L’affaire Villemin, l’heure de rétablir quelques vérités

L'affaire VilleminL’affaire Villemin est une mini-série française en six épisodes, sur un scénario de Pascal Bonitzer et Raoul Peck, réalisée par Raoul Peck et diffusée entre le 28 et le 30 octobre 2006 sur France 3 puis rediffusée en 2008 sur Arte.

Une adaptation qui se base notamment sur le livre Le Seize Octobre de Jean-Marie Villemin, Christine Villemin et Laurent Beccaria et Le Bûcher des innocents de Laurence Lacour, correspondante d’Europe 1 qui couvrait l’affaire Grégory au moment des faits.

Pourquoi j’ai voulu voir cette mini-série ?

Pour plusieurs raisons, tout d’abord le sujet de cette adaptation. L’affaire de l’assassinat du petit Grégory a bouleversé la France entière durant l’année 1984 et encore aujourd’hui l’enquête n’est toujours pas finie. Pascal Bonitzer et Raoul Peck s’attaquent à un sujet complexe et j’ai vraiment hâte de voir comment ils l’ont traité. Autre raison pour laquelle je veux voir cette mini-série, Francis Renaud. L’acteur est rarement en première ligne dans les films ou séries mais là il tient l’un des rôles principaux, celui de Jean-Marie Villemin. Le reste de l’équipe sont des visages familiers avec entre autres Armelle Deutsch, Stéphane Debac ou encore Alain Doutey.

Qu’est ce que ça raconte ?

Comme il a été cité ci-dessus, il s’agit d’une reconstitution des faits de la mort de Grégory Villemin assassiné le 16 octobre 1984, ainsi que le déroulement judiciaire de cette affaire qui a mis la France en émoi.

Le premier épisode ?

En l’espace de deux minutes, on est plongé de manière simple et efficace dans cette sombre affaire. La découverte du corps du petit et l’annonce du décès ne laissent pas indifférent.

Raoul Peck et Pascal Bonitzer met parfaitement en place le cercle médias/enquête/famille/politique. Cela nous montre à quel point certaines personnes peuvent subtiliser une telle histoire à des fins personnelles et professionnelles. Le réalisateur utilise comme il faut le procédé du prolepse (scènes au tribunal), cela lui permet de nous présenter les personnages face caméra. . La mise en scène correspond au genre, on est sur une bonne cadence et c’est fluide. Les différentes parties du cercle sont subtilement traitées, on ne se perd pas et cela reste toujours cohérent. A noter que dans le scénario, les noms des protagonistes ont été changés, hormis le nom des parents de Grégory, la journaliste Laurence Lacour et des autres membres de la famille Villemin.

Un petit mot sur les costumes, les accessoires et les décors qui intensifient un peu plus l’immersion à l’époque des faits. Par exemple, les bars enfumés, le commissariat, la voiture RTL ou encore le matériel des journalistes.

On a donc un premier épisode qui remplit parfaitement son rôle, on est capté par ce drame et cette enquête. Les erreurs et les mensonges commencent à s’accumuler et les doutes se mettent en place. Cela me rappelle un peu le film « L’affaire Dominici » de Claude Bernard-Aubert, ce qui est bien évidemment un compliment.

villeminimage

Mi-saison, toujours aussi passionnante ?

Ni allons pas par quatre chemins, la réponse est oui ! Les erreurs et les mensonges ont des grandes conséquences sur l’enquête. Celle-ci se prolonge et cela devient un cauchemar pour les parents Christine et Jean-Marie. Il faut trouver un coupable, une machination se met alors en place et accuse la mère du petit Grégory. Les médias et la police manipulent les déclarations des proches de la famille. On est assez effrayé de voir à quel point tout est surréaliste mais en même temps véridique.

Raoul Peck reste sur les mêmes rails que le premier épisode, l’axe est un peu plus recentré sur les parents pour bien nous montrer la souffrance dans laquelle ils sont. Le cercle établit au départ est toujours aussi bien traité et le côté psychologique des personnages ressort de plus en plus. On s’attache à certains et on doute des autres.

