Tout en haut du monde (2015)

TOUT EN HAUT DU MONDE affiche

Tout en haut du monde est un film d’animation franco-danois réalisé par Rémi Chayé. Il a remporté le prix du public au Festival international du film d’animation à Annecy. Ce long métrage a également été projeté dans les plus grands studios d’animation aux États-Unis (Disney, Dreamworks, Paramount, Pixar et Laika).

Un projet de longue date :

Au début des années 2000, la scénariste Claire Paoletti conçoit un projet de long-métrage d’animation au sujet d’une jeune fille de l’aristocratie russe partant à la recherche de son grand-père porté disparu au Pôle Nord.

En 2005, Claire Paoletti rencontre Rémi Chayé à l’école d’animation de La Poudrière. La scénariste lui dévoile son script et le réalisateur va tomber immédiatement sous le charme de cette histoire. La collaboration est née et le projet de film commence à prendre l’épaisseur, Claire Paoletti et Rémi Chayé s’échangent des inspirations, des idées et des textes. L’histoire initiale subi pas mal de changements.

Une première version du scénario émerge, Claire Paoletti demande et obtient une demande de réécriture auprès du Centre national de la cinématographie afin de la retravailler. Patricia Valeix est choisie comme co-scénariste et de nouvelles idées se greffent au script. Malgré ça, Rémi Chayé et les auteurs restent insatisfaits de l’histoire, principalement au sujet de l’héroïne et de sa quête. Un troisième scénariste, Fabrice de Costil est engagé. Il réécrit l’histoire autour d’un bateau nommé le Davaï, qui a disparu vers la banquise. Il ajoute également quelques personnages secondaires (Olga, Lund et Larson) ainsi qu’une direction plus positive au niveau du périple de l’héroïne. Le scénario est finalisé et l’équipe part à la recherche de producteurs.

Ron Dyens et le studio de production Sacrebleu Productions sont les premiers à vouloir rassembler les financements nécessaires au film. Ensuite, Henri Magalon, du studio Maybe Movies vient lui aussi apporter son aide. En 2012, un pilote d’une durée de trois minutes voit le jour, utilisant le style graphique du réalisateur : cela leur permet d’obtenir des financements des chaînes France 3 et Canal+. Un an plus tard, le studio danois Norlum vient compléter le budget. Le budget est évalué à 6 millions d’euros et le film devient une co-production franco-danoise.

Tout en haut du monde Valerie de Halleux photographie

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

On me l’a fortement conseillé, tout simplement. La bande annonce inspire à une belle et fraiche aventure. Que la séance commence !

Qu’est ce que ça raconte ?

1882, Saint-Pétersbourg.
Sacha, jeune fille de l’aristocratie russe, a toujours été fascinée par la vie d’aventure de son grand-père, Oloukine. Explorateur renommé, concepteur d’un magnifique navire, le Davaï, il n’est jamais revenu de sa dernière expédition à la conquête du Pôle Nord. Sacha décide de partir vers le Grand Nord, sur la piste de son grand-père pour retrouver le fameux navire.

Les premières minutes ?

Le démarrage est à la fois classique et séduisant. Le travail autour des couleurs et des formes est très intéressant. Comme vous pouvez le voir sur l’affiche, il n’y a que très peu de traits de contours et le résultat au sein du film est très agréable, voir même apaisant.

On s’attache tout doucement à l’intrépide Sacha, l’idée de mettre une héroïne au sein d’un film qui se passe dans la Russie à la fin des années 1800 est plutôt audacieux. On y voit l’admiration de la petite fille envers son grand père disparu. Quelques flashbacks viennent appuyés la belle relation entre les deux personnages.

Le premier quart d’heure, nous montre de belles choses, que ce soit dans l’animation, le visuel et l’histoire. Un bon présage pour la suite, l’aventure commence !

Toutenhautdumonde

Les personnages et le doublage ?

