Silent Hill (2006), 10 ans ça ce fête

Silent Hill  est un film franco -canadien  de Christophe Gans  sorti en 2006

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Une Saga Mythique

Le film Silent Hill fête ses 10 ans l’occasion de revenir sur un vrai mythe du jeu vidéo qui constitue un cas d’école dans les adaptations de ce média à l’écran.

Mais avant d’émettre un avis sur le film il nous faut revenir sur le background de ce dernier à savoir le jeu vidéo. A la sortie du métrage  en 2005, 4 volets de la licence étaient déjà sortis, tous développés par une équipe de développement interne à Konami, la Silent Team menée par le compositeur Akira Yamaoka.

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Akira Yamaoko ancien producteur et compositeur de la saga

Résumer le concept de  Silent Hill en quelques lignes est une des choses les plus complexes que j’aurais eu à faire ici. Mais pour rester factuel chaque épisodes nous permet de suivre un personnage différent à la recherche de choses très différentes à travers le brouillard.

Si un scénario autour de l’histoire de la ville, de l’Ordre et des familles Mason et Gillespie se construit autour des épisodes 1, 3 et Origins. Ce n’est que l’un des nombreux cauchemars de la ville tourmentée et la force de la série réside dans le fait que chaque joueur aura toujours sa propre interprétation de ce qu’il voit et ressent.

Une série construite sur la longueur

Les 3 premiers jeux nous convient à Silent Hill par les yeux de trois personnages à trois époques différentes. Tout d’abord Harry Mason en 1983 qui recherche sa fille Cheryl disparue après un accident de voiture, à proximité de la ville brumeuse. Puis James Sunderland en 1993, qui lui recherche sa femme dans le vieux Silent Hill. Enfin, Heather en 2003, la fille d’Harry qui devra combattre la secte de la ville.

Le dernier opus de la Silent Team, Silent Hill 4 The Room quant à lui nous met dans la peau de Henry bloqué par un maléfice dans son appartement et devant s’échapper à travers un trou dans sa salle de bain menant dans des mondes plus horrible les uns que les autres.

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Artwork représentant le Pyramid Head ennemi emblématique de Silent Hill 2

Ça c’est le bagage de départ de Gans pour réaliser son film. Mais depuis 3 développeurs tiers ont pris le relais de Konami. Tout d’abord Climax qui développa coup sur coup Silent Hill Origins, un préquel au premier Silent Hill racontant les origines de Alessa. Et Silent Hill Shattered Memories une relecture méta du première opus.

Reste Silent Hill Homecoming et Silent Hill Downpour développés respectivement par Double Helix Game et Vatra. Si le premier reprend l’esthétique du film et fait une relecture des références de la licence, tel L’échelle de Jacob. Le second quant à lui proposait une nouvelle lecture plus moderne  tant en terme d’inspiration  que de gameplay.

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Harry (en premier et sixième), James, Heather,Henry,Travis,Murphy et Alex héros malgré eux de la saga Silent Hill

Un réalisateur fan et connaisseur

Mais le sujet qui nous intéresse est ailleurs. Christophe Gans pendant le tournage du Pacte des Loups s’intéresse, durant ces temps libre aux premiers épisodes de Silent Hill. Et après une discutions avec son producteur Samuel Hadida décide d’acquérir les droits d’adaptation de la licence.

Il n’est pas le seul candidat, mais son nom ce dégage très vite des autres de par sa connaissance extrêmement pointu des jeux et sa connaissance encyclopédique des références qui ont construit le mythe de la colline silencieuse.

Une fois les droits acquis, Gans se lance dans un processus créatif assez étonnant. Ce dernier demande , en effet,  à toute son équipe de jouer au jeu avant de créer quoi que ce soit. Il cherche ainsi à être le plus proche possible de ce qui constituera sa transposition de l’univers.

Qu’est que sa raconte ?

Sharon une petite fille de 8 ans sans histoire, commence à avoir des crises de somnambulisme durant lesquelles elle ne cesse de répéter les mots « Silent Hill ». Sa mère adoptive décide sans en  parler à son mari  Chris, de se rendre dans la ville de  Silent Hill avec Sharon. Arrivées sur place, rien ne se passe comme prévu,  la gamine disparaît après un accident de la route et Rose, sa mère, part à sa recherche dans la ville brumeuse.

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Chris Da Silva, le mari… pas très utile de Rose

Parallèlement, Chris Da Silva décide de suivre les traces de sa femme et va se heurter aux habitants du comté de Brahams pas très enjoués à l’idée de ressusciter le passé. Rose commence son exploration de la ville, mais se fait vite arrêter par l’officier de police Cybil Bennett qui la suivait depuis l’entrée de la ville. Ensemble elles découvriront l’histoire de la ville et feront connaissance avec le mystérieux Ordre, qui combat les ténèbres par le fanatisme religieux.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Silent Hill est une des rares adaptations de jeux vidéo réussie qu’a connu le cinéma. Gans puise son inspiration directement dans les jeux et reprend des éléments concrets des 4 premiers  en les utilisant de la bonne manière. Ce qui est assez rare pour le souligner.

