Movie Classics, by Matthieu BLOMME – IV – LES VAMPIRES (1915), de Louis Feuillade

les vampires

Retour en France aujourd’hui, après un détour en Italie (Cabiria (1914)) et aux Etats-Unis (The Birth of a Nation (1915)), pour revenir sur une œuvre culte qui inspirera certains des plus grands réalisateurs du XXème siècle, tels que Fritz Lang, Luis Bunuel ou encore Alfred Hitchcock. Œuvre ultime de Louis Feuillade, à l’époque perçu comme le grand rival de George Méliès (bien qu’ils n’œuvraient pas spécialement dans les mêmes genres cinématographiques), Les Vampires (1915) est et restera l’un des films les plus longs de toute l’Histoire du Cinéma (7 heures divisés en 10 épisodes). Pourtant malgré des spécificités fondatrices, notamment dans le genre du thriller, Les Vampires est une œuvre qui sera énormément critiquée à l’époque de sa sortie, et construira sa légende avec le temps…

Retour sur une œuvre atypique, le berceau du suspense au cinéma…

LOUIS FEUILLADE AUX ORIGINES DU SUSPENSE…

Louis Feuillade vient au monde en 1873 à Lunel dans le département de l’Hérault. Issu de la bourgeoisie de la fin du 19ème siècle (ses parents ont fait fortune dans le courtage de vins), Louis Feuillade se passionne assez vite pour la littérature. De sa passion, naîtront des écrits, poèmes et pièces dans le style vaudeville qu’il fera publier dans la presse locale. Autour de 25 ans, il quitte sa région natale pour s’installer à Paris et débute une carrière de journaliste pour le quotidien La Croix. Son goût pour la tauromachie l’emmène à la rencontre d’un certain André Heuzé, un dramaturge mais surtout, un scénariste…

En parallèle, en 1895, Léon Gaumont rachète le Comptoir Général de la Photographie et fonde la L. Gaumont et Compagnie. A l’origine, cette société travaillait dans l’exploitation photographique mais très vite attirée par le potentiel commercial du Cinématographe des Frère Lumières, elle va se tourner vers le cinéma. En 1897, la société s’ouvre sur le marché de la production de films et engage Alice Guy, ancienne secrétaire, pour la réalisation de ces derniers (elle devient ainsi la première réalisatrice de l’Histoire du Cinéma). Si au départ, les films proposés par Gaumont n’étaient que des documentaires d’à peine quelques minutes, elle va peu à peu commencer à injecter de l’argent pour produire des œuvres de fictions.

louis feuillade

En 1905, Louis Feuillade propose certains de ses scénarios à la Gaumont, et par le biais de celle-ci, va se rapprocher d’Alice Guy, dont il deviendra le scénariste fétiche. Grâce à l’influence de Guy, Louis Feuillade va pouvoir réaliser ses propres œuvres jusqu’à ce qu’il acquiert suffisamment le respect de Gaumont pour que celui-ci lui confie, sans le soutien d’Alice Guy cette fois-ci, une liberté totale dans la production de ses films. Nombres de ses œuvres sont aujourd’hui malheureusement perdus, mais ce que l’on sait, c’est qu’il réalisera en 20 ans de carrière, près de 800 films (un tiers seulement de ces films sont aujourd’hui identifiables et visibles). En 1907, Louis Feuillade, respecté dans la profession, se voit confier le poste de responsables des choix artistiques de Gaumont. Seulement, pour la société, il y a un hic : la concurrence…

gaumont

Au début du XXème siècle, une société de production crée en 1896 (soit un an après Gaumont) est en passe de devenir un géant dans l’industrie cinématographique. Il s’agît de Pathé, fondée par les frères Pathé. En quelques années, Pathé va s’imposer comme l’un des poids lourds du cinéma international que cela soit en terme de production, mais aussi et surtout, en terme de distribution. D’une part, la société fabrique tout (des studios, du matériel de tournage, des salles de cinéma… etc) et s’implante partout (en France, mais aussi un peu partout en Europe et aux Etats-Unis). D’autre part, elle possède les droits de distribution d’environ 50 % des films projetés en Europe et Outre-Atlantique, ce qui constitue pour la société, une manne financière énorme. Seulement au début des années 1910, le cinéma américain commence à éclore (de même que le cinéma européen), et les sociétés de production concurrentes commencent à prendre du galon. Y compris Gaumont qui compte utiliser au mieux son principal atout créatif pour faire recette : Louis Feuillade.

