Vinyl, la série rock n’ roll made in Scorsese/Jagger

vinyl-poster - afficheVinyl est la série évènement de ce début d’année 2016. Elle a été crée par Mick Jagger, Martin Scorsese, Rich Cohen et Terence Winter et a été diffusée à partir du 14 février 2016 sur la chaîne HBO.

Pour cette première saison, on retrouve à la réalisation Martin Scorsese, Mark Romanek (« Never Let Me Go ») et Allen Counter (« Remember Me »).

Un projet qui date : 

En juin 2010, la chaîne HBO annonce le développement de projet de série de Martin Scorsese, Mick Jagger et Terence Winter sur le thème du business du Rock ‘n’ roll, durant les années 1970. Une nouvelle qui fait du bruit et qui promet d’envoyer du lourd. HBO frappe un gros coup et veut contrer la chaîne concurrente Netflix.

Les mois et les années passent, on se demande si ce projet n’est pas tout simplement tombé à l’eau. HBO ne communique plus tellement sur le sujet tout comme Martin Scorsese et Mick Jagger. C’est finalement en décembre 2014, que la chaîne annonce la commande de série, soit quatre ans après le démarrage du projet. Et moins d’un an plus tard,  HBO dévoile la date de lancement de la série au 14 février 2016.

Pourquoi j’ai voulu voir cette série ?

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, j’adore la musique 70’s et j’adore Martin Scorsese. Quand on voit l’équipe qu’il y a derrière cette série, on ne peut qu’être curieux de voir ce que cela donne à l’écran.

de quoi ça parle ?

Dans les années 1970, Richie Finestra est un producteur de musique qui tente de faire renaître de ses cendres son label, en trouvant de nouveaux artistes et nouveau styles, alors qu’il traverse sa crise de la quarantaine.

Les premières minutes ?

Le ton est donné dès les premières images, on embarque aux côtés de Richie Finestra au cœur des rues sombres du New-York 70’s. Visuellement, on observe déjà de belles choses. Les décors, les costumes et les lumières s’accordent à merveille. La patte Martin Scorsese se fait clairement ressentir, il a connu et vécu cette période. Le sens du détail est là, on peut voir comment les rues new-yorkaises étaient à cette époque (les ordures, le côté humide et fiévreux) ainsi que l’ambiance de certains clubs où le sexe, la drogue et le rock n’ roll ne font qu’un.

Les dialogues et la narration de Bobby Cannavale ont également du charme. L’acteur semble bien tenir son personnage, cette série va certainement lui permettre de prendre encore un peu plus de galon.

On a donc un premier quart d’heure plutôt séduisant, on s’attendait à quelque chose d’assez survolté et il semble qu’on soit sur la bonne voie.

vinyl intro

Petit tour d’horizon sur le casting :

Le pilote d’une série est très très important, que ce soit aussi pour instaurer l’histoire et l’ambiance, mais il ne faut pas oublier non plus l’entrée en matière des acteurs.

Le rôle principal est tenu par l’excellent Bobby Cannavale. Ce dernier tient parfaitement le personnage de Richie Finestra, un producteur de musique dévoré par ses remords, ses addictions et sa passion de la musique.

Juno Temple colle comme il faut à l’univers musical des 70’s. L’actrice aura certainement un peu plus d’importance dans les épisodes à venir.  Olivia Wilde incarne la femme de Richie, un personnage plus secondaire mais qui a tout de même deux scènes intéressantes. Pour finir, Ray Romano est le bras droit de Richie. A 58 ans, l’acteur tient peut être l’un des rôles les plus importants de sa carrière et ce même s’il n’est qu’au second plan.

On a donc des acteurs et des personnages charismatiques et séduisants. C’est de bon augure pour la suite…

vinyl Scorsese Cannavale

Et au final, que vaut le pilote ?

Martin Scorsese nous offre une belle et bonne mise en bouche de près de deux heures. Le cinéaste a concocté un véritable cocktail explosif pour ce premier épisode, on y voit des petits clins d’oeil à certains de ses films (Les Affranchis, Taxi Driver ou Means Street). La mise en scène est étincelante du début à la fin, Scorsese connait son sujet sur le bout des doigts. Rien n’est laissé au hasard, les lumières, la photographie, l’utilisation des flashbacks… Bref, c’est brillant !

En ce qui concerne le scénario écrit par Terence Winter, Mick Jagger et Martin Scorsese, on débarque en 1973 où le business du  rock commence a légèrement décliner. Le disco se fait tout doucement une place avec des groupes comme Kool & the Gang. On est en pleine transition et cela se ressent sur le label de Richie Finestra. Ce dernier vit mal cette situation et retombe dans ses travers passés. La trame de fond qui est assez classique (pour le moment), un homme qui vit une crise existentielle, se retrouve perdu face au tournant que prend sa vie et accumule les problèmes au travail comme à la maison.

