Les Ardennes (2015)

Ardennes

Les Ardennes est un thriller belgo-néerlandais réalisé et co-écrit par Robin Pront. Il s’agit de l’adaptation de la pièce de théâtre écrite par Jeroen Perceval. Le film a été récompensé par le Prix du sang de neuf au Festival internationnal du film policier de Beaune et le Magritte (César belge) du meilleur film flamand en 2016.

Des présentations s’imposent :

Robin Pront est un jeune réalisateur/scénariste belge et il a notamment été l’élève de Michael R. Roskam (« Bullhead« ). Pront s’est d’abord lancé dans le cinéma par le biais d’un court métrage remarqué, intitulé : Injury Time. Ce dernier est le symbole de la rencontre entre Robin Pront et Jeroen Perceval. L’idée de faire un film est venu assez tôt, mais les emplois du temps de l’un et de l’autre ne concordaient pas. Il aura fallu attendre un an pour que les deux hommes travaillent sur l’adaptation pour un long métrage.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Le cinéma belge produit des films très intéressants et depuis quelques années maintenant. La bande annonce nous montre un film noir à la « Bullhead« , alors je suis plus que partant. En plus de ça, je suis ardennais, donc il est évident que ce long métrage attise ma curiosité.

Qu’est ce que ça raconte ?

Un cambriolage tourne mal. Dave arrive à s’enfuir mais laisse son frère Kenneth derrière lui. Quatre ans plus tard, à sa sortie de prison, Kenneth, au tempérament violent, souhaite reprendre sa vie là où il l’avait laissée et est plus que jamais déterminé à reconquérir sa petite amie Sylvie.
Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’entre-temps, Dave et Sylvie sont tombés amoureux et mènent désormais une vie rangée ensemble. Avouer la vérité à Kenneth pourrait tourner au règlement de compte…

Les premières minutes ?

Dés les premières images, on ressent clairement l’influence de Michael R. Roskam chez Robin Pront (il n’a pas été son professeur pour rien). Le travail du cinéaste s’additionne parfaitement avec la photographie de Robrecht Heyvaert. Le travail sur les couleurs et la teinte grise nous installent dans un climat particulier et cela va certainement s’intensifier par la suite.

Veerle Baetens impose déjà son savoir-faire avec la scène de la réunion des toxicomanes anonymes. Le contexte familiale et les relations entre les différents protagonistes sont assez intenses. Une ambiance qui inspire à l’imprévisible, notamment avec Kenny qui vient de sortir de prison et qui n’accepte pas que les choses aient changé…

On a donc un premier quart d’heure d’une redoutable efficacité, qui plonge le spectateur dans une atmosphère sombre et prenante.

Les Ardennes

Le casting ?

En tête, nous avons un triangle amoureux formé par Joeren Perceval, Veerle Baetens et Kevin Janssens. Dans l’ensemble, ce trio est plus que convaincant dans la peau de personnages quelque peu stéréotypés mais en même temps bien caractérisés par la composition des acteurs.

Joeren Pereceval endosse deux casquettes, celle du scénariste et de l’acteur. Avec son physique à la Pitbull, il livre une performance crédible et en adéquation avec son personnage.

A ses côtés, la beauté vertigineuse et la fragilité de Veerle Baetens nous montre une nouvelle fois que l’actrice belge est l’un des plus grandes actrices de son pays. Kevin Janssens incarne brillamment l’élément central, instable et imprévisible de ce trio.

Jan Bijvoet et Sam Louwyck forment un duo glaçant et déstabilisant. Dés leurs premières apparitions à l’écran, on sent quelque chose louche dans leurs regards et leurs façons de parler.

Les Ardennes

Et au final ça donne quoi ?

Pour son premier long métrage, Robin Pront frappe fort ! Le réalisateur belge nous embarque dans un thriller implacable, à mi-chemin entre « Bullhead » et « Fargo« .

La mise en scène est principalement axé au plus près des personnages et alterne par moments des plans larges d’une beauté envoutante et maitrisée. Le cinéaste prend soin de capter les environnements dans lesquels évoluent les protagonistes. L’aspect grisâtre et bétonneux de cette Belgique reculée, une forme qui nous rappelle bien évidemment « Bullhead« . Robin Pront utilise les Ardennes profondes pour accentuer un peu plus l’atmosphère sombre, instable et oppressante que l’on ressent dés les premières minutes. Le rythme correspond au propos, ça va crescendo jusqu’à un final rondement orchestré.

En ce qui concerne le scénario, l’aspect tragique est maitrisé et permet d’explorer quelques thématiques intéressantes. Robin Pront et Joeren Perceveral place comme axe principal de l’histoire, la différence et l’amour qu’il y a entre les deux frères. Cet axe est amorcé de façon assez classique mais se conclue de manière logique, au vue de la tension qui règne tout au long du film. La violence est omniprésente et d’ailleurs le réalisateur nous le rappelle souvent à l’écran, que ce soit par les mots et les actes des personnages.

La bande originale électro est signée Hendrik Willemyns et ça passe plutôt bien avec les images. Là encore, on peut y voir l’influence du travail de Michael R. Roskam sur son ancien élève dans l’utilisation de la musique au sein du long métrage.

les-ardennes

En résumé, Les Ardennes est un thriller dramatique intense et percutant, qui nous montre une nouvelle fois la puissance du cinéma belge. Les premiers pas d’un jeune réalisateur remarqué et qui ouvre à une belle carrière à suivre.

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