Black (2015)

Black affiche

Black est un film dramatique belge réalisé par Adil El Arbi et Bilall Fallah. Il s’agit d’une adaptation des livres Black et Back de l’écrivain belge Dirk Bracke.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Je suis tombé par hasard sur la bande annonce sur Youtube et elle m’a plu. Le sujet est original et rarement porté à l’écran. L’occasion de découvrir une nouvelle facette du cinéma belge, qui devient de plus en plus intéressant au fil des années.

De quoi ça parle ?

Deux gangs des banlieues bruxelloises, les Black Bronx et les 1080, se mènent une lutte sans merci. Mavela, s’éprend de Marwan, membre du gang rival. Les deux amants s’enlisent alors dans une intense passion interdite et dangereuse…

Les premières minutes ?

Une intro générique qui souhaite nous mettre immédiatement dans le bain et cela fonctionne plutôt bien. On plonge ensuite dans un climat hostile, une jungle où la violence et délinquance règnent. Les réalisateurs dressent le portrait d’une jeunesse perdue et livrée à elle même.

Le premier quart d’heure véhicule une atmosphère percutante sur la jeunesse des quartiers bruxellois. La musique tient une place importante et elle est utilisée de façon cohérente.

black movie

Le casting ?

Les réalisateurs ont tenu à engager des acteurs amateurs, issus de la rue pour intensifier le réalisme du long métrage. Un choix risqué, mais qui globalement est payant. On ressent parfois la non-expérience de ces jeunes acteurs, notamment sur les scènes qui demandent plus d’intensité dans le jeu.

Martha Canga Antonio se montre convaincante dans l’ensemble de sa prestation. On s’attache à son personnage, qui aurait peut être mérité une écriture différente dans la seconde partie du film, mais j’y reviendrais plus tard. On reverra très certainement cette jeune et belle actrice dans le paysage du cinéma belge (ou français peut être), d’ici peu de temps.

A ses côtés, Aboubakr Bensaihi se montre à son aise dans la première partie du film, mais sa prestation s’essouffle légèrement dans la seconde, peut être là aussi à cause l’écriture de son personnage. Le duo qu’il forme avec sa partenaire est complice, beau et sincère.

Emmanuel Tahon livre une composition solide dans la peau du chef des Black Bronx. Il m’a fait penser à Leondro Firmino qui avait interprété le redoutable Zé Pequeno dans « La Cité de Dieu« .

Natascha Boyamba se montre elle aussi convaincante, dommage qu’on ne la voit que sur un plan secondaire.

black film

Et au final ça donne quoi ?

Adil El Arbi et Bilall Fallah ont voulu entrechoquer la noirceur des quartiers gangsta belges avec une love story à la Roméo et Juliette. Parfois ça fonctionne et parfois ça s’essouffle. L’équilibre et la cohérence ne sont pas toujours respectés, notamment dans la seconde partie du film. La mise en scène regorge d’excellentes idées, le travail au niveau des lumières est très intéressant. La photographie est signé Robrecht Heyvaert et elle a du charme. On ressent que l’épique s’est inspiré de « La Haine » et de « La Cité de Dieu« , le côté urbain est omniprésent et il s’agit d’un facteur important pour l’immersion. Les travellings arrières nous donnent des plans d’ensemble percutants et symboliques. Les réalisateurs savent occuper et capter l’espace qui s’offre à eux. Seul reproche que l’on pourrait faire, c’est l’utilisation du ralenti à la fin, ça sonne le déjà vu et le cliché de base. En dehors de ça, les réalisateurs arrivent à  nous donner un côté réaliste, tout en ayant le goût du cinéma.

Là où ça se gâte, c’est au niveau du scénario, qui n’arrive pas à nous surprendre plus que ça. Dans l’ensemble, c’est prévisible et décevant dans le seconde partie. Le personnage de Mavela sonnait juste au départ et ça se brouillonne vers la fin. Il y avait clairement la matière pour nous surprendre et avoir un impact plus fort, tout en restant cohérent. Après la première heure du film, les enchainements sont trop rapides et faciles. Les dialogues manquent de punch et d’originalité, dans ce genre de film, il faut des répliques qui cognent ! C’est vraiment dommage, d’avoir autant de failles dans ce script, car au niveau de la réalisation et du casting, il y avait le potentiel pour nous une véritable rafale dans la face.

La bande originale est excellente ! Elle joue un rôle très important au sein du long métrage. On retient notamment l’excellente reprise de Back to Black par Oscar the Wolf feat Tsar B.

On sort de ce film en ayant découvert deux réalisateurs et quelques acteurs prometteurs. Le scénario reste assez classique dans son ensemble, les stéréotypes sont un peu trop exagérés. Black aurait pu être un film dramatique remarquable et à l’impact encore plus retentissant.

Black scene

En résumé, Black a de l’audace, des idées et du peps, mais cela s’essouffle à cause d’un scénario qui ne va pas au bout de ce qu’il amorce. Le coup de poing attendu

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