Movie Classics, by Matthieu BLOMME – V – INTOLERANCE : LOVE’S STRUGGLE THROUGHOUT THE AGES (INTOLERANCE) (1916), de David Wark G

Intolérance

Le succès exceptionnel de The Birth of a Nation (Naissance d’une Nation) réalisé par D.W. Griffith en 1914 ouvre des perspectives sans limites à son réalisateur, mais aussi à l’industrie cinématographique américaine. A cette époque, Hollywood se développe à vitesse grand V et met à terre les empires cinématographiques français (comme Pathé et Gaumont), aidé par une Première Guerre Mondiale qui anesthésie les productions dans l’hexagone. A cette époque, les grands studios hollywoodiens vont naître et vont imposer une stratégie qui s’avérera si payante qu’encore aujourd’hui elle constitue le principal credo de ces sociétés pour générer le maximum de recettes.

Après le carton du film de Griffith, on aurait pu croire que l’industrie était invincible et pourtant Intolerance :Love’s Struggle Throughout the Ages (Intolérance), le nouveau film de D.W. Griffith deviendra ce qu’aujourd’hui l’on peut considérer comme le « Titanic du cinéma », c’est-à-dire une œuvre magistrale, une gigantesque fresque dont le succès était quasi-immédiatement garanti mais qui s’avérera être au final, un naufrage commercial si important que les grands studios changeront sensiblement leur fusil d’épaule.

Intolerance movie

Retour aujourd’hui sur un monstre impressionnant (une œuvre exceptionnelle et magistrale) qui engloutira cependant dans son ventre la carrière de son créateur…

Hollywood, la terre promise :
Hollywood - 1910
Hollywood – 1910

Petit retour en arrière. En 1900, la ville de Los Angeles n’a rien d’une mégapole. Un peu plus de 100 000 personnes y vivent. Hollywood, petite bourgade avec son petit bureau de poste et son marché local, se situe à environ 16 km de là, et pour s’y rendre, les habitants doivent parcourir une route à travers les vignes. Inutile de préciser qu’aujourd’hui, plus rien de tout cela n’existe. En 1903, Hollywood devient une petite municipalité et en 1910, face à l’expansion de la ville de Los Angeles, il est décidé de faire se fusionner les deux villes. Hollywood se transforme donc en quartier de Los Angeles. Le principal intérêt pour Hollywood à cette époque, c’était surtout de pouvoir raccorder son système d’approvisionnement en eau à la grande ville, et de bénéficier de son système de traitement des déchets (accès aux égouts). Rien ne laisse supposer qu’Hollywood va devenir un peu plus qu’un simple quartier de Los Angeles à ce moment-là, et pourtant, l’histoire va très vite se mettre en marche.

A cette époque, Thomas Edison possède le monopole absolu sur la vente de pellicule cinéma et empoche une taxe sur les exploitations des films en salles grâce à l’utilisation du projecteur crée par l’inventeur du Kinétoscope. On appelle cela le Trust Edison. Et beaucoup de producteurs, dont les sièges sont installés dans l’Est des États-Unis commencent à s’en plaindre. D’autant que le Trust Edison envoie des détectives privés sur les tournages afin de vérifier que les cameramen tournent bien avec des pellicules Edison-Eastman. Une histoire raconte que les producteurs ont déménagés vers l’Ouest au début des années 1910 pour échapper au Trust Edison et c’est ce qui a permis l’implantation des studios à Hollywood. Même si cela pourrait effectivement être vrai, la principale raison est sensiblement différente.

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Différents facteurs économiques sont plus favorables aux studios du côté de la Californie. D’une part, les loyers sont plutôt bas, les conditions de vie sont idéales, la configuration des lieux est telle que les films peuvent être tournés dans différents types de décors naturels sans être trop éloignés de la maison-mère, et la main d’œuvre est à bas prix. Les studios de production ont donc tout à gagner, économiquement, à s’installer dans cette région. D.W.Griffith sera le premier à tourner à Hollywood (In Old Hollywood, 1910) et plusieurs réalisateurs lui emboîteront le pas comme Cecil B. DeMille (avec The Squaw Man en 1914, l’un des premiers succès du cinéma dit hollywoodien, c’est-à-dire issu d’une industrie désormais implantée à Hollywood).

En 1912, Adolph Zukor fonde la Famous Players Film Company (qui deviendra la Paramount Pictures) et Carl Laemmle, en compagnie différents autres producteurs, co-fonde la Universal Film Manufacturing Company (future Universal Studios) à New-York, avant que dans l’année, le siège ne soit transféré à l’Ouest du pays. En 1915, l’industrie cinématographique explose littéralement dans la région. Nombre de sociétés de production voient ainsi le jour, et nous allons d’ailleurs nous attarder sur l’une d’entre elle : la Triangle Film Corporation.

