No Country For Old Men, quand les Coen ont mis tout le monde d’accord

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No Country For Old Men est un western contemporain écrit et réalisé par Joel et Ethan Coen d’après le roman de Cormac McCarthy.

En 2000, le producteur Scott Rudin (« Sleepy Hollow », « The Queen ») achète les droits du roman éponyme Cormac McCarthy et propose l’adaptation aux frères Coen. Cinq ans plus tard, ils acceptent de se lancer le défi d’adapter pour la première fois au cinéma.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

La quatrième séance des abonnés porte sur l’un des meilleurs films des années 2000, le meilleur long métrage des frères Coen. Que demander de plus ? C’est toujours avec un très grand plaisir, que de revoir cette perle crépusculaire.

De quoi ça parle ?

Texas, 1980. Alors qu’il chasse près de la frontière du Mexique, Llewelyn Moss découvre par hasard les cadavres d’une bande de trafiquants de drogue et une mallette contenant deux millions de dollars dont il s’empare. Il se retrouve poursuivi par Anton Chigurh, un tueur psychopathe engagé initialement pour récupérer l’argent, et le shérif Bell, un homme vieillissant et désabusé…

Les premières minutes ?

A l’image du titre, on démarre par la narration du Shérif Bell (Tommy Lee Jones) sur fond de paysages texans. Une terre hostile où il se passe pas mal de choses inexplicables. On assiste ensuite à une arrestation, qui s’enchaine avec le meurtre du policier. Une scène choc qui donne immédiatement la couleur du film et confirme les propos du shérif exprimé dans l’introduction.

Javier Bardem nous surprend dés sa première apparition, il nous déstabilise par son attitude et son élocution. Il est entièrement possédé par son personnage.

On embarque ensuite aux côtés de Llewelyn Moss (Josh Brolin), qui par pur hasard va tomber sur un massacre, certainement un règlement de compte en trafiquants. Il va faire l’erreur de prendre la mallette contenant une grosse somme d’argent, à travers ce geste, on sent que les ennuis vont pas tarder à lui être causés.

Le travail des frères Coen épouse parfaitement avec celui de Roger Deakins (« Sicario », « Skyfall ») à la photographie. On est littéralement ébloui par ses images et ses plans renversants.

No Country for Old Men

Le casting ?

Chez les Coen, la distribution a toujours eu de la gueule et pour ce chef d’oeuvre, ils n’ont pas dérogé à la règle. Dans la peau du vieux shérif désabusé, on a un Tommy Lee Jones qui colle à merveille avec le personnage et le Texas.

Josh Brolin a ce petit côté Jeff Bridges à l’ancienne et se montre particulièrement à l’aise dans le genre. Son interprétation démontre tout le potentiel de l’acteur et lui permettra par la suite d’obtenir des rôles plus importants.

La performance de Javier Bardem est celle que l’on retient en priorité, l’acteur espagnol est époustouflant en serial killer armé d’une bouteille d’oxygène. Sa composition est déstabilisante à souhait, son regard, sa démarche et sa diction si particulière font de ce personnage, l’un des plus réussis chez les Coen.

Woody Harrelson et Kelly Macdonald sont également de la partie.

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Et au final ça donne quoi ?

Quel bijou ! Quelle claque ! Clairement, les frères Coen atteignent le sommet de leur art et nous gratifient de l’un des plus grands chefs d’oeuvre des années 2000. En 2005, Tommy Lee Jones avait donné un nouveau souffle au western contemporain avec « Trois Enterrements » et deux ans plus tard, les Coen s’approprient le genre en y imposant une nouvelle référence.

Crépusculaire et virtuose, la mise en scène nous offre un spectacle d’exception. La maturité est clairement atteinte pour les deux cinéastes, que ce soit dans le rythme, les plans, l’humour noir ou encore l’action. Rien n’est laissé au hasard et cela nous offre un suspens implacable que l’on savoure à chaque minute qui passe. Les paysages texans sont mis en valeur par le regard minutieux des Coen, mais également par celui de Roger Deakins. Sa photographie est d’une beauté mystifiante.

Au niveau de l’écriture, le travail d’adaptation est saisissant. Tout en respectant le roman de Cormac McCarthy, ils ont amené leurs thèmes, leur humour et surtout des personnages qui ont un relief différent mais pour le coup très « Coenien ». Chacun des protagonistes principaux bénéficient d’un traitement minutieux et le plus fort c’est d’entretenir le suspens jusqu’à une éventuelle rencontre. On accède à trois psychologies complètement différentes et tout ça dans une histoire totalement barrée mais pourtant cohérente. Chaque dialogue fait mouche et respire l’esprit Coen, avec les petites touches d’humours noires subtilement dosées.

 En ce qui concerne la musique, les Coen retrouvent leur compositeur fétiche en la personne de Carter Burwell. Ce dernier livre l’un de ses meilleurs scores, on y ressent un petit souffle expérimental et ça fonctionne parfaitement avec l’ambiance des cinéastes.

No country for old men

En résumé, No Country For Old Men est sans aucun doute l’œuvre des Coen la plus aboutie. Les deux frangins ont atteint un niveau qui sera difficile à surpasser.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. belette2911 dit :

    Oups, encore un super film que je n’ai pas encore vu et qui prend la poussière dans mon DD !

    Aimé par 1 personne

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