Pathé

En 1910, Louis Feuillade va inventer un genre cinématographique dont il sera d’ailleurs le maître incontesté : le feuilleton. Les caractéristiques du feuilleton au cinéma sont assez proches finalement, de la vision moderne que l’on a du feuilleton et qui, aujourd’hui, est diffusé à la télévision. Seulement, en 1910, la télévision n’existe pasencore. Et le seul outil à la disposition de Feuillade, c’est l’écran de cinéma. Le premier feuilleton de Louis Feuillade, qui en parallèle goutte à différents genres cinématographes (péplum, burlesque, historique etc…) sera Bébé (1910 – 1913), dans le plus pur style comique. Néanmoins, le réalisateur porte son regard ailleurs et s’intéresse de très près à un certain Fantômas…

Louis Feuillade
Louis Feuillade

En 1913, Louis Feuillade sera le premier à porter sur grand écran le roman Fantômas écrit par Marcel Allain et Pierre Souvestre. Le succès est quasi-instantané. Le public plébiscite en masse le feuilleton de Louis Feuillade. Mais pourquoi Fantômas a-t-il eu à l’époque autant de succès (succès qui l’a rendu intemporel dans l’inconscient collectif français… Qui ignore encore ce qu’est Fantômas ?) ?. D’une part, Fantômas a été conçu comme la réponse du cinéma français à l’industrie américaine en plein essor. La stratégie de Gaumont à cette époque, c’était de maintenir le haut niveau commercial des œuvres produites en France, afin que ce dernier reste la première puissance cinématographique du monde. L’impact d’une œuvre comme The Birth of a Nation, sortie un an plus tard, fera beaucoup de mal à l’industrie cinématographique française qui verra que le principal défaut des œuvres produites en France, c’est qu’elles sont malheureusement produites en France. Et que par conséquent, le marché américain va beaucoup moins s’y identifier. Fantômas est sans doute l’une des dernières tentatives de Gaumont de capitaliser au maximum sur le marché américain en créant un divertissement parfaitement calibré pour satisfaire les attentes du public des deux côtés de l’Océan Atlantique.

Au-delà du marché américain, c’est surtout l’hégémonie dans l’industrie cinématographique que Gaumont recherche à travers Fantômas. La bataille pour obtenir les droits d’adaptation de l’œuvre est à l’époque particulièrement brutale. Pathé en sortira perdante et ira se consoler avec Rocambole, mais le succès ne sera clairement pas le même…

fantomas

Au-delà des démarches commerciales (promotions… etc) qui ont permis logiquement à Fantomas d’être à l’époque un très grand succès en France, c’est surtout le travail de Louis Feuillade qui a permis à cette œuvre de fonctionner. La qualité la plus brillante de Fantomas est tout simplement sa forme narrative. Il s’agît d’un film excessivement long et réparti en cinq épisodes, avec différents enjeux proposés et un sens particulièrement aigu du suspens et du mystère. Louis Feuillade, au cours de ces cinq épisodes, va établir un schéma narratif assez complexe où les sous-intrigues s’entrecroisent et se tissent autour d’une intrigue principale. Il va assainir ses sous-intrigues pour les rendre lisibles, sans négliger la linéarité narrative. Au final, œuvre complexe, aux multiples rebondissements, avec une colonne vertébrale structurée entrecoupée de différentes sous-enjeux. Autour de cette construction, Louis Feuillade n’a plus qu’à parsemer son œuvre d’une teinte de mystère, d’énigmes, et d’une caractérisation quasi-iconique de ses personnages, et le tour est joué.

