill Bill ». Les décors sont géniaux, notamment la mercerie qui est équipée au millimètre. Ce huis-clos est une réussite en partie grâce au travail de Taneda.

Ce film marque aussi la vraie première collaboration entre Tarantino et Ennio Morricone. Le compositeur avait bossé sur une piste pour « Inglorious Basterds ». Le réalisateur voulait réaliser un rêve pour son nouveau film : avoir Ennio Morricone en compositeur attitré. Le rêve est devenu réalité et c’est là aussi encore une réussite. Là aussi, on retrouve quelques petits ingrédients à l’ancienne et ça colle parfaitement à ce que voulait nous offrir Tarantino avec ce film. Ambiance thriller/horrifique à la sauce 80’s.

The Hateful Eight est notre meilleure séance de ce mois de janvier et confirme que l’année commence bien côté cinéma. On a de belles surprises et une confirmation, Tarantino est l’un des meilleurs réalisateurs depuis maintenant 25 ans et ce film est l’une de ses plus belles œuvres.

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En résumé, The Hateful Eight est un pur chef d’oeuvre qui revisite à merveille le genre. Quentin Tarantino a osé et a relevé admirablement le défi. Une maitrise et une réussite totale !

 

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5 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. gramokostepht dit :

    Pas vraiment aimé ce film…

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  2. Smadj dit :

    Moins accroché que toi mais tu en parles si bien que tu pourrais me convaincre de le revoir. Je te conseille « Creed » by the way, il envoie du lourd aussi

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  3. zetsuboucycy dit :

    Celui là, bizarrement le trailer ne m’a pas donné envie… Mais je pense que je vais quand même le tester quand il sortira en bluray, sait-on jamais ! 🙂

    Aimé par 1 personne

  4. adrienots dit :

    Bonne critique dans l’ensemble, très bon descriptif du « Quentoch ». Attention à la ponctuation, erreurs de distraction et mauvais placement de la ponctuation.
    4 étoiles pour le contenu et 1 étoile de moins pour les quelques erreurs présentes.

    Aimé par 1 personne

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