Mr Nobody, où le poste d’aiguillage cinématographique de la vie

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Mr Nobody est un film dramatique et uchronique de science-fiction écrit et réalisé par Jaco Van Dormael sorti en 2009. Le cinéaste belge a mis plus de sept années à concevoir cette histoire.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

Découvert à sa sortie en salles, ce perle pleine de fraicheur et d’intelligence m’avait complètement scotché sur mon siège. Après « Le Huitième Jour », Jaco Van Dormael s’est absenté pendant treize ans pour nous pondre un nouveau chef d’œuvre et c’est avec un grand plaisir que de le savourer à nouveau.

De quoi ça parle ?

Un enfant sur le quai d’une gare. Le train va partir. Doit-il monter avec sa mère ou rester avec son père ? Une multitude de vies possibles découlent de ce choix. Tant qu’il n’a pas choisi, tout reste possible. Toutes les vies méritent d’être vécues.

Les premières minutes ?

Pierre Van Dormael, le frère du réalisateur, nous charme avec le son de sa guitare tandis qu’on observe un générique original. Celui-ci s’enchaine avec une petite intro qui nous explique la théorie sur la superstition du pigeon. On est déjà porté inconsciemment par le long métrage alors que l’on est pas encore dans le vif du sujet, le réalisateur nous pose quelques pièces de son puzzle à travers ce fameux pigeon.

On enchaine ensuite sur plusieurs fragments de vies de Nemo Nobody, est ce un bouquet de rêves ou de souvenirs ? Plusieurs époques se croisent, pour ensuite se poser en 2092 où le mystérieux Nemo, âgé de 118 ans, est face à un docteur qui cherche à connaître la vérité sur son passé, sur sa (ses) vie(s).

Le cinéaste belge nous charme immédiatement à travers un labyrinthe multi-genres. Ce premier quart d’heure est d’une richesse visuelle époustouflante, notamment sur l’axe futuriste qui rend hommage à Kubrick et son « Odyssée de l’espace« . On a qu’une envie, savoir la vérité sur Mr Nobody.

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Le casting ?

Qui de mieux que Jared « caméléon » Leto pour incarner un homme aux vies multiples ?! L’acteur est l’homme de la situation pour nous guider dans ce labyrinthe cérébral. Une prestation qui scintille pour un rôle complexe.

A ses côtés, Diane Kruger impose sa douceur et son regard cristallisant. Le duo fonctionne bien, cela nous offre des scènes sublimes.

Le couple irrésistible d’ados formé par Juno Temple et Toby Regbo inspire à une belle et touchante complicité. Rhys Ifans dégage également son degré d’émotion.

Le reste de la distribution est crédible et agréable, on retient notamment Sarah Polley et Natasha Little.

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Et au final ça donne quoi ?

Une merveille ! Jaco Van Dormael signe une magnifique et profonde odyssée qui respire la vie. Une œuvre ambitieuse dotée d’une fraicheur et d’une intelligence sur le fond comme sur la forme. Le cinéaste ne laisse rien au hasard, à commencer par sa mise en scène virtuose. Chaque vie de Nemo tient sa propre identité technique et visuelle, c’est tout simplement grandiose. La photographie de Christophe Beaucarne est sensationnelle et cela nous offre un esthétisme proche de celui de Michel Gondry. On en prend plein les yeux de la première à la dernière scène, un spectacle saisissant et émouvant découle du regard et aussi de la plume du cinéaste belge.

La transition est toute trouvée pour parler de la richesse et de l’ingéniosité de ce scénario à tiroirs. Jaco Van Dormael compose avec maestria un magnifique bouquet de petites histoires, qui ont pour noyau le fameux Nemo Nobody. Une croisée de multiples destinées, qui questionne le spectateur constamment. La vie et ses choix, la croisée des chemins, l’amour, les remords et les regrets sont les membranes principales de ce sublime poème. L’ambition de Van Dormael ne s’arrête pas là, car il transpose les différentes vies à travers différents axes. On a de la science-fiction, du mélodrame, du teen movie et même quelques marques de thriller. Il fallait oser composer une telle fresque et réussir à la porter avec cohérence à l’écran, c’était tout de même très casse-gueule comme projet. Le cinéaste a réussi à être à la hauteur et ce pour notre plus grand bonheur de cinéphile.

La bande son est également fantastique, Pierre Van Dormael livre un score doté d’une étincelante tendresse auditive. On était charmé dés les premières notes, la guitare inspire énormément d’émotions et c’est en symbiose parfaite avec les images. Le titre « sous les draps » est notre préféré. Quelques morceaux additionnels comme Otis Redding ou encore Buddy Holly viennent intensifier le charme visuel et littéraire de Jaco Van Dormael.

Mr Nobody

En résumé, Mr Nobody est un chef d’oeuvre poétique, doté d’une richesse incroyable sur tous les plans. L’une des meilleures productions européennes de ses vingt dernières années.

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Il faut que je regarde ce film !

    Aimé par 1 personne

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