René Navarre dans Fantômas
René Navarre dans Fantômas

La véritable recette gagnante de Fantômas, c’est que Louis Feuillade parvient à concilier trois formes d’art en un seul : le théâtre (pour l’esthétique, l’atmosphère, les comédiens), la littérature (pour la conception narrative, la fiction, le rythme) et le cinéma (pour les choix du cadre, la mise en scène, le jeu des lumières…). Fantômas est une œuvre fondamentale dans la carrière cinématographique de Louis Feuillade. Elle permet de comprendre comment il a pu en arriver ensuite à réaliser ce que l’on peut clairement voir comme son chef d’œuvre : Les Vampires (1915) …

LES VAMPIRES (1915) RÉALISÉ PAR LOUIS FEUILLADE

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Le 3 août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la France. C’est le début de la Première Guerre Mondiale. A 16h, le jour-même, la France décrète l’ordre de mobilisation générale. Tout les hommes âgés de minimum 20 ans (âge du recrutement au service militaire) sont engagés dans la guerre, sauf s’ils présentent un motif valable pour être réformé (maladie, malformation, ou s’ils sont ecclésiastes ou professeurs par exemple). Âgé de 42 ans à l’époque, Louis Feuillade et toutes ses équipes de tournage sont logiquement appelés sous les drapeaux (Feuillade sera mobilisé au début de l’année 1915). A cette époque, le réalisateur tourne en Espagne une série de films dont la toile de fond est la tauromachie (sa grande passion) seulement il ne pourra tourner qu’un seul épisode, Les Fiancés de Séville (1914). Cependant, certains plans tournés pour le second épisode seront réutilisés dans l’un des épisodes des Vampires. Mais nous n’en sommes pas encore là.

En juillet 1915, alors que la guerre s’enlise sur le front, Louis Feuillade est reformé à cause de problèmes cardiaques. Il reprend donc sa place au sein de la maison Gaumont et s’attelle à l’élaboration d’une série pour contrer la concurrence imposée par Pathé. Fantômas ayant été un très grand succès, Pathé a en effet pris les devants et a obtenu les droits d’une série The Exploits of Elaine (Les Mystères de New-York) pour une exploitation en France sous la forme d’un ciné-roman. Gaumont et Louis Feuillade lancent alors Les Vampires pour contrer Pathé.

Musidora, alias Irma Vep dans Les Vampires (1915)
Musidora, alias Irma Vep dans Les Vampires (1915)

Imaginée et écrite par Louis Feuillade, le feuilleton Les Vampires s’inspire des actions menés par la Bande à Bonnot en France entre 1911 et 1912. Pendant plusieurs mois, ce groupe anarchiste, mené par Jules Bonnot, a terrorisé l’hexagone en multipliant les violences et les braquages aux quatre coins du pays avant d’être finalement stoppé par la police au cours de l’année 1912. Cette affaire aura un retentissement très important à l’époque et figure aujourd’hui encore dans les annales des plus grandes affaires judiciaires françaises du XXème siècle. En 1915, Feuillade s’inspire du sujet pour décrire les actions menés par le groupe dirigé par le Grand Vampire (joué par Jean Aymé).

Au départ, il est difficile de voir la série Les Vampires autrement que comme un moyen pour Gaumont de capitaliser sur le succès de Fantômas. Aussi comment un projet dont le caractère commercial est pleinement assumé a-t-il pu s’imposer comme une référence du 7ème art ? Artistiquement, l’oeuvre de Feuillade est à la fois simple et brillante. Feuillade dote son film à épisodes (au nombre de 10) de scènes oniriques à l’aspect baroque de toute beauté, comme en atteste la séquence du vol des bijoux sur les convives endormis invités par le Grand Vampire dans l’épisode Les Yeux qui fascinent. Rarement, à cette époque, le crime avait été mis en scène avec autant d’intelligence et de force. Les voleurs sont représentés dans cette scène, comme dans de nombreuses autres dans la série, vêtus de costumes noirs moulants dont l’imagerie renvoie directement à celle du mauvais présage et du mystère incarné par le chat noir.

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Les Vampires brille par une atmosphère très particulière, à la fois très poétique et très allégorique, qui amène logiquement le spectateur à ressentir une forme de fascination exacerbée pour ce groupe de criminels, et surtout pour la très énigmatique Irma Vep, magistralement incarnée par Musidora. En terme de narration, les premiers épisodes de la série sont composés assez simplement, jouant notamment sur les coups de théâtre. Nous y voyons deux personnages stéréotypés, le journaliste intrépide (Philippe Guérande) et son burlesque acolyte (Oscar-Cloud Mazamette), ancien membre des Vampires, enquêtant assidûment sur ce groupe criminel qui, depuis un moment, met en totale déroute les forces de police.

