Highlander, il n’aurait dû en rester qu’un !

highlander

Highlander est un film américano-britannique réalisé par Russell Mulcahy, sorti en 1986. Il s’agit du premier volet de la saga et c’est surtout celui qu’il faut retenir de celle-ci.

L’écosse, terre d’inspiration : 

Entre 1984 et 1985, Gregory Widen écrit un scénario intitulé Shadow Clan, dans le cadre de ses études cinématographiques à l’université Californie à Los Angeles. L’idée de ce script lui vient lors de ses vacances estivales en Écosse et plus précisément dans un musée d’Édimbourg. L’apprenti scénariste se retrouve face à une armure moyenâgeuse et il se demande à ce moment là, qu’est ce qui arriverait à ce chevalier si il était toujours en vie aujourd’hui ? C’est à ce moment précis que l’idée d’un combattant immortel traversant les siècles commence à émerger dans la tête de Wilden. La base d’Highlander est là ! Le scénariste va également s’inspirer du film « Les Duellistes » de Ridley Scott pour son histoire.

Grégory Wilden réussi à vendre son scénario aux producteurs William Panzer et Peter S. Davis pour un mondant de 200 000 dollars. Pas mal pour un premier scénario non ?

Opération : modifications !

Après avoir acquis les droits du script, les producteurs veulent transformer et ajouter certains éléments. Contrairement au scénario d’origine, Connor (ou Conrad) MacLeod est né 1518 au lieu de 1408, il ne peut pas avoir d’enfant et ne vit pas avec ses parents. L’histoire d’amour est également remodelée, le personnage d’Heather est créé. Initialement, Grégory Wilden avait mis en place une romance impossible. Connor était amoureux de sa jeune promise Mara, qui le rejetait lorsqu’il devenait immortel.

Le personnage de Ramirez subit lui aussi quelques variantes. Dans la première version du scénario, il est un espagnol né en 1100, alors que dans le script final il est un Égyptien né en -896.

highlander

Un jeune réalisateur prometteur aux commandes :

Pour réaliser « Highlander« , les producteurs misent sur le jeune réalisateur australien Russell Mulcahy. Ce dernier les a séduit à travers différents clips-vidéo, notamment ceux pour le groupe Duran Duran. Les deux producteurs apprécient également le travail visuel et technique dans « Razorback« , le premier long métrage du réalisateur, qui est un survival d’épouvante.

Quel visage pour le highlander ?

Le premier acteur a être engagé dans le projet, est Sean Connery. Ce dernier se laisse convaincre par le scénario novateur, ainsi que l’idée de tourner sur la terre de ses ancêtres. L’ancien James Bond est choisi pour le rôle du mentor Juan Sanchez Villa-Lobos Ramirez.

Pour le rôle de Connor MacLeod, William Panzer et Peter S. Davis courtisent l’acteur canadien Marc Singer (V : la série). Ce dernier refuse la proposition, en raison d’un emploi du temps trop chargé. Ensuite, les producteurs approchent Mickey Rourke, qui refuse lui aussi. C’est alors, qu’ils vont penser à l’acteur franco-américain Christophe Lambert. A ce moment là, il est en pleine éclosion. L’acteur vient d’obtenir le César du meilleur acteur pour « Subway » de Luc Besson et il a fait ses preuves Outre-Atlantique avec « Greysotke, la légende de Tarzan » de Hugh Hudson. En pleine ascension, Christophe Lambert accepte immédiatement le rôle. Il est conscient qu’avec ce film, il peut franchir un nouveau cap et se hisser comme une valeur sûre du cinéma international. Pour cela, Lambert va suivre quelques cours pour se perfectionner en anglais.

Cela s’est un peu compliqué aussi pour le rôle du Kurgan, le méchant de l’histoire. Clancy Brown a longtemps été retissant avant d’accepter le rôle, à cause notamment d’une allergie au maquillage.

christophe-lambert-clancy-brown

un tournage, un voyage :

Le premier clap été donné en avril 1985 à New York. Le tournage a duré quatre mois et s’est déroulé à travers cinq pays, qui sont les États-Unis, l’Angleterre, L’Écosse, le Pays de Galles et le Canada.

