L’Élite de Brooklyn (2010)

l'élite de Brooklyn

L’Élite de Brooklyn est un polar américain réalisé par Antoine Fuqua. Le film avait été présenté au Festival du film de Sundance le 16 janvier 2009 et à la Mostra de Venise le 8 septembre 2009. Huit ans après « Training Day« , Antoine Fuqua renoue avec le polar et ce pour notre plus grand plaisir.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

J’en ai un souvenir lointain mais pas désagréable, je me souviens d’un polar efficace et audacieux dans sa forme. Antoine Fuqua excelle dans le genre, car il connait le terrain et les rouages des ghettos et de la police. En plus de ça, il s’entoure d’un casting de poids. Que la séance commence !

Qu’est ce que ça raconte ?

En proie à leurs propres démons, Eddie, Sal et Tango, trois flics, officient dans le 65e district, l’un des plus dangereux du nord de Brooklyn. Ces trois flics n’auraient jamais dû se croiser, jusqu’à cette nuit où l’enfer s’est déchaîné à Brooklyn…

Les premières minutes ?

Première scène et c’est déjà le premier impact ! On est tout de suite l’ambiance polar musclé, made in Fuqua. Ce dernier nous présente les trois policiers, chacun engendre des soucis personnels et cela impacte bien évidemment leur travail. La mise en scène correspond à ce qu’on attendait du réalisateur et le montage apporte de la fluidité dans le propos.

Bien sûr, le rythme est un peu moins nerveux que pour « Training Day » et c’est logique au vue du sujet. Ici, on a trois personnages différents donc trois situations différentes à traiter, contrairement à « Training Day » qui se focalisait principalement sur Hoyt et Alonzo. Fin de la comparaison !

On a donc un premier quart d’heure efficace avec des personnages intéressants, vivement la suite !

L'élite de Brooklyn

Le casting ?

Comme il a été signalé ci-dessus, Antoine Fuqua s’est entouré d’une distribution plus que prestigieuse. On a tout d’abord Richard Gere retrouve un genre qu’il avait mis de côté depuis pas mal d’années, et que ça lui fait du bien de le retrouver. L’acteur livre une performance juste et démontre qu’il a encore sous le pied. On pourrait même ajouter qu’il s’agit de l’une de ses plus belles compositions depuis « Chicago« .

On a également un très bon Ethan Hawke, qui retrouve Fuqua pour une deuxième collaboration. Son personnage est aux antipodes de celui qu’il campait dans « Training Day » et pourtant on ne peut s’empêcher de penser à Jake Hoyt quand on le voit. On imagine que finalement le poulain d’Alonzo a fini par mal tourné et qu’il a franchi la fameuse ligne. Il aurait été intéressant de la part de Fuqua de faire le lien avec ce personnage de façon plus concrète.

Don Cheadle est lui aussi excellent dans son rôle de flic infiltré au bord de la crise de nerfs. Cela fait du bien de voir Wesley Snipes dans ce genre de film, sa prestation est juste comme il faut et la complicité qu’il a avec Don Cheadle crève l’écran.

Un petit mot sur la sensuelle Shannon Kane, cette jeune actrice a un potentiel de dingue mais malheureusement sa carrière ne décolle pas…

Will Patton, Vincent D’Onofrio et Ellen Barkin sont également de la partie.

L'élite de Brooklyn

Et au final ça donne quoi ?

Antoine Fuqua confirme son aisance dans le polar noir américain, il signe une nouvelle petite perle du genre. Le réalisateur dépeint avec maitrise une société gangrénée par la drogue et le fric, et les premiers affectés sont ceux qui sont au plus près de la barrière à savoir les flics.

Le réalisateur américain livre une mise en scène d’une redoutable efficacité, même si la structure narrative est quelque peu classique. Dés le départ, il installe une atmosphère crépusculaire qui est en parfaite adéquation avec les destins brisés de ses personnages. Encore une fois, Fuqua est au plus près de ses acteurs tout nous faisant respirer le béton autour d’eux. Il se permet même un petit clin d’oeil à « French Connection » de Friedkin, en mettant en valeur plusieurs fois le fameux tram de Brooklyn. On a également toujours le petit côté authentique propre au réalisateur, notamment lors des scènes d’interventions La tension est palpable et va crescendo jusqu’au dénouement final.

Pour son premier script, Michael C. Martin nous montre une certaine solidité dans son propos et dans ses personnages. L’aspect psychologique ressort beaucoup, on nous montre que l’on peut franchir la ligne en une fraction de secondes. La marge entre flics et criminels est finalement assez mince, mais pour le moins très importante. Le côté abyssal de la rue, qui enrôle les trois protagonistes, est subtilement traité. On ne tombe pas dans les clichés du genre. La dernière partie est oppressante, c’est le but recherché et Fuqua l’orchestre admirablement à l’écran, alors que c’était casse-gueule. Le réalisateur trouve une nouvelle fois un scénario à sa mesure et le résultat est plus que très bon.

Marcelo Zarvos livre une bande originale qui colle plutôt bien aux images, sans pour autant être mémorable. On a également du J-Zay et du Busta Rimes, qui amène l’ambiance gangsta qui règne dans les rues de Brooklyn.

Ce film n’est vraiment pas loin d’être un petit chef d’oeuvre, il manque ce petit quelque chose pour que ce soit le cas. En tout cas, Antoine Fuqua prouve qu’il est l’homme de la situation pour réaliser des polars musclés, percutants et réalistes. C’est là qu’on se dit, que lui et David Ayer devraient à nouveau collaborer ensemble pour nous offrir un polar de la trempe de « Training Day » ou de « Heat« .

L'élite de Brooklyn

En résumé, L’Élite de Brooklyn est polar implacable et touchant. Fuqua persiste et signe qu’il est l’un des meilleurs réalisateurs pour les mises en abîmes au cœur de l’enfer où le crime, l’argent, la loi et l’amour s’entrechoquent.  Une pure réussite !

 

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. un film avec ces quatre acteurs c’est merveilleux. je vais chercher à le voir !

    Aimé par 1 personne

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