Après Séance : Steve Jobs

Steve Jobs afficheSteve Jobs est un film américain réalisé par Danny Boyle. Il est centré sur le personnage éponyme interprété par Michael Fassbender, et adapté par Aaron Sorkin de la biographie de Walter Isaacson, publiée en 2011.

Un navire qui ne prend pas le bon cap :

En 2011, ce n’est pas Danny Boyle qui est attaché au projet mais David Fincher. Le réalisateur et le scénariste Aaron Sorkin misent d’entrée sur Christian Bale pour incarner le créateur d’Apple. Trois plus tard, le projet commence à chavirer. Christian Bale ne fait pas l’unanimité chez Sony, l’acteur renonce finalement au rôle et cela entraine un coup de gueule de la part de David Fincher. Il faut savoir qu’au départ, la production voulait voir George Clooney ou Noah Wyle. Quelques différents artistiques poussent David Fincher à quitter lui aussi le projet. Après toutes ces difficultés, Sony Pictures renonça à produire le film en novembre 2014. Les droits sont alors cédés à Universal Pictures. A ce moment là, on pense que le film n’est pas près sortir sur nos écrans…

La barre se redresse :

Un mois après l’acquisition des droits, Universal Pictures annonce que Danny Boyle sera aux commandes du biopic et que plusieurs acteurs sont en lice pour le rôle titre. En janvier 2015, le tournage démarre et c’est Michael Fassbender qui est confirmé pour incarner Steve Jobs. Contre toute attente, le projet a pris un nouvel élan. La production n’a pas perdu de temps et l’équipe est plus que motivée pour mener à bien ce projet.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Sur le papier, ce film a de belles armes. Danny Boyle (« Trance »), Aaron Sorkin (« The Social Network »), Michael Fassbender (« Shame ») ou encore Kate Winslet (« The Reader »), que demander de mieux ? Une équipe prometteuse et professionnelle, cela ne peut nous offrir qu’un grand film. En tout cas, je l’espère !

Qu’est ce que ça raconte ?

Dans les coulisses, quelques instants avant le lancement de trois produits emblématiques ayant ponctué la carrière de Steve Jobs, du Macintosh en 1984 à l’iMac en 1998, le film nous entraîne dans les rouages de la révolution numérique pour dresser un portrait intime de l’homme de génie qui y a tenu une place centrale.

Steve Jobs Michael Fassbender

Les premières minutes ?

Danny Boyle ouvre son film avec un extrait d’interview de 1976 où l’on voit Arthur C. Clarke (auteur de de 2001: l’Odyssée de l’espace et inventeur) nous faire des prédictions sur la technologie du XXIème siècle. On y voit un homme qui a déjà tout compris, c’est saisissant ! L’introduction est parfaitement choisie.

Ensuite on fait un bon en 1984 où l’on rentre dans le vif du sujet. On y voit un Steve Jobs pris au piège de son ambition et de ses actes, le jour du lancement du tout premier Mac. Le personnage est insensible et antipathique, sa volonté de réussir surpasse tout. Michael Fassbender en impose déjà pas mal et ce en quelques minutes.

Ce premier quart d’heure fait un peu penser à « Birdman » sur certains points de la mise en scène et aussi du au cadre des coulisses. Danny Boyle semble très à l’aise techniquement et dans la direction de ses acteurs. On est pris littéralement par le film, la cadence correspond parfaitement au personnage et à sa situation. Vivement la suite…

Le casting ?

Michael Fassbender a remplacé au pied levé Christian Bale, un professionnel pour un autre. L’acteur germano-irlandais déploie une incroyable composition. Son travail sur le personnage de Steve Jobs est vraiment saisissant, il est habité par le rôle et cela saute encore plus aux yeux dans la dernière partie du film. La nomination aux Oscars est plus que logique et cela en fait un concurrent très sérieux pour Leonardo DiCaprio.

A ses côtés, Kate Winslet interprète avec conviction Joanna Hoffman, la collaboratrice et amie de l’entrepreneur et inventeur américain. Un personnage secondaire qui brille de sa première à sa dernière scène. Le duo que l’actrice forme avec Michael Fassbender fonctionne à merveille et on espère les revoir un de ses quatre à nouveau réunis devant une caméra.

Seth Rogen et Jeff Daniels sont aussi au second plan mais ils tiennent tous les deux un rôles très important dans la vie de Steve Jobs. Chacun livre une prestation convaincante et sincère.

'Steve Jobs' film - 2015

Et au final ça donne quoi ? 

Danny Boyle nous surprend agréablement aux commandes de ce biopic. Il a déclaré récemment que « Steve Jobs est la une suite de The Social Network » et on est complètement d’accord avec ça. Le réalisateur décoche une mise en scène en adéquation totale avec le travail d’Aaron Sorkin. C’est passionnant et maitrisé de bout en bout, Danny Boyle nous montre une nouvelle fois qu’il est un très grand réalisateur. Il y a quelque chose proche de huis clos dans ce long métrage. On ne quitte pratiquement jamais les coulisses des différents évènement de la vie de Steve Jobs, sauf pour les flashbacks et l’une des dernières scènes du film. Cela nous montre à quel point Mister Jobs était enfermé dans son ambition, dans son rêve, dans sa conquête. Le montage de Jon Harris confirme également cette idée.

Parlons maintenant du scénario orchestré par l’excellent Aaron Sorkin. Le récit se divise en trois segments, trois des plus importants moments de la vie de Steve Jobs. On y voit l’échec, l’ambition et la réussite du fondateur d’Apple. Ce n’est pas tout, le scénariste prend soin de nous montrer la personnalité du personnage vis à vis de son environnement, de sa fille et de ses collaborateurs. On y découvre une personne aussi glaciale et méprisante qu’intelligente et déterminée. Il nous dégoute autant qu’il nous fascine et c’est bien évidemment grâce à l’excellente interprétation de Michael Fassbender. Le traitement des personnages est très bon, que ce soit pour Johanna (K.Winslet) ou Steve Wozniak (S.Rogen). Le côté relationnel est également bien ficelé, notamment la relation entre Steve et sa fille Lisa. Aaron Sorkin fait aussi référence à la religion et à la mythologie grecque. Les dialogues sont taillés comme il faut, le côté théâtrale vient de là aussi.  On ne sait pas si tout est vrai mais c’est si millimétré et si passionnant, qu’on est complètement sous le charme de cette histoire. Danny Boyle a su parfaitement se calquer sur ce scénario, un véritable travail d’équipe.

La musique du film est l’œuvre de Daniel Pemberton. Il jongle efficacement avec l’électro et des compositions plus classiques. Cela nous rappelle un peu le travail de Mac Quayle sur la série Mr Robot.

Pour un projet qui battait de l’aile au départ, Universal a su le mettre entre les bonnes mains. Le travail Danny Boyle et Aaron Sorkin est savoureux du début à la fin. Le contrat est rempli pour toute l’équipe.

Steve-Jobs-Michael-Fassbender

En résumé, Steve Jobs est une pure réussite aussi bien sur le fond que sur la forme. Michael Fassbender est remarquable ! C’est sans aucun doute, l’un des meilleurs films de l’année.

 

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Smadj dit :

    Rhoooo ça donne envie 😍

    J'aime

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