Angel Heart, un diamant obscure et fiévreux made in Alan Parker

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Angel Heart est un polar noir et fantastique écrit et réalisé par Alan Parker, sorti en 1987. Il s’agit de l’adaptation du roman Falling Angel de William Hjortsberg.

« Au début, Mickey et Robert étaient comme deux boxeurs qui se toisent avant un match, plutôt que deux acteurs qui répètent, ils tournaient l’un autour de l’autre en se lançant des vacheries »

Alan Parker.

Trois années après Birdy, Alan Parker pose ses valises à New-York puis en Nouvelle-Orléans pour y adapter le roman d’horreur de l’écrivain américain William Hjortsberg. Le cinéaste s’écarte du cinéma engagé qu’on lui connait le temps d’un film, il veut porter à l’écran une histoire macabre et fantastique.

Une fois le scénario finalisé, Alan Parker sollicite Jack Nicholson pour le rôle d’Harry Angel. L’acteur décline la proposition en raison d’un planning chargé. Al Pacino est pressenti mais c’est finalement Mickey Rourke qui décroche le rôle. Pour celui de Louis Cypher, le réalisateur pense à Marlon Brando dans un premier temps mais Robert De Niro a littéralement scotché et effrayé Alan Parker lors de l’audition.

Petits secrets de cinéphiles :

Tout au long du tournage, Mickey Rouke s’est montré ingérable. Fréquemment, il arrivait en retard et se montrait odieux envers Alan Parker et surtout Robert De Niro. Il est même arrivé un jour où Mickey Rourke a débarqué sur le plateau avec des Hell’s Angel.

Il faut savoir qu’Alan Parker a donné carte blanche à Robert De Niro pour ce film. Pour preuve, le réalisateur était tellement impressionné par la composition de l’acteur, qu’il le laissa se diriger tout seul. L’acteur a tellement pris son rôle à cœur (ongles taillés, lentilles et canne), qu’une fois il a appelé Alan Parker pour lui dire qu’il était dans une petite boutique à Paris et qu’il comptait acheter 20 cannes à 5000$ pièce.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

Cette œuvre est une pure bombe du genre. Alan Parker livre l’un de ses plus grands longs métrages. Ajoutez à ça deux performances incroyables de Mickey Rourke et Robert De Niro, que demander de mieux ?

Un petit mot sur l’histoire ?

1955. Harry Angel est un détective privé new-yorkais minable et habitué à des petites affaires selon ses propres dires. Il est contacté par Herman Winesap, avocat-conseil d’un certain Louis Cypher, qui veut l’engager pour retrouver Johnny Favorite. Son enquête va se révéler plus mouvementée à quoi il s’attendait…

Les premières minutes ?

Les premières notes de musique de Trevor Jones amène immédiatement un climat sombre et étrange. Cela me rappelle ce qu’avait composé Maurice Jarre pour L’échelle de Jacob d’Adrian Lyne, on y retrouve le même but, celui de nous faire frissonner et de nous plonger d’entrée dans une atmosphère obscure et oppressante.

Comme souvent avec Alan Parker, le premier quart d’heure inspire à être l’artère de son film et c’est une nouvelle fois le cas ici. Le réalisateur impose son ambiance et son cadre s’attarde avant tout sur les personnages et leurs environnements. Ils opposent Harry Angel et Louis Cypher en quelques plans, en insistant les regards et la gestuelle. Robert De Niro est déstabilisant à souhait.

Même si ça doit être la neuvième fois que je le vois, je suis toujours autant absorbé par cette ambiance sombre et mystérieuse.

Angel Heart

Le casting ?

Alan Parker orchestre un face à face de légende avec d’un côté Mickey Rouke, qui tient le meilleur rôle de sa carrière, et de l’autre Robert De Niro, qui livre une composition impériale.

Les deux acteurs se sont fait la guerre durant le tournage, mais le résultat final est magnifique. L’opposition est omniprésente et les scènes, qu’ils ont tous les deux en commun, sont époustouflantes. On sent que chacun à essayé de surplomber l’autre, parfois ça peut foirer, mais ça peut donner aussi un face à face incroyable.

Lisa Bonnet et Charlotte Rampling amènent de la sensualité et du mystère. Le bluesman Brownie McGhee est crédible dans le rôle de Toots Sweet et colle à merveille avec l’ambiance particulière du sud des États-Unis.

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Et au final ça donne quoi ?

Quel bijou ! Je ne m’en lasse pas, c’est toujours aussi imprégnant et scotchant. Alan Parker montre qu’il est capable de s’extirper du cinéma engagé, pour nous offrir le meilleur polar noir et fantastique du Septième Art. La première fois que j’ai vu ce film, je suis resté bouche bée devant un tel chef d’oeuvre.

Tout d’abord, la mise en scène frôle perfection. Alan Parker nous montre tout sa virtuosité dans la manipulation du cadre, tout en insufflant une ambiance suffocante et glauque. Le travail de reconstitution du Brooklyn de années 50 est impressionnant, on s’y croirait. Cela contraste parfaitement avec l’atmosphère de la Nouvelle-Orléans, plus moite et obscure. Les jeux d’ombres et de lumières tiennent aussi une place importante. La photographie de Michael Seresin (La vie de David Gale, Birdy) est en adéquation avec la vision d’Alan Parker. On a une teinte brumeuse qui flirte entre le gris bleu. Le montage fait également écho à tout ça et concrétise cet effet abyssal amorcé dés les premières secondes du film.

Le seul petit reproche que l’on peut faire sur la forme, c’est les effets spéciaux qui ont pris quelques rides.

Pour le scénario, Alan Parker démarre sur les codes du polar noir et va crescendo sur les incursions dites étranges et fantastiques dans son intrigue. Peu à peu, on s’engouffre dans un puzzle où se mêle religion, sorcellerie et meurtres. La narration est réglée comme une horloge, rien ne dépasse. La conception des personnages est l’une des grandes forces de ce film, surtout quand on voit la réussite à l’écran. L’opposition entre Angel et Cypher est subtilement composée et orchestrée.

En ce qui concerne la bande son, Trevor Jones contribue pleinement à l’ambiance abyssale qui règne tout au long du film. Il s’approprie notamment la ballade jazzy Girl of my Dreams de Glen Gray et la transpose au piano , ce qui lui donne un tout autre but, celui de nous amener encore plus dans l’étrange et l’incertitude.

Est ce le meilleur film d’Alan Parker ? Difficile d’être aussi catégorique, mais il est évident que cette perle noire fait partie de ses plus grandes œuvres.

Angel Heart

En résumé, Angel Heart est œuvre noir et abyssale, qui respire la maitrise de part et d’autre. Mickey Rourke et Robert De Niro sont magistraux.

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