Miles Ahead (2015)

Miles Ahead

Miles Ahead est un film biographique américain écrit, produit et réalisé par Don Cheadle. Ce dernier réalise ici son premier long métrage, qui retrace la vie du trompettiste Miles Davis.

Une détermination infaillible :

L’idée d’écrire, de produire, de réaliser et de jouer dans ce biopic, trottait dans la tête de Don Cheadle depuis 2006. Ewan McGregor s’attache au projet dés le départ. Les deux acteurs sont de grands fans de Miles Davis.

Vous devez vous demander, pourquoi le film ne voit le jour qu’en 2015 ? La cause principale est la crise financière, qui a mis un frein net au projet. Don Cheadle a lui même investi son propre argent dans le film et a également demandé un petit coup de pouce financier à ses fans. Le tournage démarre en juillet 2014 et se termine le 15 août de la même année.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Comme vous avez pu le constater, Don Cheadle s’est donné à fond pour faire naître ce film et cette détermination attise ma curiosité. De plus, après avoir vu le biopic de Chet Baker (« Born to be blue« ), j’ai envie de continuer à explorer le jazz à travers le cinéma. Que la séance commence !

Qu’est ce que ça raconte ?

La vie et la carrière de Miles Davis à travers un évènement marquant (la perte d’une bande enregistrée), le trompettiste se fait aider par Dave Brill, un journaliste de Rolling Stone, afin de la retrouver. Entre temps, il se remémore ses années glorieuses sur scènes et ses années malheureuses avec son épouse Frances Taylor sous l’emprise d’alcool et de drogues avant son grand retour en 1981.

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Les premières minutes ?

L’ouverture pose le décor de l’interview à Tokyo dans les 70’s, où l’on découvre un Don Cheadle habité par son personnage. La gestuelle et la diction sont millimétrées, rien n’est laissé au hasard. On enchaine ensuite avec un petit bond dans le temps qui arrive de manière fracassante et quelque peu inattendu, cet enchainement surprise fonctionne très bien. On observe ensuite une des périodes sombres du trompettiste qui est dépendant à l’alcool et la cocaïne.

Le portrait de Miles Davis est plutôt bien brosser, sa franchise et son impulsivité sont les traits qui ressortent le plus dans ce premier quart d’heure. La rencontre entre lui et Dave Brill (Ewan McGregor) est à la fois originale et authentique.

miles davis

Le casting ?

Don Cheadle a déployé beaucoup d’énergie pour ce film et pour interpréter son idole. L’acteur joue lui même de la trompette (depuis l’âge de 9 ans), il est Miles Davis de la tête aux pieds. Sa performance se range aux côtés de celle Jamie Foxx dans Ray ou encore Joaquin Phoenix dans Walk The Line. Vocalement et physiquement, Don Cheadle est bluffant et cela dés les premières minutes du long métrage.

A ses côtés, Ewan McGregor amène un peu de légèreté auprès de Cheadle. Le duo est équilibré et fonctionne bien.

Pour le rôle de Frances, Don Cheadle avait pensé à Zoe Saldana, qui a dû refuser pour cause de grossesse. Le néo-réalisateur a donc fait appel à une jeune et belle actrice en la personne d’Emayatzy Corinealdi. Cette dernière livre une prestation pleine de charme et sérieux, dommage qu’on ne la voit pas plus à l’écran.

Miles Ahead Don Cheadle Ewan McGregor

Et au final ça donne quoi ?

Pour son premier long métrage, on peut dire que Don Cheadle livre un biopic très intéressant. Bien sûr, tout n’est pas parfait mais on peut y déceler un réel investissement de sa part. Avant de faire le petit bilan de ce film, il faut souligner le mini budget qui atteint les 344,582 dollars. Il est clair que pour un biopic sur un tel génie, le budget méritait d’être à la hauteur. Est ce que le film en souffre ? Légèrement, car on peut dire que Don Cheadle a livré un travail impressionnant et c’est tout à son honneur.

En ce qui concerne son œil derrière la caméra, c’est plutôt satisfaisant et encourageant pour la suite. Sa mise en scène regorge de bonnes initiatives comme certaines transitions entre deux scènes ou deux époques. On navigue aisément entre les différentes périodes de la vie de Miles Davis, même si certains dans la chronologie reste discutable. La scène finale est d’une classe et d’une beauté éclatante. Pour un tel budget et une première expérience en tant que réalisateur, on est plus que satisfait du taff orchestré par Don Cheadle.

Les décors, les rues, les costumes et les véhicules, tout est là pour immersion totale dans les 70’s. Cela nous rappelle un peu la série Vinyl et d’ailleurs c’est dommage que le film et la série n’ont pas fait quelques parallèles car il y avait largement la place.

Miles Ahead

Steven Beigelman et Don Cheadle ont conçu un scénario riche, articulé par une structure narrative à la fois simple et efficace. Globalement, la vie et la carrière du génie à la trompette sont bien respectées. L’histoire n’est pas trop romancé, ce qui nous offre une réelle authenticité des faits.

Est ce que ce film est à la hauteur du personnage ? Si l’on prend tout en compte (budget, obstacles dans la pré-production…), on peut dire que Don Cheadle rend un bel et sincère hommage à son idole.

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En résumé, Miles Ahead est dans la lignée d’un « Born To Be Blue » ou d’un « Beyond the sea« , un biopic indépendant et courageux. Don Cheadle en Miles Davis, c’est bluffant !

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