Le réalisateur et son équipe réussissent une reconstitution minutieuse. Le travail de recherche saute clairement aux yeux tout comme le travail des acteurs pour incarner au mieux leur personnage. L’intrigue nous tient comme il faut en haleine et on ne plus s’arrêter d’enchainer les épisodes pour voir la conclusion.

 l'Affaire Villemin

Le casting ?

On peut dire que Raoul Peck s’est entouré d’un casting plus que compétent pour cette mini-série. Des valeurs sures du petit écran mais aussi du cinéma.

En tête de cette d’affiche, on a Armelle Deutsch qui campe de façon très convaincante Christine Villemin. Un personnage complexe à interpréter et l’actrice s’en sort admirablement bien. Sans aucun doute, c’est l’un de ses meilleurs rôles à ce jour.

A ses côtés, Francis Renaud interprète son mari Jean-Marie Villemin. L’acteur livre une performance touchante et torturée du père déboussolé par ce drame. Le duo qu’il forme avec sa partenaire fonctionne du début à la fin, que ce soit dans la peine ou dans l’amour.

Constance Dollé joue la journaliste Laurence Lacour qui a suivie l’affaire depuis le début et qui est notamment proche des parents du petit Grégory. Le point de vue et la remise en question de son personnage sont très intéressants, cela nous permet de voir les coulisses de la presse de l’époque.

Stéphane Debac est méconnaissable dans la peau du juge Bertrand (Lambert dans la réalité). Une belle composition de la part de l’acteur qui trouve lui aussi l’un de ses meilleurs rôles dans cette mini-série.

Les acteurs et actrices au second plan sont également très bons, notamment Anne-Louise Pommier, François-Régis Marchasson ou encore Frédéric Saurel. On a vraiment une distribution cousu sur mesure.

l'Affaire Villemin Francis Renaud

Et au final ça donne quoi ?

Chapeau ! Raoul Peck et son équipe nous offrent une très bonne adaptation dont le but principal est de nous poser toute cette histoire avec tous les éléments. Les erreurs multiples de la part de la justice, l’acharnement de la presse et de la police sur Christine Villemin. L’objectif principal de cette mini-série, c’était de réhabiliter la mère de cet enfant assassiné et c’est réussi. On sent qu’il y a eu une réelle envie de rétablir la vérité dans la tête des gens qui ont vécus de près comme de loin cette horrible histoire.

La mise en scène reste classique dans l’ensemble mais brille par l’excellente reconstitution opéré pour cette fiction télévisée. On a une bonne structure des épisodes que ce soit sur le fond ou la forme. Le mélange avec les vraies images de l’époque fonctionne parfaitemant notamment dans le dernier épisode. Raoul Peck et Pascal Bonitzer livrent un travail millimétré dans l’écriture. Le contexte médiatique, social et politique de l’époque à l’échelle départementale mais aussi nationale. Les manipulations qui ont désigné Christine Villemin comme la coupable idéale… L’ensemble est cohérent de la première à la dernière scène.

Les personnages sont bien caractérisés ainsi que les différentes relations notamment celle entre Laurence Lacour et Christine Villemin.

La musique de Bruno Coulais ne passe pas inaperçue, elle colle parfaitement aux images et au genre.

On a donc une adaptation de qualité grâce à la cohésion et l’investissement dans le travail et cela saute clairement aux yeux. Encore bravo à l’équipe qui s’est engagée dans cette aventure. Il fallait oser et réussir, le contrat est rempli !

Francis Renaud Armelle Deutsch

En résumé, L’affaire Villemin est une mini-série audacieuse et respectueuse des vrais faits de ce terrible drame. Une adaptation destinée à mettre la lumière sur pas mal de zones d’ombres.

 

Jérémy.

Publicités

Un commentaire Ajoutez le vôtre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s