Black Snake Moan (2006)

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Black Snake Moan est un film dramatique américain réalisé par Craig Brewer. Ce dernier s’est illustré en 2005 avec « Hustle and Flow« , qui touchait déjà le monde de la musique et plus particulièrement le rap. Le réalisateur a également mis en scène le reboot de « Footloose » en 2011 et co-scénarisé le « Tarzan » de David Yates.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Un duo improbable, l’atmosphère moite du Tennessee et du blues, voila un cocktail qui ne se refuse pas. Cul sec !

De quoi ça parle ?

Le blues a toujours fait partie de Lazarus. Jadis, dans sa bourgade du Tennessee, il en jouait en virtuose chaque week-end pour faire danser les couples. Dix ans ont passé, Lazarus s’est marié, s’est rangé, a abandonné la musique, s’est laissé piéger par la routine, s’est fait plaquer. Un puissant désir de revanche, un vif ressentiment à l’égard de celle qui l’a trahi, des élans de violence incontrôlés, des rêves de plus en plus sombres composent désormais son quotidien.

Un matin, Lazarus découvre aux abords de sa ferme le corps à demi nu d’une fille couverte d’ecchymoses et laissée pour morte au milieu de la route. C’est Rae, que chacun connaît dans cette petite ville, et dont la plupart des hommes du coin ont profité. « Une traînée », dit d’elle sa mère, qui n’eut pas le courage de la protéger d’un père incestueux et assista indifférente à sa précoce descente aux enfers…

Les premières minutes ?

Craig Bewer ouvre son long métrage par une image d’archives où l’on voit le célèbre bluesman Son House raconter ce qu’est en quelques mots « le blues » et comment il est né. Un choix astucieux et cohérent de la part du réalisateur que d’ouvrir son film par cette petite parenthèse, qui on le sait fera écho par la suite avec le propos du film.

On nous présente ensuite deux couples qui se séparent, mais pour des raisons différentes. Rien que là, l’écho dont on vous parlait ci-dessus fait déjà son effet. Le blues et la guitare sont omniprésents.

Les deux protagonistes principaux souffrent, mais pas de la même façon, ni pour les mêmes raisons. D’un côté on a une nymphomane et de l’autre un homme qui a la haine dans le sang, que seul le blues l’apaise. Pour le moment, le charme du sud est là mais reste quelque peu discret. Le générique est plutôt sympa et décalé.

On a donc un premier quart d’heure séduisant et quelque peu triste. La rencontre entre les deux âmes perdues est prévisible, mais on a hâte de voir ce qui va en découler.

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Le casting ?

Samuel L. Jackson et Christina Ricci sont tout simplement excellents. Un duo original qui fait des étincelles et qui portent le film vers le haut. Ils réalisent tous les deux une belle performance, Jackson est parfait en vieux bluesman solitaire et se montre très bon lorsqu’il prend la gratte et pousse la chansonnette. De son côté, l’actrice est habité par son personnage de femme nymphomane malgré elle.

Justin Timberlake n’est pas à la hauteur du duo, mais c’est aussi son personnage qui veut ça. Il livre toutefois une prestation juste.

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Et au final ça donne quoi ?

C’est une belle petite surprise, ce petit film dramatique sur fond de blues du Tennessee où la haine, l’amour et les cicatrices d’une vie se télescopent. Craig Brewer nous embarque dans la chaleur du sud américain, avec un charme certain, tout en tordant le coup aux clichés du genre. Sa mise en scène s’appuie à merveille sur son duo étincelant et sur l’environnement moite de la région. Tous ses ingrédients imprègnent et charment le spectateur du début à la fin. Le réalisateur met l’accent sur l’érotisme, la violence et la religion, sans tomber dans la surenchère et le prévisible. Le montage et les transitions rappellent un peu le même mode opératoire que certaines séries des années 2000.

Craig Brewer tient également la plume, et là aussi c’est du bon travail. Il compose une fable crépusculaire, sans prétention et surtout sans tomber dans le déjà vu. Sa conclusion en est pour preuve. L’équilibre au niveau des thématiques abordées est respecté. Les personnages sont attachants et d’une grande profondeur, certainement que Brewer les a conçu en pensant à Jackson et Ricci. Les dialogues sont plutôt bien léchés, notamment ceux de Lazarus.

Composée et dirigée par Scott Bomar, la bande son est un pur régal. Bien sûr, on a du blues, du très bon blues. Les morceaux « Black Snake Moan » et « Stack-O’Lee » sont géniaux.

Black Snake Moan

En résumé, Black Snake Moan est cocktail survitaminé, sensuelle et percutant où brillent de mille feux le duo Jackson/Ricci.

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