The Get Down, une fable à la vie et à la musique (2016)

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The Get Down est une série américaine créée par Baz Luhrmann et Stephen Andy Guirgis. Elle est sortie sur Netflix le 12 août 2016.

Pourquoi faut-il voir cette série ?

Baz Luhrmann est un grand réalisateur, ayant notamment dirigé Romeo + Juliette, Moulin Rouge ou encore la dernière adaptation de The Great Gatsby, avec le grand et magnifique comédien fraîchement oscarisé, Leonardo DiCaprio.
Le réalisateur australien est connu pour livrer des grandes histoires d’amour, dont l’œuvre de Shakespeare est la plus connue, mais aussi pour apporter un rythme effréné par des fêtes interminables, comme dans celles de l’adaptation de l’œuvre de Fitzgerald.

De quoi ça parle ?

Dans les décombres du South Bronx, une bande hétéroclite d’adolescents perdus et sans avenir qui ne peuvent compter que sur eux-mêmes et n’ont pour seules armes face à la vie que leurs joutes verbales, leurs pas de danseimprovisés, et quelques gros feutres et bombes de peinture.

Des cités du Bronx aux galeries d’art de SoHo, du CBGBs au Studio 54 en passant par les tours de verre d’un World Trade Center à peine achevé, cette nouvelle jeunesse en perdition va se frayer un chemin dans ce New York au bord de la faillite, donnant naissance au hip-hop, au punk et au disco…

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Le pilote commence par une scène d’un rappeur en plein concert, introduisant le contexte de l’histoire. Cette introduction efficace et originale sera récurrente en début d’épisode. La présentation des différents personnages se fait de manière classique ou alors totalement originale, comme avec Shaolin Fantastic, interprété par Shameik Moore. La musique et l’histoire prennent tout de suite, le spectateur a alors envie de voir la suite…

« The first part »

Après un pilote de très haute volée, la série poursuit dans sa lancée en livrant des épisodes de très grande qualité. Visuellement sublime, la photographie soignée et colorée offre des plans d’une grande ingéniosité, mais aussi d’une grande classe.

Le rythme qu’impose Luhrmann dès le premier épisode est maintenu par les autres metteurs en scène tout au fil de la saison. L’ambiance, si spéciale de la série, n’est pas sans rappeler le film Romeo + Juliette du même réalisateur. Cette ambiance, si propre à son créateur, offre finalement une identité réellement personnelle à la nouvelle production de Netflix.

Baz Luhrmann avait failli avec son film Gatsby le magnifique, en n’arrivant pas à doser suffisamment subtilement les différents rythmes qu’imposaient l’histoire. Avec The Get Down, il ne rend pas les fêtes trop longues et lassantes, il apporte un rythme mieux mené que dans Gatsby le magnifique, et ne rend pas les scènes intimistes pesantes et lassantes.

Les comédiens sont pour la plupart des inconnus du grand public, mais tous, sans exception, sont très bons, dans tous les registres. Certaines têtes sont cependant plus connues que d’autres… le fils de Will Smith, Jaden, se fait remarquer, et joue bien. Certains fans de Breaking Bad reconnaîtront aussi Giancarlo Esposito, aka Gustavo Fring.

Le couple Ezekiel-Mylene, porté par les jeunes Justice Smith et Herizen Guardiola, est un couple attachant, jouant au chat et à la souris, mais se trouvant finalement.

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So 70’s

Cette exploration minutieuse de l’âge d’or du disco, mais aussi de la naissance du hip-hop offre finalement au spectateur une bande-son d’une richesse incroyable, passant des grands tubes de Stevie Wonder, Daddy Cool de Boney M, à des sons de Grandmaster Flash !

L’esprit hip-hop est formidablement retransmis : les multiples crews du South Bronx, les « block-parties » dans les bas-fonds de la ville, le processus de création des DJ et même des rappeurs, tout est ultra réaliste et bien mené. Les instrus, les lyrics et les flows qu’offrent la série tout au long de la saison sont d’une grande qualité. Réfléchis, engagés, envoûtants, rythmés, ils nous laissent planer…

Une poésie urbaine

Le hip-hop n’est pas la culture de tout le monde, mais elle a quelque chose de spéciale, elle a une âme, un cœur, et une histoire. L’équipe de la série a parfaitement retransmis la montée du hip-hop dans ces années 70, en incluant des personnages réels, comme le Grandmaster Flash, pionnier du hip-hop, du scratch et du remix, mais aussi en ajoutant des images d’archives et des freestyles retraçant l’histoire de la série, mais aussi le contexte de la montée du hip-hop dans le South Bronx : entre église comme école de la musique mais aussi guerres de gangs servant de toile de fond aux battles des différents crews.

Ces jeunes qui viennent des quartiers et qui ne connaissent que la précarité ne veulent pas suivre leur raison, mais bel et bien leur cœur et leur passion. Ils veulent faire ce qu’ils veulent de leur vie, peu en importe le prix. Ils préfèrent faire des choses qui les fassent se sentir libres et vivants plutôt qu’esclaves de notre temps, enfermés dans des bureaux, promus à un avenir professionnel flamboyant, mais à un avenir personnel cloisonné par des barreaux.

Ces jeunes vandals et délinquants « qui n’auraient rien à faire de leur journée, à part peut-être rapper ou taguer, et qui devrait être enfermés » sont en fait l’avenir d’une culture nouvelle et populaire, d’une culture de la rue, enragée mais tellement belle.

Le « zoo de New York City », comme les politiques aiment appeler le South Bronx, n’est finalement pas l’endroit où les animaux de cette ville se trouvent. La fin de la saison donne vraiment l’impression que les animaux de la ville se trouvent de l’autre côté de l’Harlem River, à Manhattan. Là où les gens ne connaissent pas l’intégrité, l’amour et la passion, mais seulement l’argent, le pouvoir et la domination.

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En résumé, The Get Down est un retour vers le passé coloré et maîtrisé, retraçant l’évolution du hip-hop durant l’âge d’or du disco. Brillants et surprenants, ces six premiers épisodes sont excellents.

Vivement la suite de cette première saison !

 

Vincent Taraud

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Laurent dit :

    Super chronique!!! La suite le 7 avril!!! Sur sème la zic, on s’est concentré sur la B.O https://semelazic.wordpress.com/2017/02/23/welcome-to-the-get-down/

    J'aime

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