Danse avec les loups, l’un des derniers grands westerns du XXe siècle

Dans avec les loups affiche

Danse avec les loups (Dances with Wolves) est un film américain réalisé par Kevin Costner en 1990. Il s’agit d’une adaptation du roman du même nom écrit en 1988 par Michael Blake.

Une aventure qui commence sur de bons conseils :

Au début des années 80, l’écrivain Michael Blake écrit un premier scénario déjà intitulé  « Danse avec les loups« . Il le fait lire à son ami Kevin Costner, à l’époque les deux hommes sont réunis sur le film « Stacy’s Knights« . L’acteur est séduit par le script et conseille à l’écrivain de le développer sous forme de roman. Le jeune scénariste suit le conseille de Costner et trouve un éditeur en 1988. Une fois l’histoire éditée, Kevin Costner achète immédiatement les droits du livre pour le cinéma. Il a pour unique objectif de réaliser son premier film à partir du roman et Blake donne instantanément son accord pour concevoir le scénario adapté du livre.

un rêve semé d’embuches pour Kevin Costner :

Une fois les droits acquis, Kevin Costner l’envoie à tous les studios, mais il n’obtient que des retours négatifs. On conseille à l’acteur de laisser tomber cette idée, qu’aucun producteur ne se lancera dans un tel film avec un tel budget  nécessaire (15 millions d’euros).

Kevin Costner décide de persévérer et démarche une seconde fois des producteurs. Le projet n’intéresse toujours pas, alors l’acteur décide de produire lui même le film. Il va alors réunir toute ses économies et hypothéquer sa maison, pour réaliser son premier long métrage. Le réalisateur et ami Jim Wilson (rencontré lui aussi sur « Stacy’s Knights« )  décide d’apporter son soutien financier au projet, ainsi que les sociétés Tig Productions et Majestic Films International.

Costner

On est jamais mieux servi que par soit même :

Kevin Costner l’a bien compris dés le départ, il va falloir qu’il porte ce film tout seul et cela se confirme un peu plus lors de la constitution du casting. A l’origine, Costner propose le rôle du lieutenant Dunbar à Viggo Mortensen. Ce dernier décline l’offre en raison d’un emploi du temps trop chargé. Toutefois, il jouera malgré tout le rôle dans « The Holy Road » (2011), la suite de Danse avec les loups. Finalement, Kevin Costner décide de lui même interprété le rôle principal de son film.

Pour le rôle du Major Fambrough, le néo-réalisateur pense à Marlon Brando, mais le budget ne lui permet d’engager l’acteur. Brando a toujours demandé des cachets exorbitants et ce même pour des petits rôles. Au final, le rôle est confié à Maury Chaykin (« Jumeaux« , « Le Masque de Zorro« ).

Les rôles d’Indiens ont été confiés à de véritables Amérindiens (Sioux pour la plupart). Kevin Costner tenait à avoir une authenticité totale et aussi rendre hommage au peuple Sioux. D’ailleurs, les acteurs pratiquent tous le lakota (langue Sioux) grâce notamment à Doris Leader Charge, seule véritable représentante du peuple sioux et originaire du Dakota du Sud.

Danse avec les loups

Un tournage prolongé et coûteux :

A l’origine, Kevin Costner prévoit un tournage de deux mois, mais il va finalement s’étaler sur plus de trois mois dans le Dakota du Sud, mais aussi au Wyoming. Cette prolongation a couté à Kevin Costner plus de 3 millions de dollars. Ce dernier a opté pour réaliser son premier film de façon chronologique, par rapport au climat et des changements de saisons associés, afin d’obtenir une cohérence et un réalisme total. Un procédé rarement utilisé dans l’industrie du cinéma.

Un succès inattendu, impérial et mérité :

Lors de sa sortie en salles, le film va connaître un immense succès. Avec un budget évalué à 19 millions de dollars, Dans avec les loups rapporte plus de 424 208 000 dollars à travers le monde. En France, le film totalise 7 280 124 entrées.

Grâce à cette consécration, Kevin Costner va parcourir la planète et enchainer les récompenses. Il s’agit d’un des films les plus récompensés pour un réalisateur, qui est également producteur et acteur principal de son film. Il reçu 7 Oscars, 3 Golden Globes, l’Ours d’Argent à Berlin et le prix du film Mainichi (Japon) du meilleur film étranger.

Malgré tous les obstacles qu’il a rencontré pour son premier long métrage, Kevin Costner n’a rien lâché, il a été au bout de son rêve et il en a été formidablement récompensé.

Kevin Costner Jim Wilson Oscars

pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

La première fois que j’ai vu ce film, c’était grâce à mon père. Il l’avait loué dés la sortie vidéo, avec « Germinal« . Deux films de plus de 3 heures à regarder en moins d’un jour, voila le défi que s’était lancé mon paternel. Bien sûr, j’étais trop jeune pour capter l’importance de ces deux longs métrages, mais j’ai regardé quand même.

Deuxième visionnage à l’âge de 13 ans et là, j’ai pris la claque que j’avais inconsciemment esquivé auparavant.

Aujourd’hui, je tenais à revoir une nouvelle fois ce film afin de mieux le comprendre sous toutes les coutures. Que la séance commence !!!

Qu’est ce que ça raconte ?

Le jeune lieutenant John Dunbar est muté à un poste de reconnaissance dans les immenses plaines du Dakota pendant la guerre de Sécession. Il se retrouve malgré lui, seul à défendre le poste frontière qui sépare les hommes blancs des indiens.

Les premières minutes ?