Dans le traitement des personnages, les auteurs ont réalisé un très un bon travail. La jeune Sasha est attachante, elle nous embarque à ses côtés dans sa quête. L’évolution de petite aristocrate est très intéressante. Elle se forge et se découvre une véritable identité au fil de son voyage. L’admiration qu’elle a pour son grand père est omniprésente, la peur de l’avoir peut être perdu pour toujours également. La scène révélatrice est magnifique ! La voix et le jeu de Christa Theret colle à merveille à Sasha, même physiquement il y a des petites similitudes.

Le Capitaine Lund en impose dés sa première apparition. Il est solide, rassurant et déterminé. Loic Houdré intensifie l’épaisseur du personnage à travers son timbre de voix. La relation que Lund entretient avec son frère Larson, est celle du grand frère qui prend légèrement la place d’un père.

Larson est personnage qui a comme pour Sasha, une évolution tout au long du voyage. Il est au départ un looser, un boulet pour son frère Lund. Mais Larson se révèle au final comme un homme qui murît, qui a appris de ses erreurs.

Oloukine, le grand père de Sasha, tient une place à la fois importante et fantomatique. Sa présence et sa voix planent tout au long du long métrage. Féodor Atkine pose sa voix apaisante, sa narration est charmante et nous emporte lors des flashbacks.

Le reste des personnages, qui soient secondaires ou plus en retraits, sont loin d’être négligés. Olga, Katch, Nadia, Mauson ou encore le Prince Tomsky ont tous un rôle capital à un moment de l’histoire.

La conception des protagonistes, à l’écran comme sur le papier, est sérieuse, cohérente et charmante.

Tout-en-haut-du-monde

Et au final ça donne quoi ?

Rémi Chayé et son équipe nous content une très belle histoire, celle-ci charme les petits comme les grands. L’animation est maitrisée et envoûtante, on est en face d’une peinture tout simplement. Le rythme va crescendo, l’aventure est prenante et le mystère autour de Oloukine et de son bateau disparu, est haletant. Les couleurs aquarelles, il y a réel travail d’harmonie mis en place. La lumière et les ombres dynamiques sont subtilement conçus. Et il faut souligner aussi l’importance du son dans ce film, cela lui donne du réalisme. En bref, on a un travail soigné et cohérent avec l’histoire, les personnages et les différents environnements.

Au niveau du scénario, on a le droit à une belle aventure, pas trop complexe mais qui a quelques subtilités. L’imaginaire du spectateur travaille tout le long du film, on nous laisse deviner certaines choses, comme les liens qu’ont certains personnages entre eux. Les péripéties sont calibrées et importantes, rien n’est à retirer. Il se dégage de cette histoire de la poésie, du courage et du réalisme. La banquise est placée en tant qu’antagoniste et cela est déjà un véritable facteur de la réalité. Il y a  un mélange savoureux entre Jack London et Jules Verne.

La musique de Jonathan Morali accompagne parfaitement les images. Le thème dédié au personnage d’Oloukine est celui qui ressort le plus de cette bande originale.

Il respire au sein de ce film une belle et véritable cohésion et cohérence dans le travail. J’espère qu’on retrouvera cette équipe pour un nouveau long métrage, car ça fait du bien de voir ce genre de film dans le paysage du cinéma hexagonal.

tout en haut du monde

En résumé, Tout en haut du monde souffle une petite brise de fraicheur dans le cinéma d’animation français. Une belle et riche aventure, qui nous rappelle de grands classiques littéraires de notre enfance.

 

 

 

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3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. belette2911 dit :

    Les dessins me font penser à quelque chose, mais je ne remets pas le doigt sur le souvenir qu’ils éveillent en moi…

    Aimé par 1 personne

  2. Yuko dit :

    J’espère le voir très prochainement celui-ci et ton avis me donne encore plus envie de découvrir ce petit bijou d’animation ^^

    Aimé par 1 personne

    1. Franchement, c’est rafraichissant de voir ce genre de film d’animation en France =) J’espère vraiment que cette équipe nous en livrera un autre d’ici peu… :p

      J'aime

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