Sean Connery n’a tourné qu’une seule semaine en raison d’un planning très chargé.

Le château Eilean Donan situé dans les Highlands, utilisé comme château du clan MacLeod
Le château Eilean Donan situé dans les Highlands, utilisé comme château du clan MacLeod.
Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

Highlander est un film fantastique avec une histoire originale, une mythologie qui lui est propre. Christophe Lambert y trouve le plus grand rôle de sa carrière. Il est épaulé par un très bon Sean Connery et confronté à un excellent Clancy Brown. Encore aujourd’hui, je prend un grand plaisir à revoir ce film, qui m’a fait tant vibrer dans mon enfance.

Qu’est ce que ça raconte ?

Connor Macleod est un immortel. Il traverse les Ages depuis son Ecosse de 1536, multipliant les rencontres, les expériences et les combats…Car depuis plus de 400 ans Macleod affronte dans des luttes sans merci d’autres immortels pour remporter Le Prix. Le seul moyen de le tuer est de leur trancher la tête et c’est ce qu’il s’évertue à faire depuis des siècles tout comme son ennemi juré : le Kurgan. Un guerrier sadique ayant tué la majorité des immortels.
C’est dans le New York de 1986 que Macleod prépare le combat ultime qui fera de lui le dernier des immortels. Il ne peut en rester qu’un…

Les premières minutes ?

Le prologue pose l’histoire en quelques lignes, efficacement narré par Sean Connery. S’enchaine ensuite le générique avec le titre culte « Princes of the Universe » signé parle groupe britannique Queen. Ça y est ! L’aventure commence ! On est direct boosté par le prologue et la musique hard rock , il y a ce petit côté film 80’s qui claque d’entrée.

L’ouverture du film agit comme une véritable plongée, avec tout d’abord la caméra à l’épaule qui suit des catcheurs qui pénètrent dans la salle bondée du Madison Square Garden. Après quelques petits plans où l’on voit les spectateurs et les catcheurs, on a une bonne transition avec une séquence très travaillée autour du ring. Un plan d’ensemble, qui de se transforme en panoramique gauche/droite et qui se termine par un travelling. Ça tourne, comme si on cherchait quelqu’un de précis : Connor MacLeod. La caméra zoom tout doucement sur son visage sombre et préoccupé. On se doute que quelque chose va se passer, le héros sent une présence hostile et cela nous conduit dans le parking souterrain de la salle omnisports. MacLeod y rencontre l’un de ses semblables et le combat commence !

La mise en scène est bien orchestrée et nous embarque direct aux côtés de Connor. Le parking est le ring caché pour le combat des deux immortels, un contraste intéressant avec le ring de catch, qui est à quelques étages au dessus de leurs têtes. La travail au niveau des lumières et du décor est vraiment excellent. Il se dégage de cette scène une atmosphère sombre et humide. Le combat est bien rythmé avec quelques effets kitchs, mais ça ne sonne pas trop ringard. Connor sort victorieux de la confrontation et il reçoit le pouvoir de son adversaire, à qui il vient de lui couper la tête. Pour nous montrer cet effet de transmission, Russell Mulcahy insiste bien sur les effets spéciaux (lampes et vitres qui éclatent, éclairs, voitures qui se mettent en route…).

Une fois la transmission (le prix) récolté, MacLeod s’enfuit du parking et le réalisateur nous montre son talent pour une transition fluide vers un flashback, qui nous montre notre héros en 1536 livrant sa première bataille. La reconstitution est vraiment très bonne, les décors et les costumes nous transportent immédiatement dans l’époque.

Connor se retrouve pour la première fois face à un ennemi impressionnant, une espèce de cavalier de la mort. Ce dernier le transperce et le laisse pour mort sur le champ de bataille. La réalisation est de bonne facture, c’est épique et ça colle à l’atmosphère des batailles moyennageuses.