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Nous sommes en juillet 1915 et à cette époque, cela fait déjà un an que The Birth of a Nation est sorti en salles. Le succès de ce film, à double tranchant, va permettre la résurgence d’un mouvement raciste mort à l’époque depuis une quarantaine d’années (le Klu Klux Klan) mais va, et c’est ce qui nous intéresse ici, doper l’industrie cinématographique, nouvel Eldorado des investisseurs et des créateurs d’entreprises. Harry et Roy Aitken fondent en juillet 1915 la Triangle Film Corporation, une société de production qui va très rapidement devenir l’un des studios les plus prestigieux d’Hollywood. Harry Aitken est un ancien collègue de travail d’un certain D.W. Griffith du temps des studios Reliance-Majestic, mais à surtout été demis de ses fonctions de la Mutual Film Corporation après la sortie de The Birth of a Nation en 1914, et le scandale suscité par ce dernier.

Désormais libre de ses mouvements, il crée avec son frère la Triangle Film Corporation et obtient le soutien de D.W.Griffith, au sommet de sa célébrité, qui désormais travaillera pour lui. La puissante jeune société et le très controversé metteur en scène décident alors de se lancer sur un projet au moins aussi massif que The Birth of a Nation et dont l’impact est mesuré pour être encore plus important que ce dernier. Le fruit de leur collaboration sera le gigantesque Intolerance (Intolérance)…

INTOLERANCE : LOVE’S STRUGGLE THROUGHOUT THE AGES (INTOLERANCE) (1915) RÉALISÉ PAR DAVID WARK GRIFFITH

Intolerance

Intolerance (Intolérance) entremêle 4 histoires dans 4 époques différentes, toutes soulignant l’intolérance qui persiste au cœur de l’humanité à travers le temps : Une histoire se situe dans la cité de l’Empire Babylonien en 539 avant Jésus-Christ, et illustre la chute de Babylone à travers le conflit religieux des fidèles du Dieu Ishtar, et les fidèles du Dieu Bel-Marduck. La seconde histoire se situe en 27 avant Jésus-Christ, en Judée, et illustre l’intolérance qui a mené à la crucifixion du Christ. La troisième partie se situe en France en 1572 et illustre le conflit religieux des catholiques contre les protestants qui a conduit au massacre de la Saint Barthélémy (dans la nuit du 23 au 24 août 1572). La dernière histoire, elle, se situe dans le présent (en 1914 donc) et aux Etats-Unis, et illustre la pauvreté aux Etats-Unis comme fruit du conflit entre les syndicats et le patronat, ainsi que la montée de la criminalité dans les rues et de la bien-séance d’une société puritaine.

En 1914, suite à la sortie de The Birth of a Nation (Naissance d’une Nation), D.W. Griffith est très rapidement taxé de raciste. Particulièrement remonté par cette accusation relayée par les journaux de l’époque, le réalisateur, qui a les mains complètement déliées grâce au succès du film, va rapidement nourrir le projet de mettre en scène une fresque colossale dénonçant l’intolérance dans les sociétés, afin de faire taire ses principaux détracteurs. Avec l’appui de la Triangle Film Corporation, il imagine donc très rapidement le script de ce qui deviendra Intolerance (Intolérance).

D.W. Griffith pendant le tournage d'Intolerance (1916)
D.W. Griffith pendant le tournage d’Intolerance (1916)

Située dans 4 époques différentes, l’intrigue du film devient un enjeu commercial de premier ordre. Et un budget tout simplement démesuré (pour l’époque) est injecté pour la réalisation de ce film, dont le succès est, sur le papier, garanti. Intolerance va coûter environ 1 750 000 dollars de l’époque (soit plus de 45 millions de dollars de 2015), ce qui en 1915 représente une somme tout simplement démentielle. Plus de 60 000 personnes (!) travailleront sur ce long-métrage de 3 heures 30, ce qui en fait, rien qu’au moment du tournage, le film le plus important, le plus attendu, le plus kolossal de l’Histoire du Cinéma. Kolossal est un terme approprié ici, car plus encore que sur The Birth of a Nation, Griffith va s’inspirer du courant cinématographique italien (et plus particulièrement de Cabiria sorti en 1914) pour imaginer les décors impressionnants dépeints dans son film.