Les premières minutes ?

La première scène est pensée pour nous introduire les personnages et le contexte. On suit donc les Da Silva à la recherche de leur fille Sharon partie dans la forêt après une crise de somnambulisme. Gans pose les personnages et réussi avec un habile tour de force visuel à nous présenter l’esthétique qui jalonnera tout le métrage

Le casting ?                                                         

Radha Mitchell, fait le minimum vital et ça ce voit. Gans révélera sur le commentaire audio du film que diriger l’actrice fut extrêmement laborieux et c’est bien dommage tant le personnage de Rose est intéressant sur le papier.

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Sharon  à disparue….

Jodelle Ferland au vue de son jeune âge est assez magistrale que ce soit en Sharon ou dans le rôle du démon flippant à souhait.

Alice Krige alias la Reine Borg de Star Trek, incarne ici Christabella la chef de l’ordre. Puritaine et glaçante elle offre une image particulière au film, tant on sent qu’elle incarne le rôle sans connaître le jeu et c’est pas plus mal en soit. Le décalage permet d’introduire ce personnage inédit beaucoup plus efficacement.

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Pas commode la chef de l’Ordre

Et au final ça donne quoi ?

Avec Silent Hill, Gans nous prouve, une fois de plus, après Crying Freeman, que les adaptations ça le connait. Et avec le jeu vidéo de Konami, le réalisateur français était encore plus à sa place tant il est fan de la licence et qu’il connait sur le bout des doigts les films de référence des créateurs des œuvres originales.

Gans prend conscience qu’une adaptation stricto sensu de l’univers serait limite impossible. Il décide donc de faire de son film un patchwork des jeux. Ainsi le film reprendra les grandes lignes de l’histoire du premier jeu, l’idée d’une héroïne blonde du troisième, la mise en scène du quatrième et le bestiaire (dont le fameux Pyramid Head) et une partie de la soundtrack du deuxième.

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Red Pyramid Thing (alias Pyramid Head) designer pour le film par Patrick Tatopoulos

Le résultat final est plus proche du compromis que de la réelle adaptation. Les fans des jeux grinceront pas mal des dents en voyant la simplification totale du rôle de l’Ordre et d’Alessa. Mais les néophytes découvriront un univers extrêmement bien retranscri, de par la mise en scène ou l’aspect graphique extrêmement fidèle  au matériel de base.

Et c’est peut-être tout le problème, cette volonté de fidélité joue sur le déroulement du film, qui prend pour le coup tous les codes du jeu vidéo. Le personnage trouve un indice, se rend dans un décor, trouve un item lui indiquant un autre lieu et ainsi de suite … Une progression anti cinématographique pour le coup, on a plus envie d’allumer sa console pour jouer que de finir le film.

A la différence de la saga Resident Evil qui capitalisait beaucoup à ses débuts sur le fan service , ici mise à part l’utilisation un peu gratuite de Pyramide Head dans l’histoire, le réalisateur se montre extrêmement humble par rapport à son sujet.

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La saga Resident Evil, la vision opposée du jeu vidéo au cinema

Mais ça c’est sans compter sur la production, qui décida qu’un film 100 % féminin ne marcherait jamais, il demande donc à Gans de tourner des scènes supplémentaires avec Sean Bean pour « équilibrer les forces » en présence. Le problème c’est que ça se voit. Les scènes de Chris Da Silva sont perçues par le montage comme du remplissage grossier, qui n’apporte finalement pas grand-chose.

Au final Silent Hill est surement une des meilleures adaptations de jeux vidéo au cinéma, ce qui ne l’empêche pas d’accumuler les défauts. On se demande constamment à qui s’adresse le film, les fans crieront à la simplification et les néophytes auront un mal fou à  comprendre, de par la construction du film,  voulu comme un jeu et des scènes supplémentaires peu avares en infos.

Le film de Gans est une très honnête série B, bien réalisée et avec de bonne intentions de départ. Fidèle dans le graphisme (mention spéciale au rendu de la ville brumeuse qui fait rêver tous les fans) et le traitement, moins dans le fond mais toujours meilleurs que Resident Evil

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L’esthétique de Silent Hill résumé en un plan

Yann R.

Silent Hill Affiche

Cliquer sur l’affiche pour retrouver les émissions spéciales  consacré à la saga Silent Hill sur CinéMaRadio, avec des extraits tirés du film et des musiques des différents jeux.

 

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. lecturedunebouquineuse dit :

    J’aime beaucoup ton article. J’avais énormément joué au deux premier Et je dois dire que certaines choses, m’avais énormément plues, la musique en particulier que je trouvais fidèle j’avais beaucoup aimé les décors qui me rappelais l’univers. Par contre le personnage de Rose ne m’avais pas totalement convaincu. C’était vraiment un super article qui m’a rappeler de bons souvenirs.

    J'aime

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