New York 1997, « Appelez moi Snake… » Ou Pliskeen oh et puis zut !

New York 1997 afficheNew York 1997 (Escape from New York) est film américain réalisé par John Carpenter sorti en 1981.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Parce que Carpenter, Western urbain, Russell et Pliskeen bien sûr !

De quoi ça parle ?

Dans un 1997 dystrophique, la criminalité aux Etats-Unis a grimpée de 400%. L’Etat créait donc sur la presqu’ile de Manhattan, une prison de haute sécurité d’où jamais on ne sort. Bob Hauk, le chef de la police basé sur Liberty Island, a fort à faire lorsque l’avion du président est détourné et s’écrase en plein cœur de New York. Ce dernier se rendait à une conférence pour le maintien de la paix avec des documents top secret sur une nouvelle arme nucléaire.

Heureusement pour Hauk, Snake Pliskeen, ancien héros de guerre, récemment arrêté pour un braquage qui a mal tourné, vient d’arriver sur l’ile prêt pour son transfert. Il décide de tenter le tout pour le tout et demande à Snake, après lui avoir promis le pardon de tous ses crimes, de se rendre armé et équipé à Manhattan pour sauver le président.

Pliskeen n’est pas facile à convaincre (Je vous laisse découvrir comment il finit par accepter) et après un briefing ou on lui explique qu’il a 22h pour retrouver le président et sa mallette, il se rend en planeur sur place. Mais tout ne se passe pas comme prévu le chef d’Etat a été capturé par celui qui fait autorité dans la prison, le Duc de New York.

Snake devra, aidé par un vieille allié, sa compagne et un chauffeur de taxi barjo réussir, sa mission dans ce qui ressemble de plus en plus à l’enfer sur Terre.

Plisskeen New York 1997

Les premières minutes ?

Carpenter donne dès le début le ton à son film, il place personnages et intrigue à la manière d’un western, toutes les situations s’emboitent à merveille. L’arrivée de Snake, l’attentat d’air force one et la présentation de Liberty Island et de son fonctionnement.

Le casting ?

Kurt Russell, choix arrêté du cinéaste dès le départ (malgré la volonté du studio d’engager Nick Nolte ou… Charles Bronson), étant désireux de se débarrasser de son image d’ « acteur Disney », accepte l’offre de Carpenter avec un certain défi. Il ne savait pas alors que jouer Snake Pliskeen allait changer sa carrière du tout au tout. Surprenant de naturel au vu du personnage assez surréaliste, Russell n’incarne pas Pliskeen, il est Pliskeen.

Le musicien Isaac Hayes est assez terrifiant en duc de New York tant le personnage est mystérieux et profite beaucoup du charisme de son interprète. Il joue un méchant assez conventionnel dans le cinéma de cette époque un brin idéaliste et bourrin, mais aussi pas mal pathétique dans la situation où il est.

Lee Van Cleef dans un de ses derniers grands rôles incarne, ici le chef de la police Bob Hauk, l’antithèse totale de Snake. Il incarne un personnage proche des westerns qui ont fait sa gloire dont les valeurs sont très opposées à celle de Snake. Le patriote convaincu contre la nouvelle génération en somme, la connivence ne va pas être facile.
Et pour finir Donald Pleasance, immense acteur au talent qui n’est plus à démontrer, incarne un président qui peut être très lâche mais également très imbu de lui-même, créant ainsi un personnage ambigu dont on a un mal fou à plaindre sa condition.

new-york-1997

Et au final ça donne quoi ?

Œuvre singulière, opposée par ses valeurs et ses codes, à tous les films de genre de la décennie, New York 1997 se distingue par son plaidoyer anti américain frappant, loin très loin du cinéma reaganien qui deviendra maître de la décennie. Snake Pliskeen est l’exact opposé de Rambo ou de Chuck Norris, il incarne les valeurs d’une contre-culture plus présente dans les mœurs de l’époque qu’on voudrait nous le faire croire.

Innovant et avant-gardiste sur bien des points, le film surprend par sa beauté visuelle assez inhabituelle pour un film d’action, il faut bien le dire. Carpenter soigne ses cadres et sa photographie, pour créer une ambiance oppressante et claustrophobique à cette prison peu accueillante. Le bleu foncé et les couleurs sombres sont les seules présentes à l’image durant les deux tiers du film, elle renforce cette nuit omniprésente et propice pour Carpenter à intégrer tous les éléments du cinéma d’horreur dont il est en passe de devenir le maître.

New York 1997
Tournée en grande partie avec des décors naturels, non pas à New York mais dans le centre-ville de Saint Louis ravagé quelques années plus tôt par un incendie, le film surprend également sur son aspect post apocalyptique naturel. Tous les murs sont tagués, le feu est omniprésent et tout n’est que désolation, symbole de la décrépitude latente, détruisant ainsi tous ce que représente Manhattan pour le monde.

Pierre angulaire de l’œuvre de Carpenter, Escape from New York contient tout ce qui fait la marque du cinéaste, un héros hors norme incarné par celui qui deviendra son acteur fétiche Kurt Russell, les valeurs très peu… conservatrices qu’il développera beaucoup par la suite. Et bien sur une B.O auto-composée lancinante et fascinante, synthétique et peu orthodoxe mais indissociable de l’œuvre qu’elle accompagne.
La formule bateau souvent copiée jamais égalée sied pour une fois très bien. New York 1997 est unique, le bis Italien s’est cassé les dents dessus (suffit de voir 2019, Après la Chute de New York) et Carpenter lui-même avec la suite qu’il en donna n’attendra pas le niveau de maestria du première opus.

New York 1997
L’héritage de Snake Pliskeen est peut-être à voir ailleurs, dans une autre contrée et dans un autre media. En effet en 1998, le créateur Hideo Kojima sort sur Playstation un jeu vidéo qui va changer bien des choses dans ce domaine : Metal Gear Solid. Son héros Solid Snake (ça ne s’invente pas) est le portrait craché de Pliskeen dans les attitudes et les idéaux et pour cause Kojima, cinéphile avertie s’inspire grandement du classique de Carpenter pour définir son personnage fétiche. Le serpent n’est jamais là où on l’attend.

Yann R.

 

 

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Smadj dit :

    Une tuerie inégalée ce film de Carpenter. À voir et à revoir inlassablement 🙂

    J'aime

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