On se doute que la team Winter/Jagger/Scorsese nous réserve pas mal de surprises. La preuve, dans ce premier épisode, on en a déjà quelques unes. Les personnages sont attachants et ont une part de mystère sur leur passé. Le trio semble savoir où il se dirige et il connait parfaitement cet univers et cette époque. On le voit sur des détails comme les tiroirs remplis de drogues et de pognon, les magouilles dans le monde musical où notamment la mafia opère…

Un petit mot sur la bande originale qui un concentré succulent de rock et soul. On peut y entendre du Black Sabbath, Led Zepp mais aussi Ty Taylor et Otis Redding. Certains vont découvrir, certains vont réécouter, mais ce n’est que du plaisir.

Les épisodes suivants ont intérêt à assurer car Martin Scorsese a placé la barre et elle est assez élevée. On espère que Allen Coulter et Mark Romanek vont rester sur la même longueur d’onde que leur ami Marty. Il est difficile de dire si l’on tient l’une des meilleures séries pour le moment mais en tout cas, elle a tout pour le devenir.

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mi-saison, toujours aussi intense ?

Après les premières dix minutes du deuxième épisode, on sent déjà que la sauce retombe. L’axe est placé principalement sur le couple Finestra, on y voit l’opposition entre la passion de la première rencontre et leur situation actuelle. Pourquoi pas ?! Mais tout un épisode centré sur ça, cela gâche la bonne dynamique amorcée par Scorsese. J’espère alors que le troisième épisode va être plus rock n’ roll, plus fou… Et finalement, ça n’est pas le cas ! On commence à tomber dans le pompeux, peu de rebondissements et peu d’intérêt à suivre certains personnages. Bref ça se disperse et la qualité s’en ressent. La mise en scène reste globalement dans le même tempo que le pilote, mais ce n’est pas le cas de l’écriture.

Heureusement que le quatrième épisode reprend le même entrain que le premier épisode. On retrouve le rythme qui nous avait secoué au départ. La mise en scène se rapproche parfois de celle Scorsese, notamment dans les locaux du label de Finestra. L’écriture est plus axée sur Finestra et son business et c’est ce qu’on attendait justement dans le troisième épisode. Dommage que Terence Winter s’attarde sur la femme du « héros », ça casse le rythme. Le contraste est un peu trop soutenu par rapport à la vie pro de Richie.

En bref, cette première partie a des qualités indéniables mais aussi des errances dans son écriture. La BO est excellente, surtout dans le quatrième épisode. On regrette tout de même la sous-utilisation de Juno Temple et de son personnage. La seconde partie de saison va devoir rester sur le même fil que le pilote et le quatrième épisode. On veut de la folie, du sexe, de la drogue et du rock n’ roll !!!!!

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Et au final que vaut cette première saison :

La seconde partie de saison est déjà plus intéressante que la première, mieux équilibrée en tout cas. La mise en scène prend une véritable identité au fil des épisodes. Au niveau de l’écriture, ça s’éparpille moins, on reste principalement avec Richie Finestra et c’est ce qu’on voulait. Son destin, son caractère, ses addictions et son passé sont plutôt bien amenés. Il est clair que ce personnage et son interprète sont l’une des forces de cette série. Bobby Cannavale est tout simplement fantastique.

Toutefois, cette première saison est loin d’être exceptionnelle. Le rythme des épisodes et de l’intrigue sont inégaux. Pour moi, l’intensité du dernier épisode aurait du arriver au milieu de la saison et le final de celle ci aurait du être explosif. Terence Winter a tenu à (trop) explorer chaque personnages, c’est une qualité qui fait défaut à la série. Imaginez, la mafia aurait débarqué un peu plus tôt au sein du de la société de Finestra, là ça aurait été génial. Il y aurai eu de gros enjeux de posés dés la première partie de saison, cela aurait apporté sans aucun doute un meilleur dynamisme à la série. Au moment où j’écris cette critique, Terence Winter s’est fait viré de la chaine HBO…

Le travail autour de la bande originale est très bon, on a le droit à des scènes magnifiques et bluffantes (Elvis, Bowie,Bob Marley…). L’ambiance des clubs de l’époque est bien retranscrite. D’ailleurs, les costumes, les coiffures et les décors sont parfaits. Cela a permis une immersion dés le départ dans l’époque et ce jusqu’au bout. On est séduit par les acteurs et l’atmosphère qui se dégage des murs.

vinyl gif

En résumé Vinyl est une série qui a du charme, de bons réalisateurs et des interprètes performants. Malheureusement l’écriture s’embarrasse de choses qui font ralentir la cadence. On espère une deuxième saison beaucoup plus survoltée !

 

 

 

 

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Smadj dit :

    Elle fait vraiment tres envie cette serie

    J'aime

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