Cat People (1982)

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Cat People (titré La Féline en français) est un thriller fantastique américain réalisé par Paul Schrader. Ce long métrage n’est autre que le remake américain du film de Jacques Tourneur, La Féline, tourné en 1942.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

C’est le Fossoyeur de Films qui a éveillé ma curiosité envers ce film. Paul Schrader s’est illustré principalement en tant que scénariste, à travers des films comme « Taxi Driver« , « Raging Bull » ou encore « Mosquito Coast« . En revanche, Paul Schrader ne m’a pas encore convaincu. « Affliction » et « American Gigolo » sont les seuls films que je retiens de sa carrière de réalisateur. Peut être que « Cat People » viendra s’ajouter à ses deux films.

Qu’est ce que ça raconte ?

Irena retrouve son frère Paul à la Nouvelle-Orléans. Dans les jours qui suivent, une mystérieuse panthère tue une prostituée. L’animal se révèle avoir d’étranges liens avec Paul et Irena.

Les premières minutes ?

Paul Schrader instaure dés l’ouverture un climat particulier, un mélange de post-apocalyptique et de culture tribale ancestral. On ne sait pas trop où situé cette séquence, ça pourrait être aussi bien le passé que le futur. La direction artistique est séduisante et cela nous donne de magnifiques plans chimériques. La chanson de David Bowie « Cat People » intensifie cette portée vers le fantastique. La panthère est au centre de cette ouverture, elle symbolise la supériorité, la bestialité et le sexe.

La transition nous emmène ensuite dans le présent où Irena retrouve son frère. Ce dernier a une attitude étrange envers elle, son regard et ses gestes reflètent une attirance bestiale. Le lien avec la panthère nous est tout de suite présentée, mais il reste encore des zones d’ombres, ce qui est un bon présage pour la suite.

Le premier quart d’heure est envoutant, son ambiance fantastique et proche du caniculaire fait mouche.

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Le casting ?

Nastassja Kinski livre une prestation pleine de sensualité et de complexité. Elle correspond parfaitement au personnage d’Irena, qui est prise dans un triangle amoureux et sa malédiction.

Pour incarner son frère Paul, on retrouve un très bon Malcolm McDowell, qui amène comme il faut, l’aspect dérangeant et bestiale assumé. L’acteur et sa partenaire inspire à une réelle complicité de jeu.

A leurs côtés, John Heard (le papa de Kevin McCallister dans « Maman j’ai raté l’avion« ) n’est pas aussi inspiré que ses collègues. Son interprétation n’a pas vraiment de relief, quasi inexpressif et forcé, l’acteur ne parvient pas à réellement nous intéresser. Annette O’Toole est peut être exploitée, son personnage méritait d’être un peu plus étoffé et c’est la même chose pour Frankie Faison dans la peau de l’inspecteur Brandt.

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Et au final ça donne quoi ?

Paul Schrader s’est approprié et relie avec inspiration le film de Jacques Tourneur. Il justifie le remake en offrant une vision différente de l’œuvre tout en conservant ses principaux rouages. Tout n’est pas parfait, mais cette réadaptation reste tout de même très intéressante. Le réalisateur s’intéresse avant tout au langage du corps, à travers les regards intenses de Nastassja Kinski et Malcolm McDowell. Il se dégage une sensualité et une bestialité qui font corps à l’écran. On passe à travers divers genres, du drame au thriller, du thriller au fantastique et le fantastique qui frôle avec l’horreur. L’ensemble est plutôt bien équilibré. Le travail sur l’ambiance est maitrisé, les décors et les effets spéciaux ont encore un réel impact aujourd’hui. Il en ressort un petit clip envoutant, à la manière des « Prédateurs » de Tony Scott. L’érotisme est articulé par quelques moments violents et sanguinolents, on n’a pas de surenchère de ce côté là. Ce que l’on peut reproche à Paul Schrader, c’est de trainer un peu la chose, on ne ressent pas la palpitation au bon moment où le film aurait dû s’emballer un peu plus. Le rythme est le bon jusqu’à un certain point. Le montage nous donne de bonnes transitions mais reste tout de même très abrupt.

En ce qui concerne le scénario, c’est audacieux et subtile. L’approche qu’on eu les scénaristes avec l’histoire de base, était la bonne. Ils orchestrent la malédiction avec sensualité, bestialité et violence, dans une époque où le sexe fait peut à cause notamment du SIDA. Il y a toute une symbolique autour de l’acte sexuel et de la panthère, qui font inévitablement référence à la grande peur des 80’s. L’amour, la tentation, le ressentiment et le côté animal s’entremêlent pour nous donner un scénario plus qu’efficace. La relation complexe entre Irena et Paul est intelligemment menée et ce du début à la fin. Les personnages secondaires sont un peu laissés pour compte, alors qu’il y avait matière à les rendre plus intéressant au sein de l’intrigue. Les dialogues sont beaucoup trop classiques, ça plombe un peu l’intelligence et l’audace du propos.

La bande originale apporte son importance à l’ambiance onirique du long métrage. Giorgio Moroder signe des compositions synthétisées qui transpire les 80’s et son approche du fantastique. On retient également la chanson devenue culte du regretté  David Bowie, qui vient elle aussi nous transporter à chaque note.

La Féline

En résumé, Cat People (La Féline) nous fascine, mais nous transporte que part intermittences, notamment à cause de quelques maladresses. Cela dit, il y a une réelle volonté d’offrir quelque chose de neuf et d’audacieux. Nastassja Kinski crève l’écran !

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