Au premier regard, Intolerance (Intolérance) ne semble pas apporter grand chose de plus qu’un Birth of a Nation et pourtant, le film de Griffith regorge d’éléments qui font qu’il n’a pas à pâlir face à d’autres œuvres. Intolerance est un long-métrage spectaculaire et démesuré, plus encore queThe Birth of a Nation. La comparaison s’arrête là. Pour le reste, Intolerance s’impose comme un film monumental. Monumental dans ses représentations, qu’elles soient purement physiques, à la hauteur des personnages, ou qu’elles soient architecturales, notamment au regard des décors mis en scène. Narrativement, Griffith propose un parallèle entre différentes histoires tournant autour de la même thématique : l’intolérance. L’idée est donc pour lui de créer une communication entre différents types d’histoires, moments clés de l’Histoire de l’Humanité, en les raccordant autour d’un unique sujet universel. Cinématographiquement, l’exercice est complexe et grâce à un montage parfaitement dynamique, Griffith parvient à instaurer une vraie logique qui jamais ne font se déconnecter les histoires les unes des autres.

Intolerance

Le problème arrive cependant lorsqu’il s’agît d’analyser le fond de chacune de ces histoires. Et là, on note une conception archétypale du sujet traité. La différenciation entre la richesse et la pauvreté, par exemple, ou entre telle religion et telle religion, est soulignée sans que l’origine d’un tel constat soit au préalable énoncé, ce qui donne insidieusement une vision très manichéenne du sujet traité, et une finalité n’explorant finalement que la dualité entre deux conceptions différentes. Avec le temps, beaucoup reprocheront cette nature manichéenne des sujets traités dans les œuvres hollywoodiennes, ne s’attardant que sur les parallèles qui peuvent être énoncés, et négligeant les éléments qui peuvent permettre de définir le combat de chaque cause. Pourquoi le bien est-il le bien ? Pourquoi le mal est-il le mal ? En quoi le bien est bien ? Et en quoi le mal est mal ? Et qu’est-ce qui permet au bien d’être nuancé et au mal de l’être également ?

Ce défaut (si tant est qu’il s’agisse d’un défaut, puisqu’il peut-être aussi vu comme une lecture défendable du sujet traité) est compensé par une esthétique détaillée. Griffith, pour mettre en scène son film, s’est beaucoup attardé sur chaque détail pour composer de manière précise chaque élément de son décor. Et lorsque l’on voit la précision de Babylone (super-décor construit sur un plateau de tournage long de 2 kilomètres), à aucun moment il est possible de remettre en cause la magnificence d’un tel travail. Et c’est d’ailleurs ici qu’Intolerance brille : dans ses incarnations. Et au niveau des personnages, c’est surtout à travers la critique émise par ces derniers, entre les lignes de leurs dialogues ou à travers leurs représentations, qui font d’Intolerance une remise en question totale des drames d’un passé récent ou lointain pour mieux saisir ce qui façonne les fondements de l’humanité, à savoir les victoires et les chutes, les naissances et les morts ou les richesses et les carences. Finalement, Intolerance nous explique qu’à travers la haine, nous pouvons d’avantage assimiler ce qu’est l’amour. Et à partir de cela, acquérir l’expérience nécessaire pour permettre à celle-ci de renaître. D’où la symbolique très forte de la mère et du nouveau-né dans son berceau.

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Oui, Intolerance est une œuvre complexe. Maîtrisée de bout en bout. Chaque élément y trouvant une place de choix. Ce n’est pas un aspect pris en dehors du reste qui permet au film d’être une prouesse visuelle, mais le film lui-même, pris dans son ensemble. Un chef d’œuvre monumental, dans la lignée directe des Cabiria et des Birth of Nation, qui définissent à eux-seuls l’essence même de la superproduction rondement menée.

Pourtant, dans le cas d’Intolerance, cela ne suffira pas à lui permettre d’atteindre les mêmes sommets que ses illustres prédécesseurs…

postérité :

Intolerance (Intolerance) arrive en salles en septembre 1916 et la réception s’avère catastrophique. Le public boude littéralement le film de D.W. Griffith. L’échec commercial est sans précédent. Les pertes financières sont monstrueuses et font, à l’époque, beaucoup parler. Les studios hollywoodiens comprennent qu’il va falloir articuler leurs idées sur des projets pas forcément moins ambitieux, mais portés par des éléments plus vendeurs. C’est au cours des années 1910 que la notion de starification va naître. Les studios ont l’idée de maximiser le potentiel commercial de leurs films à travers une forte exposition médiatique de certains talents, afin d’attirer les foules sur la simple évocation de leurs noms. Ainsi, naîtront les Charlie Chaplin, Buster Keaton ou encore Mary Pickford.

