Le Tombeau des Lucioles, une fable renversante et inoubliable !

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Le Tombeau des Lucioles est est un film d’animation japonais de Isao Takahata du studio Ghibli, sorti en 1988 au Japon. En France, le film n’est sorti qu’en 1996. Il s’agit de l’adaptation de la nouvelle éponyme semi-autobiographique écrite en 1967 par Akiyuki Nosaka.

Akiyuki Nosaka a refusé bon nombre d’adaptation avant de valider celle de Isao Takahata, ce dernier l’a convaincu du fait que seul le cinéma d’animation pouvait retranscrire au mieux son histoire.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

La deuxième « séance des abonnés » va me permettre de découvrir pour la première fois ce long métrage. On m’a souvent conseillé de le voir, mais ce n’était qu’une question de temps et d’occasion.

Qu’est ce que ça raconte ?

Durant l’été 1945, dans le Japon de la seconde Guerre mondiale, deux enfants, Seita (un adolescent de quatorze ans) et sa jeune sœur Setsuko (qui a quatre ans), se trouvent livrés à eux-mêmes après la mort de leur mère, à la suite du bombardement à la bombe incendiaire de Kobe par les forces armées américaines. Après avoir vainement tenté de contacter leur père, un officier supérieur de la marine impériale japonaise, Seita et Setsuko partent habiter chez une tante éloignée. Un temps accueillante, la tante traite progressivement les deux enfants comme des fardeaux…

Les premières minutes ?

Le film démarre sur un drame, la mort de Seita dans la nuit du 21 septembre 1945. On est plongé ensuite dans une le passé de manière douce et envoutante, la transition dégage de la tendresse et de la poésie.

Isao Takahata retranscrit avec soin le climat de la guerre au Japon, visuellement c’est étoffé et fluide. La reconstitution de la ville de Kobe détruite est millimétrée, tout n’est que gravas et cadavres. Seita et Setsuko sont livrés à eux même au milieu du massacre. La relation entre le frère et la sœur est touchante, Seita protège sa petite sœur comme il peut, que ce soit en lui mentant ou en l’occupant. Il tient à lui faire oublier le malheur qui les touche, à travers des sentiments de joie et de complicité.

On a donc un premier quart d’heure accrocheur, de part la qualité de l’animation et du drame qui touche un frère et sa petite sœur en pleine Guerre Mondiale.

Le tombeau des lucioles

Les personnages ?

En tête, nous avons le courageux Seita, qui incarne quelque part la mère et le père de sa petite sœur. Il fera tout ce qui en son pouvoir pour lui apporter tout ce qu’elle a besoin. Il lui apporte également de l’évasion tout en s’en donnant aussi, pour masquer le malheur qui les frappe. Un personnage attachant, qui représente en grande partie l’écrivain Akiyuki Nosaka.

Sa petite sœur Setsuko apporte autant d’émotions que son frère. Une petite fille qui se voit seule avec Seita dans un monde cruel. Elle amène aussi un rayon de soleil et une raison de ne rien lâcher pour son frère. La fraternité entre les deux personnages est intense et très touchante.

La tante des deux enfants est l’incarnation de l’égoïsme, de l’indélicatesse et du non-sens moral. Les reproches qu’elle fait aux deux enfants nous donne envie de rentrer dans l’écran et de la secouer comme il faut. Ce genre de personnage qui ne pense qu’à son petit confort, on en voit de plus en plus de nos jours et il faudrait peut être qu’il voit ce film pour retrouver un peu le sentiment de la solidarité et de la compassion.

setsuko

Et au final ça donne quoi ?

Merci aux abonnés de m’avoir soumis ce film magnifique et intemporel. Je ne m’attendais pas à être autant ému devant une telle œuvre, qui mérite hautement sa réputation d’être l’un des meilleurs films d’animation japonais.

Isao Takahata livre une somptueuse adaptation, autant sur le fond que sur la forme. Son animation est une totale réussite, le réalisateur a le sens du détail. Il nous montre un autre visage de cette Seconde Guerre Mondiale, à travers le dessin et c’est là que c’est magistral, car il arrive à nous donner une authenticité tranchante des faits. Des scènes très crues et l’émotion que dégage les personnages nous plonge complètement dans le contexte de l’horreur de la guerre. Il se dégage de la richesse ainsi que de la pureté dans l’animation et le graphisme.

En ce qui concerne l’écrit, Takahata se montre là aussi méticuleux en utilisant une structure narrative parfaitement adaptée à l’histoire. Il nous offre des personnages très vrais, on éprouve énormément d’empathie pour Seita et Setsuko. On espère que tout va s’arranger pour eux, qu’ils vont retrouver leur père ou un autre membre de la famille qui puisse venir en aide à ses deux êtres abandonnés. Le climat hostile de la guerre est omniprésent que ce soit par les attaques américaines ou bien par les attitudes, notamment les adultes envers les enfants. Le dénouement nous prend aux tripes et encore plus quand on le voit le film une deuxième fois.

La bande originale est sublime et colle à merveille avec le travail de Takahata. Pour sa dernière en tant que compositeur cinéma, Michio Mamiya fait des merveilles !

Le tombeau des lucioles

En résumé, Le Tombeau des Lucioles est un chef d’oeuvre poétique, tragique et pessimiste. Isao Takahata réalise un véritable coup de maître !

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