Trois Enterrements (2005)

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Trois enterrements est un western franco-américain réalisé par Tommy Lee Jones. Ce dernier réalise ici son premier long métrage destiné à la grande toile.

Terre natale :

Sur les conseils de Clint Eastwood, pendant le tournage de « Space Cowboys« , Tommy Lee Jones décide de rendosser la casquette de réalisateur, après l’avoir porté en 1995 pour un téléfilm intitulé « Les Derniers Pionniers » dont il avait également écrit le scénario.

C’est alors que lors de l’hiver 2001, le néo réalisateur rencontre le scénariste mexicain Guillermo Arriaga (« Amours chiennes« , « 21 grammes« ). Tommy Lee Jones lui demande de lui écrire un script dont l’action se déroulerait sur la frontière entre l’ouest du Texas et le nord du Chihuahua, au Mexique. L’acteur-réalisateur est né et à grandit dans l’Ouest du Texas, il a même été propriétaire d’un ranch dans les Davis Mountains. Tommy Lee Jones tenait à rendre à hommage à la terre et aux hommes qui l’ont forgé.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

Ce western est pour moi celui qui a directement ou indirectement influencé les Coen pour « No Country for Old Men« . Tommy Lee Jones nous montre une maitrise totale devant et derrière la caméra, c’est toujours un grand plaisir que de revoir un grand western moderne comme celui-ci.

De quoi ça parle ?

Le corps de Melquiades Estrada, paysan mexicain, est retrouvé en plein désert, où il a été rapidement enterré après son assassinat. Par qui ?

Pete Perkins, contremaître de la région et meilleur ami de Melquiades, va mener lui-même l’enquête que les autorités locales refusent d’assumer.

Les premières minutes ?

En l’espace de quelques images, Tommy Lee Jones plante immédiatement le décor. Sur un rythme de croisière, il nous pose au plus près des personnages et met en valeur les beaux paysages de sa région natale. Le réalisateur mise également sur un montage original et un peu déroutant, mais qui a pour objectif de nous surprendre.

On a donc un premier quart d’heure qui se veut efficace et intriguant. Tommy Lee Jones nous montre déjà qu’il est dans son élément, que ce soit devant ou derrière la caméra.

Trois Enterrements

Le casting ?

L’une des grandes forces de ce long métrage, c’est sans aucun doute la performance collective de la distribution. En tête, Tommy Lee Jones livre sa meilleure prestation au cinéma depuis « Le Fugitif » (je sais ça date !). L’acteur tient un rôle sur mesure pour un genre qu’il affectionne, on se dit même que quelque part, si il n’avait pas été acteur, il serait devenu Pete Perkins.

A ses côtés, Barry Pepper tient l’un de ses plus beaux rôles de sa carrière. Une performance physique et émotionnelle à l’impact tranchant.

Juilo Cedillo est touchant de sa première à sa dernière apparition à l’écran. Il interprète de façon convaincante et attachante, l’immigré mexicain à la conquête d’un rêve.

January Jones et Mélissa Léo amènent de la sensualité, mais aussi de la détresse, ce qui contraste parfaitement avec les autres personnages.

Trois Enterrements

Et au final ça donne quoi ?

Tommy Lee Jones et Guillermo Arriaga nous transportent dans un magnifique et puissant voyage identitaire. Pour un premier long métrage au cinéma, on peut dire que l’acteur-réalisateur frappe fort et juste. Sa mis en scène est d’une maturité surprenante, il maitrise le genre et son sujet de la première à la dernière minute. On ressent son souffle personnel sur cette histoire et sa région, les plans larges de la nature sauvage ou encore le fait d’appuyer comme il faut sur les personnages et leurs différences sociales. Tommy Lee Jones connait sur le bout des doigts cet espace et les gens qui l’occupent. Le montage suit intelligemment la narration non linéaire du scénariste.

Justement, parlons maintenant du scénario qui est d’une subtile profondeur, que ce soit dans l’histoire en elle-même ou dans au niveau des personnages. Sur fond de frontière mexico-américaine, Guillermo Arriaga traite bien évidemment de l’immigration, l’intégration, les différentes classes et ce avec humanisme et poésie. Chaque personnage tient un rôle important dans la démarche du réalisateur, les femmes par exemple, Tommy Lee Jones nous les montre seules, tristes et blasée par leurs vies sans réel relief. L’amitié et l’honneur sont également des grands axes de l’histoire.

Au niveau de la bande son, Malco Beltrami s’inspire de la musique traditionnelle mexicaine et la fait fusionner avec un son propre au western, qui nous rappelle un peu Ennio Morricone. On a aussi des morceaux country de Merle Haggard, Roger Miller ou encore Bobby Flores. Une bande originale plus que convenable.

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En résumé, Trois Enterrements marque là des pas de géants pour Tommy Lee Jones en tant que réalisateur, qui signe l’un des grands westerns modernes des années 2000.

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