Dark City, une expérience crépusculaire et inoubliable !

Dark City

Dark City est un film de science-fiction australo-américain réalisé par Alex Proyas, sorti en 1998. Le film a obtenu plusieurs récompenses à travers le monde dont le prix du meilleur film au Festival du Fantastique d’Amsterdam ou encore le Saturn Award du meilleur film de science-fiction.

Bel accueil critique, mais pas financier : 

Alex Proyas et son équipe ont bénéficié d’un budget de 27 millions de dollars et le box office mondial n’a rapporté au final que 27,2 millions. En France, le film n’atteint même pas les 400 000 entrées. Comme pour « Donnie Darko« , c’est au fil des années que le long métrage trouve son public et qu’il se se hisse au rang de film culte.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

C’est avec un grand plaisir de revoir cette perle noire, après « Donnie Darko« , on continue à se replonger dans les grands films fantastique/SF des années 90/2000.

Qu’est ce que ça raconte ?

Se réveillant sans aucun souvenir dans une chambre d’hôtel impersonnelle, John Murdoch découvre bientôt qu’il est recherché pour une série de meurtres sadiques. Traqué par l’inspecteur Bumstead, il cherche à retrouver la mémoire et ainsi comprendre qui il est. Il s’enfonce dans un labyrinthe mystérieux où il croise des créatures douées de pouvoirs effrayants. Grâce au docteur Schreber, Murdoch réussit à se remémorer certains détails de son passé trouble.

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Les premières minutes ?

Alex Proyas impose dés les premières images une ambiance sombre et un esthétisme « comics ». L’identité cinématographique du réalisateur charme et plonge le spectateur dans un monde à part. Rien n’est laissé au hasard, que ce soit dans la mise en scène, le cadrage, les décors, les accessoires ou encore la lumière, le cinéaste a clairement le sens du détail. On ressent la vision qu’il a de son film et tout le travail en amont qui a du être fait pour un tel résultat. Le mystère autour du protagoniste est astucieusement mis en place, les questions commencent à trotter dans notre tête. Pourquoi est-il là ? Que signifie les objets autour de lui ? Est-ce la réalité ? Est-ce un complot ?

L’étrangeté de la situation s’épaissit au fur et à mesure, le labyrinthe abyssal de Proyas englobe le spectateur de manière efficace et sans bavure.

Le cinéaste prend également soin dans les entrées de ses personnages, J.Murdoch (Rufus Sewell) est installé en tant que victime d’une machination, le Dr Schreber (Kiefer Sutherland) est l’homme de l’ombre qui sait tout mais qui ne dit rien, Emma Murdoch (Jennifer Connelly) apparaît gracieuse et tourmentée, et pour finir l’inspecteur Bumstead (William Hurt) semble déterminé et rigoureux dans son travail. Alex Proyas travaille énormément sur le cadrage, les jeux d’ombres et de lumières pour mieux appuyer les différents rôles de ces personnages dans l’histoire. La photographie de Dariusz Wolski va également dans le même sens que le réalisateur.

Comme vous pouvez le constater, on a un premier quart d’heure riche sur tous les plans. Une mise en bouche calibrée et intrigante, la suite nous promet des choses très intéressantes.

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Le casting ?

Alex Proyas dirige une distribution prestigieuse et originale. Il offre à Rufus Sewell son premier grand rôle au cinéma, qui enchainait principalement des téléfilms. L’acteur tient ici le rôle de sa carrière et y livre sa meilleure performance. Le personnage de J.Murdoch lui colle à la peau dés les premières minutes, son interprétation est plus que satisfaisante.

La sublime et ensorcelante Jennifer Connelly respire toujours autant la légèreté et la pureté. D’ailleurs, le réalisateur prend soin de la mettre en lumière, tout comme Melissa George. Les deux femmes apportent quelques rayonnements dans Dark City, cela nous rappelle un peu « Sin City« .

Kiefer Sutherland est tout simplement parfait dans la peau de l’étrange Dr Schreber, l’un des meilleurs seconds rôles de sa carrière. William Hurt est quand à lui impeccable en inspecteur solitaire et rigoureux.

Pour la petite anecdote, Kiefer Sutherland est un grand fan de William Hurt et il a accepté immédiatement le rôle du Dr Schreber lorsqu’il appris que celui-ci faisait partie du casting.

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Et au final ça donne quoi ?

Alex Proyas nous transporte dans un monde labyrinthique et très architecturale où se s’entremêle la science-fiction, le polar noir des années 50, le thriller et le fantastique. Un cocktail minutieusement dosé, qui rend cette œuvre unique en son genre. Le cinéaste s’est hautement inspiré du cinéma de Fritz Lang ainsi que l’atmosphère comics et manga.

L’une des grandes forces de ce long métrage, c’est avant tout la mise en scène qui ne laisse aucun repos à son spectateur. La cadence du film inspire à un réel dynamisme qui ne lâche jamais son spectateur, notamment grâce à un excellent montage. Techniquement et visuellement, c’est magnifique ! La seule chose que l’on peut reprocher c’est quelques petits effets spéciaux vieillots, mais en dehors de ça, il n’y a rien à redire sur le travail Alex Proyas et son équipe. La symbiose est parfaite entre les décors, les couleurs, la photographie de Dariusz Wolski et la vision du cinéaste.

La plume a été divisé en trois puisque Alex Proyas a été secondé par Lem Dobbs (« The Score« ) et David S. Goyer (« Batman V Superman »). Le trio nous offre une histoire palpitante, des personnages de qualité et tout ça baigne dans un multi-genres qui fonctionne à merveille. C’est à la fois ingénieux et audacieux, on ne peut que saluer la prouesse des scénaristes.

A la baguette de la bande originale, on a Trevor Jones (« Angel Heart« , « Excalibur« ) dont le talent n’est plus à prouver. Son travail se fait remarquer dés les premières minutes et il est en total adéquation avec le visuel si particulier et jouissif de Proyas.

Si vous n’avez pas encore vu ce chef d’oeuvre, je vous conseille de le regarder dans version director’s cut.

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En résumé, Dark City est un voyage dans un esprit et un monde pas comme les autres. Une œuvre d’une richesse contemplative et unique.

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4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. MarionRusty dit :

    Sympa l’anecdote de Kiefer Sutherland fan de William Hurt, en même temps il y a de quoi avec une telle filmo. En tout cas ça m’a vraiment donné envie de voir le film, les plans semblent très soignés dans les photos qui illustrent l’article.

    Aimé par 1 personne

    1. N’hésite pas à nous dire ce que tu en as pensé 😉

      Aimé par 1 personne

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