Évidemment, à l’époque, glorifier une équipe de voleurs est assez mal perçu par les autorités (les vraies). Feuillade va donc apporter de nouveaux éléments dans les épisodes suivants (comme l’apparition d’un adversaire voleur contre les Vampires), dans le but de limiter les accusations d’apologie du crime. Seulement, est-il question dans Les Vampires de créer une iconisation autour de criminels ? Oui et non. Oui, car cela sert un propos artistique, et non, car justement, ça sert un propos artistique et JUSTE un propos artistique. Feuillade comprend que l’impact de la série dépend essentiellement de la manière dont il parviendra à faire exister ses personnages à l’écran, en en faisant plus que de simples gangsters. Son idée est donc de créer des tableaux forts mettant en scène les Vampires, dans le but d’élaborer une composition artistique de l’expression du mal. Au regard des capacités extraordinaires et des actes du groupe, il n’est absolument pas question de glorifier le mal mais d’accentuer ses traits afin de mieux le définir et le personnaliser à l’écran.

Les Vampires possède donc une touche de surréalisme qui inspirera grandement certains metteurs en scènes dans les années à venir. Sa construction narrative (les twists), elle, enthousiasmera certains réalisateurs sur le genre, à la tête desquels nous pouvons nommer Alfred Hitchcock, qui en 1915, n’a que 15 ans et n’a pas encore aspiration de faire du cinéma, son domaine de prédilection. Tout ce qui définit cette série, et plus particulièrement son aspect surréaliste en fait, a très certainement été conçu pour rehausser le moral des troupes françaises alors que la guerre commençait à devenir une guerre statique, dans la boue des tranchées. Les Vampires a été conçu comme un échappatoire (d’ailleurs dans les derniers épisodes de la série, les protagonistes comprennent qu’ils vont devoir solidifier leur union afin de vaincre ce groupe de criminels dont les exactions deviennent de plus en plus réguliers et macabres, impossible de ne pas y voir une analogie sur l’unité que la France doit maintenir afin de faire face à une solide armée allemande) et avec le temps, il est devenu bien plus que cela…

Les Vampires, pour la postérité, est une œuvre qui a révolutionné le cinéma de genre, imposant certains codes scénaristiques qui deviendront légions au fur et à mesure du temps. L’icône Irma Vep deviendra un modèle. Incarnation absolue de cette phrase prononcée, beaucoup plus tard, par le maître du suspense, Alfred Hitchcock, « meilleur est le méchant, meilleur est le film ». Et c’est clairement dans le film de Feuillade que ce dogme puise ses origines. Au-delà de ça, Les Vampires s’impose aussi comme le pur produit de son temps, sans devenir pour autant trop manichéen, et s’autorise même un regard sur l’état de la société de l’époque, à travers deux types de point de vue sur le prolétariat (les Vampires et Mazamette) et la bourgeoisie (la police et Guérande). Derrière ça, en filigrane, un discours critique de la corruption au sein de la branche conservatrice de la société française des années 1910.

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Postérité :

Le premier épisode des Vampires sortira le 13 novembre 1915 (le dernier, le 30 juin 1916) et son succès sera exceptionnel, surtout au regard d’un public limité à cause de la Première Guerre Mondiale. La série met à terre The Exploits of Elaine (Les Mystères de New-York) produite par Pathé, qui commencera ainsi à voir son empire s’effriter. Cela n’empêche pas la police de faire pression, se sentant rabaissés par l’œuvre de Feuillade, afin de pousser les exploitants à annuler la diffusion des copies en salles. Il faudra une allocution de Musidora, qui devient à l’époque l’une des plus grandes vedettes françaises du cinéma muet, pour calmer les autorités et empêcher les sanctions de pleuvoir sur Les Vampires.

Pourtant, malgré le succès du film, les critiques de l’époque vont s’acharner sur Louis Feuillade, estimant principalement que le réalisateur n’a fait qu’une copie au rabais de Fantômas… D’autres iront même jusqu’à le comparer à The Birth of a Nation (Naissance d’une Nation), sorti la même année, en estimant que le film de Feuillade aurait dû célébrer la culture française avec autant de force et d’ambition que le film de D.W. Griffith a « célébré » la culture américaine, surtout en période de guerre.

