Chinatown, où la résurrection du film noir par excellence

chinatown

Chinatown est un film noir américain réalisé par Roman Polanski et produit par Robert Evans (« Le Parrain« , « Sepico« ) sorti en 1974. Il s’agit du dernier film tourné aux États-Unis pour Roman Polanski.

La renaissance du cinéaste : 

Suite à l’assassinat de son épouse Sharon Tate par le serial-killer Charles Manson, Roman Polanski sombre aussi personnellement que professionnellement. C’est son ami, Jack Nicholson qui va lui permettre de retrouver l’inspiration et le succès, en lui proposant de réaliser « Chinatown« . Le scénario est signé Robert Town (« Tequila Sunrise« , « Frantic« ), qui songeait porter cette histoire à l’écran lui-même.

Grâce à ce film, Roman Polanski a repris confiance en lui, tout comme les studios et la critique. « Chinatown » a tout de même obtenu 11 nominations aux Oscars en 1975.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

Je n’ai vu ce film qu’une seule fois et c’était il y a dix ans. J’en garde un souvenir agréable mais avec une toute petite déception sur la dernière séquence du film. J’y reviendrais très certainement ci-dessous. Toutefois, c’est avec un grand plaisir que de le visionner une deuxième fois.

Qu’est ce que ça raconte ?

Jake Gittes, détective privé, reçoit la visite d’une fausse Mme Mulwray, qui lui demande de filer son mari, ingénieur des eaux à Los Angeles. Celui-ci est retrouvé mort, noyé. Gittes s’obstine dans son enquête, malgré les menaces de tueurs professionnels.

Les premières minutes ?

Dés son générique avec les premières notes du maître Jerry Goldsmith, l’atmosphère du film noir des années 30 s’instaure instantanément. On fait ensuite la connaissance de Jake Gittes, un charmant détective privé qui se voit proposer une affaire banale, enfin, à première vue. En quelques scènes, on est ancré dans l’Amérique des années 30, rien n’est laissé au hasard.

La filature du détective, nous présente un homme d’affaire étrange, qui semble caché quelques secrets. Le premier quart d’heure se termine sur une note mystérieuse, où le protagoniste principal semble être manipulé…

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Le casting ?

Dés que la Paramount a obtenu le scénario, Jack Nicholson s’est immédiatement attaché au projet. L’acteur américain était très intéressé par le rôle de Jake Gittes, sa motivation a fini par payer et on peut dire que le résultat final est excellent. Nicholson colle parfaitement à son personnage et au film noir.

Il est accompagné par la magnifique Faye Dunaway dont l’interprétation est tout aussi remarquable, ce qui nous donne un duo étincelant et glamour.

John Huston se montre très convaincant dans la peau du vieil homme d’affaires Noah Cross, qui se révèle être un beau salopard. Roman Polanski fait deux apparitions sous les traits d’une petite frappe, la première reste mémorable.

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Et au final ça donne quoi ?

Un pur délice ! Roman Polanski rend un bel et grand hommage au polar américain des années 40. Sa mise en scène nous immerge dés le départ dans une atmosphère aussi envoutante que mystérieuse. Le réalisateur se montre soigneux et rigoureux sur chaque plan, sauf à la dernière scène où la réaction de John Huston après avoir pris une balle dans le bras, ne sonne pas comme ça devrait. C’est le seul reproche que l’on peut faire à cette perle noire. Polanski s’approprie le genre avec talent et démontre qu’il était l’homme de la situation pour ce film. Le travail sur la lumière et les scènes de nuits donnent un véritable cachet à l’ambiance, tout comme les scènes de voiture et la séquence finale.

Sur le papier, Robert Towne propose une critique cinglante du système capitaliste de l’époque, en y montrant ses magouilles et sa perversion à tous les niveaux. Il ajoute à cela, des personnages torturés par leur passé. D’un côté, Jake Grittes, un ex-flic hanté par des souvenirs où il exerçait à Chinatown et de l’autre Evelyn Mulwray qui cache de lourds secrets. Le scénariste prend les codes du film noir et les restaure avec un certaine audace. A l’écran, Roman Polanski va également dans ce sens et d’ailleurs il a souhaité une fin tragique, au lieu de l’happy end du scénario original.

Jerry Goldsmith signe une bande originale en adéquation totale avec le propos et les images de Polanski. Une ambiance jazzy où le saxophone inspire de la mélancolie et colle parfaitement au film noir.

Chinatown

En résumé, Chinatown est œuvre magistrale, aussi bien sur le fond que sur la forme. Le trio Nicholson/Dunaway/Houston est impérial !

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Goran dit :

    J’adore ce film…

    Aimé par 1 personne

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