Kevin Costner ouvre son film de façon judicieuse. Il plante instantanément le climat de la Guerre de Sécession et la souffrance qu’elle engendre. Le lieutenant Dunbar est à la limite de l’amputation, il n’a plus rien à perdre et décide de chevaucher en plein milieu de la bataille. Un aveu d’impuissance et de suicide habite le personnage. Une scène magnifique où Kevin Costner porte cette aura de héros, de pacifiste, d’humain tout simplement.

Le premier quart d’heure nous offre déjà du grand spectacle et de l’émotion. La mise en scène de Costner en impose, tout comme la musique de John Barry. Un souffle puissant qui nous montre déjà que nous sommes devant un très grand film.

Danse avec les loups

Le casting ?

Kevin Costner donne parfaitement corps à son film que ce soit devant ou derrière la caméra. Il est comme un poisson dans la peau du lieutenant John Dunbar et ensuite dans celle de « Danse avec les loups ». Il faut souligner notamment ses prises de risques lors des grandes scènes à cheval, comme la chasse aux bisons où la scène suicide du début. Il est entièrement habité par le personnage, il y croit dur comme fer, comme c’est le cas pour l’ensemble du film. C’est son rêve et il le vit à 200%.

A ses côtés, Mary McDonnell se montre très convaincante dans le rôle de « Dressée avec le poing », fille adoptive américaine du peuple des Sioux. Beaucoup d’émotions se dégagent de cette actrice et les échanges qu’elle a avec Kevin Costner sont très beaux.

Graham Green incarne avec beaucoup de convictions « Oiseau bondissant ». Dés ces premières apparitions à l’écran, on est attaché au personnage , comme l’est le lieutenant John Dunbar. Sa nomination aux Oscars était amplement méritée.

Wes Studi en impose terriblement sans trop ouvrir la bouche. Il incarne avec brio le guerrier féroce Pawnee. Son regard et son physique lancent une telle vague de fureur, qu’on craint immédiatement le personnage.

Il faut souligner aussi Maury Chaykin, qui n’apparaît que quelques minutes, mais sa prestation ne passe pas inaperçue.

L’ensemble de la distribution a été parfaitement constituée et dirigée par Kevin Costner. Pour une première expérience en tant qu’acteur/réalisateur/producteur, on peut dire que c’est déjà d’un joli niveau.

dances-with-wolves

Et au final ça donne quoi ?

Première réalisation et premier coup de maître pour Kevin Costner. Ce dernier et son équipe ont composé une œuvre d’une totale maitrise. Commençons par la mise en scène, qui est digne d’un réalisateur très expérimenté. On voit bien que Costner voulait que tout soit parfait et cohérent au moindre petit détail. Pour preuve, la scène de la chasse de bisons respire l’authenticité, l’ingéniosité, le courage et l’amitié. Cette scène est très particulière puisque c’est son ami Kevin Reynolds (« Waterworld« , « Robin des Bois, prince des voleurs« ) qui est venu prêter main fort à Kevin Costner. Elle a également nécessité 3 semaines de tournage, 9 caméras qui tournent simultanément, des centaines de vrais bisons et plus d’une centaine de cascadeurs d’origine indienne.

danse avec les loups

Kevin Costner arrive à maitriser parfaitement le rythme lent du western, on ne tombe jamais dans la longueur. On est tout simplement en admiration devant les différents personnages, les paysages crépusculaires, les moments épiques et autant de réalisme. Le réalisateur s’appuie et capte à merveille les décors, qu’ils soient matériels ou naturels. C’est du très grand spectacle, du très grand cinéma !

Le scénario de Michael Blake est une véritable perle d’écriture. On comprend que Kevin Costner est tombé sous le charme aussitôt après l’avoir lu. Blake a composé une fresque mêlant de façon très subtile l’écologie, le pacifisme, l’humanisme, l’amour, l’amitié, la guerre et la haine.  Les personnages sont tous confrontés à des dilemmes, le premier étant de braver l’interdit pour laisser place à l’humain, à la vie tout simplement. Le contexte politique de l’époque est également très important et très bien représenté. Le quotidien, la culture et les coutumes des indiens sont fortement soulignées, ce qui est rare au cinéma. Tout ça est réglé comme du papier à musique, c’est à la fois fluide, brillant et courageux.

Dances With Wolves

Que serait ce chef d’oeuvre sans la magnifique musique de John Barry. Dés le début, elle se montre omniprésente et épique. On sent le côté très américain dans cette composition, d’ailleurs elle est assez proche de celle que John Williams avait fait pour JFK. Le thème de John Dumbar est une pure merveille à l’image de la bande originale dans sa totalité. Elle nous prend aux tripes et elle correspond parfaitement avec les images, l’histoire et les personnages. C’est MAGNIFIQUE !

Danse avec les loups est la preuve qu’il faut s’accrocher à son rêve jusqu’au bout, lui donner toute son énergie et que le réussite ne peut être au final qu’au rendez-vous. Kevin Costner, Jim Wilson et Michael Blake y ont cru jusqu’au bout et ça se ressent sur chaque plan, sur chaque regard… Un cohésion, une amitié et une cohérence dans le travail qui déborde de la toile. Chapeau Messieurs !

 dance avec les loups
En résumé, Dans avec les loups fait parti des meilleurs westerns de tous les temps. Kevin Costner et son équipe atteignent la perfection, du cinéma avec un grand A !

 

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. belette2911 dit :

    1990… déjà 26 ans ce film ?? Ça ne me rajeunit pas du tout ! Un excellent film et un Kévin au meilleur de sa beauté… beaucoup d’émotions, dans ce film, je revois encore tous les bisons morts, juste écorché pour leur fourrure et tout le reste qui restait à pourrir, l’Homme étant déjà un gros gaspilleur, l’Indien, pas 😦

    Aimé par 1 personne

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