Comme vous le constatez, le premier quart d’heure est incroyablement riche. Une mise en scène travaillée, épique et inspirée. Le début de cette mythologie est passionnante et originale. L’immortalité est traitée sous un angle encore jamais exploité au cinéma. C’est fluide et les minutes défilent à grande vitesse.

Highlander

Le casting ?

Les producteurs et Russell Mulcahy ont constitué une excellente distribution. Christophe Lambert n’était que le troisième choix et pourtant aujourd’hui on ne voit pas qui d’autres pourrait incarner le Highlander. Christophe Lambert est Connor MacLeod, il est parfait dans ce rôle. Son côté frenchie donne son charme au personnage. C’est tout simplement le rôle de sa vie.

L’année 1986 a été plus qu’importante dans la vie de Sean Connery. L’acteur interprète de façon crédible le mentor de MacLeod et il est en tête d’affiche de l’excellent thriller gothique « Le Nom de la Rose » de Jean-Jacques Annaud. L’acteur britannique fait son comeback cette année et met tout le monde d’accord.

Roxanne Hart est sublime et convaincante, dans la peau de l’expert en médecine légale Brenda Wyatt. Elle est à la fois charmé et intrigué par ce mystérieux Russell Nash, qui se révèle en fait être Connor.

Le Kurgan est brillamment interprété par Clancy Brown. Il impose son charisme et sa voix dés la première apparition. Il s’agit clairement du plus grand adversaire que le Highlander rencontre dans la saga.

Les rôles plus secondaires sont également très bien tenus. Beaty Edney, Alan North ou encore James Cosmo remplissent comme il faut leur tache.

Highlander

Et au final ça donne quoi ?

C’est toujours un très grand plaisir que de revoir ce film. Est ce par nostalgie, par plaisir coupable ou parce que c’est un grand film ? Soyons honnête, c’est un peu les trois. Ce long métrage a pris quelques rides, mais il reste tout de même un film passionnant et mythologique.

Russell Mulcahy réalise sans aucun doute son meilleur long métrage. Sa mise en scène regorge de bonnes initiatives et d’audace, pour nous offrir du grand spectacle. Techniquement et visuellement, il y a vraiment un travail de recherches et cohérence. Un dynamiste et un style qui appartient à une époque, celle des des années 80. Les transitions entre les moments présents et les flashbacks sont minutieusement orchestrées.  Les décors et les couleurs selon les époques sont bien contrastés, on a d’un côté l’ambiance sombre et grisonnante du New York 80’s et de l’autre une Écosse du XVIéme verdoyante, qui respire la nature sauvage.

Le scénario modifié de Grégory Wilden est à première vue quelque chose d’assez simple. Pourtant son développement est très intéressant, notamment autour du personnage de Connor et de son immortalité. Il est confronté à plusieurs dilemmes comme celui de s’interdire d’aimer une femme pour éviter de la voir mourir… Une bénédiction qui se transforme en un véritable fardeau pour le héros. D’ailleurs la différence  saute aux yeux entre sa période où il vit avec Heather et sa solitude en 1986. On voit bien que Connor souffre de son immortalité et Christophe Lambert nous le fait parfaitement ressentir à l’écran. Le côté manichéen est bien évidemment omniprésent, comme dans la plupart des mythologies.

La bande originale est composée par Michael Kamen et elle s’additionne à merveille avec quelques chansons du groupe Queen. Cela augmente l’aspect 80’s au film et ça lui donne en même une identité propre. Un pur régal pour les oreilles et ça colle parfaitement à l’ambiance du film.

Malgré son semi-échec au box office américain, le film a connu un franc succès en Europe et notamment en France. Petit à petit, Highlander s’est dressé au rang de film culte et il reste sans aucun doute le meilleur de la saga dont il fera l’objet.

highlander

En résumé, Highlander est l’un des meilleurs films fantastiques des années 80. Une mythologie qui aurait mérité meilleur sort par la suite. C’est à ce moment là qu’on se dit, qu’il n’aurait dû en rester qu’un…

Publicités

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. belette2911 dit :

    Mon dieu, ça date dans ma mémoire ! Mais oui, il n’y aurait pas dû avoir de suites ! 😆

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s