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Malgré ces critiques, et suite au succès du film, Louis Feuillade se lance dans Judex, toujours avec Musidora dans le rôle-titre. Judex pourrait presque être perçu aujourd’hui comme le premier film de super-héros de l’Histoire du Cinéma. Ayant constaté que la critique s’obstinait à l’attaquer sur sa prétendue glorification du crime, il décide de faire de Judex, un héros combattant le crime, dont le quartier général se situe sous les ruines d’un château, où il cache notamment tout ses gadgets… Ça ne vous rappelle rien ? Oui,vous l’avez reconnu : Batman. Sauf que Batman sera crée seulement 20 ans plus tard… Judex, dans la lignée créative et esthétique de Fantômas et Les Vampires, sera produit et diffusé en 1916 et sera comme ses prédécesseurs, un grand succès.

Pourtant, ça n’empêchera pas Gaumont et Louis Feuillade d’entamer une douloureuse phase de déclin. En 1921, Louis Feuillade propose Les Deux Gamines, son dernier grand film et également son dernier grand succès en salles, tout en continuant à créer de nouveau films à épisodes, sa grande spécialité. Seulement à partir de 1923, le genre intéresse de moins en moins le public. Cela n’empêche pas Feuillade de réaliser encore et encore jusqu’à l’épuisement. Il meurt en 1925 des suites d’une péritonite. A l’aune de la Seconde Guerre Mondiale, le souvenir du cinéma de Louis Feuillade tombe dans l’oubli. Jusqu’à ce que certains grands metteurs en scène issus de la Nouvelle Vague rétablissent dans les années 1960 son statut de réalisateur-fondateur.

Gaumont

Concernant Gaumont, elle ne se remettra jamais complètement de l’impact de la Première Guerre Mondiale sur l’industrie cinématographique française. Car en parallèle, le marché explose en Californie où le cinéma américain centralise sa force industrielle cinématographique, grâce à différents facteurs (l’immobilier à bas prix, le climat, absences des syndicats… etc) et c’est ainsi qu’à cette époque, naît Hollywood. La mort de Louis Feuillade en 1925 met un point final à la production de films chez Gaumont, qui se passe des accords techniques avec différentes autres sociétés de production, comme la toute jeune MGM (Metro Goldwin Meyer).

Gaumont

L’arrivée du parlant et la force de frappe industrielle des autres compagnies (principalement américaine) auront raison d’une Gaumont affaiblie qui désormais ne produit plus que des films comiques. Pourtant, depuis les années 1970, Gaumont reprend du poil de la bête et avec le temps, s’impose de nouveau comme l’un des principaux producteurs de films dans l’hexagone. En terme d’exploitation et de distribution, Gaumont devient toute puissante en France et sera également à la fin des années 2000 à l’origine de la numérisation des salles de cinéma. Ironiquement, alors qu’ils étaient les pires ennemis de l’industrie cinématographique au début des années 1910, les groupes Pathé et Gaumont vont fusionner certaines de leurs filiales d’exploitation au début des années 2000, pour créer les Cinémas Gaumont Pathé. Cette société s’occupe exclusivement de la projection des films en salles et est aujourd’hui l’un des principaux propriétaires de multiplexes en France (environ 70 complexes en 2015).

Pour revenir au film de Louis Feuillade, il existe aujourd’hui des éditions DVD des Vampires (le Blu-Ray n’existe, quand à lui, pour l’instant qu’Outre-Atlantique). Un incontournable. L’œuvre ultime d’un des plus grands réalisateurs français de l’Histoire du Cinéma…

Matthieu BLOMME

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Bonjour,

    Je constate que vous utilisez sans autorisation et sans crédits une photo dont je suis l’auteure dans cet article, Movie Classics, by Matthieu Blomme_ LES VAMPIRES(1915),de Louis Feuillade

    Cette photo N&B fait partie de la série Musidora, sur les toits visible sur mon site
    Sachez que cette photo n’est pas libre de droits elle est sous copyright ADAGP toutefois si vous désirez la conserver merci de contacter l’ADAGP Paris pour règlement des droits d’auteur.

    Cordialement,
    Béatrice Tatareau

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    1. Désolé pour le désagrément Mme Tatareau.

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