Batman Year One : Que nous réservait la version de Darren Aronofsky ?

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Au cinéma, Batman a connu un certain nombre d’adaptations mais aussi pas mal de projets avortés comme le Batman Forever version Tim Burton ou encore Batman : Year One signé Frank Miller et Darren Aronofsky. Aujourd’hui, on s’intéresse d’un peu plus près à ce dernier et c’est sans aucun doute qu’on va vous faire saliver.

Le projet Batman : Year One au cinéma a commencé à être développé bien entre le calamiteux Batman & Robin et la trilogie de Christopher Nolan. A l’origine, c’est Joel Shumacher qui exprime le désir d’adapter le comics en 1998, mais les studios Warner jettent leur dévolu sur un jeune et talentueux cinéaste en la personne de Darren Aronofsky (« Requiem for a dream« , « The Fountain« ).

Pour résumer, Batman : Year One relate les débuts de Bruce Wayne en Batman et l’arrivé de Gordon à Gotham City. Les deux hommes combattent le crime chacun à leur façon et vont commencer tout doucement à se connaitre l’un et l’autre. Ce comics ne comporte aucun élément fantastique.

Darren Aronofsky souhaite travailler étroitement avec Frank Miller (les deux hommes se connaissent depuis quelques années), tous les deux veulent un Batman plus sombre et qui se rapproche un peu plus de la réalité. L’auteur du comics a même avoué que le réalisateur avait une vision bien plus obscure que la sienne :

« C’était la première fois que je travaillais sur un projet Batman avec quelqu’un dont la vision était plus sombre que la mienne. »

year_one

Aronofsky a pour principal objectif de développer un film très ancré dans la réalité avec un aspect « gangster » cru et violent qui se rapprocherait de célèbres œuvres telles que « The French Connection », « Serpico » pour le côté incorruptible de Jim Gordon au sein d’une police ultra-gangrenée et « Taxi Driver » pour le côté psychotique d’un Bruce Wayne cherchant à lutter contre le crime et l’injustice par ses propres moyens, après le traumatisme subi dans son enfance. Le réalisateur souhaite également tourner son film uniquement dans de véritables décors urbains, sans utiliser de décors de studios.

En 2000, le script de Batman : Year One est terminé et transmis aux studios Warner. Aronofsky et Miller ont conservé quelques éléments du comics tout en y ajoutant une toute autre vision. Les deux hommes voulaient une version fraiche et inédite du chevalier noir.

Cette nouvelle histoire se dégage de tout ce qui a été fait auparavant. Pour commencer, le jeune Bruce Wayne est un sans-abri qui erre dans les rues de Gotham depuis l’assassinat de ses parents jusqu’au moment où il est recueilli par un afro-américain nommé Big Al, un propriétaire de garage automobile qui travaille avec son propre fils nommé Little Al (l’équivalent d’Alfred Pennyworth). Il grandit au sein du garage et ses journées sont rythmées par son travail de mécanicien mais aussi par les allées et venues des prostituées, des proxénètes, des voyous et des flics corrompus qui fréquentent la maison de passe située de l’autre côté de la rue. En parallèle avec le désir de vengeance grandissant du jeune Bruce, on assiste à la lutte de l’inspecteur James Gordon, fumant cigarette sur cigarette, contre la corruption qui gangrène l’ensemble des forces de police de la ville.

Divers concepts de costumes pour le film "Batman - Year One"
Divers concepts de costumes pour le film « Batman : Year One »

La première apparition du chevalier noir se fait justement dans cette maison de passe afin de défendre une certaine Maîtresse Selina des assauts d’un policier corrompu. Ce dernier meurt accidentellement lors de l’intervention de Bruce qui arrive à s’échapper de justesse. Cet évènement inspire Wayne a agir de façon plus méthodique. Il décide également de se confectionner un costume avec une cape et un masque de hockey, au fur et à mesure le déguisement évolue tout comme les gadgets.

L’origine du surnom Batman est lui aussi modifié, oubliez le fameux traumatisme avec les chauve-souris quand Bruce n’était qu’un enfant. Dans la version d’Aronofsky, Bruce Wayne porte une chevalière ayant appartenu à son père Thomas Wayne et où figurent les initiales TW. Or, lorsque Bruce assomme ses ennemis à coups de poings, les ecchymoses laissées par les lettres T et W ressemblent vaguement à une chauve-souris. Ce qui aurait pu inspirer aussi un traitement au niveau des médias au sein du film.

évolution des concepts de costumes pour le film "Batman : Year One"
évolution des concepts de costumes pour le film « Batman : Year One »

Autres éléments importants chez le justicier de Gotham, la Bat-mobile et la Bat-cave. Le véhicule de Batman est tout simplement une voiture modifiée grâce à ses compétences en tant que mécanicien acquis dans le garage de Little Al. Pour don repère, le chevalier noir a construit sa Bat-cave à partir d’une partie abandonnée du métro de Gotham.

Batman Year One Movie Batmobile Concepts

L’histoire de Batman : Year One devait se conclure de la façon suivante : les exécuteurs testamentaires de la famille Wayne finissent par retrouver la trace de Bruce Wayne et celui-ci accepte finalement l’héritage de son illustre famille, tout en continuant d’endosser secrètement le rôle du Bat-Man. L’argent hérité lui permettant de développé divers entreprises ainsi que la technologie pour ses besoins plus personnels. Du côté de James Gordon, ce dernier n’approuve pas les méthodes du Batman mais admet tout de même que les résultats sont impressionnants.

Darren Aronofsky souhaitait aussi mettre en place une narration en voix off de Bruce Wayne au sein de son long métrage, un petit côté à la Watchmen ou à la Taxi Driver.

gordon Batman Year One

Le réalisateur avait également conservé quelques moments importants du comics pour les retranscrire dans le film comme le fait que Gordon sauve un enfant pendant une prise d’otage, qu’il se fasse tabasser par ses collègues policiers corrompus, qu’il soupçonne Harvey Dent d’être le Batman, ou encore une grande scène où le Batman combat les forces spéciales de la police qui le pourchassent au sein d’une grande maison abandonnée.

Christian Bale était déjà pressenti pour incarner Bruce Wayne/Batman, Darren Aronofsky avait déjà déceler chez l’acteur le potentiel et la capacité à incarner un tel personnage. Le reste du casting que prévoyait le réalisateur n’a jamais été communiqué.

Darren Aronofsky
Darren Aronofsky

Quand on lit tout ça, on se dit « mais pourquoi ce projet n’a jamais vu le jour au cinéma ? »

Frank Miller s’est exprimé sur le sujet et la raison est quand même assez triste :

« Nous avons fourni un scénario et nous avons été énormément indemnisés, jusqu’à ce que Warner Bros le lise et refuse de le faire. Le producteur voulait pouvoir y emmener son gamin et, avec notre film, ce n’était pas possible. Ils n’auraient jamais pu en vendre des jouets. »

Le film aurait certainement été classé R aux Etats-Unis (interdit aux moins de 17 ans non-accompagnés d’un adulte) et Darren Aronofsky se doutait que Warner ne produirait jamais un tel film. Pourtant, même si on apprécie énormément la vision de Christopher Nolan, on aurait aimé que la version Miller/Aronofsky voit le jour. D’ailleurs, si l’on y regarde de plus près Nolan a tout de même conservé quelques idées du script de Batman : Year One (Christian Bale, le côté urbain…)

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Si vous souhaitez avoir une petite idée de ce qu’aurait pu être Batman : Year One, nous vous conseillons la bande dessinée ou bien le film d’animation sorti en 2011.

 

Source : Draven’s World et EcranLarge.

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