Triangle Pictures

Si Hollywood rebondira finalement assez vite face au naufrage d’Intolerance, les principaux acteurs du film, à savoir D.W. Griffith et la Triangle Film Corporation, ne s’en remettront jamais complètement. Le studio d’Harry Aitken produit encore pendant quelques temps, notamment grâce à l’influence d’Adolph Zukor, le fondateur de la Paramount. Mais en 1919, la Triangle Film Corporation fait faillite et le studio sombre définitivement dans l’oubli. Triste destin pour une société qui avait pourtant les clés en main pour devenir une major très puissante dans le paysage cinématographique hollywoodien…

Concernant D.W. Griffith, le déclin s’amorcera tout aussi rapidement, mais s’étendra sur une plus longue période… Le réalisateur est à l’époque très critique vis à vis de son propre film et estime qu’il a complètement raté sa narration, soulignant le fait que les 4 récits sont trop déconnectés de la notion d’intolérance pour être raccordés entre eux à travers cette seule thématique. Griffith trouve son film trop hétérogène, et passe les premières années après sa sortie à tenter d’en exploiter autrement les meilleurs éléments (d’après lui). Ainsi, deux segments du film (The Fall of Babylon et The Mother and the Law) seront exploités séparément en salles, principalement pour permettre à D.W. Griffith de rembourser les dettes qu’il a accumulé sur Intolerance.

Douglas Fairbanks, Mary Pickford, Charlie Chaplin et D.W. Griffith
Douglas Fairbanks, Mary Pickford, Charlie Chaplin et D.W. Griffith

Au début des années 1920, la situation économique de D.W. Griffith n’est pas au beau fixe. Il a certes remboursé ses dettes, mais sa réputation de réalisateur mégalomane a pris le pas sur son talent, et ses nouveaux films n’obtiennent clairement pas le même plébiscite que The Birth of a Nation en son temps… En 1919, D.W.Griffith crée la United Artists avec Charlie Chaplin, Mary Pickford et Douglas Fairbanks. Le but ce studio, initialement, était de permettre aux artistes de contrôler leurs propres intérêts plutôt que laisser ces derniers dépendre des grands studios hollywoodiens. Malheureusement, la collaboration entre D.W. Griffith et la United Artists est de très courte durée. 5 ans après avoir co-fondé le studio, le metteur en scène est contraint de quitter celui-ci après l’échec de son film Isn’t Life Wonderful (1924). Ses films Broken Blossoms (Le Lys Brisé) (1919), Way Down East (A travers l’orage) (1920), Orphans of the Storm (Les Deux Orphelines) et Dream Street (La Rue des Rêves) (1921), aussi passionnants soit-ils, sont de cruels échecs commerciaux.

Passé 1925, le nom de D.W. Griffith ne fait absolument plus vendre. Le réalisateur suscite la méfiance des studios et peu à peu il disparaît de l’inconscient collectif… En 1946, alors qu’il s’est effacé depuis plusieurs années, le producteur David O. Selznick l’invite sur le tournage de Duel in the Sun (Duel au Soleil) réalisé par King Vidor, notamment pour rendre visite à certains acteurs avec qui il a eu l’occasion de travailler plusieurs années auparavant, comme Lillian Gish. L’histoire raconte que la visite s’étant mal passée, elle dû être abrégée afin que le tournage du film puisse redémarrer au plus vite…

D.W. Griffith
D.W. Griffith

En 1948, D.W. Griffith vît désormais seul à l’Hôtel Knickerbocker à Los Angeles. Le 23 juillet, dans le hall de l’hôtel, il fait une hémorragie cérébrale qui l’emporte au milieu de l’après-midi à l’âge de 73 ans. Malgré un grand hommage organisé au Temple Maçonnique d’Hollywood, seules quelques célébrités viennent le saluer une dernière fois. D.W. Griffith disparaît donc dans la plus grande indifférence, malgré sa contribution fondamentale au 7ème art. Triste destinée pour l’un des réalisateurs les plus talentueux du cinéma américain, et de manière plus large, de l’Histoire du Cinéma…

Ce n’est qu’après sa mort, que le talent de D.W. Griffith sera de nouveau mis à l’honneur. En 1953, la Director’s Guild of America nomme le Prix DW Griffith, sa plus haute distinction visant à récompenser la carrière la plus réussie et la plus influente du cinéma (le prix a cependant été renommé « Lifetime Achievement Award » en 1999 à cause des stéréotypes raciaux énoncés dans The Birth of a Nation). Différentes associations rendront hommage au metteur en scène à partir des dernières années du XXème siècle. Avec le temps, de très nombreux réalisateurs souligneront les travaux de Griffith comme ayant eu une influence majeure sur leurs carrières respectives, comme Orson Welles, John Ford, Alfred Hitchcock ou Stanley Kubrick, pour ne citer qu’eux.

Intolerance

Concernant Intolerance (Intolérance), le film accédera à la postérité en entrant à la National Registry Film de la Bibliothèque du Congrès américain en 1989 pour son apport « culturel, historique et esthétique ». La plupart des sites internet actuels le désigne comme l’un des meilleurs films de tout les temps.

Justice pour une œuvre qui a contribué à dessiner la légende du cinéma hollywoodien.

Matthieu BLOMME.

 

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