Stoker (2013)

stoker

Stoker est un thriller psychologique américano-britannique de Park Chan-wook. Le film s’inspire librement du film d’Alfred Hitchcock L’Ombre d’un doute.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Les premiers pas du cinéaste sud-coréen hors de ses terres avec un casting alléchant, ça ne demande qu’à être vu. Ça sent le thriller oppressant à la Hitchcock. De belles promesses, qui on l’espère seront tenues.

Qu’est ce que ça raconte ?

Après la mort de son père dans un étrange accident de voiture, India, une adolescente, voit un oncle dont elle ignorait l’existence, venir s’installer avec elle et sa mère. Rapidement, la jeune fille se met à soupçonner l’homme d’avoir d’autres motivations que celle de les aider. La méfiance s’installe, mais l’attirance aussi…

Les premières minutes ?

Dans ce premier quart d’heure, Park Chan-wook et son chef opérateur nous séduisent et nous intriguent. Le générique est sublime et instaure une atmosphère mystérieuse, la photographie de Chung Chung-hoon nous offre une texture d’image très intéressante, notamment sur les couleurs et la lumière. Le travail sur le son tient également de l’importance et fait référence à Brian De Palma.

La curiosité d’India interpelle le spectateur, tout comme le mystérieux oncle Charlie. Le regard des acteurs est souvent appuyé par le réalisateur, tout comme les déplacements des personnages dans la maison. Une ambiance hitchockienne bien amorcée et on espère que la suite nous réserve des surprises et des frissons.

stoker

Le casting ?

Mia Wasikowska livre une composition saisissante dans la peau d’India Stoker. L’actrice australienne confirme une fois de plus son talent d’actrice, capable de nous charmer autant que nous déstabiliser.

A ses côtés, Matthew Goode en impose également à travers son charisme, sa froideur et son assurance. Dommage que sa bonne prestation sombre dans le cliché lors de la dernière partie du film. Son personnage est glaçant et sûr de lui, sauf que ça s’effondre dans le stéréotype du psychopathe de série b.

Pour finir, Nicole Kidman incarne une femme complexe, à la fois séduisante, mystérieuse et dérangeante. Une composition intéressante, sauf qu’au niveau de l’écriture le personnage d’Elvie Stoker reste assez flou.

On a donc un trio performant mais qui est entaché d’errances scénaristiques.

stoker

Et au final ça donne quoi ?

Autant être clair, ne vous attendez pas à voir quelque chose d’aussi facile à regarder et renversant que « Old Boy« . Pour son premier long métrage aux États-Unis, Park Chan-wook nous embarque dans un thriller qui se veut classe et diabolique sauf qu’au niveau du script ça reste assez prévisible et linéaire. Le cinéaste sud-coréen marche dans l’ombre d’Hitchcock tout en imposant sa propre patte. Sa mise en scène est plus qu’intéressante et fusionne parfaitement avec le travail de son chef opérateur fétiche. Il se dégage l’atmosphère à la fois envoutante et malsaine, qui est propre au réalisateur. On frôle le fantastique, sans jamais y pénétrer concrètement. Park Chan-wook montre tout de même parfois un peu de fainéantise, notamment sur la scène de la cabine téléphonique et sur le dernier quart d’heure. Par contre, la scène du piano entre India et Charlie est d’une virtuosité fracassante.

En ce qui concerne le fond, c’est exactemment la même chose. Il y a d’excellentes idées, de la subtilité mais aussi de la flemmardise sur pas mal de points. On est transporté mais jamais surpris et le dénouement casse tout le charme mis en place précédemment. Le potentiel de départ sombre parfois dans la série b et c’est fort regrettable compte tenu de tout ce qui a été mis en place dans la première partie du film. Pour info, c’est Wentworth Miller, l’interprète de Michael Scofield  dans la série « Prison Break », qui a composé le script avec Erin Cressida Wilson (« Fur« , »Chloë« ).

La musique de Clint Mansell se fond plutôt bien au sein du film, le piano est l’instrument de la partition secondé par le violon. Notre piste préférée est celle de la fameuse scène d’improvisation au piano entre India et Charlie, un bijou auditif.

Stoker

En résumé, Stoker est un thriller qui méritait un scénario plus étoffé, ce qui aurait pu le hisser au rang de grand film. Toutefois, Park Chan-wook livre une œuvre qui fascine et dérange où Mia Wasikowska démontre qu’elle n’est pas qu’Alice au pays des merveilles.

Publicités

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. j’ai regardé ce film c’était cool !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s