Ni le ciel ni la terre (2015)

ni le ciel ni la terre afficheNi le ciel ni la terre est un drame fantastique franco-belge réalisé par Clément Cogitore.

Le film a obtenu le Prix découverte au festival international du film francophone de Namur, ainsi que le Prix du meilleur premier film de la part du Syndicat français de la critique de cinéma.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Un film sur les forces armées françaises en poste en poste le long de la frontière afghano-pakistanaise. Je suis très curieux de voir ce que ça peut donner et content de voir une alliance franco-belge être à la tête de ce long métrage qui sort de l’ordinaire. Sur le papier, ça me parait original et audacieux, j’espère ne pas être déçu.

Qu’est ce que ça raconte ?

Afghanistan 2014. A l’approche du retrait des troupes, le capitaine Antarès Bonassieu et sa section sont affectés à une mission de contrôle et de surveillance dans une vallée reculée du Wakhan, frontalière du Pakistan.Malgré la détermination d’Antarès et de ses hommes, le contrôle de ce secteur supposé calme va progressivement leur échapper.Une nuit, des soldats se mettent à disparaître mystérieusement dans la vallée.

ni le ciel ni la terre

Les premières minutes ?

A travers l’environnement hostile et sa mise en scène, le réalisateur nous plonge immédiatement dans l’ambiance sous tension qui règne dans les montagnes afghanes. On ressent légèrement un aspect huis clos, l’étau se met tout doucement en place. Les tenues, le climat, les procédures de déplacements et de langage collent bien à la réalité.

Un premier quart d’heure haletant où l’on est posté côte à côte avec la section du capitaine Bonassieu (Jérémie Renier). Il y a un véritable mystère sur la suite du film et on a hâte de découvrir tout ça.

Le casting ?

Pour son premier long métrage, Clément Cogitore s’entoure d’une distribution qui a un réel relief. Il a compris que pour un tel film, il fallait avoir un casting qui ait de la gueule, mais sans tomber dans la caricature.

On a tout d’abord l’excellent Jérémie Reynier dans la peau du capitaine Bonassieu. L’acteur belge tient à merveille son personnage et porte clairement le film vers le haut. Un rôle où on l’attendait pas forcément et pourtant il est tout simplement fantastique.

A ses côtés, on a donc Marc Robert, Swann Arlaud, Finnegan Oldfield et Kevin Azaïs. Des seconds rôles très convaincants et importants. Le réalisateur nous montre à travers tous ces acteurs, les différents points de vue face à la situation à laquelle ils sont confrontés.

J’ai également apprécié la prestation de Sâm Mirhosseini qui interprète avec conviction le soldat traducteur auprès du capitaine et de la population afghane.

Ni le ciel ni la terre

Et au final ça donne quoi ?

Je m’attendais à être agréablement surpris et je n’ai pas été déçu. Clément Cogitore réalise une premier film audacieux et maitrisé. Cela fait plaisir de voir dans le cinéma français, un réalisateur qui ose mélanger les genres et en plus de ça à travers un film de guerre.

La mise en scène est très intéressante, le réalisateur nous colle au plus près de le section du capitaine Bonassieu. Il y a un aspect claustrophobe dans la façon que Clément Cogitore a de nous montre les soldats français en terre afghane. On y ressent une véritable tension au sein de la section et un suspens inébranlable. Le cinéaste alterne avec efficacité ses techniques de réalisation, caméra à l’épaule pour les moments tendus et des plans larges inspirés pour nous montrer ces soldats français (quasi seuls) au milieu de ce désert montagneux et hostile. Les scènes de nuits sont vraiment très bonnes, on y ressent encore plus la tension, l’imprévu, la solitude et le huis clos. La photographie de Sylvain Verdet est loin de passer inaperçue, un travail fin et en adéquation avec le propos et l’environnement.

Pour le scénario, Clément Cogitore s’est fait secondé par plusieurs personnes dont Thomas Bidegain. Ce dernier a notamment travaillé avec Jacques Audiard sur « Un Prophète », « De rouille et d’os » et récemment « Deephan ». Ici, on a donc un mélange des genres où de nombreux thèmes comme la religion, le paranormal ou encore la guerre sont omniprésents. La finesse dans l’écriture des personnages permet d’accéder aux différents points de vues vis à vis de cette guerre et Clément Cogitore a su le porter comme il faut à l’écran. On a donc une multitude de genres et de points de vues, mais on ne s’y perd pas. Cogitore et Bidegain nous laisse le choix et nous offre une grande accessibilité au film. Et pour un premier long métrage, le pari était osé, mais il est réussi dans l’ensemble.

Les décors, les accessoires et les costumes correspondent parfaitement à ce qu’on attend d’eux. Ils accentuent l’immersion et le réalisme.

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En résumé, Ni le ciel ni la terre est un premier long métrage qui regorge d’originalité, d’audace et d’intelligence. Un petit vent de fraicheur dramatique et fantastique, qui fait du bien dans le cinéma hexagonal. Jérémie Reynier est saisissant !

 

 

 

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