Cent mille dollars au soleil (1964)

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Cent mille dollars au soleil est un film d’aventure franco-italien réalisé par Henri Verneuil. Il s’agit de l’adaptation au cinéma du roman de Claude Veillot « Nous n’irons pas en Nigeria« .

Le film s’est retrouvé en lice pour remporter la Palme d’Or au Festival de Cannes en 1964, une nomination très critiquée à l’époque. En salles, il rencontre un franc succès avec plus de 3,4 millions de spectateurs.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

La dernière fois que j’ai vu ce long métrage, cela date de plus de vingt ans, donc bien sûr mon souvenir est un peu vague. J’ai voulu me rafraichir la mémoire, un réalisateur de talent pour un film d’aventure avec un casting 4 étoiles, ça mérite une nouvelle séance.

De quoi ça parle ?

Aux portes du désert, Castigliano dirige une entreprise de transports routiers. Hans doit conduire un chargement clandestin de cent mille dollars au cœur de l’Afrique. L’apprenant, Rocco élimine le chauffeur, vole son véhicule et part avec sa complice. Castigliano promet alors une forte récompense à Marec s’il récupère le camion. Commence une folle poursuite…

Les premières minutes ?

Ouverture à l’ancienne avec le générique et la musique qui respirent l’aventure. Henri Verneuil nous amène ensuite dans l’entreprise de transports où l’on retrouve une équipe de choc et un patron verreux. Les dialogues font déjà quelques étincelles, notamment dans la bouche de Bernard Blier. La scène du restaurant reste jouissive, une telle équipe dans un tel endroit, ça nous offre forcément un moment culte.

La mise en scène de Verneuil est à la fois près de ses personnages tout en mettant en valeur l’environnement dans lequel ils progressent. Son travail s’inspire des grands standards américains de l’époque et aussi du travail de Clouzot sur « Le Salaire de la Peur« .

Cent mille dollars au soleil

Le casting ?

Comme on en avait l’habitude avec lui, Henri Verneuil s’offre une distribution qui a de la gueule. On a donc en tête, Jean-Paul Belmondo qui tient un rôle sur mesure pour lui, celui de Rocco, le copain/voyou.

Lino Ventura interprète le rôle de Marec dit « Plouc », lui aussi est comme un poisson dans l’eau avec ses grands copains.

Bernard Blier tient le rôle secondaire de Mitch-Mitch, il amène à travers sa prestation la petite dose d’humour qui va bien. Verneuil prend soin de ne pas tomber dans la surenchère avec le personnage.

L’américain Reginald Kernan offre au film un peu plus d’exotisme et de mystère. L’interprétation sonne juste, dommage que l’acteur n’est pas connu une plus grande carrière dans l’hexagone.

Autre grande star internationale, Gert Fröbe (Goldfinger) fait aussi parti de l’aventure. Il incarne de manière plus que convaincante « La Betterave ».

cent mille dollars au soleil 1964 real : Henri Verneuil Jean Paul Belmondo Bernard Blier Lino Ventura COLLECTION CHRISTOPHEL

Et au final ça donne quoi ?

Henri Verneuil nous embarque dans un grand et beau film d’aventure, chose qu’on ne voit plus trop dans le cinéma français d’aujourd’hui et c’est bien dommage. Le réalisateur nous offre du grand spectacle, sa mise en scène s’adapte parfaitement au genre. Les grands espaces marocains sont sublimes et ce même si c’est en noir et blanc. On ressent parfaitement l’immensité, la beauté et le danger du Sahara. Bien évidemment, Verneuil s’inspire grandement du travail de Clouzot, tout en apportant sa griffe. Le rythme est maitrisé et va crescendo jusqu’à la fin. Le réalisateur met également le doigt sur l’aspect ouvrier des français au Maghreb ainsi que sur les camions. Verneuil s’attarde légèrement sur les véhicules, soit pour montrer la beauté ou alors leurs blessures. Un travail millimétré, qui montre une nouvelle fois que ce réalisateur a été l’un des plus talentueux et des plus audacieux du cinéma français.

En ce qui concerne l’écriture, Marcel Jullian et Henri Verneuil adapte et romance parfaitement le roman de Claude Veillot. On traite de l’Afrique du Nord colonisée par la France, l’ouvrier français à l’étranger, le mercenariat ou encore ce que vaut l’amitié quand l’argent est en jeu. L’humour est subtilement dosé, ce qui permet au film de garder son ton sérieux et aventureux. Les dialogues de Michel Audiard sont fabuleux, on savoure chaque réplique comme si c’était la dernière. Ça fuse à merveille, notamment dans la bouche de Bernard Blier. Bref, un pur délice pour les oreilles, ça fond dans la bouche des acteurs.

La musique de Georges Delerue appuie à merveille le côté aventure, mais aussi la confrontation, le danger et l’épuisement après une telle poursuite.

Cent mille dollars au soleil

En résumé, Cent mille dollars au soleil est un road-movie passionnant, porté par un casting flamboyant et des dialogues succulents pour les tympans. Henri Verneuil maitrise parfaitement son sujet.

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