Après Séance : Tu ne tueras point

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Tu ne tueras point (Hacksaw Ridge) est un film de guerre australo-américain réalisé par Mel Gibson.

En 2002, le producteur américain Bill Mechanic envoie le scénario de « Hacksaw Ridge » à Mel Gibson. A l’époque, ce dernier était entièrement concentré sur son troisième long métrage « La Passion du Christ« . Le producteur voit en Mel Gibson le réalisateur parfait pour porter cette histoire au cinéma. Il réitère alors sa demande en 2010 et en 2014, où il accepte enfin d’être aux commandes du projet.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Depuis le temps que j’attends le retour de Mel Gibson derrière la caméra, je ne pouvais pas rater ce rendez-vous en salles. Le film a été acclamé à la Mostra de Venise, ce qui est plutôt de bon augure. Je suis également curieux de voir ce que va nous proposer cette distribution prestigieuse.

De quoi ça parle ?

Desmond Doss, fils d’un ancien soldat de la Première Guerre mondiale, veut apporter sa pierre à l’édifice lorsqu’éclate la Guerre du Pacifique. En tant qu’objecteur de conscience, il souhaite s’engager mais refuse de tuer ou de porter une arme au combat en raison de ses croyances adventistes. Après de difficiles négociations avec l’armée, il est finalement affecté au poste d’auxiliaire sanitaire.

Les premières minutes ?

Mel Gibson impose d’entrée ses thèmes de prédilection, à savoir la Guerre, la mort et la religion. Le ton est donné, on aura du spectacle et de l’émotion. On enchaine ensuite avec l’enfance de Desmond Doss où les fondations de son destin commencent à être coulées. Comme pour « Braveheart« , le réalisateur met en avant la vie familiale et la relation père/fils.

Le premier quart d’heure pose convenablement les bases de l’histoire en mettant l’accent sur les moments marquants qui ont forgé la croyance et les sentiments de Desmond Ross. Quinze minutes qui se concluent sur la rencontre entre Desmond et Dorothy, qui sera l’amour de sa vie.

Tu ne tueras point

Le casting ?

Encore une fois, Mel Gibson nous montre à quel point, il est un très bon directeur d’acteurs. Andrew Garfield décroche sa meilleure interprétation depuis Boy A. Son air niais n’agace pas, bien au contraire, ça colle avec la sensibilité et l’innocence de son personnage. On sent que l’acteur a mouillé la chemise pour incarner au mieux le rôle du héros.

L’autre prestation touchante et tourmentée du film, est celle de Hugo Weaning sous les traits de Tom Doss, le père de Desmond. Un ancien combattant traumatisé par la Grande Guerre, par la perte de ses amis et le départ de ses fils au combat.

Vince Vaughn et Sam Worthington se montrent convaincants et confirment qu’ils sont sur un retour au premier plan, à l’image de Gibson.

Je découvre pour la première fois la sublime Teresa Palmer, qui affiche une ressemblance avec Reese Witherspoon. La jeune actrice se montre crédible et attachante. Elle incarne le rayon de soleil dans toute cette violence et cette atrocité qu’inspire la guerre.

Tu ne tueras point

Et au final ça donne quoi ?

Après dix années au placard, Mel Gibson réussit son grand retour ! On comprend pourquoi Bill Mechanic a fait le forcing pour qu’il réalise ce film. Le résultat confirme ce qu’il pensait, à savoir que Mel Gibson était l’homme de la situation pour porter cette histoire magnifique et vraie au cinéma. Je m’attendais à du grand spectacle et de l’émotion, et je n’ai pas été déçu.

La mise en scène est segmentée en trois parties et va crescendo en intensité, au même rythme que le destin du héros. On passe de la vie famille à une histoire d’amour, ce qui techniquement inspire à une approche classique pour que l’on s’attache aux personnages. On passe un échelon supérieur avec l’entrée de Desmond dans les forces armées, la dynamique est mise en route. Et enfin, Mel Gibson nous en met plein les yeux lors de la bataille d’Hacksaw. Un spectacle à couper le souffle, où scintille l’ange Desmond Doss. On retrouve le côté cru que l’on connait du réalisateur, la violence et la mort sont omniprésentes mais il y aussi l’espoir à travers le héros et sa foi inébranlable. Rien n’est gratuit dans la vision de Mel Gibson, tout est parfaitement justifié. Il n’a rien perdu de sa virtuosité et de son envie de nous offrir du grand et beau cinéma.

Les deux petites choses que je pourrais reprocher à ce film, sont de le voir se terminer de façon un peu trop rapide et d’avoir ouvert le film avec l’une des scènes finales, ce qui gâche un peu le suspens. En dehors de ça, le montage est d’une efficacité implacable, tout comme la photographie de Simon Duggan (« Gatsby le magnifique« ) qui se conjugue comme il faut avec la vision de Mel Gibson.

Comme je vous le disais un peu plus haut, ce scénario correspond parfaitement à Mel Gibson. La première chose qu’il faut souligner, c’est d’avoir collé au plus près aux faits réels. Le réalisateur les a quelque peu romancés, pour mieux nous mettre la claque derrière la nuque. Les thèmes sont exploités de la plus belle des manières, à commencer par le rapport entre la croyance d’un homme et la croyance de la guerre. Si l’on prend l’histoire telle qu’elle est, ça reste quand même assez classique dans son développement. C’est vraiment Mel Gibson qui lui donne cette épaisseur viscérale et surpuissante. Le personnage de Desmond Doss est composé avec soin et à l’écran, on s’en rend parfaitement compte. Pour ce qui est des autres protagonistes, ça reste un peu en dessous. Il faut l’avouer sur le papier ce n’est pas aussi riche qu’un « Braveheart« . Désolé, je ne peux pas éviter la comparaison.

En ce qui concerne la bande originale, il faut savoir que Mel Gibson avait engagé James Horner. Malheureusement, ce dernier a péri dans un crash d’avion en 2015. C’est donc Rupert Gregson-Williams, qui a été choisi pour lui succéder et dans l’ensemble son score répond à ce qu’on attendait. Il n’y a pas vraiment de thème qui en ressort et c’est peut être la seule chose que l’on peut reprocher à cette bande son.

Je sors de la salle de cinéma avec le sentiment d’avoir vu un grand film de guerre, peut être l’un des meilleurs de ces dernières années. Il manque quelques petites choses par-ci par-là pour en faire un chef d’oeuvre incontestable. En tout cas, j’espère que Hollywood a compris qu’il ne fallait pas se passer d’un tel réalisateur.

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En résumé, Tu ne tueras point est une œuvre à l’image de Mel Gibson, à la fois audacieuse, passionnante et humainement très forte. Andrew Garfield tient l’un de des plus beaux rôles de sa carrière.

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. belette2911 dit :

    Là, je note de suite !!

    Aimé par 1 personne

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