La Taupe (2012)

la-taupe-affiche

La Taupe est un film d’espionnage germano-britannico-français réalisé par Tomas Alfredson.

Il s’agit de la deuxième adaptation du roman de John le Carré et de la troisième apparition au cinéma du maître-espion George Smiley.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

C’est l’un de mes gros coups cœur ciné de l’année 2012, j’ai pris une claque monumentale et inattendue devant cette perle du cinéma d’espionnage. J’ai donc sauté sur l’occasion quand la chaine Arte l’a diffusé, l’envie de déguster à nouveau le travail de Tomas Alfredson et de son équipe.

Qu’est ce que ça raconte ?

En 1973, George Smiley est un agent du MI6 et l’un de ses principaux dirigeants. À la suite de l’échec catastrophique d’une mission en Hongrie, où l’agent britannique Jim Prideaux a failli être tué, le chef du MI6, Control, est contraint de démissionner, de même que Smiley, mis à la retraite. Control est remplacé par Percy Alleline à la tête du service.

Control, qui était persuadé que Karla, un maître espion du KGB, avait implanté une taupe soviétique au sommet du MI6, meurt quelque temps après. À la suite de la réapparition d’un agent, Ricki Tarr, un ministre fait appel à Smiley, pour reprendre en secret son métier, enquêter et découvrir qui est la taupe.

Les documents de Control montrent qu’il pensait que l’agent double était l’un des cinq hommes suivants : Percy Alleline, Roy Bland, Toby Esterhase, Bill Haydon ou George Smiley. Smiley va alors étudier deux affaires, celle de Jim Prideaux et celle de Ricki Tarr, pour chercher lequel de ses quatre collègues est l’homme de Karla. Il est aidé au sein du MI6 par Peter Guillam, le supérieur de Ricky Tarr.

Les premières minutes ?

L’atmosphère d’espionnage nous imprègne dés le départ, Tomas Alfredson prend son temps en ce qui concerne le développement des personnages, de l’agence, de l’époque et de sa politique. On sent direct que tout est au réglé au millimètre, le montage, chaque plan, chaque angle a un sens. La direction artistique dégage un charme froid, avec notamment la photographie grisonnante de Hoyte van Hoytema (« Interstellar« ).

Côté musical, la trompette jazzy et mélancolique nous rappelle ce qu’avait composé Bernard Herrmann pour « Taxi Driver« .

Le premier quart d’heure se conclut sur la phrase qui lance véritable l’intrigue, à savoir, « Il y a une taupe dans l’agence et ce depuis des années« . L’immersion est totale pour ma part, après je conçois que c’est assez particulier, soit on accroche direct ou pas du tout.

La Taupe

Le casting ?

Après Anthony Hopkins et Pierce Brosnan, c’est l’acteur caméléon Gary Oldman qui prend place dans la peau de George Smiley. On ne va pas y aller par quatre chemins, l’acteur britannique livre l’un des plus compositions de sa carrière. Il est habité entièrement par son personnage, en s’appropriant chaque caractéristique. La gestuelle, le regard, la démarche et l’élocution sont travaillés au millimètre, ce qui nous donne une prestation étincelante !

A ses côtés, on a la crème des acteurs britanniques avec Benedict Cumberbatch, qui prouve une nouvelle fois qu’il est l’un des meilleurs acteurs de sa génération. Colin Firth, Tobey Jones et John Hurt sont impeccables, tout comme Mark Strong et Tom Hardy. Pour l’annecdote, sachez qu’à l’origine Michael Fassbender devait être de la partie mais qu’il a décliné pour interpréter Magneto dans « X-Men, le commencement« .

Un choc générationnel d’acteurs Outre-Manche plus que performant, l’une des plus belles distributions pour un film d’espionnage.

Et au final ça donne quoi ?

Tomas Alfredson nous livre un véritable bijou, un anti-James Bond maitrisé de la première à la dernière seconde. Oubliez les explosions et les courses-poursuite, le cinéaste dépeint avec maestria l’espionnage anglais des 70’s, avec une finesse implacable. Le cinéaste suédois orchestre un faux calme oppressant qu’il concrétise de la plus belle des manières.

Sa mise en scène est orchestrée sur un rythme lent, froid voir même glacial. Alfredson se montre minutieux sur le climat de son film et son chef opérateur va dans la même direction avec des teintes grises, bleutées et sépias. Les espions sont filmés comme des fantômes, des hommes hors du temps et c’est là que l’adaptation tire l’une de ses grandes forces. Les décors sont brillamment pensés et le réalisateur les maitrise parfaitement, à l’image de tout le long métrage. La scène finale reste l’une des plus grandes scènes de ses dernières années.

La réussite de cette adaptation provient aussi de la finesse de l’écriture, Bridget O’Connor et Peter Straughan ont fait de l’excellent travail. John le Carré peut dormir sur ses deux oreilles, le réalisateur et les scénaristes ont respecté de A à Z son œuvre et ils lui rendent un magnifique hommage.

Et pour finir, Alberto Iglésias compose une bande originale en adéquation parfaite avec le propos et va même jusqu’à offrir un petit clin d’oeil à la France et à Julio Iglésias.

Pour info, sachez qu’une suite est en cours de développement où Gary Oldman reprendra le rôle de Smiley. Tomas Alfredson n’a pas été confirmé derrière la caméra.

Tinker-Tailor-Soldier-Spy-image

En résumé, La Taupe est l’un des plus grands films d’espionnage du Septième Art. Gary Oldman est tout simplement parfait !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s